Le 2 septembre 2003Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/Analyse : Lutte palestinienne pour le pouvoir
Par Martin AsserBBC NewsOnline, Jerusalem (Traduction CID)
Le 27 août 2003Ces derniers jours ont été exaltants pour les inconditionnels de Yasser Arafat, qui ont pu observer le vieux renard se débattre comme un beau diable pour échapper au noeud coulant toujours plus serré que les Américians et Israéliens lui ont passé autour du cou.
Les analystes affirment que la meilleure manière de comprendre ses actions est de les replacer dans le cadre de l'escalade d'une lutte de pouvoir entre le leader palestinien et son Premier Ministre, Mahmoud Abbas, dont il se fait qu'il est aussi un de ses alliés les plus anciens et les plus loyaux.
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Monsieur Arafat a fait tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas laisser son camarade accumuler plus de pouvoir en tant que Premier Ministre que ce que lui ne détient en tant que « MP », c'est-à-dire « Monsieur Palestine » - le Père de la lutte de libération de son peuple.
« Durant toute sa carrière, Arafat a voulu être Numéro 1, mais sans numéro 2 », selon les termes d'un analyste à Ramallah.
Mais il est très regretable, ajoute l'analyste, qu'une fois de plus M.Arafat semble sacrifier les aspirations de son peuple à un avenir meilleur sur l'autel de son propre avenir politique à lui.
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Contrairement aux dévoués inconditionnels d'Arafat, dans les rues de Ramallah aujourd'hui, peu de Palestiniens s'intéressent aux événements concernant le batiment à moitié détruit où le Président de l'AP est confiné depuis deux ans.
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Les hommes de main maître de la rue
Les gens que je rencontre peuvent ne pas beaucoup s'intéresser aux tenants et aboutissants autour de la personne d'Arafat et professer une indifférence totale quant aux résultats de la réunion du cabinet demandée par Abbas afin de discuter la politique après l'echec de la Hudna.
Mais qu'il le veuille ou non, les conséquences des derniers événements retomberont certainement sur les têtes des gens ordinaires.
Une chose est sûre, la politique de pouvoir telle qu'elle est envisagée par M.Arafat a créé une classe politique palestinienne, affirment les analystes, totalement inapte à assumer ses responsabilités et à relever les défis qui se présentent à elle.
Historiquement, les vainqueurs ont été les hommes de main [membres de milices combattantes] maître de la rue plutôt que les classes éduquées. On songe à des hommes comme Jibril Rajoub [par exemple], dont le promotion soudaine tient probablement beaucoup plus, selon les analystes, à sa capacité à garder autour de sa personne un vaste réseau de fidèles et ce malgré une brouille notoire avec M. Arafat l'année dernière.
Plus bas dans la hiérarchie, M. Arafat a élevé au rang de Directeur Général pas moins de 800 officiels de l'AP depuis qu'il fut obligé de nommer Abu Mazen comme Premier Ministre.
Apparemment aucun de ces 800 n'a reçu de définition de sa fonction ; leur rôle est [seulement] de soutenir la position d'Arafat à qui ils sont redevables de leur promotion, affirment les analystes.
Et une source bien informée a révélé à la BBC que, depuis le début de l'intifada, pas un seul des 150 000 employés de l'AP n'a perdu un seul mois de salaire - en dépît des conditions économiques écrasantes rencontrées par les Palestiniens ordinaires, et en dépît du fait que nombre d'entre ces « fonctionnaires » n'ont plus plus rien à faire.
C'est pas étonnant que les Palestiniens ordinaires qui ne sont pas payés par l'AP aient perdu leur illusions.
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