L'ANTISÉMITISME ET L'ANTISIONISME AU QUÉBEC

Oui, ça existe. En voici des exemples.

Ne restez pas silencieux ! Ne laissez pas le racisme et les préjugés envahir notre société.
Signalez tous les actes et les commentaires antisémites en appelant le numéro confidentiel de la ligue anti-haine du B'nai Brith au 1-800-892-2624 (Canada)

Vendredi 28 juillet 2006

Israël, l'Occident et le cochon

Par Victor-Lévy Beaulieu, auteur Québécois

Tribune libre de Vigile

Je feuillette l'Ancien Testament que j'ai beaucoup fréquenté quand j'écrivais L'Héritage parce que Xavier Galarneau, ce fondamentaliste isolé dans Trois-Pistoles, voulait savoir ce qui fait la différence entre le droit et la justice. Or, les Juifs, en tant que seul peuple élu de Dieu, ont toujours mis le droit au-dessus de tout et considéré la justice comme une corruption affaiblissante de celui-ci. Il n'y a donc jamais eu de justice en royaume de Judée et il n'y en a pas davantage, deux mille ans plus tard, en pays d'Israël.

Depuis que l'Occident s'adonne aux Chartes des droits et libertés (qui devraient s'appeler Chartes des justices et libertés), on comprend toute la gêne qu'on a à discuter du cas singulier que représente un Israël se vouant entièrement à la défense du droit au détriment de l'idée même de justice. Au nom de son droit à l'existence en tant que seul peuple élu de Dieu, et tel que c'est raconté dans l'Ancien Testament, les Juifs ont toujours préféré le bellicisme à la diplomatie, l'État guerrier à l'État de paix. L'Arche d'alliance, c'est avec leur dieu seul qu'il a rapport, ce qui explique sans doute qu'en toute son existence, le royaume de Judée n'a jamais eu comme amie ou comme alliée une autre nation qu'elle-même. Israël ne se comporte pas autrement que le royaume de Judée : Ce qui n'est pas moi est mon ennemi et je dois le détruire absolument. Voilà le droit, voilà mon droit.

Fondé sur cette pensée, l'État d'Israël agit en conséquence. Il n'agit même pas par amour de lui-même, mais par haine des autres. Passé maître dans l'art de jouer à la victime, cet État-là ne jouit vraiment que lorsqu'il est victimaire. Comme il excelle alors ! Et comme tous les moyens lui sont bons pour s'y détenir ! L'Ancien Testament est plein de ces batailles préventives contre les supposés ennemis de la Judée : de l'assassinat sélectif à la guerre totale, du génocide à l'extermination absolue, les armes du droit judaïque ne connaissent pas la mesure, elles permettent même l'inceste pour que les mères juives puissent remplacer impunément les soldats qui manquent sur les presque éternels champs-charniers de bataille.

À relire ainsi l'Ancien Testament, on doit constater que l'État d'Israël n'est que la continuation, en esprit et en action, du royaume de Judée. La seule différence, c'est que l'Occident, par profond et absurde sentiment de culpabilité, lui a fourni les armes meurtrières grâce auxquelles Israël peut maintenant imposer sa notion du droit, celui symbolisé par son Arche d'alliance avec Dieu seul, au détriment du concept de justice. Que sont donc ces guerres contre la Palestine et le Liban, sinon des guerres d'extermination, sinon des génocides odieux qui devraient, nous Occidentaux, nous couleurer du rouge de la honte de la tête aux pieds parce que ne dire mot, c'est consentir, c'est accepter qu'un état totalitaire, déguisé en démocratie, dénature le droit en se l'appropriant pour lui seul ?

Imaginons qu'un État musulman agirait comme le fait Israël, occuperait des territoires qui ne lui appartiennent pas, érigerait un mur de la Honte tout autour de lui, bombarderait les populations l'entourant, déferait ses gouvernements pourtant élus démocratiquement, sèmerait partout la souffrance et la mort. Croyez-vous vraiment que l'Occident le laisserait agir bien longtemps ? On aurait tôt fait d'envahir ce pays-là musulman pour le forcer à entendre droit et raison.

Pourquoi n'en fait-on rien avec cet Israël belliqueux, haineux et totalitaire, pour ne pas dire plus simplement hitlérien ?

À tous ceux-là qui, comme moi, cherchent désespérément une réponse, je suggère de lire ou de relire La bête singulière, les juifs, les chrétiens et le cochon de Claudine Fabre-Vassas (Éditions Gallimard). Bien qu'on n'y apprendra pas comment mettre fin à un bellicisme aveuglé qui risque de détruire même l'État d'Israël, on comprendra peut-être mieux ce qui fait que nous les Occidentaux soyons aussi pervertis face à ce qui se passe, si cochonné, au Proche-Orient.

Trois-Pistoles,

Le 18 juillet 2006

********************************

Réplique au texte de Victor-Lévy Beaulieu

Par Jean-Marie Gélinas

Vous dites que : « seul le peuple élu de Dieu, en l'occurrence Israël, a toujours mis le droit au-dessus de tout, et considéré la justice comme une corruption affaiblissante de celui-ci ». Mais je vous fait remarquer que si vous étudiez l'histoire des autres peuples de cette époque habitant le Proche-Orient, vous constaterez qu'il n'y avait guère de différence notable de comportement entre eux. Alors pourquoi ce préjugé contre les Juifs ?

