Le 1er avril 2004

Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
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France. Commission droits de l'homme : les trois quarts des actes racistes en 2003 ont été liés à l'antisémitisme

PARIS (AFP) - L'antisémitisme a suscité en 2003 près des trois quarts des violences ou menaces racistes, en baisse globalement par rapport à 2002, selon le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH), remis jeudi matin au Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

L'antisémitisme reste donc très majoritaire «et s'installe durablement dans la gravité», souligne la CNCDH. En 2002, le nombre d'actes visant la communauté juive était évalué à plus de 60 % de l'ensemble. Il est de 72 % en 2003. L'ensemble des violences et menaces racistes et antisémites a cependant baissé de 37,77 % en un an (817 en 2003 contre 1 313 en 2002), mais leur nombre reste encore parmi les plus élevés des dix dernières années.

Le lien entre actes racistes et événements internationaux s'est confirmé, avec un pic au printemps lors du conflit en Irak.

Ces actes restent graves (32 blessés) et les arrestations «insuffisantes» : il n'y en a eu que 81 en 2003 (contre 139 en 2002).

Alors que plus de 80% des actes racistes et antisémites étaient attribués à l'extrême droite dans les années 90, ils ne sont plus que 18% en 2003, mais la CNCDH note une mobilisation liée au débat sur le voile et l'intégration.

L'antisémitisme continue à tenir la première place, bien qu'en baisse (588 actes en 2003 contre 932). Les violences sont passées de 195 à 125, et les menaces de 737 à 463, dont 117 « peuvent être imputées à des personnes issues de quartiers sensibles».

La police a dénombré par ailleurs 49 dégradations, dont 28 contre des synagogues et 5 contre des écoles juives. Ces agressions ont fait 21 victimes, soit le chiffre le plus élevé depuis 1993, dépassant pour la première fois le nombre des victimes des autres formes de racisme (11).

La CNCDH remarque que le recensement effectué par le CRIF correspond aux chiffres de la police et sont même inférieurs.

En 2003, la police a interpellé 47 auteurs de violences antisémites et 46 auteurs de menaces, dont 18 jeunes d'origine maghrébine.

Les actions racistes autres qu'antisémites ont également diminué, de 22,69 % (92) par rapport à 2002 (119), et ont été moins graves (11 blessés en 2003 contre 21 et 1 mort en 2002). Mais les chiffres de ces deux dernières années restent les plus élevés depuis 1996.

La population d'origine maghrébine est très majoritairement visée parmi ces actions autres qu'antisémites (81 % des violences racistes la concerne, plus fort pourcentage depuis 1993). En 2003, 29 actes de violences ont visé des Maghrébins, dont 13 attribués à l'extrême droite.

Les menaces et intimidations autres qu'antisémites sont également en baisse de 47,71 % (137 contre 262) et là encore, la majorité (105) vise des Maghrébins. La haine contre les Maghrébins est en particulier largement véhiculée par des sites internet.

L'augmentation d'actes hostiles à l'islam (22 % du total contre 12 % en 2002) inquiète la commission, qui note la «confusion croissante entre l'hostilité à l'immigration maghrébine, prédominante dans les années 90, et une hostilité à l'islam, avec des amalgames avec la délinquance, le fondamentalisme ou le terrorisme».

Contrairement au constat de la CNCDH affirmant que les trois quarts des actes racistes sont d'origine antisémite, un sondage d'opinion BVA réalisé pour la Commission, les Français désignent les «Arabes», «Maghrébins», «musulmans» comme les principales victimes du racisme, avant les Juifs.

La commission s'inquiète aussi de la «contagion» raciste en milieu scolaire, avec une banalisation des injures racistes (passées de 4 en 1998 à 94 en 2003).

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Selon AP

L'antisémitisme s'est installé «durablement dans la gravité» en France, s'inquiète la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) dans son rapport annuel remis jeudi matin à Jean-Pierre Raffarin.

«Les statistiques, particulièrement depuis 2000, montrent bien que la violence contre la communauté juive s'enracine et s'aggrave», souligne le rapport.

La CNCDH s'inquiète en particulier de la contagion depuis 2000 des phénomènes de racisme et d'antisémitisme en milieu scolaire. Les violences et menaces contre les établissements scolaires juifs ou les élèves juifs ont représenté 16,36 % de l'ensemble des manifestations antisémites, avec 22 violences et 75 menaces.

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