Reuters avoue céder aux menaces terroristes
Le 23 septembre 2004
Can West un important groupe canadien de presse a décidé d'user de ses prérogatives éditorialistes en remodelant les informations et les dépêches fournies par Reuters. La semaine dernière, le National Post, un des journaux appartenant à ce groupe, a transformé une nouvelle de Reuters ainsi rédigée : « les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, qui ont été impliquées dans une révolte de quatre ans contre l'occupation israélienne » en « les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, un groupe terroriste qui mène depuis quatre ans une campagne de violence contre Israël »
Suite à cette modification, Reuters s'est froissée et a entamé une démarche tout à fait inhabituelle : elle a demandé officiellement que sa signature soit ôtée de l'article en question. Reuters a également déclaré que si le groupe Can West avait l'intention de poursuivre cette pratique, il ne serait plus autorisé à utiliser la signature de Reuters. Dans une interview qu'il a accordée au New York Times, le directeur de publication de l'agence de presse, David Schlesinger, a expliqué : «De tels changements peuvent provoquer une certaine confusion et mettre en danger la vie des reporters qui se trouvent dans des régions à risque. Mon but est de protéger nos reporters et notre intégrité».
Quelques jours plus tard, le même Schlesinger a affirmé à la CBC que si certaines personnes au Moyen-Orient s'offensaient du fait que Reuters les appelle des terroristes, cela pourrait engendrer de fâcheuses conséquences.
Scott Anderson, le directeur d'édition du groupe Can West, a affirmé : «Reuters viole les concepts élémentaires de l'intégrité et de l'étique journalistiques. Si vous manipulez délibérément le langage, dites-vous la vérité?» Dans un éditorial, il a écrit : «Le terme 'terroriste' est un terme technique qui décrit une tactique. Nous sommes d'accords avec les professionnels de la sécurité qui définissent le terrorisme comme une arme qui cible volontairement et sans discrimination des civils dans un but politique. Ceux qui placent des bombes dans des sites touristiques à Bali sont des terroristes. Ceux qui se font exploser dans des bus et des pizzeria à Jérusalem sont des terroristes. Ceux qui prennent des enfants en otage dans une école en Russie sont des terroristes. Nous, en tant que journalistes, ne violons ni notre impartialité ni notre éthique en les définissants ainsi.»
Voilà comment Reuters sous-entend les menaces indirectes contre son personnel et son entreprise : «Nous désirons rapporter les faits, les circonstances et les identités de façon objective et nous portons une attention particulière à toute notre couverture dans les régions sensible.»
Source : « Arouts 7 Webmaster », http://www.a7fr.com
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