Lorsque vous affirmez, M. Beaulieu, en vous servant de votre perception personnelle de la Bible, « qu'Israël en tant que seul peuple élu de Dieu, et tel que c'est raconté dans l'ancien Testament, les juifs ont toujours préféré le bellicisme à la diplomatie, l'État guerrier à l'État de paix », permettez-moi de vous dire que vous errez grandement dans vos affirmations, et même que ces affirmations sont complètement fausses.

Je vous fais remarquer que c'est tout le contraire qui se passe aujourd'hui. La dialectique arabe a invariablement nié le droit à l'existence d'Israël en tant qu'État juif souverain, et a toujours refusé de négocier quoi que se soit avec Israël après l'avoir agressé et après avoir obtenu un cessez-le-feux.

La guerre de 1948

L'État d'Israël vit le jour le 14 mai 1948, conformément à la résolution 181 des Nations Unies. Cinq pays arabes : l'Égypte, la Syrie, la Transjordanie, l'Arabie Saoudite et l'Irak ont attaqué immédiatement Israël avec le but avoué de « jeter les Juifs à la mer ».

Le 15 mai 1948, Azzam Pacha, secrétaire général de la Ligue arabe dit, au Caire : « Cette guerre sera une guerre d'extermination et un massacre grandiose dont on parlera comme des massacres commis par les Mongols et les Croisés ».

Le 15 juillet 1948, une trêve survient quand le Conseil de Sécurité menace de poursuivre les gouvernements arabes pour agression et violation de la Charte de l'ONU.

Le 11 septembre 1948, l'Assemblée générale de l'ONU adopte une résolution appelant les parties à négocier la paix, et crée une Commission de Réconciliation en Palestine, qui comprenait les États-Unis, la France et la Turquie.

Les États arabes mirent comme préalable aux négociations l'acceptation par Israël du partage voté en 1947 par l'ONU, qu'ils avaient pourtant eux-mêmes rejeté à l'époque. Le but de cette manoeuvre était évidemment de faire apparaître les Arabes comme les défenseurs du droit international.

L'opinion internationale accepta mal ce tour de passe-passe, qualifié de « guerre à responsabilité limitée ». Selon cette théorie, un agresseur peut rejeter une décision de compromis votée par l'ONU, puis « jouer à la guerre » dans la certitude que, s'il perd, il peut demander que le compromis initial soit rétabli.

La guerre des six jours

Le 5 juin 1967, l'offensive israélienne, constituait une réponse inévitable à l'attitude menaçante des Égyptiens. En effet, en février 1966 les pays arabes avaient commencé à déployer un énorme dispositif militaire contre Israël en vue d'une agression.

À la suite de son échec militaire au Yémen, et devant une situation économique qui s'aggravait, le président égyptien Nasser fit un discours très amer en février 1966, dirigé contre les États-Unis, l'Arabie Saoudite et Israël. La même semaine, un groupe d'officiers affiliés à l'aile gauche du parti nationaliste Baas prit le pouvoir en Syrie. Damas lança aussitôt une nouvelle campagne de terrorisme contre Israël.

Les attaques terroristes contre Israël s'intensifièrent donc. On passa de 35 attaques en 1965 à 41 attaques en 1966, et à 37 attaques dans les quatre premiers mois de 1967. En outre, l'armée syrienne bombardait les villages israéliens de Galilée a partir des hauteurs du Golan.

En août 1966, les Syriens ouvrirent le feu contre des tracteurs israéliens sur les bords du lac de Tibériade. Les avions israéliens abattirent 6 Migs syriens.

Le 15 mai 1967, jour du 19e anniversaire de l'indépendance d'Israël, les forces égyptiennes pénétrèrent dans le Sinaï, contrairement aux accords de démilitarisation de 1957. Le 17 mai 1967, la Radio du Caire, la « Voix des Arabes », proclamait : « Toute l'Égypte est dorénavant prête à une guerre totale qui mettra fin à l'État d'Israël ».

Le 18 mai 1967, la « Voix des Arabes » annonça : « Puisque désormais il n'existe plus de force d'urgence internationale pour protéger Israël, nous ne patienterons plus. Nous n'allons plus porter plainte à l'ONU au sujet d'Israël. La seule méthode que nous emploierons contre Israël est une guerre totale qui aboutira à l'extermination de l'existence sioniste. »

Le 20 mai 1967, écho enthousiaste du ministre syrien de la Défense, le général Assad (devenu président de la République) qui déclarait : « nos forces sont maintenant tout à fait prêtes non seulement à repousser l'agression, mais à commencer la libération en détruisant la présence sioniste dans la patrie arabe. L'armée syrienne, le doigt sur la gâchette, est unie... Moi, en tant que militaire, je crois qu'il est temps d'entrer dans la bataille de libération ».

Le 31 mai 1967, le président irakien Aref déclarait : « L'existence d'Israël est une erreur qui doit être rectifiée. Nous avons maintenant l'occasion d'effacer l'ignominie qui existe depuis 1948. Notre but est clair - effacer Israël de la carte ».

