L'ISLAM RADICAL 

Le 18 février 2006

ILS ONT LA HAINE…

Par Brigitte Gabriel
Extrait d'un discours au Sommet du Renseignement américain à Washington
Publié par www.FrontPageMagazine.com
Traduit par Albert Soued, www.chez.com/soued/conf.htm
pour www.nuitdorient.com

Nous sommes aujourd'hui réunis pour mettre en commun notre information et notre savoir. Mais le Renseignement ce n'est pas seulement des chiffres bruts, des dimensions d'une force, d'un armement ou d'une armée. La chose la plus importante est de comprendre l'état d'esprit et les intentions de l'ennemi. Pendant 30 ans, l'Occident s'est complu dans l'ignorance et la dénégation de l'extrémisme musulman qui pourtant sévissait contre des victimes innocentes au nom de Allah.

J'avais 10 ans quand ma maison a explosé autour de moi, m'ensevelissant sous les décombres et m'obligeant à boire mon propre sang pour survivre, alors que dehors, ceux qui avaient commis ce crime hurlaient «Allah Aqbar!». Mon seul crime à moi était d'être née Chrétienne, vivant dans une ville chrétienne. À 10 ans, j'ai appris le sens du mot «infidèle».

J'ai suivi un cours intensif de survie. Pas chez les Scouts féminins, mais dans un abri souterrain où j'ai vécu sept ans, dans un épaisse obscurité, dans le froid, buvant de l'eau usée et mangeant de l'herbe pour survivre. À 13 ans j'étais encore habillée de mes guenilles d'enterrement et j'allais dormir tous les soirs dans l'angoisse d'être égorgée. À 20 ans, j'avais enterré la plupart de mes amis, tués par les Musulmans. Nous n'étions pas des Américains vivant à New York, ni des Anglais vivant à Londres. Nous étions des Arabes chrétiens vivant au Liban.

Victime de la terreur islamique, j'étais sidérée quand j'ai vu des Américains se réveillant le 12 septembre 2001 se demandant «pourquoi ils nous haïssent?» Les experts en psychanalyse se précipitaient pour avancer toutes sortes d'excuses sur ce que nous avions fait pour offenser le monde de l'Islam. Mais si l'Amérique et l'Occident s'étaient réellement penchés sur le Moyen Orient, ils n'auraient pas posé cette question. En bref, ils nous haïssent parce qu'à leurs yeux nous sommes tout simplement des «infidèles».

Sous la bannière de l'Islam «la illah illa allah, wé-mouh'amed rassoul allah» (il n'y a de dieu qu'Allah et Mohamed est l'envoyé de Allah), ils ont massacrés des enfants Juifs en Israël, des Chrétiens au Liban, des Coptes en Égypte, des Assyriens en Syrie, des Hindous en Inde, ils ont expulsés 900 000 Juifs des terres musulmanes. Nous, les infidèles du Moyen Orient, nous avons payé le prix fort ce moment là. Mais aujourd'hui partout dans le monde les infidèles sont en train de payer le prix de l'indifférence et du manque de perspicacité.

Tolérer le mal est un crime. En aucun cas, apaiser des assassins n'achète une protection, mais il entraîne plutôt le non respect et le mépris de l'ennemi. Cependant, c'est par apathie que l'Occident est en train de se suicider. Le «politiquement correct» est en train de serrer les entraves autour de nos chevilles, avec lesquelles les islamistes nous mèneront à notre fin.

Dans cette guerre, à moins de réagir et de se lever pour combattre le véritable ennemi, l'Islam (radical), l'Amérique et l'Occident sont condamnés à perdre. On vous dit que l'Islam Wahabi ou Salafi est la seule forme extrémiste de l'Islam et que les autres Musulmans sont de merveilleux modérés.

Les images de la violence irrationnelle en réaction aux caricatures danoises sur Mohamed sont plus près de la vérité. De l'incendie d'ambassades aux appels à égorger ceux qui se moquent de l'Islam et aux menaces d'un autre holocauste pour l'Occident, toutes ces images nous ont donné un petit aperçu de la face réelle de cet ennemi. Toutes les images de ces événements sont comme une toile de la haine, peinte par toutes les nationalités qui ont la même idéologie de l'intolérance, de la bigoterie et du rejet de l'autre. Cette idéologie vient d'une seule source, l'Islam (radical), un Islam qui se réveille après des siècles d'assoupissement et qui rallume sa colère contre l'infidèle pour dominer le monde, un Islam qui a déclaré son «intifada» contre l'Occident.

L'Occident et les États-Unis ne peuvent plus se permettre de rester dans la lourdeur paresseuse de l'ignorance. Cette maladie mentale est en train de ronger leur corps et si des mesures ne sont pas prises pour l'enrayer, la mort va bientôt frapper.

(...) Nous sommes face à une idéologie puissante capable d'altérer les instincts de base de l'être humain. Une idéologie, capable de transformer une mère en une rampe de lancement vers la mort. Un exemple parfait c'est cette femme du Hamas récemment élue députée à l'Assemblée palestinienne qui délire dans une joie céleste d'avoir déjà expédié dans l'au delà trois de ses fils et s'apprêtant à offrir les autres sur l'autel de la même cause. Cette idéologie est capable d'envoyer à la mort des gens éduqués, tels des médecins et des avocats, qui y trouveraient alors plus d'intérêt que dans une vie sociale, leur apportant statut et respect.

Les États-Unis sont devenus un objectif majeur de l'Islam radical, de sa haine et de terreur. Tous les vendredis, les mosquées du Moyen Orient vibrent de prières et de chants monotones appelant à la mort, à la destruction et à la damnation de l'Amérique et des Américains. Et les actes des Islamistes radicaux suivent ces appels. Depuis la crise des otages en Iran, plus de 3 000 américains sont morts victimes de campagnes de terreur, sans précédent en cruauté, ainsi que des milliers d'autres citoyens dans le monde. Même les nazis n'ont pas transformé leurs enfants en bombes humaines, se réjouissant de leur mort et de la mort des victimes. Ces meurtres préparés et tout azimut de citoyens innocents sont justifiés et glorifiés au nom de l'Islam.

L'Amérique ne peut pas se défendre dans cette guerre, si le peuple américain n'a pas compris la nature de l'ennemi qu'il a en face de lui. Même après le drame du 9/11, il y a ceux qui cherchent encore à «comprendre» les motivations de ces terroristes et qui prônent d'aller au devant de leurs griefs. Que veulent-ils? Détruire notre liberté de culte, notre liberté de parole, notre vie démocratique, la prééminence de la loi issue du plus grand nombre, et non de la voix d'un seul prophète. Ils veulent détruire le respect que nous enseignons à nos enfants à l'égard de la foi d'autrui, la justice que nous déployons à tout être humain quel qu'il soit et la volonté que nous avons pour que le monde soit meilleur pour toute l'humanité. Ils veulent détruire la bonté et le respect que tout homme a vis à vis de toute femme, la miséricorde que nous accordons à l'ennemi. Et on ne peut pas répondre à ces griefs en nous excusons de ce que nous sommes.

Notre attitude timorée dans cette confrontation face aux forces de la haine et de la bigoterie ont renforcé celles-ci et elles peuvent aujourd'hui se permettre d'attaquer à grande échelle les libertés que nous chérissons et d'imposer leurs valeurs et un mode de vie étranger à notre civilisation.

Si nous ne réveillons pas pour contenir cet assaut et pour mettre au défi la Communauté musulmane de mettre de l'ordre en son sein, en isolant les terroristes et les agitateurs, si nous ne croyons plus en nos valeurs comme Américains, nous allons payer cher nos illusions. Pour l'amour de nos enfants et de notre pays, nous devons nous lever et agir devant ce torrent de haine et d'invectives, devant ces meurtres et cette terreur. Depuis trop longtemps nous vivons dans l'ignorance et nous ne cherchons pas à comprendre ce qui nous pend au nez. Plus longtemps nous resterons couchés, plus dur sera de se lever.

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Le 14 décembre 2005

APARTHEID DU SEXE EN ISLAM

Par Phyllis Chesler, écrivain, 15 ouvrages, membre du Conseil des érudits pour la paix au Moyen Orient.
www.phyllis-chesler.com

Discours prononcé le 14 décembre 2005 devant le Sénat américain &endash; Séance organisée par le Comité Américain pour la Démocratie.

Rapporté par FrontPage Magazine http://www.frontpagemagazine.com/
Traduit pour l'essentiel par Artus pour www.nuitdorient.com

 

Selon un dissident Iranien, «être née femme est à la fois un crime capital et une sentence de mort».

Aujourd'hui, dans le monde islamique et dans une Europe de plus en plus islamisée, la détresse aussi bien des femmes que des hommes exige de nous une analyse objective et une réponse courageuse, sinon héroïque. Selon les critères de notre époque moderne, démocratique et féministe, les femmes musulmanes ne sont pas traitées comme des êtres humains.

Que ce soit en Iran ou ailleurs dans l'univers musulman, les femmes incarnent le Mal. Chacun de leurs gestes est surveillé avec brutalité et entravé. La plus petite infraction, telle qu'un mèche de cheveux s'échappant du foulard par inadvertance, mérite la punition maximale, la flagellation publique. C'est ce qui se passe en Iran, au moment où je vous parle. En 2005, un hôpital de Téhéran a été accusé de refuser son entrée aux femmes qui ne portaient pas un habit les couvrant de la tête aux pieds. En 2002, en Arabie Saoudite, la police des mœurs a empêché des écolières de 14 ans de s'échapper d'une école en feu parce qu'elles ne portaient pas le foulard et la «a'bayah» et 15 d'entre elles ont été brûlées vives.

Aujourd'hui dans le monde arabe et islamique, la «Police de la Pensée» de Georges Orwell est partout, menaçante. Un exemple manifeste: les Talibans Afghans ou les équipes «de la Vertu et du Vice» d'Iran et d'Arabie qui arrêtent quiconque qui s'écarte de la norme, ou qui montre le plus petit signe de «différence» ou de «féminité»

En Iran, Afghanistan, Arabie Saoudite et de plus en plus en Égypte, les femmes sont voilées de pied en cape. Elles vivent en isolement et ont une vie séparée de celle des hommes. On les oblige à se marier d'une façon arbitraire, souvent très jeunes, à des hommes polygames, beaucoup plus vieux qu'elles ou à des premiers cousins. Les filles et les femmes sont régulièrement battues. Battre la femme est devenue la norme culturelle et celles qui protestent sont sauvagement punies et parfois tuées par leurs familles, pour sauver «leur honneur». Selon le Forum des Femmes contre le Fondamentalisme en Iran, deux femmes sur trois ont subi une violence domestique sérieuse. Quatre-vingt pourcent des femmes mariées ont été brutalisées lors de leur 1ère année de mariage. De plus, des millions de femmes musulmanes sont mutilées sur le plan génital, et ce n'est pas seulement en Afrique musulmane. C'est de plus en plus fréquent en Iran et en Europe, en Amérique du Nord, où les opérations sont réalisées en toute tranquillité dans des hôpitaux.

