15 septembre 2004Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
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La France accusée de crimes par les preneurs d'otages en Irak
DUBAI (AFP) - Les ravisseurs de deux journalistes français en Irak ont publié mardi un communiqué sur un site internet, accusant la France de "crimes" et la qualifiant d'"ennemie des musulmans", sans toutefois se prononcer sur le sort des otages.
Dans un long communiqué sur le site (http://iaminiraq.tripod.com), l'Armée islamique en Irak dresse une liste de ce qu'elle qualifie de "crimes" commis par la France dans plusieurs pays, citant l'Algérie.
Dans cette liste, le groupe accuse la France d'avoir "joué un rôle principal pour empêcher les musulmans de prendre le pouvoir en Algérie après leur victoire" aux élections législatives qui avaient failli voir l'arrivée au pouvoir du Front islamique du salut en 1992. Il l'accuse aussi "d'oppression des musulmans dans plusieurs pays africains et leur conversion (au christianisme)". "Les prisons de la France sont pleines de musulmans (détenus) au nom du combat contre le terrorisme", est-il écrit dans cette liste qui dénonce aussi "le soutien français continu à l'entité sioniste" [sic] et "sa guerre contre les symboles de l'islam, dont l'affaire du voile".
La France, ajoute le groupe, "a activement participé à la frappe contre la centrale d'Osirak en Irak, en remettant des informations sensibles et précises concernant cette centrale à l'ennemi sioniste". L'aviation israélienne avait bombardé cette centrale en 1981. Les ravisseurs citent aussi "la participation active de (la France) à affamer le peuple irakien pendant plus de 12 ans", allusion aux sanctions internationales imposées à l'Irak de Saddam Hussein. Ils soutiennent que la "non participation de la France" à l'invasion de l'Irak visait à "protéger" les intérêts français et "non à faire plaisir aux Irakiens".
"La France s'est distinguée par sa guerre contre l'islam et les musulmans et a commis des boucheries contre la nation", écrit le groupe dans son communiqué, soulignant qu'"aucune personne libre et croyante ne peut oublier cette page" de l'histoire de la France. "L'histoire de la France avec les musulmans est une histoire noire, parsemée de haines, de rancunes et de sang. Son histoire contemporaine n'est pas moins (noire)", poursuit le groupe appelant "la nation islamique à s'unir contre ses ennemis", dont la France.
"Les professionnels, qui n'exercent pas une activité de sabotage sans rapport avec leur fonction, qu'ils soient journalistes, médecins ou autres, ne sont pas visés par l'Armée islamique (...). Nous respectons ceux qui ont une mission humanitaire véritable (...) qu'ils ne transgressent pas pour devenir des missionnaires ou espionner", poursuit le groupe, en laissant entendre que les deux Français pourraient être des espions ou des missionnaires.
"Aucune partie islamique n'a le droit de s'exprimer sur une affaire tant qu'elle n'a pas eu connaissance de ses détails", poursuit le groupe, en allusion aux multiples appels de différentes personnalités et organisations musulmanes à la libération des otages. "L'Armée islamique dispose d'un organisme de la charia à même de trancher dans de telles affaires par une fatwa (décret religieux) conformément au Livre (le Coran) et à la Sunna (Tradition du Prophète Mahomet). L'Armée islamique respecte les oulémas de la nation", poursuit le groupe.