En juin 1967, après la guerre des Six Jours, Israël espérait que les État arabes reconnaîtraient enfin son existence et engageraient des négociations de paix.

En août 1967, réunis à Khartoum, les chefs d'État de la Ligue arabe répliquèrent par un triple « non » : « Les rois et les présidents arabes ont décidé d'unifier leurs efforts sur le plan international et sur le plan diplomatique, afin d'éliminer les conséquences de l'agression et d'assurer le retrait des forces agressives d'Israël hors des terres arabes ; cela dans les limites que les États arabes s'imposent : non à la paix avec Israël ; non à des négociations avec Israël ; non à la reconnaissance d'Israël ; préservation des droits des Palestiniens dans leur cadre national ».

La Guerre de Kippour

Le 6 Octobre 1973, jour du Kippour, l'Égypte et la Syrie lancèrent par surprise une attaque coordonnée contre Israël. Sur les hauteurs du Golan, quelque 180 chars israéliens durent faire face à une force blindée syrienne évaluée à 1 400 chars. Le long du canal de Suez, 500 soldats israéliens, qui tenaient des fortins de la ligne Bar-Lev, furent attaqués par 70 000 Égyptiens. Neuf autres États arabes entrèrent progressivement dans la bataille, notamment la Libye, le Maroc et la Jordanie. C'est alors seulement que les États-Unis commencèrent à leur tour à approvisionner Israël par un pont aérien.

L'Égypte fut sauvée d'une défaite désastreuse par le Conseil de Sécurité de l'ONU qui imposa un cessez-le-feu lorsque les troupes du général Sharon eurent franchi le canal de Suez et marchaient vers Le Caire. Le même Conseil de Sécurité n'avait pas réagi lors de l'attaque contre Israël, ni tant que le sort avait paru favorable aux Arabes.

Le 26 septembre 1973, le président égyptien Sadate affirmait : « Si je veux rouvrir le canal de Suez, je n'ai pas à demander l'autorisation des États-Unis ou d'Israël. Mais le problème n'est pas seulement celui du canal... Il y a la question de la Palestine, la question de la libération des terres occupées ».

Le même jour le président Assad de Syrie était plus catégorique. Il déclara à Radio-Damas : « Nos forces continueront à faire pression sur l'ennemi, à l'attaquer, jusqu'à ce que nous ayons récupéré le territoire occupé, jusqu'à ce que toute la terre de Palestine soit libérée ».

En décembre 1973, devant l'Assemblée Nationale Syrienne, le Ministre de la défense, Mustafa Tlass citait l'exemple suivant : « Il y a le cas remarquable d'une recrue d'Alep qui a tué 28 soldats juifs à lui seul, les abattants comme des moutons. Tous ses compagnons d'arme en sont témoins. Il en a massacré trois avec une hache et les a décapités. En d'autres termes, au lieu d'utiliser un fusil pour les tuer, il a pris une hache pour leur trancher la gorge. Il s'est battu corps à corps avec l'un d'entre eux et, lançant sa hache, s'est arrangé pour lui trancher le cou et dévorer sa chair, en face de ses camarades. Ceci est un cas tout à fait spécial. Ai-je besoin de le choisir pour lui attribuer la médaille de la République ? J'accorderai cette médaille à tout soldat qui réussira à tuer 28 Juifs, et je le couvrirai d'éloges et honorerai sa bravoure ».

Les préjugés à l'égard d'Israël que vous énoncez partir de vos interprétations personnelles de la Bible, M. Beaulieu, sont hallucinants ! Lorsque vous dites : « Imaginons qu'un État musulman agirait comme le fait Israël », vous démontrez hors de tout doute que vous ne comprenez absolument rien à la situation qui se vit actuellement au Proche-Orient ! Il est évident que vous n'avez aucune connaissance concernant les Arabes et les Juifs.

On ne peut se permettre, sans en subir certaines conséquences, M. Beaulieu, d'émettre des idées aussi farfelues que les vôtres, qui découlent de vos fantasmes bibliques personnels, et espérer conserver sa crédibilité.

M. Beaulieu, Israël a toujours été dans l'obligation morale de se défendre contre l'Hezbollah et les terroristes arabes palestiniens qui l'ont attaqué constamment dans le but de le faire disparaître. Nous n'avons pas le droit dans cette situation de demander au Peuple Juif de se livrer à ses ennemis et de se laisser tuer bêtement. Tous les peuples ont le droit de se défendre et d'employer la force nécessaire lorsqu'ils sont attaqués par des ennemis qui veulent les exterminer à tout prix. C'est fondamental comme droit !

Depuis 58 ans, Israël est constamment obligé de se défendre contre le terrorisme islamique. Que doit-il faire ? Négocier ? Les Arabes palestiniens ne veulent pas vraiment négocier. Il ne reste donc à Israël que le droit légitime et élémentaire de se défendre.