Dans de nombreuses contrées musulmanes, les femmes ne sont pas autorisées à voter, à conduire, à quitter la maison, à quitter le pays, sans la permission d'un homme, ou sans son escorte. La plupart des fugueuses en Iran sont violées dans les 24 heures de leur fugue. La majorité d'entre elles sont rejetées par leurs familles, après avoir été violées. Or si elles avaient quitté leur maison c'est qu'elles y étaient maltraitées. Elles finissent généralement très vite prostituées. La prostitution a atteint des niveaux alarmants lors de cette dernière décennie et cela inclue «le mariage temporaire», qui permet aux hommes d'abuser des femmes en toute légalité. Les victimes de viol et les suspectes de prostitution sont rapidement jetées en prison pour y être violées de manière répétitive et même engrossées par leurs gardiens. En 2004, près de 4 000 femmes ont été arrêtées à Téhéran seulement ; 649 d'entre elles étaient des fillettes de moins de 14 ans.

Les femmes iraniennes sont bafouées en permanence dans leur vie privée. Ainsi lors de l'été 2005, un tribunal de Téhéran a empêché une jeune femme de travailler, son mari, séparé, s'étant plaint qu'elle n'était autorisée qu'à rester chez lui. Battue, cette femme avait quitté sa maison deux ans plus tôt. Le tribunal a confirmé le droit du mari de l'empêcher de travailler en dehors de chez lui. En novembre de cette année, un mari de 80 ans a battu à mort sa femme de 30 ans sa cadette «parce qu'il ne tolérait pas qu'elle se farde en dehors de chez elle». En octobre, les employées du ministère de la culture ont été obligées de quitter le bureau au crépuscule, pour pouvoir «rejoindre leurs familles». Une femme journaliste qui travaillait la nuit pour son journal dit «ce nouveau décret signifie que je suis au chômage».

 

Et puis il y a les terribles atrocités publiques

De plus en plus en Iran, les femmes sont pendues en public ou lentement et douloureusement lapidées sous prétexte d'adultère ou parce qu'on les a violées. Les amputations publiques, les flagellations et les exécutions sont devenues un spectacle presque quotidien. Si les femmes (et les hommes) protestent en public contre ces procédés déchirants et barbares, ils subissent des calomnies les traitant de non-musulmans, ils sont arrêtés et souvent assassinés.

La bravoure des manifestants est incroyable ici, car ils savent très bien ce qu'ils encourent, et pourtant ils prennent le risque de protester. Cet été à Téhéran, les femmes ont manifesté contre les nouveaux gouvernants intégristes, chantant «liberté, liberté, liberté!», demandant un référendum sur l'application de la loi religieuse, avec comme slogans «des lois iniques = justice inhumaine» ou «la misogynie est la racine de la tyrannie». En mars 2005, des manifestants à l'Université de Téhéran ont demandé que les femmes aient le droit de choisir ce qu'elles portent, d'être libres de choisir leur époux, de se marier et de divorcer librement, d'interdire tout trafic du sexe et la polygamie.

Beaucoup de femmes musulmanes sont assassinées par leur famille pour «sauver l'honneur», oui ! par la mère ou le père ou le frère aîné, parce qu'elles veulent aller au lycée, se marier par amour, mettre un terme à un mariage abusif, ou aller au cinéma tout simplement …! Ces meurtres pour l'honneur sont horribles et primitifs. Les filles ou les femmes sont décapitées, frappées à mort, ou lentement étouffées. J'ai décrit tout cela dans mon dernier livre La mort du féminisme: qu'est ce qui va suivre dans la lutte pour la liberté de la femme?

 

L'apartheid du sexe en Islam, voilà comment j'appelle l'abus organisé des femmes

Si nous ne parvenons pas à nous opposer à cet «apartheid du sexe en Islam» pour le défaire, la démocratie et la liberté ne pourront pas fleurir dans le monde arabe et islamique. Si nous ne joignons pas aux forces de ces dissidents Musulmans et de ces groupes féministes et, surtout, si nous n'adoptons pas comme universelles les normes des droits de l'homme, alors nos idéaux occidentaux et judéo-chrétiens failliront et disparaîtront. Et attention, ce cyclone de la barbarie nous atteindra, et il n'est pas loin, croyez-moi!…

Il était éminemment dangereux de dire ce que j'ai dit dans la plupart des campus d'Europe et d'Amérique du Nord. Quand on dénonce les violations barbares des droits de l'homme au nom de l'Islam, on est tout de suite accusée de racisme, de sionisme, d'impérialisme et pire…de «va-t-en-guerre néo-conservateur». Les associations islamiques en Occident, les mollahs radicaux et les dirigeants Musulmans de l'étranger, aidés par les «intellos» et les penseurs de la culture occidentale relativiste vont vous attaquer en justice, vous traîner dans la boue, refuser de vous publier et même de vous écouter.

 

Quelques aveux personnels…

D'abord je suis une féministe et une patriote américaine. Oui on peut être les deux! Je suis aussi une «internationaliste». Je crois dans une norme universelle des droits de l'homme, valable pour n'importe qui. Je suis aussi une Juive religieuse et j'ai de la sympathie pour les points de vue, aussi bien laïcs que religieux. Mon «féminisme» ne compromet en aucune manière le fait que je sois une femme religieuse. Bien au contraire, cela me donne la force et l'humilité dans ma perspective de lutte pour la justice.

Ensuite, je suis sensible aux questions Afghanes, car elles concernent ma vie. Il y a longtemps, en 1961, j'ai été prise en captivité et mise en isolement de luxe et certaines femmes ont été exceptionnellement bonnes pour moi. Je ne les oublierai jamais. Mon «féminisme occidental» est né dans ce beau pays si tragique! Je vais vous livrer quelques détails intimes.

J'ai épousé mon petit ami de lycée et nous sommes partis à Kaboul visiter sa famille. Mais je n'avais aucune intention de résider là-bas. En Afghanistan, quelques centaines de famille riches vivaient selon des normes européennes. Les autres vivaient au Moyen Âge. À notre arrivée les autorités aéroportuaires m'ont confisqué mon passeport américain. Je ne l'ai plus revu. Puis j'ai découvert que mon beau-père avait 3 femmes et 21 enfants! Et enfin j'ai été mise en confinement comme toute femme afghane de la haute société.

Pris individuellement, les Afghans sont charmants, drôles, humains, tendres, courtois et d'une honnêteté scrupuleuse. Mais leur pays est un bastion d'illettrisme, de pauvreté et de maladies qu'ailleurs on prévient.

Je n'ai jamais mis de foulard, de longs manteaux des gants. Je faisais une longue inspiration, sortais et marchais à grandes enjambées rapides. Parfois je prenais le bus, voyage haut en couleur, sauf que les femmes complètement voilées étaient recluses au fond du véhicule. La première fois que j'ai vu cela, j'ai ris bruyamment d'incrédulité et de nervosité.

Puis vint le moment où je savais que je devais m'en aller et je me suis présentée à l'ambassade américaine. Ils ne pouvaient pas m'aider, car j'étais la «femme d'un citoyen afghan», et de ce fait, je n'étais plus citoyenne Américaine, ayant droit à protection. Et les Marines m'escortaient à la maison. J'ai compris qu'une fois mariée à un Musulman, et vivant en pays musulman, une Américaine perdait sa nationalité et devenait une citoyenne de nulle part. elle n'avait plus droit à rien. Seuls des mercenaires pouvaient la sauver.

Une femme ne peut oublier ce type de leçons, sauf si elle parvient à survivre et à s'échapper, ce que je fis, malgré mes 40 kg et mon hépatite.

Cette expérience unique de la vie de captive en Islam a forgé mon féminisme, qui n'a rien d'un «relativisme multiculturel». J'ai appris assez tôt, combien les gens opprimés peuvent devenir serviles et acharnés les uns contre les autres. La mère de mon mari était très cruelle avec ses servantes. J'ai compris que les femmes intériorisaient leur sexisme autant que les hommes…

Mon expérience afghane m'a appris la nécessité d'avoir la même norme de droits de l'homme pour tous et non pas une norme par culture.

Mais revenons à la République Islamique d'Iran. En 1990, un journaliste, Freidoune Sahebjam ,a publié un compte rendu précis et lancinant sur un événement qui s'était produit le 15 août 1986 à Koupayeh, en Iran, où Soraya a été lapidée à mort, La Lapidation de Soraya (que D. ait son âme): celle-ci a été lynchée par la foule du village où elle avait toujours vécu. Son propre père, ses propres deux fils, et son criminel de mari Ghorban Ali, un fieffé menteur, cupide et sans cœur, tous ont jeté les premières pierres.

Quand elle eut 13 ans, Soraya eut droit à un mariage arrangé avec un jeune homme qui avait 20 ans. Elle était docile, obéissante et fertile. Elle ne se plaignait jamais, malgré que son mari la battait, l'insultait, l'abandonnait, elle et ses enfants. Ghorban Ali sortait avec des prostituées et les amenait dans le lit conjugal. Soraya ne disait mot. On peut se séparer facilement d'une femme qui se plaint. Alors Ghorban a accusé sa femme d'adultère et elle fut condamnée à mort. Les villageois chantaient «Une putain doit mourir! Mort à la femme!», et ils connaissaient Soraya depuis sa naissance, pourtant ils l'ont maudite, lui ont craché au visage, l'ont frappée et fouettée, pendant qu'elle marchait vers son lieu de lapidation. Selon Dahebjam «un frisson de plaisir et de joie parcourait la foule», quand les pierres prenaient la couleur du sang. Soraya eut une mort lente, agonisante. Les villageois ont dansé ensuite sur le lieu même de la lapidation.

J'insiste sur le fait qu'on ne peut jeter le blâme de cette horrible lapidation sur le compte du Grand ou du petit Satan (les États-Unis ou Israël), comme c'est devenu l'habitude dans ces pays Musulmans. Comme le Mal, des coutumes barbares existent partout dans le monde, mais l'Occident n'en est pas la cause (1).

 

Que pouvons-nous faire?

Si vous osez dire qu'il faut intervenir d'une manière ou d'une autre (militaire, humanitaire, éducative..), vous serez calomnié comme raciste. De toutes manières, c'est le même refrain à chaque fois vous cherchez à intervenir pour la vie et la dignité de toute personne de couleur. Au nom de l'anti-racisme ou du politiquement correct, l'Occident et ses médias semblent avoir abandonné l'humanité vulnérable entre les mains des forces obscures du radicalisme islamique, que ces hommes soient Musulmans, Chrétiens, Hindous ou Juifs. Ce «relativisme culturel» qui se répand aujourd'hui est sans doute la plus grande faillite de la société occidentale et de ses médias «bien pensants».

Si nous Américains nous voulons continuer à lutter pour la liberté des femmes, on ne peut rester muet et inactif, tremblant de peur devant cette gauche surannée, devant cette culpabilité de l'Europe de son époque coloniale et raciste qui nous paralysent et nous réduisent au silence.

