Le 6 juin 2005

FRANCE-ISRAËL
Alliance Général Kœnig
http://www.france-israel.org

Communiqué de presse

Condamnation du quotidien français Le Monde,
de Jean-Marie Colombani et d'Edgar Morin
Écho dans The Wall Street Journal

 

Le 2 juin 2005

The Wall Street Journal

L'État de l'Union européenne
J'accuse
(en français dans le texte)

Par Tom Gross
Extraits traduits de l'anglais

La semaine dernière, un tribunal français a déclaré coupables de « diffamation raciste » à l'égard d'Israël et du peuple juif trois personnes ayant écrit dans Le Monde, ainsi que le directeur de la publication du journal. Dans un verdict qui fera date, la cour d'appel de Versailles déclare qu'un article d'opinion publié dans Le Monde en 2002, intitulé « Israël-Palestine : le cancer » a attisé les préjugés antisémites.

Les auteurs de l'article, Edgar Morin (un sociologue réputé), Danièle Sallenave (maître de conférence à l'université de Nanterre) et Sami Naïr (membre du parlement européen), ainsi que le directeur de la publication du journal, Jean-Marie Colombani, ont été condamnés à payer un euro symbolique de dommages et intérêts à un groupe de défense des droits de l'homme et à l'Association France-Israël. Le Monde a également été condamné à publier une condamnation de l'article, ce qu'il n'a pas encore fait.

Il est encourageant de voir un tribunal français trancher que l'antisémitisme n'a pas sa place dans les médias &endash; même s'il se présente comme une analyse du conflit israélo-palestinien. Le jugement précise que la loi, à cet égard, s'applique aux extrémistes juifs (M. Morin est juif) aussi bien qu'aux non Juifs.

La liberté de la presse est un bien précieux, mais elle ne doit être ni exploitée, ni malmenée. En général, les pays européens sont dotés de lois strictes contre les abus et, en général, les principaux médias d'Europe savent, de toute façon exercer l'autocensure. Les journalistes responsables s'attachent à éviter des présentations diffamatoires de groupes entiers, ethniques, nationaux ou religieux. Ils font en sorte, par exemple, d'éviter de suggérer que les massacres au Darfour, perpétrés par des milices arabes, présentent en quelque façon une caractéristique arabe.

Une exception cependant à cette règle : la façon de traiter des Juifs, en particulier les Israéliens. C'est particulièrement paradoxal compte tenu du fait que les lois sur la liberté d'expression relativement strictes en Europe (comparées à celles des États-Unis) furent, dans une large mesure, rédigées en réaction à l'Occupation du continent par les nazis. Et pourtant, d'Oslo à Athènes, de Londres à Madrid, c'est pratiquement le déchaînement contre eux ces dernières années, notamment dans les médias prétendument de centre-gauche.

« Israël-Palestine : Le cancer » était un méchant article, rempli de mensonges,de calomnies et de mythes sur « le peuple élu », « le massacre de Djénine », décrivant les Juifs comme un « peuple méprisant ayant satisfaction à humilier », « imposant leur ordre impitoyable », etc.

Et pourtant, ce n'était guère pire que les milliers d'autres articles, éditoriaux, commentaires, lettres, caricatures et manchettes publiés en Europe ces dernières années en lieu et place d'un débat légitime et raisonné sur la politique israélienne. […]

-[suivent des exemples analogues tirés de la presse britannique, espagnole, grecque, italienne et norvégienne]

Des comparaisons aussi grotesques et aussi fausses ne devraient pas avoir leur place dans les reportages et les commentaires sur le Moyen-Orient. Or, bien que le verdict du tribunal français &endash; le premier du genre en Europe &endash; constitue une étape décisive, personne en France ne semble s'en soucier. Le journal le plus distingué du pays, celui de l'article en question, a été jugé coupable d'antisémitisme. On aurait pu penser qu'un tel verdict ferait l'objet d'une vaste couverture et conduirait à un examen de conscience et à un débat public. C'est au contraire un silence quasi-complet qui prévaut, la presse française s'abstenant pratiquement de toute couverture.

Et ailleurs, bien peu de gens en ont entendu parler. Reuters et l'Agence France Presse (agences qui ont donné des preuves particulièrement marquées de leur parti pris anti-israélien) ont diffusé la semaine dernière des brèves sur le jugement dans leurs dépêches en langue française, mais ont choisi de ne pas les expédier à leurs services anglophones. L'Associated Press n'en a pas du tout fait écho. Au lieu de déclencher une réévaluation qui se fait attendre de l'attitude de l'Europe à l'égard d'Israël, les médias ont choisi de l'ignorer.

 

M. Gross est un ancien correspondant du Sunday Telegraph et du New York Daily News à Jérusalem.

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