Jean-Marie Gélinas,
- Militant du Parti Québécois
- Ancien président des Associations du Parti Québécois des circonscriptions électorales de Chomedey, Vimont et Mille-Îles
- Membre durant 12 ans du Conseil national du Parti Québécois et de la Conférence nationale des présidents et des présidentes
- Président du Conseil d'administration de la « Maison Bienvenue Noaille » (aide aux familles de nouveaux arrivants)
- Président des Amitiés Québec-Israël
- Retraité du Ministère de la Sécurité publique du gouvernement du Québec

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Le 2 August 2006

Un Québec aux prises avec des relents d'antisémistisme

Par Jacques Brassard
Le Quotidien (Saguenay, Québec)

Comme ce fut le cas pour Kyoto, Stephen Harper doit affronter, dans le dossier du Proche-Orient, à peu près la même coalition incorporant l'univers médiatique, les intellectuels et stratèges de salon, les partis politiques, les pacifistes anti-américains et toute la nébuleuse de gauche. Sans oublier les communautés musulmanes de toutes origines. Il faut que le chef du gouvernement canadien ait la couenne dure et le corps raide pour résister à cette charge virulente et hargneuse.

Pourquoi une telle offensive? Ce n'est certainement pas parce que l'évacuation des Canadiens d'origine libanaise a connu quelques ratés. La vraie raison, c'est évidemment la position officielle du gouvernement conservateur. J'y reviendrai...

Je veux d'abord évoquer l'élément fondamental qui, à mon sens, explique cette opposition, c'est-à-dire l'idéologie de gauche, donc socialiste, pacifiste, anti-occidentale. Prenons, par exemple, les médias.

Des sondages, aux États-Unis, révèlent que plus de 80 % des journalistes votent à gauche. Des coups de sonde au Canada révéleraient sans aucun doute la même proportion. Conséquence : tous les dirigeants politiques classés à droite (à tort ou à raison) ne peuvent compter sur aucune bienveillance ni indulgence de la part des médias. Au contraire, il suffit de peu de choses pour qu'un homme politique de droite subissent les foudres de la confrérie médiatique.

Rappelons-nous comment Ronald Reagan et Margaret Thatcher ont été mal traités (et maltraités) par la presse de leur pays.

En revanche, la clémence est de mise pour les leaders classés à gauche (à tort ou à raison). Pensons à Bill Clinton et à François Mitterrand. «Sauf exception rarissime, écrit Jean François Revel, on admet comme une réalité dans le milieu de la presse, en dépit de toutes les protestations du contraire, destinées au monde extérieur, que les préférences politiques des journalistes servent de critères à leur présentation de l'information.»

Compréhension compatissante

Lisez les articles des journaux et regardez les reportages télévisuels en gardant en tête cette citation. Vous constaterez que ce qui ressort clairement, c'est, d'une part, le préjugé défavorable à Israël qui joue toujours le rôle du méchant et, d'autre part, une compréhension compatissante pour les populations touchées par ce qui est présenté comme une agression injustifiée.

Notez que cette information biaisée et déformée n'est possible que si on gomme le passé et si on omet, délibérément, de se référer aux objectifs poursuivis. C'est ainsi qu'on ne juge pas utile de faire un reportage approfondi sur le Hezbollah, sa branche armée fanatisée, son objectif proclamé d'anéantir Israël, son antisémitisme véhément, son utilisation des civils comme boucliers humains et sa sanglante feuille de route faite d'attentats suicides, de prises d'otages, de détournements d'avions et de tirs de roquettes à l'aveugle. Pas un seul reportage sur le véritable agresseur dans cette guerre. C'est ainsi, également, qu'on présente Israël comme foncièrement inapte à faire la paix, oubliant avec mauvaise foi que l'État hébreu a déjà conclu des traités de paix (et qu'il les respecte) avec deux États arabes, l'Égypte (en lui rendant le Sinaï) et la Jordanie.

Dans un tel contexte, on comprend pourquoi Stephen Harper est symboliquement lapidé par cette coalition socialo-pacifiste. Il désigne nommément l'agresseur, le Hezbollah, ce qui est un grave délit pour ce «Front anti-sioniste». Il pousse l'irrévérence jusqu'à reconnaître le droit d'Israël de se défendre. Un comble, le malotru ose qualifier de «mesurée» la riposte israélienne ! Là, vraiment, il dépasse les bornes de la décence pour tous ces apôtres de la position dite équilibrée, qui savent pourtant très bien qui si Israël ne faisait pas preuve de retenue, Beyrouth n'existerait tout simplement plus et que le Sud-Liban au complet serait en cendres.

Le Québec tout entier est fortement imprégné par cette hostilité envers Israël, perçu comme le seul empêcheur de faire la paix. Les sondages le révèlent. Il m'arrive de me demander si, dans les recoins de l'inconscient collectif des Québécois, il n'y a pas des pulsions d'antisémitisme qui, à l'occasion de crises, prennent le visage de l'antisionisme qui consiste dans la détestation de l'État d'Israël. Cela est jugé plus présentable, mais il n'en demeure pas moins que l'antisionisme est l'avatar moderne de l'antisémitisme en Occident. En Orient, l'antisémitisme ne se déguise pas, il y règne à l'état pur.

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Rapport sur l'antisémitisme au Canada - 2004

Le 15 mars 2005, la Ligue des droits de la personne de B'nai Brith Canada publiait son Rapport des incidents d'antisémitisme pour 2004, compte rendu annuel sur l'antisémitisme au Canada. Ce rapport rend compte d'une augmentation du nombre de cas où des personnes ont exprimé leurs préjugés d'une façon de plus en plus directe. Par ailleurs, les auteurs du rapport entrevoient les signes d'un climat d'acceptation progressive par la population des expressions manifestes de l'antisémitisme.