Les intellectuels de l'Occident ont été totalement «Palestianisés» et même les féministes en sont arrivées à croire que «l'occupation de la Palestine» était plus importante que l'occupation et la destruction du corps des femmes dans le monde entier.

Il y a un enjeu partout et le temps n'est pas aux scissions idéologiques. Il est à l'action, à la clarté et à l'unité. Nous devons voir nous Américains que l'Apartheid du sexe en Islam est un mal qu'on ne peut justifier. Nous devons soutenir les dissidents Musulmans et Arabes dans leur lutte contre cette ségrégation islamique et sa tyrannie. Si nous échouons, nous trahirons tout ce en quoi nous croyons…

Que pouvons-nous faire? Nous devons nous battre contre la haine propagée par les pays arabes et Musulmans aujourd'hui, contre l'Amérique, les Juifs et Israël et les femmes. C'est un long processus éducatif et culturel. Nous devons défaire le jihad et nous devons lier tout traité commercial ou de paix avec ces pays au statut de la femme dans ces pays. Ainsi j'ai une liste de 10 choses qu'on peut faire en Iran. Ma collègue Donna Hughes a commencé à en parler, notamment ce que pourrait être une politique Étrangère féministe à l'égard de l'Iran. Les responsables occidentaux et américains ne peuvent pas tourner le dos à ces dissidents Musulmans, aux peuples des pays arabes et Musulmans, aux Chrétiens, comme minorités en danger dans les pays arabes ou Musulmans, aux Juifs en Israël comme nation menacée. Notre vision de la liberté et de l'égalité des femmes doit faire partie intégrante de notre politique étrangère. C'est notre priorité «féministe» du 21ème siècle.

Note de la traduction
(1) comme le disent toujours certains intellectuels pervertis.

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L'ISLAMISME À LA CONQUÊTE DU MONDE

En novembre 2001, lors d'une perquisition, des enquêteurs suisses découvrent le « Projet », une ambitieuse stratégie destinée à établir le règne de Dieu sur toute la terre.

Sylvain Besson - jeudi 6 octobre 2005 - © Le Temps, 2005
Diffusépar www.chez.com/soued

Est-il possible que le développement de l'islamisme dans le monde depuis vingt ans soit, au moins en partie, le produit d'une stratégie occulte, d'un plan délibéré de conquête du pouvoir? C'est la question politiquement incorrecte que pose l'étonnante découverte faite par des policiers suisses et italiens durant une perquisition menée près de Lugano, en novembre 2001.

Dans la villa de Youssef Nada, un banquier égyptien que les autorités américaines accusent d'avoir soutenu le terrorisme, les enquêteurs saisissent alors un document étonnant, demeuré secret depuis presque deux décennies: le «Projet», texte stratégique dont l'ambition suprême est d'établir le règne de Dieu partout dans le monde.

L'enquête criminelle ouverte contre Youssef Nada, qui dirigeait la banque islamique Al-Taqwa de Lugano depuis sa création en 1988, a été classée en mai dernier. Mais le financier arabe, qui a démenti tout lien avec le terrorisme, a reconnu avoir été durant des années l'un des principaux dirigeants de la branche internationale des Frères musulmans, l'un des plus importants groupes islamistes contemporains. Fondée en Égypte en 1928, l'organisation des Frères musulmans a donné naissance à un vaste «Mouvement islamique» inspiré par ses idées, qui représente aujourd'hui la principale force se réclamant de l'islamisme dans le monde.

Le Projet est un texte de 14 pages, daté de décembre 1982, qui s'ouvre par le passage suivant: «Ce rapport présente une vision globale d'une stratégie internationale pour la politique islamique. Selon ses lignes directrices, et en accord avec elles, les politiques islamiques locales sont élaborées dans les différentes régions».

Le document préconise d'étudier les centres de pouvoir locaux et mondiaux, et les possibilités de les placer sous influence, d'entrer en contact avec tout nouveau mouvement engagé dans le djihad où qu'il soit sur la planète, de créer des cellules du djihad en Palestine» et de «nourrir le sentiment de rancœur à l'égard des juifs. Tout cela dans le but de coordonner le travail islamique dans une seule direction pour [...] consacrer le pouvoir de Dieu sur terre.

Les enquêteurs suisses qui ont étudié le dossier Al-Taqwa ont consacré plusieurs analyses au Projet et à ce qu'il représente. Un document confidentiel de la «Task Force» antiterroriste mise sur pied après les attentats du 11 septembre 2001 évoque ainsi un texte fondamental pour comprendre les buts à long terme des Frères [musulmans]: Intitulé Le Projet, ce document décrit par le menu la stratégie envisagée pour assurer une prise d'influence grandissante de la Confrérie sur le monde musulman. Il y est stipulé que les [Frères musulmans] ne doivent pas agir au nom de la Confrérie mais s'infiltrer dans les organismes existants. Ils ne peuvent ainsi être repérés puis neutralisés.

Un second rapport des enquêteurs suisses affirme que le Projet, et les autres documents découverts chez Youssef Nada, confirment le rôle joué par les Frères musulmans à la fois dans l'inspiration et dans le soutien, direct ou indirect, à l'islam radical dans le monde entier.

Dans cette optique, le Projet a pu jouer un rôle dans la création par les Frères musulmans et leurs héritiers d'un réseau d'institutions religieuses, éducatives et caritatives en Europe et aux États-Unis. Le Projet préconise en effet de construire des institutions sociales, économiques, scientifiques et médicales, et pénétrer le domaine des services sociaux pour être en contact avec le peuple. Dans ce but, il faut étudier les environnements politiques divers et les probabilités de réussite dans chaque pays. Un responsable occidental qui l'a étudié décrit le Projet comme une idéologie totalitaire d'infiltration qui représente, à terme, le plus grand danger pour les sociétés européennes. Le Projet, ce sera un danger dans dix ans, dit-il, on va voir émerger en Europe la revendication d'un système parallèle, la création de parlements musulmans, ce qui existe déjà en Grande-Bretagne... Commencera alors la lente destruction de nos institutions, de nos structures. Pour ce fonctionnaire, qui a demandé à ne pas être cité nommément, le Projet n'est pas un simple texte de réflexion, mais une «feuille de route» dont certains éléments ont été mis en œuvre dans le monde réel: il préfigure notamment le début de la guérilla contre Israël dans les territoires palestiniens occupés, et le soutien apporté ces dernières années par les Frères musulmans à divers groupes islamistes armés, de la Bosnie aux Philippines.

La découverte du Projet soulève aussi beaucoup de questions qui, pour l'heure, demeurent sans réponse. L'identité de son auteur, par exemple, reste inconnue. Youssef Nada, le gardien du Projet durant près de vingt ans, a simplement dit aux enquêteurs suisses qu'il n'a pas écrit ce texte. Approché à de multiples reprises par Le Temps, il a fini par expliquer que le document a été rédigé par des chercheurs islamiques mais qu'il ne représente pas une position officielle des Frères musulmans. Je ne suis d'accord qu'avec 15 ou 20 % de ce texte, affirme-t-il. Pourquoi, dans ce cas, l'avoir conservé chez lui ? Je ne sais pas. J'aurais dû le jeter.

L'importance du Projet tient autant à son histoire, et celle des hommes qui l'environnent, qu'à son contenu. Ses origines intellectuelles remontent aux années 1960, lorsque le théoricien en chef des Frères musulmans, Saïd Ramadan (1), trouve refuge à Genève. En septembre 1964, son journal El Mouslimoun publie un texte appelant à lancer une guerre idéologique contre l'Occident. Il s'agissait alors de répondre à la création de l'Etat d'Israël, considérée par les islamistes comme un élément d'un vaste complot contre la religion musulmane et ses fidèles. C'est pourquoi nous sommes convaincus que ce plan idéologique élaboré doit être contré par un plan idéologique tout aussi élaboré, et qu'il faut répondre à ses attaques idéologiques, à sa guerre idéologique, par une guerre idéologique.

L'article fait explicitement référence au «Protocole des Sages de Sion» un document fabriqué par la police tsariste et qui décrit une conspiration juive pour dominer le monde. Bien qu'il s'agisse d'un faux, ce texte antisémite continue d'être pris au sérieux dans les milieux islamistes.

En août dernier, le Wall Street Journal révélait que le «Protocole» a été cité durant une récente séance du Conseil européen des fatwas et de la recherche (CEFR), un organisme destiné à conseiller les musulmans d'Europe dans leur vie quotidienne. Selon un participant à la réunion, le Protocole démontre l'existence d'un complot juif destiné à détruire les valeurs morales des familles musulmanes. On comprend qu'animés de telles idées, les islamistes aient voulu réagir en développant leur propre Projet.

Le maître à penser du Conseil des fatwas, Yousouf al-Qaradawi, était l'un des principaux actionnaires de la banque Al-Taqwa de Lugano. Il est sans doute le prédicateur islamiste le plus populaire d'Europe et du monde arabe, et certaines de ses idées s'inscrivent dans la droite ligne du Projet. Ainsi, dans un texte publié en 1990, il proposait de développer la présence du Mouvement islamique au sein des «groupes du djihad», afin d'éliminer toutes les influences étrangères des terres d'islam, du Maroc à l'Indonésie.

Malgré ces ressemblances idéologiques évidentes, et les liens historiques de grands penseurs des Frères musulmans avec ce document, l'histoire récente de l'islamisme ne se résume pas au seul Projet. Et l'expansion de l'islam en Occident au cours des dernières décennies n'a été planifiée par personne: elle résulte de l'installation progressive d'immigrés musulmans en Europe et aux Etats-Unis. Mais les héritiers des Frères musulmans ont su profiter de cette évolution pour ouvrir un nouvel espace à leur action et à leurs idées. Leur objectif déclaré a toujours été de «protéger» les communautés musulmanes, selon l'expression du cheikh Qaradawi, du«tourbillon des idées matérialistes qui prévalent à l'Ouest».

Loin de ce discours convenu, le Projet offre un témoignage important de ce que peuvent être les arrière-pensées et les objectifs cachés du Mouvement islamique, au moment où ce dernier tente de renforcer son emprise sur les communautés musulmanes d'Occident. Le «Projet» est publié pour la première fois dans le livre de Sylvain Besson, «La conquête de l'Occident», qui sera disponible en librairie dès le 7 octobre.

 

(1) père de Tareq Ramadan, devenu le conseiller de Tony Blair, pour les affaires musulmanes et gendre de Hassan el Banna, créateur de l'organisation des Frères Musulmans en Égypte

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Le 23 août 2005

Le terrorisme entrave l'islam radical

Par Daniel Pipes
New York Sun

Diffusé par l'Institut canadien de recherches sur le Judaïsme
http://www.isranet.org/ http://www.isranet.org/

 

Les atrocités commises par les terroristes en Occident, telles que les attentats du 11 septembre 2001 et ceux de Bali, de Madrid, de Beslan et de Londres, aident-elles l'Islam radical à atteindre son but &endash; l'accession au pouvoir?

