Le 28 mars 2003

Le Figaro

Le calvaire d'Olivier, 10 ans

Contraint, il y a un mois, de quitter son collège du 20e arrondissement de Paris, Olivier, 10 ans, va maintenant devoir déménager. Son tort : être juif.

Tout commence l'année dernière, lorsqu'une nouvelle plaque commémorant la déportation d'enfants de son école vient remplacer la précédente, graffitée et brisée. Olivier raconte alors l'histoire de son grand-père, enfant de ce quartier populaire de Ménilmontant et seul rescapé de sa famille. Certains écoutent le récit. D'autres ne retiennent qu'une chose : Olivier est juif. Son calvaire commence alors. Harcelé, menacé, insulté dans sa classe, le garçon se renferme. Sa mère lui conseille de tenir bon. C'est finalement la principale du collège qui insistera pour qu'il change d'établissement, estimant que « sa sécurité n'est plus assurée ».

Depuis janvier, Olivier est donc scolarisé loin de chez lui. Mais ne peut plus sortir dans son quartier sans être molesté. « Toi le juif, tu caftes aux journalistes. On va te faire ta peau », menacent certains adolescents qui n'ont pas apprécié que leur racisme s'affiche noir sur blanc dans les journaux. Une petite fille rencontrée au détour des rayons du supermarché du quartier lui a même lâché : « On va tous vous virer, vous les juifs. »

La mère d'Olivier, militante antiraciste, a longtemps résisté à la peur. Cette semaine, elle a capitulé devant la haine. Elle a décidé de déménager.

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