En 2004, le nombre d'actes antisémites a considérablement augmenté à l'échelle du pays par rapport à 2003 (46,7 %). En tout, 857 incidents ont été signalés, ce qui représente le chiffre le plus élevé depuis la création du Rapport, il y a 22 ans. Depuis 2000, le nombre total d'incidents a plus que triplé.

Les augmentations les plus significatives ont été enregistrées dans les catégories des actes avec violence et des actes de vandalisme (les chiffres ont doublé en moyenne). Dans la catégorie du harcèlement, un tiers des incidents comportaient des menaces d'attaques physiques, notamment des menaces de mort.

Le rapport sonne l'alarme sur les relations entre les communautés au Canada. En 2004, comme en 2003, le groupe qui a commis le plus d'actes antisémites au Canada était composé de personnes qui étaient apparemment d'origine arabe. En fait, le nombre d'incidents appartenant à cette catégorie a augmenté de 122 %.

Le rapport mentionne qu'il faut espérer que la communauté arabe va décider de reconnaître plutôt que de nier l'existence du problème et élaborer des stratégies au sein de ses propres structures communautaires et éducatrices afin d'améliorer la situation. L'existence d'un sentiment profondément antisémite et hostile à Israël au sein de certains groupes qui commettent des actes visant les Juifs ne peut plus désormais être passée sous silence.

À cet égard, M. Doudou Diène, rapporteur spécial auprès de la commission des Droits de l'homme des Nations Unies sur la forme contemporaine du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l'intolérance, a formulé une observation intéressante que le rapport de la B' Nai Brith signale avec commentaires :

« En réalité, l'hostilité envers les Juifs se manifeste dans un nouveau contexte marqué par de nouvelles formes d'antisémitisme, qui sont liées au conflit au Moyen-Orient, et viennent s'ajouter à un sentiment antisémite chronique qui trouve sont origine dans l'histoire de l'Europe. »

  

Actes antisémites survenus au Canada en 2004

Province
Nombre
Pourcentage

Ontario

530
61,8 %

Québec

204
23,8 %

Manitoba

55
6,4 %

Alberta

33
3.9 %

Saskatchewan

3
0,4 %

Colombie britannique

17
2 %

Provinces atlantiques

14
1,6 %

Région du Nord

1
0,1 %

Total

857
100 %

Cliquez ici pour le résumé du rapport.

Vous pouvez aussi consulter le rapport complet ici : http://www.bnaibrith.ca/

 

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Le 16 décembre 2004

Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/

 

Sleiman Elmerhebi plaide coupable à une accusation d'incendie criminel

Par Rollande Parent
La Presse

 

Montréal (Presse Canadienne) - Sleiman Elmerhebi, 19 ans, d'origine libanaise, a plaidé coupable, jeudi, à une accusation d'incendie criminel survenu le 5 avril dernier à l'école primaire juive Talmud Torah de l'arrondissement Saint-Laurent, à Montréal. En contrepartie, l'accusation de complot qui pesait contre lui a été retirée. Confronté au texte laissé sur les lieux de l'incendie par le juge Jean Sirois de la Cour du Québec, le jeune homme a confié qu'il ne se reconnaissait pas dans le geste qu'il avait posé et dans la note qu'il avait écrite.

Le juge a tout de même lu chacune des phrases. Le texte disait : «Voilà la conséquence de vos crimes et de votre occupation. Voilà la riposte à vos assassinats. Voilà où que vous mène le terroriste, Ariel Sharon. Aujourd'hui notre cible était un lieu vide. Notre but était seulement de vous sonner l'alarme sans causer de morts, mais cela n'est qu'un début. Si vos crimes continuent au Moyen-Orient, nous attaques continueront. Nous ne visons pas le Québec ; on vous vise : Israéliens et Sionistes. La prochaine fois, nous frapperons plus fort. Attendez-nous».

Les répliques de Sleiman Elmerhebi étaient assez semblables. Il a dit ne pas avoir pensé à ce qu'il écrivait. «J'ai juste montré mes émotions d'une mauvaise manière», a-t-il soutenu.

«Je ne comprends pas comment j'ai pu écrire cela», a-t-il répété à quelques reprises.

Avant le début des représentations pour la détermination de la peine, au moment d'une pause, des représentants de divers groupes de la communauté juive ont réclamé une peine sévère et soutenu que le geste de Sleiman Elmerhebi était un acte haineux.

Devant le juge, le père de Sleiman, Khaleb, un camionneur qui a fuit le Liban en 1988 pour échapper à la guerre civile et religieuse qui y sévissait, a demandé au juge de ne pas condamner son fils à la prison. Il a suggéré de lui faire plutôt purger sa peine dans la communauté et s'est dit prêt à prendre les mesures nécessaires pour que son travail lui permette d'être régulièrement à la maison.

«Il est un bon gars. Il n'a jamais eu de problèmes. Il aide ses soeurs à faire leurs devoirs. Il a commis une grande faute. Il est grand, mais a un coeur d'enfant», a fait valoir M. Elmerhebi.

À ce moment-là, le jeune Sleiman, un étudiant en mécanique, se tenait plié en deux, menottes aux poignets. Il est en prison depuis son arrestation le 14 mai, il y a sept mois de cela.

Elmerhebi avait été arrêté après que l'enquête policière eut démontré que les contenants de kérosène trouvés à l'école avaient été achetés dans un magasin Canadian Tire où travaillait le jeune homme. Les caméras de surveillance avaient permis de le relier à l'achat. Lors de la perquisition faite chez lui, le reçu avait été retrouvé. Il est depuis ce temps derrière les barreaux.

Quant à sa mère, Rouba Elmerhebi Fahd, 36 ans, elle n'était pas en cour jeudi. Elle est accusée de complicité après le fait. Le troisième accusé dans cette affaire, Simon Zogheib a été libéré des accusations qui pesaient sur lui il y a quelques mois.

Afin d'aider le juge à établir la peine, Janice Gerson, qui fait partie du comité de l'école Talmud Torah, a fait part des impacts qu'avait eu l'incendie sur sa famille et plus particulièrement son jeune fils qui avait peur de retourner à l'école. Mme Gerson a qualifié l'événement de «très, très dramatique» pour les siens qui n'avait pas manqué de lui rappeler l'Allemagne nazie.

Mme Rachel Cohen, présidente du conseil d'administration de l'école, a évalué à quelque 700 000 $ les coûts liés à la reconstruction de la bibliothèque, le remplacement des meubles, des livres et des ordinateurs. Le système de sécurité à lui seul a coûté 25 000$ et l'embauche d'agents de sécurité 77 800 $.

 

NOTE : Le 18 janvier 2005, la Cour criminelle du Québec a jugé que l'attaque à la bombe incendiaire contre une école juive de Montréal par Sleiman El-Merhebi était un acte de terrorisme. El-Mehrebi a commencé à purger sa sentence de 40 mois dans une prison fédérale pour avoir incendié la bibliothèque de l'école élémentaire Talmud Torah Unies.

Dans son jugement, maître Jean Sirois a déclaré que l'évidence prouvait que l'attaque était préméditée, motivée par la vengeance et consituait un acte de terrorisme destiné à intimider la communauté juive.

La mère de El-Mehrebi, Rouba El-Mehrebi Fahd fait face à des accusation de complicité.

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Soutien à la destruction d'Israël

Organisations du Québec et du Canada qui, en connaissance de cause ou non, appuient les Palestiniens dans leur lutte armée visant à détruire l'État d'Israël.

LA SUPERCHERIE DU DISCOURS PALESTINIEN

Mme Leïla Shahid, déléguée générale de la « Palestine » en France, était en tournée au Québec en octobre 2004 : conférences dans des universités et les bibliothèques, entrevues à nos médias, etc.

Mme Shahid est venue prêcher aux Québécois épris de justice, de paix et de liberté un discours qui, en apparence, épouse ces mêmes valeurs morales. Mais les Québécois ne peuvent être dupes d'une supercherie qui dure depuis la création de l'État d'Israël en 1948.

Le discours de Mme Shahid reflète celui de son chef, Yasser Arafat, et celui de l'Autorité palestinienne. Ce discours consiste essentiellement à dire à l'Occident que les Palestiniens veulent un État à côté d'Israël. Mais le discours change radicalement lorsque ces mêmes dirigeants s'adressent aux Palestiniens et aux autres Arabes. Ils déclarent alors qu'ils veulent un État palestinien qui remplacerait Israël. Et les actes de terrorisme commis par les Palestiniens, avec le soutien, l'accord et le financement de l'Autorité palestinienne, prouvent que le but réel recherché est bien la destruction de l'État d'Israël.

Toutes les déclarations de l'Autorité palestinienne (AP) faites en langue arabe, tous les documents officiels de l'AP, tous les livres d'école des Palestiniens, toutes les émissions à la télé, les articles dans les journaux, les émissions à la radio, TOUS parlent de « libération de la Palestine » en indiquant clairement, cartes à l'appui, qu'il s'agit d'Israël au complet, à ne pas se tromper.

Voilà la clé de la propagande palestinienne !

« Palestine » = Israël

« Occupation » = toute présence juive en Cisjordanie, à Gaza et en Israël

« Palestine historique » = Israël

Et ce que ne vous disent pas les Palestiniens lorsqu'ils crient à l'apartheid, c'est que 1,2 million d'Arabes vivent en Israël, mais qu'aucun juif n'a le droit de vivre à Gaza ni en Cisjordanie. Ils ne vous disent pas non plus que près d'un million de juifs qui vivaient dans les pays arabes depuis des siècles, ont été forcés de quitter ces pays, souvent dans des conditions atroces, simplement parce qu'ils étaient juifs. Ce qui fait qu'aujourd'hui, il n'y a pratiquement plus de juifs dans les pays arabes. Donc, qui est coupable d'Apartheid ? À vous de répondre.

Lorsque nos médias, épris de la noble cause palestinienne, vous disent que X palestiniens ont été tués par l'armée israélienne, ils oublient de mentionner que ces mêmes Palestiniens étaient des combattants qui, fusil en main, roquette à l'épaule, attaquaient des civils israélinens et attaquaient les soldats.

Nos médias oublient aussi de mentionner que ces combattants palestiniens s'entourent d'enfants qui lancent des pierres. Cette tactique morbide et honteuse d'inclure des enfants dans les combats est enseignée dans les écoles palestiniennes et fait partie de l'incitation à la haine et de l'endoctrinement que subissent les enfants arabes par l'AP. Chez nous, ce serait considéré comme de l'abus et les coupables seraient mis en prison.

Mais Mme Shahid se garde bien de nous révéler tous ces faits. Alors, au nom du respect de tous les droits humains, et pas uniquement ceux des Palestiniens, au nom de la paix véritable, ne soyez pas dupes de cette supercherie.

 

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LE SPECTACLE DE DIEUDONNÉ À MONTRÉAL :
ou le racisme sous le couvert de l'humour

Volume III, Numéro 142 Vendredi, 23 juillet 2004
COMMUNIQUÉ ISRANET

Institut canadien de recherches sur le Judaïsme
Internet : http://www.isranet.org/
En Français : http://www.isranet.org/isranetbriefings/Communique%20Isranet.htm

 

LE MOT « TERRORISTE » QUASIMENT BANNI DE LA PRESSE QUÉBÉCOISE
Severine Biderman
Proche-Orient.info, 20 juillet 2004
www.proche-orient.info

Alors que l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), dont est membre le Canada, met l'accent sur la nécessité absolue de modifier le vocabulaire sur Israël parce qu'il a un impact direct sur l'antisémitisme croissant, Annette Paquot, professeur de linguistique à l'Université Laval à Québec, dénonce la machine de guerre lexicale que déploient les médias québécois contre l'État d'Israël.

Séverine Biderman Comment expliquez-vous que le mot terroriste ne soit que rarement utilisé dans les médias québécois quand il est question du conflit israélo-palestinien ?

Annette Paquot Je n'ai pas fait une étude exhaustive de tous les médias québécois. Mais la réponse se trouve en partie dans le rapport du médiateur de presse Services anglais de CBC - Radio-Canada, appelé ombudsman en Amérique du Nord. Il a pour mandat de recevoir et de répondre aux plaintes des auditeurs et des téléspectateurs. Ainsi dans son rapport 2002-2003, David Bazay devait répondre à la demande d'un téléspectateur qui voulait que la chaîne publique cesse d'employer des termes comme militants ou francs-tireurs et qualifie les Palestiniens engagés dans le conflit de terroristes.

Pour réfuter cette demande, D. Bazay tente de démontrer que l'emploi du mot terroriste est relatif et que les terroristes des uns sont les combattants de la liberté des autres. Ainsi, il qualifie le terrorisme «d'action violente visant délibérément des civils» et conclut qu'aucune des parties en présence ne respecte cette définition, chacune employant ce mot «à son escient», en fonction de ses intérêts. Pour lui, demander que les journalistes utilisent le mot terroriste «c'est comme si on demandait à Radio-Canada de choisir son camp et de prendre parti en faveur de la position du gouvernement israélien en acceptant sa définition du terrorisme qui dénie toute légitimité à la résistance palestinienne». D. Bazay recommande donc aux journalistes «de n'employer le terme terroriste qu'a posteriori, lorsqu'ils possèdent toute l'information pertinente disponible».

Le problème, avec un tel raisonnement manié au nom de la neutralité, s'apparente bel et bien à un parti-pris. À une prise de position en faveur des Palestiniens. Arafat lui-même a plaidé en ce sens devant l'Assemblée générale des Nations unies : «Il est impossible d'appeler terroriste celui qui soutient une cause juste...» Épouser son point de vue, ce n'est pas être neutre !

S. Biderman Quel est le rôle des attentats du 11 septembre dans cette affaire ?

A. Paquot Ils ont rapproché de nous le terrorisme et nous ont mieux fait voir et sentir ce qu'il est. Là est, justement, la crainte des adversaires de l'emploi de ce mot à propos du terrorisme palestinien: ils ne veulent pas que nous, ici en Amérique, nous en percevions l'horreur grâce à cette proximité nouvelle. Ainsi, selon Andre Pratte du quotidien francophone, La Presse, «le mot terroriste, par amalgame avec Ben Laben, mine irrémédiablement la crédibilité de toute cause qui lui est associée».

S. Biderman Ne peut-on pas remplacer le mot terroriste par d'autres termes équivalents ?

A. Paquot Mais je ne vois pas d'autres mots qui seraient aussi justes et précis que celui-ci ! Commando-suicide décrit le sort du commando, mais pas celui de ses victimes. Il n'est donc pas neutre. Homme armé est trop général. Quant à kamikaze, il ne convient pas non plus puisque les soldats japonais qu'on appelait ainsi visaient des cibles militaires tandis que les bombes humaines palestiniennes visent des cibles civiles. Bombe humaine pourrait peut-être convenir, mais il ne dit pas que les victimes sont des civils. Terroriste exprime l'idée de terreur, essentielle à sa définition et a l'avantage de pouvoir s'appliquer à divers types d'attentats et pas seulement à ceux qui supposent la mort de ceux qui les commettent.

Quant aux expressions comme extrémiste palestinien, groupe radical, mouvement radical, groupe armé, linguistiquement, elles n'ont pas en elles-mêmes de valeur négative ou positive. En ce sens, elles sont neutres. Mais appliquées à ce dont nous parlons, elles sont mensongères car elles édulcorent la réalité : elles situent les individus ou les groupes en question sur l'échiquier politique et décrivent leurs convictions, certes, mais elles ne disent pas ce qu'ils font. Ce sont des euphémismes. Par ailleurs, les distinctions entre terrorisme et résistance, guérilla, violence révolutionnaire, lutte de libération nationale, reposent toutes sur la notion de légitimité qui n'est pas retenue comme élément constitutif de la définition du mot terrorisme.

Enfin, éviter l'emploi du mot terroriste et lui substituer le mot militant ou activiste par exemple, c'est minimiser l'impact des attentats palestiniens sur la population civile. En effet, les actions militantes ne sont généralement pas condamnées en Occident. Les actions terroristes, en revanche, le sont. Ainsi, les conventions internationales permettent de geler les avoirs des groupes terroristes, mais pas ceux des groupes militants.

S. Biderman Comment expliquez-vous ce consensus dans les médias québécois ?

A. Paquot La position de Radio-Canada, du journal La Presse ou du quotidien Le Devoir n'a rien d'étonnant. Les politiques langagières sont dictées par les médiateurs de presse, qui se rencontrent régulièrement dans le cadre du Congrès de l'Association internationale des Ombudsmen (Orgazination of News Ombudsmen - ONO), laquelle compte 78 membres qui s'influencent les uns les autres. Peut-être même conviennent-ils d'une ligne de conduite commune ?

S. Biderman Vous êtes professeur et donc en contact direct avec des étudiants. Quelle conséquence a sur eux le non-usage dans les médias du mot terroriste ?

A. Paquot Pour vérifier cet impact, j'ai eu l'idée de procéder à un petit sondage parmi mes étudiants. Il s'agissait d'un groupe de 63 élèves d'un cours de linguistique française portant sur le vocabulaire. Le questionnaire leur a été administré à la fin du trimestre d'automne 2002. Ainsi, à la question «la destruction des Twin Towers de New York par des individus soupçonnés de faire partie de l'organisation de Ben Laden est-il un acte terroriste ?», 100 % des étudiants ont répondu par l'affirmative. À la question «l'explosion d'un avion de la Pam Am au-dessus de Lockerbie, en Écosse, par des individus soupçonnés d'être des agents libyens et qui a coûté la vie à 270 personnes, est-il un acte terroriste ?», 60 étudiants ont répondu oui, 3 non. À la question «l'assassinat de 21 jeunes Israéliens par un Palestinien qui s'est fait exploser dans la discothèque Dolphinarium de Tel-Aviv est-il un acte terroriste ?», 43 ont répondu oui, 20 non. À la question «l'assassinat par des Palestiniens du ministre israélien Rehavam Zeevi, est-il un acte terroriste ?», 32 ont répondu oui, 31 non. Il est important de préciser qu'il ne s'agit pas d'un échantillon représentatif, mais il est néanmoins intéressant.

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Le 24 septembre 2003, le quotidien québécois La Voix de l'Est publie un éditorial par Jean-Guy Dubuc intitulé Quand Israël se fait assassin. Voici un extrait :

« Comment peut-on imaginer qu'Israël en soit rendu là. Le pays qui a souffert du pire assassinat des temps modernes redit les mots d'Adolf Hitler ; pire, on croirait entendre la condamnation du Christ lui-même, mis à mort par les Juifs. On n'aime pas la personne (de Yasser Arafat) ? On l'exécute ! »

Un Québécois concerné par ces propos a porté plainte au Conseil de presse du Québec mais cette plainte a été rejetée ! (Cliquez ici pour en savoir plus...)

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Le 5 avril 2004, une école élémentaire juive de Montréal est attaquée dans la nuit : vitres cassées et bibliothèque complètement brûlée. Une note antisémite et anti-Israël est laissée à la porte. Voici deux lettres publiées dans le quotidien La Presse de Montréal...

 

Un sentiment différent

Si nos amis de la communauté juive en général étaient à tout le moins divisés sur la question palestinienne, s'ils étaient critiques à l'occasion, s'ils n'étaient pas si presque unanimement souteneurs de la politique haineuse et intransigeante d'Israël, on serait bien évidemment plus portés à être scandalisés par ces actes malheureux. Mais ce n'est pas le cas, ni dans ce que je vois dans les médias, ni dans ce que j'observe ma vie personnelle. Le pays qu'ils soutiennent si ardemment est haïssable aux yeux de plusieurs, et avec raison. Il y aura toujours des conséquences indésirables à la méchanceté, d'oû qu'elle vienne. Et qu'on ne me traite pas d'antisémite parce que j'ose exprimer un sentiment différent.
Mario Lajeunesse

 

Un petit feu

Une petite bibliothèque d'une école juive brûle et voilà une brochette de politiciens qui montent aux barricades. L'enquète n'a pas eu lieu encore et déjà on connait la raison. Qui a dit que c'était de l'antisémitisme. Surprenant qu'un petit feu attire autant de politiciens sur les lieux.
Jacques Perreault

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Réponse à une lettre publiée dans le quotidien montréalais La Presse, à la suite de l'incendie...

Le 17 avril 2004

À forum@lapresse.ca

Objet : Réponse à la lettre de M. