Le 25 août 2003Source : L'Institut canadien de recherches sur le Judaïsme, Communiqué Isranet, Volume II, Numéro 94 (http://www.isranet.org/)
Pouce... on avait dit « Pouce ! »
Albert Capino
Primo EuropeL'Autorité palestinienne rend Israël responsable de la rupture de la trêve
Au lendemain de l'attentat suicide exécuté et revendiqué par le Hamas le 19 août 2003, qui a fait 20 morts parmi les civils israéliens dont 6 enfants et 3 nourrissons et 127 blessés dont 40 enfants, Israël avait décidé de laisser un « temps de latence » aux Palestiniens pour réagir et leur permettre de réprimer les auteurs de l'attentat.
Les médias, tels que les agences de presse Reuters ou le quotidien français « Le Monde » n'ont pas considéré toutefois que cet ignoble attentat marquait une rupture de la « trêve » de la part des factions radicales qui l'avaient décrétée le 29 juin dernier.
Il faut en effet attendre le jeudi 21 août pour que ces médias annoncent que la trêve est « définitivement morte » et que c'est Israël qui l'aurait tuée, en tirant plusieurs missiles depuis un hélicoptère entraînant la mort d'Ismaïl Abou Chanab, dirigeant du Hamas, présenté au public comme « un père de famille, modéré et ingénieur diplômé d'une Université américaine ».
Cela le rendrait-il incapable de commanditer ou d'exécuter des massacres ? En quoi devrait-ce être antinomique avec une pulsion de mort ? Raed Abdel-Hamed Mesk, qui s'est fait sauter le 19 août au milieu de ces femmes enfants et bébés dans un bus à Jérusalem, était lui-même père de famille et imam dans une mosquée !
Singulière hémiplégie de la vision dont souffrent nos diffuseurs de l'information, détenteurs auto-proclamés de la vérité. Ils s'arrogent le droit de nous l'asséner de manière partiale et partielle, selon des critères qui leurs sont propres. Pour France 2 par exemple, les enfants israéliens victimes d'une indicible barbarie deviennent des « personnes ».
Reuters utilise la même désignation pour les assassins et, tout en s'interdisant de porter des jugements de valeur, stigmatise Israël sur la base des dépêches qui leur parviennent directement de source palestinienne, sans recoupement ou vérification ! Les commanditaires d'assassinats de masse n'en sont pas moins affublés de leur titre, comme les « Docteurs » (Rantissi) « Chefs spirituels » (Yassine), « Ingénieurs » ou encore « Pères de famille » (Chanab), quand ils ne sont pas « Président-légitimement-élu-du-peuple-palestinien » (Arafat).
Et Idi Amin Dada, le « Docteur-Maréchal-Président-à-vie », serait-il devenu un ange du paradis depuis son décès, le 16 août ?
Mais ça n'est pas tout.
On atteint le summum de l'absurde avec « Le Monde », où l'on peut lire que « L'Autorité palestinienne venait d'interdire tout acte hostile à Israël. », pour mieux dénoncer le raid israélien sur Gaza qui a fait 4 victimes parmi les « Brigades Ezzedine Al-Qassam », responsables de nombreux attentats meurtriers en Israël.
On avait dit pouce !
Non seulement Israël est qualifié d'assassin par ces médias, eux qui se sont fixés comme règle de ne jamais utiliser le terme « terroristes » pour désigner les « activistes » et pour lesquels des assassins en puissance sont des « personnes », mais encore l'État hébreu est-il accusé de « non-respect des règles », dans la mesure où il violerait la trêve !
Oui, bon, d'accord, les factions radicales palestiniennes ont rompu la trêve, ont commis des atrocités, tué et mutilé de jeunes civils, des vieillards, des femmes enceintes, des enfants, des bébés, rallumé la violence, mais... Elles avaient dit pouce !
Rantissi (le bon docteur du Hamas) a beau déclarer que « les rues de Tel-Aviv, de Haïfa et de Jérusalem se rempliront de sang » et utiliser les attentats comme argument de négociation : « Quand nous les contacterons (les Israéliens) par des opérations-suicides ils parleront différemment » : pour le Hamas et pour Arafat ce sont les Israéliens les responsables.
Rantissi persiste et signe : « Les sionistes ont tué le cessez-le-feu. Nous invitons toutes nos cellules de combattants en Palestine à frapper dans chaque coin de l'État juif ».
Les médias reprennent donc la rhétorique palestinienne, celle placée sous l'autorité d'Arafat, en inversant la réalité et la chronologie des faits, et en se faisant l'écho du rejet de la responsabilité des violences sur Israël.
Arafat tente de paralyser son Premier ministre et son Chef de la Sécurité, qui ont tous deux exprimé leur volonté de s'attaquer aux structures terroristes. Il est parfaitement conscient du fait que les Israéliens ne resteront pas les bras croisés, ce qui lui permet de les accuser d'escalade, en même temps qu'il bride Abbas et Dahlan qu'il désigne à leur tour comme collaborateurs et traîtres.
Accessoirement, Arafat a décidé d'une mesure d'urgence concernant une vingtaine de membres des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa qui avaient été mis aux arrêts le 2 août sous la pression des États Unis. L'Autorité palestinienne, qui s'était engagée à les transférer à Jéricho a fait marche arrière, sous la pression du Fatah, mouvement dont elles sont le « bras armé ».
La vingtaine de terroristes activement recherchés par Israël pour leur implication dans la préparation et l'exécution d'attentats contre des civils, à qui Arafat avait donné refuge dans ses propres locaux à Ramallah, ont donc quitté vendredi dernier - en catimini - son quartier général de la Muqata'a, dans la crainte d'un raid israélien. Arafat nous refait le coup des 13 exfiltrés vers Chypre après la crise de Bethléhem, mais plus « discretos » cette fois.
Arafat, obsédé par ses lubies, ne parvient même plus à cacher sa duplicité : il ne poursuit ni même ne freine le Hamas, pas plus que le Jihad islamique. Au contraire : il met des bâtons dans les roues de ceux qui voudraient agir contre leurs infrastructures. Il tente aussi de diviser pour régner, en exigeant de son Premier ministre le départ du responsable de la Sécurité, Mohamed Dahlan, au profit de l'un de ses fidèles (on parle de Jibril Rajoub, après avoir évoqué Nasser Youssouf). Puis il en appelle à la médiation internationale en poussant des cris d'orfraie et accuse les Israéliens de ne « pas favoriser un climat propice à une retour au calme, alors que l'Autorité palestinienne 'venait d'interdire' tout acte hostile à Israël ».
À ce train, nul besoin de s'étonner si, dans le jeu de cartes qui circule depuis peu, représentant les principaux responsables du terrorisme palestinien à l'instar de celui qui est diffusé en Irak, Yassine le « Chef spirituel du Hamas » est l'as de coeur et Arafat apparaît sur la carte du « fou ».
Qu'Arafat manoeuvre ainsi en toute connaissance de cause, dans l'espoir de reprendre la main, on l'aura compris. Mais les médias...
Retour