Non, elles sont contreproductives. En effet, l'Islam radical possède deux ailes distinctes &endash; l'une violente et illicite et l'autre licite et politisée &endash; entre lesquelles règne une forte tension. La stratégie licite a fait la preuve de son efficacité, mais l'approche violente lui met des bâtons dans les roues.

L'aile violente est représentée d'abord et surtout par le fugitif le plus recherché de la planète, Oussama Ben Laden. Le populaire et puissant premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, représente l'aile licite. Tandis, comme le relève Daniel C. Twining, qu'«Al-Qaida a plus d'adversaires qu'aucune autre force dans l'histoire», des imams politisés tels que Youssouf Al-Qaradawi s'adressent à de très vastes audiences sur Al-Jazira et fréquentent des personnalités telles que le maire de Londres, Ken Livingstone. Alors que le chiite Muqtada Al-Sadr erre en Irak à la recherche d'un rôle à y jouer, l'ayatollah Sistani domine la vie politique nationale.

Oui, le terrorisme tue des ennemis, répand la peur et perturbe l'économie. Oui, il stimule le moral et favorise le recrutement de non-Musulmans pour l'Islam et de Musulmans pour l'islamisme. Il donne aux islamistes une occasion de se battre pour leur cause de prédilection &endash; par exemple l'élimination d'Israël ou le désengagement des forces coalisées en Irak. Comme l'observe Mark Steyn, il fournit des renseignements sur l'ennemi. Et, oui, il suscite des déclarations politiquement correctes sur l'Islam, qualifiée de «religion de paix» et sur les Musulmans, décrits comme autant de victimes.

Mais, pour deux raisons essentielles, le terrorisme fait plus de mal que de bien à l'Islam radical.

Premièrement, il alarme et galvanise les Occidentaux. Par exemple, les attentats à la bombe du 7 juillet se déroulèrent pendant le sommet du G8 en Écosse, alors que les dirigeants mondiaux se penchaient sur le réchauffement planétaire, l'aide à l'Afrique et les grandes questions macroéconomiques. Les événements londoniens incitèrent alors les politiciens à diriger leur attention sur le contre-terrorisme. Ainsi, les terroristes ravivent ce que Mona Charen appelle «le dernier résidu de détermination qui subsiste encore dans la civilisation occidentale avachie».

Dans un registre plus général, M. Twining note qu'«Al-Qaida a produit un type d'entente entre grandes puissances sans précédent depuis le démarrage du concert européen en 1815.» (Même l'apparente exception constituée par les attentats à l'explosif de Madrid conduisit à un renforcement des mesures de contre-terrorisme en Espagne et dans toute l'Europe.)

Deuxièmement, le terrorisme entrave la besogne discrète de l'islamisme politique. En période de calme, des organisations telles que le Muslim Council of Britain (MCB) et le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) font leur travail avec efficacité, s'approchent de leur objectif consistant à rendre l'Islam «dominant» et à imposer la dhimmitude (par laquelle les non-Musulmans acceptent la supériorité de l'Islam et les privilèges des Musulmans). Les Occidentaux réagissent généralement comme les grenouilles cuites lentement qu'ils sont censés être &endash; sans rien remarquer.

Ainsi, le Muslim Council of Britain jouit de l'anoblissement royal, d'un soutien enthousiaste du premier ministre Tony Blair, d'une grande influence au sein du ministère des affaires étrangères et du Commonwealth et d'une subvention de 250 000 livres sterling, à la charge des contribuables, allouée par le Département du commerce et de l'industrie.

De l'autre côté de l'Atlantique, le CAIR s'est infiltré dans une série d'importantes institutions nord-américaines telles que le FBI, la NASA et le quotidien canadien Globe and Mail. Il a reçu l'appui de politiciens de haut rang, tant républicains (le gouverneur de Floride Jeb Bush) que démocrates (la leader démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi). Il a organisé un meeting entre des Musulmans et le premier ministre canadien Paul Martin. Il a obtenu d'un studio de Hollywood qu'il modifie la trame d'un film et d'une chaîne de télévision qu'elle diffuse une annonce publique. Il a harcelé une station de radio jusqu'à qu'elle licencie l'un de ses animateurs.

Le terrorisme gêne ces progrès, fait naître de l'hostilité envers l'Islam et les Musulmans. Il vaut aux organisations islamiques une attention indésirable de la part des médias, du gouvernement et des forces de l'ordre. Le CAIR et le MCB doivent alors mener des combats d'arrière-garde. Les attentats à la bombe du 7 juillet ont gravement (quoique seulement momentanément) perturbé l'instauration du «Londonistan», le déclin de la Grande-Bretagne vers un multiculturalisme fatigué et une conception inepte du contre-terrorisme.

Certains islamistes reconnaissent le problème. Ainsi, un intervenant Britannique apostrophait récemment ses coreligionnaires musulmans sur un site Web: «Vous ne savez donc pas que l'Islam est en pleine croissance en Europe? Qu'est-ce qui vous prend de venir chambouler les choses?» Dans la même veine, un horloger musulman de Londres émit la remarque suivante: «Nous n'avons pas à combattre. Nous sommes en train de prendre le pouvoir!» Soumayya Ghannoushi, de l'université de Londres, souligne amèrement que les principales contributions d'Al-Qaida consistent à verser le sang d'innocents et à «attiser la flamme de l'hostilité envers l'Islam et les Musulmans».

Les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être. Le terrorisme nuit à l'Islam radical et aide ses opposants. La violence et l'agonie des victimes rendent ce fait difficile à comprendre, mais sans l'éducation par le meurtre, le mouvement islamiste licite progresserait beaucoup mieux.

(Adaptation française: Alain Jean-Mairet)

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26 juillet 2005

Que veulent les terroristes? « Le califat ou la mort »

New York Sun
Daniel Pipes

Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/

 

Que veulent les terroristes ? La réponse devrait être évidente. Pourtant, elle ne l'est pas.

Les terroristes de la génération précédente exprimaient clairement leur volonté. Lors du détournement de trois avions de ligne en septembre 1970, par exemple, le Front populaire de libération de la Palestine exigea et obtint la mise en liberté de terroristes arabes détenus en Grande-Bretagne, en Suisse et en Allemagne de l'ouest.

Lors de l'attaque du siège du B'nai B'rith et de deux autres immeubles de Washington, D.C., en 1977, un groupe musulman hanafite exigea l'interdiction d'un film, « Le Message » (VO : Mohammad, Messenger of God), 750 dollars (au titre de remboursement d'une amende), la remise des cinq hommes qui avaient massacré la famille du leader hanafite et le meurtrier de Malcolm X.

Ces «exigences non négociables» liées à des prises d'otages provoquèrent des drames déchirants et autant de dilemmes politiques. «Nous ne négocierons jamais avec des terroristes», déclarèrent les responsables politiques. «Donnez-leur Hawaii mais rendez-moi mon mari», suppliaient les épouses des otages.

Ces temps sont si lointains et leur terminologie est à tel point oubliée que même le président Bush parle aujourd'hui d'«exigences non négociables» (en l'occurrence en matière de dignité humaine), oubliant l'origine sinistre de cette expression.

La plupart des attentats terroristes perpétrés de nos jours ne sont accompagnés d'aucune exigence. Des bombes explosent, des avions sont détournés et s'écrasent sur des immeubles, des hôtels s'effondrent. Les morts sont comptés. Les enquêteurs établissent l'identité des auteurs. De vagues sites web émettent après coup des revendications non authentifiées.

Mais les raisons de la violence ne sont pas explicitées. Les analystes, y compris votre serviteur, doivent donc spéculer sur les motifs. Ceux-ci peuvent être liés aux ressentiments personnels des terroristes, basés sur la pauvreté, des préjudices ou des sentiments d'aliénation culturelle. Par ailleurs, on peut discerner une intention d'influer sur la politique internationale : «frapper» à Madrid pour obtenir que les gouvernements retirent leurs troupes d'Irak. Convaincre les Américains de quitter l'Arabie Saoudite. Faire cesser l'aide américaine à Israël. Faire pression sur New Dehli pour qu'elle abandonne tout contrôle sur le Cachemire.

Tout cela pourrait avoir contribué à motiver les violences. Pour reprendre les termes du Daily Telegraph de Londres, les problèmes en Irak et en Afghanistan ajoutèrent à chaque fois «une nouvelle pierre à la montagne de rancunes érigée par des militants fanatiques». Mais aucun de ces éléments n'est décisif dans le choix de sacrifier sa vie pour tuer d'autres gens.

Dans presque tous les cas, les terroristes djihadistes nourrissent une ambition manifeste, celle d'établir un règne mondial dominé par les Musulmans, l'Islam et la loi islamique, la charia. Ou, pour citer une nouvelle fois le Daily Telegraph, leur «projet réel est l'extension du territoire islamique sur l'ensemble du globe et l'instauration d'un califat mondial basé sur la charia».

Les terroristes affichent cet objectif ouvertement. Les islamistes qui assassinèrent Anouar El-Sadate en 1981 décorèrent leurs cages de banderoles proclamant «Le califat ou la mort». Dans une biographie, l'un des penseurs islamistes les plus influents, et qui a inspiré Oussama Ben Laden, Abdullah Azzam , déclare que sa vie «s'articula autour d'un seul but, celui d'instaurer le règne d'Allah sur la Terre» et de restaurer le califat.

Ben Laden lui-même parla de veiller à ce que «le pieux califat prenne son essor depuis l'Afghanistan». Son principal adjoint, Ayman al-Zawahiri, rêvait aussi de rétablir le califat lorsqu'il écrivit «l'histoire, si Dieu le veut, va prendre un grand tournant dans la direction opposée, contre l'empire des États-Unis et le gouvernement juif mondial.» Un autre leader d'Al-Qaida, Fazlur Rehman Khalil, publie un magazine qui déclara: «Grâce à la bénédiction du djihad, le compte-à-rebours a commencé pour l'Amérique. Elle sera déclarée vaincue très bientôt», puis le califat sera mis en place.

Ou, comme l'écrivait Mohammed Bouyeri dans la note qu'il fixa sur la dépouille de Theo van Gogh, le cinéaste hollandais qu'il venait d'assassiner, «l'Islam vaincra grâce au sang des martyres qui répandent sa lumière dans chaque recoin de cette terre».

Il est intéressant de relever que l'assassin de van Gogh se montra contrarié par les motifs erronés qui lui furent attribués. Lors de son procès, il insista sur ce point : «J'ai fait ce que j'ai fait par pure foi. Je veux que vous sachiez que j'ai agi par conviction et que je ne l'ai pas tué parce qu'il était hollandais ou que j'étais marocain et que je me sentais offensé.» Bien que les terroristes déclarent haut et fort leurs motivations djihadistes, les Occidentaux comme les Musulmans, trop souvent, ne les entendent pas. Comme l'observe l'auteure canadienne Irshad Manji, les organisations islamiques prétendent que «l'Islam est un spectateur innocent du terrorisme actuel». Ce que veulent les terroristes est extrêmement clair. Et il faut fournir un effort monumental de dénégation pour ne pas le reconnaître, mais nous autres Occidentaux semblons bien en être capables.

Adaptation française : Alain Jean-Mairet

 

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Le 18 juillet 2005

QUE LES MUSULMANS MODÉRÉS SE MANIFESTENT !

Par Albert Soued, écrivain,
www.chez.com/soued
pour www.nuitdorient.com

Après chaque série d'attentats en Occident, les médias se perdent longuement en conjectures sur les motifs et les objectifs des poseurs de bombes, faisant appel à des psychologues, à des sociologues et à des experts du Moyen Orient ou de l'Islam. Et l'on voit surgir les théories les plus invraisemblables et parfois les plus saugrenues. Voici les conclusions qu'on peut tirer des documents publiés par www.nuitdorient.com depuis 5 ans.

L'empire ottoman était un califat acceptable pour l'univers arabo-musulman, jusqu'à sa capitulation en 1917 devant les forces occidentales, notamment anglo-saxonnes. Depuis la déposition du sultan par Kemal Ataturk en 1923, cet univers s'est morcelé en de nombreux nationalismes indépendants. Consciemment ou non, depuis 90 ans les arabo-musulmans cherchent par tous les moyens à recréer un Centre qui représenterait le Califat ou, en d'autres termes, la nation-mère, la « Oummah » (1). Après la 2ème guerre mondiale, nous avons assisté à plusieurs tentatives non religieuses pour reconstituer un début de « Oummah », à travers le panarabisme d'un Nasser, d'un Qadhafi et même des velléités du côté de H'afez al Assad et de Saddam Hussein. Toutes ces tentatives ont avorté.

Depuis ces échecs, nous assistons à d'autres essais de regroupement autour d'un Centre, essais basés sur la religion. La théocratie saoudienne sunnite qui exporte dans le monde entier son « wahabisme » (un islam dogmatique, sinon radical), grâce aux ressources financières tirées du pétrole ; la théocratie iranienne shiite qui cherche à avoir une prééminence au Moyen Orient grâce à l'arme nucléaire (2) ; la théocratie « talibane », berceau d'une nébuleuse terroriste internationale qui cherche à affaiblir l'Occident, mais dont le Centre a été démantelé lors de la guerre menée par les États-Unis en Afghanistan et qui s'est déplacé vers le Pakistan voisin, dans les montagnes qui unissent ces deux pays.

Souvent humiliés dans leur propre famille et frustrés par leur propres dirigeants, les arabo-musulmans rêvent de la force d'une « Oummah » qui les vengerait et qui rétablirait leur dignité. Certes une utopie ! Pour faciliter sa réalisation, il faut que certains « élus » se sacrifient. Toujours est-il que des arguments simples, voire simplistes (la mort plus utile que la vie, meilleure vie dans l'au delà, 72 vierges qui vous attendent), transforment un individu apparemment normal et civilisé en bombe humaine, prête à faucher tous ceux qui ont le malheur d'être là, des gens sans défense, des enfants.

La « Oummah » naîtra sur les ruines des régimes arabo-musulmans vendus à l'Occident et sur celles de l'Occident lui-même considéré comme moralement décadent (3). Pour accélérer leur chute, il faut les terroriser, les démoraliser et les affaiblir davantage par des actes aussi spectaculaires que cruels. Ces actes de terreur brutale ont l'avantage de frapper l'imagination de l'arabo-musulman de la rue, « humilié » et « frustré », et de faciliter son recrutement pour de nouvelles actions meurtrières. Ces gens qui se radicalisent sont certes marginaux, mais « 1 sur 100 000 », cela représente quand même 130 000 personnes qui pourraient mettre la planète à feu et à sang, d'autant plus qu'ils sèment la terreur et la mort avec de faibles moyens (4).

Et surtout la masse arabo-musulmane reste étonnamment silencieuse devant les massacres, que cela soit en Occident ou dans les différents pays arabes ou musulmans victimes de la même terreur. En dehors de quelques personnes courageuses qui ont presque toutes été citées dans les colonnes de www.nuitdorient.com et ont été désignées « étincelles de lumière dans la nuit qui a envahi l'Orient » (5), nous sommes abasourdis de ne pas voir des cortèges d'Arabes et de Musulmans, notamment ceux qui vivent en Occident, protester contre les terroristes. Où sont les Arabes et les Musulmans modérés? Qu'ils se manifestent donc! Il est grand temps. En dehors d'une manifestation qui a réuni moins d'un millier de personnes à Washington pour protester contre les massacres perpétrés par al Qaeda et par les sunnites irakiens contre leurs frères, on ne voit rien ou si peu ! Quelle misère ! Si ! En France des milliers de Musulmans sont descendus dans la rue pour faire libérer la journaliste kidnappée en Irak, Florence Aubenas, avec comme slogan « libérez Florence Aubenas ! il est injuste de prendre en otage une journaliste pro-arabe ! »

De nombreux Musulmans clament la main sur le coeur que la terreur n'est pas l'Islam, que le Jihad n'est pas une lutte armée. Mais ils ne bougeront pas pour empêcher par un moyen ou un autre que le terrorisme sévisse, même pas défiler dans la rue. Alors ne nous demandez pas où vont leurs sympathies cachées.

 

Notes

1- La notion de « Oummah » est profondément ancrée dans le psychisme arabe, et la reconstituer est un objectif sacré, quel qu'en soit le Centre et quels qu'en soient les moyens pour y parvenir. La nation-mère forte doit remplacer la mère (oum) faible. Devant le père qui a tous les pouvoirs, la mère musulmane est perçue par ses nombreux enfants comme quelqu'un de faible et de réprimé, aussi bien au sein de la famille que dans la société. Le jour où la femme musulmane sera vraiment émancipée, le désir et la recherche d'une « oummah » forte ou même d'une « oummah » déclinera. Le port du hijab est un des moyens pour maintenir la femmes asservie, d'une certaine manière, sous prétexte de modestie, quand il y a mille autres manières de se montrer « modeste » !

2 - Il faut savoir que les shiites ne représentent que 10 % des Musulmans qui sont en majorité sunnites et que la querelle qui les sépare date depuis la succession de Mohamed (khalifa). Par ailleurs il se trouve que ces shiites sont assis sur 90 % des réserves de pétrole du Moyen Orient (golfe persique). D'où une double querelle.

3 - On pourrait dire que la décadence de l'Occident vient de son opulence, de son égocentrisme, de son non-désir de se reproduire, le taux de natalité étant à un niveau très bas, et de son manque d'espoir et de foi dans la famille et l'avenir. L'Occident n'est pas plus ou moins immoral que l'Islam.

4 - Les attentats de New York, Madrid ou Londres ont nécessité des moyens faibles eu égard aux conséquences. Il en est de même de l'attentat de Toulouse où il suffisait d'une petite charge explosive pour provoquer un coûteux désastre.

5 - Citons ici notamment certains groupes ethniques musulmans tels que perse, turc, tadjik, kabyle, berbère, souvent minoritaires et qui se sont largement manifestés contre la terreur en Occident et le totalitarisme dans leur pays. Et qu'il faut vivement encourager.

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Le 17 juin 2005

Source : Judéoscope.ca
http://www.judeoscope.ca/isla/050617_hidjab.htm

Le hidjab est un symbole politique

par David Ouellette

Le « foulard islamique », cet euphémisme pour ce qui en réalité est une cagoule épinglée au menton qui couvre les oreilles et voile la vue latérale, n'est pas un symbole religieux; il est un symbole politique.

Les savants d'un islam réconcilié avec la modernité et l'égalité des sexes sont catégoriques. Non seulement le hidjab n'est-il pas prescrit par le Coran et les hadith, mais sa revendication islamiste est «un signe avant-coureur d'une idéologie politique qui cache d'autres revendications», comme l'a signalé le Grand Mufti de Marseille, Soheib Bencheikh.

C'est dans la foulée de la révolution islamiste d'Iran en 1979 que le symbole politique du tchador, ou hidjab, s'est imposé. Il faut comprendre l'introduction du port obligatoire du hidjab en Iran comme la manifestation physique de la régression du statut de la femme iranienne à celui de sans-droit et de mineure perpétuelle, assujettie au bon vouloir de ses parents mâles, ou le cas échéant, de son mari. Plus que le « signe avant-coureur » d'ultérieures revendications islamistes, le hidjab incarne le régime de ségrégation sexuelle prôné par l'islam politique.

Symbole du « réveil islamique », le hidjab s'est rapidement répandu de l'Iran des mullahs au reste du monde musulman, supplantant dans son sillage des coiffes traditionnelles, de facture souvent plus ethnique que religieuse, voire politique.

En Tunisie, par exemple, où le hidjab est banni des institutions publiques, celui-ci a déjà supplanté le traditionnel voile blanc, le safsari, dont la première fonction est de protéger des éléments celles qui le portent. L'arrivée du hidjab en Tunisie, on s'en doutera, est accompagnée d'un regain de militantisme islamiste dans le pays, tant et si bien, que des associations de Tunisiennes ont cru nécessaire de rappeler, en s'adressant aux colporteurs des influences islamistes issues du Golfe persique et de la péninsule arabique que « votre hidjab n'est pas notre safsari, votre islam, n'est pas notre islam ».

La prolifération du hidjab à Montréal, comme dans d'autres villes occidentales, n'est pas strictu sensu le résultat de l'immigration maghrébine. Il témoigne avant tout de l'ascendant politique des groupes islamistes sur les diverses communautés musulmanes de la ville. Forts des pétrodollars wahhabi et de l'appui de l'Ikhwan, des groupes islamistes ont beau jeu de parler au nom de musulmans qui souvent ignorent jusqu'à leur simple existence. Ceci étant dit, quiconque connaît des professeurs de francisation pour immigrants a entendu parler de ces étudiantes maghrébines qui entament leurs cours de français vêtues à l'occidentale pour les terminer en tchador. Demandez-leur pourquoi, les plus courageuses vous répondront : à cause de la pression. La pression… de se conformer, l'ubiquité du hidjab et le « combat » pour sa reconnaissance publique étant une arme qui intimide celles qui l'ont abandonné dans leur pays natal et qui annonce d'autres revendications dissimulées pour l'heure.

Les médias, inconsciemment, sans doute, participent à cette intimidation en traitant les groupes islamistes comme les représentants des musulmans de Montréal. Lorsqu'il suffit à La Presse de citer, comme aujourd'hui, le dirigeant d'un groupe islamiste pour conclure que la « communauté musulmane célèbre » l'obtention du droit au port du voile dans les écoles privées, les musulmanes laïques, venues jouir d'une liberté qui leur est niée dans leur terre natale, se retrouvent un peu plus isolées.

« L'islam peut exister sans le voile des femmes, mais le système islamiste ne peut exister sans le voile des femmes », écrit l'essayiste iranienne Chadortt Djavann à propos de la portée symbolique du hidjab. Pour elle, qui fut contrainte de le porter, le hidjab, en « désignant ce qu'il cache », sert de « cache-sexe provocateur», qui loin de protéger la « pudeur » de la femme, comme le prétendent les islamistes, « réduit la femme à un 'organe génital' ».

Aussi n'est-il guère étonnant que lorsqu'elle en a le choix, c'est-à-dire loin des mullahs, la lauréate iranienne du Prix Nobel, Shirin Ebadi, ôte son hidjab, comme elle l'a fait cette semaine à Montréal. Hors du régime islamiste, le hidjab perd son sens. Libérée de la contrainte patriarcale, la musulmane laisse choir son voile. Dans son pays, ce geste lui aurait valu 100 coups de fouet et six mois d'emprisonnement. Ici, on voudrait lui donner le « droit » de le porter…

Comment concevoir, alors, qu'au nom de l'égalité, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) élève au rang de droit ce qui sous les régimes islamistes est une prescription dont la transgression est sévèrement châtiée ? Comment expliquer qu'au nom de la Charte canadienne des droits et libertés, l'étendard de la ségrégation des sexes soit hissé dans nos établissements scolaires, fussent-ils publics ou privés ? Quelle étrange conception de l'égalité et de la jeunesse entretient donc la CDPDJ pour exiger des écoles privées (et publiques depuis 1995) qu'elles autorisent que des fillettes puissent porter en leur sein, sans en avoir fait le choix, le symbole même de l'abaissement du sexe féminin, sans trahir à la fois les droits de la personne et une jeunesse privée de facto de sa jeunesse ? Comment la CDPDJ, qui insiste que l'accommodement raisonnable en matière religieuse ne prévoit pas l'exemption de cours d'éducation physique, par exemple, s'imagine-t-elle qu'une fillette affublée d'une cagoule et en « maillot long », puisse participer à des cours de natation ?

Ce qui transparaît, c'est que la CDPDJ ne s'est livrée à aucune de ces considérations. Elle s'est bornée à interpréter le port du voile, sans égards pour les droits de celles qui y sont contraintes, à la lumière de la Charte des droits et libertés pour conclure au droit égal à l'«accommodation raisonnable» entre les fidèles de toutes religions confondues. Autrement dit, elle a sacrifié les droits individuels de jeunes filles sur l'autel des droits collectifs des fidèles. L'opinion légale de la CDPDJ sur le port du hidjab témoigne du rétrécissement de la Charte des droits et libertés à une espèce de menu auquel quiconque est invité de choisir des droits à la carte. Que cela s'inscrive en faux avec la motion contre la charia adoptée à l'unanimité il y a moins d'un mois par notre Assemblée nationale semble n'émouvoir personne dans la sphère médiatico-politique québécoise.

S'il est certes inconcevable qu'une société libre réprime complètement le port du hidjab, il ne devrait pas pour autant être encouragé dans nos établissements scolaires. L'école, privée comme publique, a pour mission de transmettre des valeurs citoyennes et humanistes dont l'égalité des sexes devrait être un fondement inébranlable. Laisser proliférer ce symbole de mépris de la femme dans les murs de nos écoles revient à profaner ces valeurs et nos écoles. «Si le voile protégeait la femme dans une société patriarcale, la protection de la femme, aujourd´hui, c´est justement l´instruction et l´éducation», affirme le Grand Mufti de Marseille. Ce bout de tissu d'un autre temps et d'un autre monde n'a pas sa place dans des établissements scolaires appelés à ce rôle émancipateur.

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21 avril 2005

« Islamophobie » : La muselière du totalitarisme du 21e siècle ?

Par David Ouellette
http://www.judeoscope.ca

En 2003, la journaliste libérale Polly Toynbee écrivait dans The Guardian : «les politiques religieuses balafrent l'Inde, le Cachemire, l'Irlande du Nord, le Sri Lanka, le Soudan … la liste de pays détruits par la religion est longue. Mais le danger actuel est causé par la théocratie islamiste. Partout où l'islam est au pouvoir ou a un ascendant sur le gouvernement, il impose des régimes durs qui dénient les plus élémentaires des droits de l'homme».

Certes, les mullahs iraniens n'ont pas prononcé de fatwa de mort contre Toynbee et les islamistes de Londres ne sont pas descendus dans la rue pour réclamer sa tête comme au temps des versets sataniques de Salman Rushdie. Plutôt, Toynbee fut nommée Personnalité médiatique la plus islamophobe de l'année par la Commission islamique des droits de l'homme, à ne pas confondre avec la Commission des droits de l'homme de l'ONU (CDH), dont elle partage les objectifs. Car depuis la naissance du terme «islamophobie», les méthodes d'intimidation des islamistes occidentaux se sont raffinées.

C'est ainsi que la semaine dernière, un projet de résolution contre «les campagnes de diffamation de l'islam et des musulmans en Occident» présenté par le Pakistan au nom de l'Organisation de la conférence islamique, a été adopté par la CDH, un organisme composé de pays phares en matière de tolérance religieuse tels que le Pakistan où sont assassinés presque quotidiennement chrétiens et musulmans chi'ites, l'Arabie Saoudite, où la pratique de tout culte autre que l'islam wahhabite est sévèrement puni, l'Égypte, où les Coptes sont systématiquement discriminés et persécutés par l'État, ou la Mauritanie, où sont encore réduites à l'esclavage les populations non musulmanes.

C'est précisément parce que la résolution est muette sur la question beaucoup plus troublante de la persécution des minorités religieuses en terres d'islam et de l'intolérance religieuse enseignée dans de nombreux pays islamiques que le Canada, à son honneur, les États-Unis et quatorze autres pays occidentaux ont voté contre cette résolution déséquilibrée. Ce qui n'est pas sans déplaire aux islamistes locaux.

Dans un communiqué de presse publié hier, Salam Elmenyawi, du Conseil Musulman de Montréal, lequel milite pour l'établissement de cours islamiques au Québec, et Mohammed Kamel et Bachar Elsolh, tous deux du Canadian Muslim Forum (CMF), dénoncent âprement le vote canadien contre la résolution de la CDH sur l'«islamophobie». «Le gouvernement canadien donne l'impression qu'il appuie et fait l'apologie du racisme et de l'intolérance contre l'islam et les musulmans», écrivent-ils, « nous appelons le gouvernement canadien à renverser sa décision et à adopter une position ferme contre l'islamophobie et toute forme d'intolérance raciste».

Ces messieurs croient-ils vraiment que le gouvernement canadien tolère et cultive la haine des musulmans, ou cherchent-ils à marquer des points politiques par le chantage à l'«islamophobie» ? Avant de répondre, encore faut-il savoir ce qu'entendent par «islamophobie» ceux qui en agitent le spectre. Un Marocain est détenu en vertu d'un certificat de sécurité pour ses liens présumés avec des groupes islamo-terroristes au Maroc ? «Islamophobie». Le service du renseignement canadien, plutôt que de rechecher des planteurs de bombes dans la communauté hassidique d'Outremont, surveille des individus suspects qui se dissimulent au sein de la communauté musulmane ? «Islamophobie». Une élue québécoise de tradition religieuse musulmane met en garde ses concitoyens contre le péril islamiste ? «Islamophobie» encore ! Les journaux rapportent que des enseignants dans une école islamique célèbrent l'essai d'un élève glorifiant le meurtre des Juifs ? Incitation à l'«islamophobie», répondent en choeur les islamistes.

Dans un article publié cette semaine dans Judéoscope, Steven Emerson nous rappelle que depuis le 11 septembre, les groupes de pression islamistes opérant en Amérique du Nord ont tout intérêt à se faire passer pour les victimes de la haine et de l'injustice. «Les groupes islamiques radicaux», explique Emerson, «ont continué d'inverser la réalité, de renverser les faits avec l'étonnante habilité à se consacrer victimes de la haine, contrairement à la vérité meurtrière où eux-mêmes sont en fait les géniteurs de la haine».

En effet, en se drapant dans la cape du défendeur du musulman victime, et en prononçant les mots magiques «érosion des libertés civiles» doublés d'«islamophobie», les islamistes tentent de nous faire oublier que dans l'ordre actuel des choses, de l'Algérie aux Philippines, de New York à Madrid, ce sont bien eux qui abattent, égorgent et mutilent musulmans et non musulmans. De plus, parce que les groupes de pression islamistes semblent s'engager en faveur de la défense des droits civils, alors qu'en fait, dans leur propre optique, ils militent en faveur de mesures limitant les efforts contre-terroristes du Canada (en réclamant la libération d'individus soupçonnés d'activités terroristes ou en revendiquant l'abolition des certificats de sécurité, par exemple), ils acquièrent avec l'aide de leurs alliés gauchistes le vernis respectable de l'ONG humanitaire derrière lequel s'estompent leurs origines et leurs sympathies terroristes. Rapidement ces groupes islamistes deviennent les interlocuteurs musulmans privilégiés et réputables du gouvernement, sont invités à soumettre des mémoires sur la révision parlementaire des lois antiterroristes tandis que les politiciens font la queue pour prononcer des discours à leurs galas de collecte de fonds. Sans jamais devoir renoncer à leur vision d'islamiser leur société d'accueil et de soutenir les groupes djihadistes.

En votant contre l'adoption de la résolution de la CDH sur l'«islamophobie», le Canada a prouvé sur la scène internationale qu'il est capable de détecter les mystifications des islamistes et de les repousser. Et bien que le Canada a cessé depuis longtemps d'adopter des positions de principe courageuses, peut-être, au vu de leur réaction délirante, nos islamistes locaux ont-ils interprété ce vote canadien comme un message à leur adresse : le chantage à l'«islamophobie», c'est du passé. Il aura fallu le meurtre crapuleux d'un cinéaste ayant osé exposer la condition dégradante de la femme dans les milieux isalmistes pour que la Hollande, cet autre pays du multiculturalisme indulgent, se secoue du joug artificiel de l'«islamophobie». Il est à souhaiter qu'il ne faudra pas arriver à pareille extrémité au Canada pour que l'on dégonfle la baudruche de l'«islamophobie».

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9 septembre 2004

Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
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Le maître à penser de l'islamisme radical
Sayyid Qutb (1906-1966) est un auteur décisif pour comprendre l'islamisme radical, ses notions et ses objectifs

Roger-Pol Droit
Le point

 

Pour la plupart d'entre nous, citoyens des pays occidentaux, l'islamisme radical est une découverte encore récente. Il aura fallu le 11 septembre, les talibans, Al-Qaeda pour que nous commencions à entrevoir la profondeur et la puissance du conflit qui s'installe. Pourtant, depuis plusieurs décennies, un penseur égyptien avait déjà élaboré les fondements de cette guerre. Une guerre totale, à ses yeux, presque un conflit cosmique, indissociablement mystique et politique. Son oeuvre monumentale, élaborée au milieu du XXe siècle, semble appartenir à un autre temps. Elle évoque, pour nous, le Moyen Age et le totalitarisme fanatique. Sa lecture est à tous égards impressionnante. Cet homme se nomme Sayyid Qutb (prononcez «Kot'b»).

Célébrissime dans nombre de pays musulmans, son nom, ici, n'est connu que des experts. Pourtant, depuis les années 1970, sa pensée n'a cessé d'exercer une influence considérable sur les mouvements islamistes. Khomeyni vénérait sa mémoire, l'Iran a d'ailleurs émis un timbre à son effigie. Les dirigeants du Soudan se réclament de lui, aussi bien que les groupes islamiques armés (GIA) d'Algérie. Les talibans l'enseignaient à Kaboul. Oussama ben Laden lui-même fut un des étudiants de Mohammed Qutb, son frère, éditeur de la version autorisée des 4 000 pages de l'oeuvre principale de Sayyid. Ayman Al-Zawahiri, théoricien de Ben Laden qui condamnait récemment la loi française contre les signes religieux à l'école, est un de ses disciples les plus directs.

Précisons-le d'emblée : ses lecteurs vont plus loin dans l'horreur que Qutb lui-même. Lui n'a pas préconisé le terrorisme et les assassinats comme moyen de lutte. Les combattants actuels simplifient et durcissent sa démarche, pourtant déjà radicale. Mais pratiquement tous les mouvements islamistes se rattachent à son héritage, pour s'en inspirer plus ou moins fidèlement, rarement pour s'en démarquer. À l'arrière-plan de la nébuleuse des organisations et des tendances se tient cet énorme discours aux facettes multiples. Son existence est indispensable à connaître pour saisir ce qui inspire, en profondeur, les combattants du djihad.

En effet, la pensée de Sayyid Qutb possède une cohérence interne indiscutable et une intensité spirituelle soutenue. Les deux se conjuguent rarement. On aurait donc tout à fait tort de croire cette oeuvre simpliste ou confuse. Ce sont au contraire sa puissante envergure, sa capacité à unir mystique et politique qui d'abord retiennent l'attention et peuvent rapidement susciter l'effarement ou l'effroi. Pour entrevoir cet univers mental déconcertant pour un Occidental moderne, il faut commencer par se placer dans la perspective d'une conversion religieuse totale qui englobe la totalité de la vie humaine, individuelle et collective, et ne laisse rien au-dehors d'elle.

L'islam de Qutb n'est pas une religion privée, partielle, individuelle. «L'islam est un ordre intégré complet, dit-il, un axe fixe autour duquel tourne la vie dans un ordre précis.» Tout doit être régenté par l'autorité divine, non par des décisions humaines. «Cela s'applique au mariage, à la nourriture, à l'habillement, aux contrats, à toute activité et travail, à toutes les relations sociales et commerciales, à tous les us et coutumes.»

Dans cette perspective, pas moyen de séparer profane et sacré, religieux et laïc, Église et État, foi et politique. Au contraire, aux yeux de Qutb, ces divorces ont engendré la crise de civilisation des temps modernes. Le grand malaise contemporain - êtres humains déboussolés au coeur de la prospérité apparente, guerres mondiales, dépravation des moeurs - provient pour lui d'une seule erreur fatale : avoir séparé Dieu du monde. C'est à cela qu'il faut mettre un terme.

Le schéma d'ensemble est donc : harmonie divine, alliance rompue et temps d'errance, lutte pour restaurer le règne divin. La trajectoire personnelle de Qutb, si l'on se tourne vers sa biographie, correspond à ce schéma. Naissance : 1906, village de Mucha, près d'Assiout, en Haute Égypte. Famille : petits propriétaires terriens. Éducation : musulmane pieuse. Vérité ou légende : aurait su le Coran par coeur à 10 ans. Voilà pour l'harmonie supposée. L'errance, elle, va durer plus longtemps. Études : au Caire, à partir de 14 ans, école normale de futurs professeurs. Influence de l'islam réformiste, ouvert aux idées occidentales, celui-là même qu'il combattra plus tard. Carrière : enseigne à l'école publique, puis travaille au ministère de l'Éducation. Vie religieuse : à distance des extrémistes. Le mouvement radical des Frères musulmans, fondé au Caire par Hassan al-Banna entre 1927 et 1928, progresse rapidement. Qutb, alors, n'en fait pas encore partie.

Caractère : timide, sensible, réservé. Ambition, à cette époque : devenir homme de lettres. Écrit dans diverses revues, publie nouvelles, poèmes, essais de critique littéraire. Quand revient-il donc exactement vers le Coran et les sources de sa foi ? Dans quelles circonstances, pour quelles raisons ? Points mal élucidés. Son périple en Occident (États-Unis, Grande-Bretagne, Suisse, Italie) de 1948 à 1950 passe souvent pour le facteur déterminant de cette conversion. Ce n'est pas sûr. Son livre La justice sociale dans l'Islam, qui paraît en 1948, peut être, déjà, une conséquence de cette mutation. En tout cas, son immersion dans la société américaine, à l'occasion d'une mission pédagogique, fut pour Sayyid Qutb une épreuve cruciale.

Qu'on imagine ce célibataire de 42 ans, qui n'a jamais quitté l'Égypte, arrivant dans le Colorado. Chaque jour, tout le choque. Le racisme dont il est victime, mais aussi la violence des combats de boxe, les dissonances du jazz, la tenue et les regards des étudiantes, leur liberté de moeurs. «Les filles américaines savent parfaitement le pouvoir séducteur de leur corps, écrit-il dans L'Amérique que j'ai vue. Elles savent qu'il réside dans le visage, les yeux expressifs et les lèvres gourmandes. Elles savent que la séduction réside dans les seins ronds, les fesses pleines, les jambes bien formées - et elles montrent tout cela et ne le cachent pas.» Une soirée dansante organisée dans une église le laisse abasourdi.

Dès son retour, Qutb devient membre des Frères musulmans et le doctrinaire le plus influent d'un mouvement qui compte déjà, rien qu'en Égypte, plus d'un million de membres actifs. Nasser prend le pouvoir en 1952 avec leur soutien, avant de les pourchasser à partir de 1954. Qutb est emprisonné. Son frère Mohammed se réfugie, avec d'autres, en Arabie saoudite. Sayyid ne quittera pas la prison avant la fin de 1964. C'est là qu'il rédige et remanie constamment «À l'ombre du Coran», son commentaire-fleuve de certaines sourates. Intention : expliquer le Coran par le Coran, sans commentaires philosophiques ou historiques extérieurs. Qutb veut revenir au «mode de penser musulman pur». Cette pureté ne se trouve pas en restant dans les livres. Ce qui importe, pour lui, c'est le Coran comme expérience, l'islam comme vie intégrale, rupture avec les erreurs anciennes, lutte pour l'avènement d'un monde où l'on ne servira plus que Dieu. Car, insiste Qutb, «tout ce qui est coupé de Lui est coupé du vrai sens de cette vie». Tout se mesure à l'aune divine.

Qutb, en prison, est entré dans la lutte finale. Pour lui, c'est l'écriture, l'élaboration d'une pensée capable de remettre l'humanité entière sur la voie de l'harmonie divine. Car «ce système est là pour guider tous les hommes». Le sage rebelle et inflexible vit à l'hôpital de la prison. Santé fragile et séquelles de tortures. Fin 1964, il est libéré. Il publie Repères sur le chemin, recueil des pages les plus radicales de son grand oeuvre. Après huit mois de liberté, Qutb est de nouveau arrêté. Condamné à mort par un tribunal militaire à cause de son livre, il est pendu le 29 août 1966. Le Frère combattant meurt en martyr.

On ne résume pas 4 000 pages. On retiendra que deux notions antagonistes organisent l'ensemble. Ce que les musulmans doivent combattre, en eux-mêmes comme au-dehors, se nomme la jâhiliyya. Ce terme désigne habituellement l'ignorance, l'état de ceux qui n'ont pas reçu le message de Dieu. Cette errance liée au paganisme prend chez Qutb un sens extrêmement large : la jâhiliyya est devenue, aujourd'hui, totale et mondiale. L'alliance avec Dieu est rompue. Les hommes croient pouvoir décider à sa place, ce qui est la pire des offenses. Le matérialisme domine, les moeurs sont bestiales. La «corruption de la terre» l'emporte. L'islam a perdu le rôle offensif et le leadership qui, selon Qutb, doivent être les siens. Il s'agit de les restaurer par la lutte. La guerre la plus acharnée doit être menée contre les pires ennemis, les faux musulmans, les musulmans de nom, de nom seulement. Sous couvert d'islam, ils accroissent en fait la jâhiliyya en séparant les hommes de Dieu par la laïcité de l'État.

Ce qu'il s'agit d'instaurer définitivement, c'est tout l'inverse de cette errance : la hâkimiyya, le règne et l'autorité de Dieu, l'emprise de son jugement infaillible sur toutes les affaires humaines. Seul ce règne absolu pourra garantir la liberté, puisque aucun humain ne sera plus soumis à aucun autre. Le règne de Dieu mettra un terme à toute dictature humaine. C'est donc seulement avec l'instauration universelle de la Shari'a, l'ensemble des préceptes pratiques du Coran, que prendra fin l'errance de l'humanité. On coupera donc partout la main des voleurs, toutes les femmes cacheront leur corps et toutes seront lapidées à mort en cas d'adultère.

Dans la vision cosmique de Qutb, le peuple de Dieu (les vrais musulmans) s'oppose aux juifs et aux chrétiens, qui tentent, depuis toujours et sans succès, de les anéantir. «Depuis les premiers jours de l'islam, écrit Qutb, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs.» Les quelques passages du Coran qui incitent au pardon et à la tolérance envers les juifs, Qutb conseille de ne pas les mettre en valeur :«En vérité, ce sont des juifs qui soutiennent la plupart des théories maléfiques visant à détruire toutes les valeurs et tout ce qui est sacré pour l'humanité.»

Le totalitarisme théologique de Qutb projette une guerre de très longue durée, menée au nom de Dieu contre les impies, y compris, éventuellement, les oulémas eux-mêmes. Toute laïcité est jugée criminelle. Toute «liberté de non-croyance en Dieu» est refusée. Toute coexistence religieuse est inconcevable, sauf tactique temporaire. L'islam doit s'assurer le leadership total sur l'humanité - «son objectif est la terre entière», souligne Qutb. À terme, il s'agit d'instaurer un État islamique mondial, un règne planétaire de la Shari'a. Rien de moins. Ce n'est certes pas la seule conception de l'islam ni la seule lecture du Coran disponible. Mais ce noyau d'idées «qutbistes» se trouve au centre du terrorisme actuel. Cela éclaire. Cela ne rassure pas.

 

À LIRE

Le meilleur ouvrage en français sur la pensée de Qutb est celui d'Olivier Carré, Mystique et politique. Le Coran des islamistes. Lecture du Coran par Sayyid Qutb, Frère musulman radical (1906-1966). Cerf / «Patrimoines », 2004 (350 pages, 50 euro).

On trouvera une approche plus journalistique dans le livre de Paul Berman Les habits neufs de la terreur. Traduit de l'américain par Richard Robert. Préface de Pascal Bruckner. Hachette Littératures, 2003.

 

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LA PARANOÏA ISLAMISTE

 

Le 28 janvier 2004

Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
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Ces imams radicaux qui enflamment les mosquées des cités

Par Cécilia Gabizon
Le Figaro

Si la plupart des prêches restent mesurés, prudence oblige, le ton monte en coulisse

 

La grande prière du vendredi va commencer. Il est 13 heures. Près du centre Urssaf de Vénissieux, des hommes se pressent vers une bâtisse de deux étages faisant office de mosquée. Ici, l'imam est connu pour ses prêches radicaux inspirés par les salafistes, tenants d'une doctrine fondamentaliste qui prône le retour à la tradition. La loi interdisant les signes religieux à l'école est pour lui une véritable déclaration de guerre contre les musulmans. Les fidèles doivent entrer en « résistance », comme les musulmans du monde entier, qui les « soutiennent », puisqu'ils ont manifesté eux aussi contre la loi dans les pays arabes. Les quelque 300 personnes réunies, hommes de tout âge, certains portant la longue djellaba, approuvent de la tête.

Le religieux propose alors une « organisation » qui fleure la sédition : les commerces « kofars » (des mécréants) seront délaissés au profit des établissements « halal ».Les services doivent également être assurés par des « frère s» : garagiste musulman, médecin musulman... « Il ne faut plus rien donner aux impies », répète d'ailleurs un proche de l'imam à la sortie. Quelques hommes annoncent une pétition pour « dire non à la République laïque ». Leurs femmes ou les jeunes filles iront peut-être manifester. Eux préfèrent structurer dans l'ombre un communautarisme militant.

Ce jour-là, parmi les fidèles, tous n'approuvent pas cette agitation mais beaucoup se taisent. Car la pression est forte. La loi interdisant les signes religieux à l'école attise des braises déjà incandescentes dans certains quartiers. Car depuis des années les prêcheurs installés dans les cités ont utilisé la discrimination réelle qui frappe les enfants de l'immigration pour miner le désir d'assimilation. Et promouvoir des « valeurs musulmanes » dont certaines heurtent la vision occidentale : l'émancipation de la femme faisant figure de perversion, de provocation sexuelle.

« La France dépravée et mécréante veut nous dévergonder », assure Linda, 18 ans, une jeune musulmane voilée de Nancy, à des copines pour emporter leur soutien. Elles hésitent, ne sachant que répondre. Car depuis vingt ans les prêcheurs ont introduit un islam wahhabite qui prône le port du foulard. Seule une minorité le porte mais beaucoup le croient obligatoire et le considèrent comme un « plus » pour la musulmane. Ainsi, 53 % des 405 musulmans interrogés par le CSA pour Le Parisien se sont prononcés contre la loi. Tandis que 45 % des personnes sondées affichaient de la sympathie pour les manifestations contre l'interdiction du port du foulard islamique à l'école.

Des manifestations surtout relayées par les associations musulmanes et par Internet, qui permet d'appeler anonymement à protester. La plupart des imams évitent de s'exprimer publiquement sur le sujet car ils se savent surveillés. Ces derniers mois trois d'entre eux ont été rappelés à l'ordre en Ile-de-France pour avoir appelé au djihad ou proféré des propos antisémites.

Aujourd'hui, la plupart des mosquées s'en tiennent à l'orthodoxie. Ainsi, vendredi, rue Jean-Pierre-Timbaud, à Paris, l'imam a délivré un prêche classique en arabe littéraire, comme à l'accoutumée dans ce lieu de prière tenu par des Tabligh, un mouvement piétiste, mais largement fréquenté par les salafistes. Seules la véritable foi et l'obéissance absolue à Dieu seront comptabilisées au jour du jugement, a rappelé le religieux. Derrière un lourd tissu, une cinquantaine de femmes écoutent et prient. Beaucoup de grands-mères, véritables gardiennes du temple, ajustant brusquement le foulard d'une fidèle pour cacher des mèches rebelles, et une poignée de jeunes filles, dont une gracieuse adolescente aux yeux soulignés de noir. Elle peine à comprendre l'arabe mais assure : « On n'a pas le choix : on doit se voiler. C'est écrit dans le Coran, c'est une obligation. » Elle reconnaît pourtant ne pas respecter d'autres règles islamiques comme le refus de la mixité : « Ça, c'est tout simplement impossible à appliquer en France. On ne peut pas éviter le contact des hommes, dans le métro, à l'école », se désole-t-elle.

À l'extérieur de la mosquée les langues se délient : le mot « stigmatisation » semble rebondir de bouche en bouche, de conversation en conversation, parfois réfuté par les plus âgés. « Nos pères ont été invités ici. Nous devons respecter les traditions, dont la laïcité », soutient un fidèle, éducateur dans un lycée du quartier. Il est bon, selon lui, que les élèves ne soient pas « distingués en fonction de leur religion ». « L'islam ne doit pas s'imposer », assure-t-il.

Face à lui, un jeune trépigne : « Et les juifs, ils ne sont pas d'ici et on les respecte,eux ! Ils ont des médias,des écoles... » Un troisième homme intervient : « Arrêtons d'être jaloux des juifs. Ils respectent les lois de la République et ils travaillent : voilà comment ils réussissent et comment nous réussirons. » Une vision partagée par les scouts musulmans, qui regrettent que certains, par manque de savoir, escamotent « les valeurs essentielles, faisant de l'acces-soire l'essentiel et nous faisant oublier les principes mêmes de la vie en communauté, prônés par l'islam ».

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L'antidote à la paranoïa

Par Amos Oz*
Le Figaro, 23 août 2003

L'attentat contre le quartier général de l'ONU à Bagdad n'est survenu que cinq heures avant l'attaque suicide qui a eu lieu à Jérusalem contre un bus transportant des familles entières alors qu'elles revenaient de prière. Plus de 20 morts et quelque 100 blessés, tel est le bilan de chacune de ces attaques.

Un groupe encore inconnu a revendiqué l'attentat meurtrier à Bagdad ; en revanche, nous savons très bien qui, à Jérusalem, a brisé la vie de nombreuses familles.

Son nom était Raad Abd-el-Hamis Mask et il venait d'Hébron. Ce n'était pas l'adolescent pauvre, illettré et endoctriné que l'on nous décrit habituellement comme le candidat-type aux attaques suicides. Non. Il appartenait bien plutôt au camp des prosélytes : ce dignitaire ecclésiastique, imam dans l'une des plus éminentes mosquées d'Hébron, enseignait ainsi la religion à des lycéens.

Ces attaques ne sont certes pas le fait d'un seul homme. Elles ont pourtant une chose en commun : une force identique, de celle que Salman Rushdie a désigné sous le vocable de « paranoïa islamiste », animait l'esprit de ces deux terroristes. On peut se demander si un tel phénomène n'explique pas, pour une grande part, la violence qui prévaut dans le monde actuellement : de l'Indonésie au Cachemire, du Soudan à la Tchéchénie, du Moyen-Orient à l'Afrique du Nord, sur 28 conflits en cours, pas moins de 25 impliquent des islamistes.

La paranoïa islamiste s'enracine dans deux croyances : la première étant que « la modernité », « l'Occident », « les Juifs », « les grandes puissances », ou encore « la communauté internationale dans son ensemble » n'ont qu'une préoccupation, la ruine de l'Islam ; la seconde, par conséquent, exige de tout bon croyant qu il devance la menace en massacrant tous ces funestes adversaires.

En réalité, c'est bien la paranoïa islamiste qui constitue le pire ennemi de la civilisation musulmane, quitte à trahir ses valeurs, son héritage et sa longue tradition de tolérance et de sagesse. Le chauvinisme extrémiste est aujourd'hui devenu la véritable menace pour la culture arabe en général et pour la grande majorité des structures politiques en particulier.

Par une étrange ironie, c'est également cette combinaison de paranoïa et de chauvinisme agressif qui mine aujourd'hui la société israélienne. À cet égard, il n'est pas sûr que certains pays chrétiens n'en soient pas tout à fait exempts.

Il s'agit là d'une maladie mortelle qui ne saurait être combattue par la violence, mais à laquelle il convient de remédier. Je crois pour ma part que l'antidote à cet islamisme devenu fou ne peut être trouvé qu'à la source d'un Islam modéré et sain. Cela est universellement vrai, car toute culture contient en germe sa propre folie.

La destruction ne guérit pas de la folie. C'est pourquoi nous devons désormais approuver, soutenir les éléments sains et notamment accorder toute notre confiance à la majorité silencieuse, aux forces pragmatiques, vivaces encore au sein de nos cultures et de nos sociétés. Plutôt que de désigner à la vindicte l'Islam en tant que tel, ou les Juifs, ou encore l'Occident, cherchons, trouvons et soutenons les modérés de tous les pays ! Aidons-les à l'emporter ! Aidons-les à apaiser et à guérir les membres malades qui gangrènent l'ensemble de la communauté.

Cependant il manque aux modérés la force de la conviction : ils ne sont pas saisis de la même ferveur que les fanatiques religieux lorsqu'ils défendent leur cause. Les modérés aujourd'hui ne doivent plus craindre de s'enflammer. Ceux qui connaissent l'alliance de la modération et de la détermination méritent d'avoir le monde en héritage, et ce parce qu'ils n'auront jamais lancé ni croisade ni djihad pour sa possession.

 

* Ecrivain israélien, auteur de nombreux romans dont Une panthère dans la cave (Calmann-Lévy, 1997)

Source : bulletin de l'ambassade d'Israël en France

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Le 21 novembre 2003

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DANS L'OEIL DU CYLONE : TUER LE MONSTRE ISLAMISTE

Par Amir Taheri
Jerusalem Post, 13 novembre 2003
Traduit par Stéphane Teicher

Après des mois de préparation en secret, une délégation d'islamistes radicaux devait rencontrer d'importants officiels Saoudiens cette semaine. Ils devaient trouver les moyens de mettre fin à la campagne de terreur qui a secoué le royaume depuis six mois.

Cette rencontre n'aura pas eu lieu.

L'attaque suicide de dimanche dernier dans la capitale Riyadh a mis fin à tout espoir de compromis -- au moins pour l'immédiat.

« C'est un divorce brutal » dit un officiel Saoudien. « Il est trop tard pour voir un conseiller conjugal ! »

Cette opinion est partagée par les Islamistes saoudiens.

« C'est la guerre ! » dit une déclaration de la Jaish al-Ansar (L'Armée des Vainqueurs), l'un des groupes terroristes parmi la douzaine qui sont décidés à détruire la monarchie Saoudienne.

Les Saoudiens subissent ce que d'autres régimes Musulmans ont subi depuis les années 1950 -- ils ont créé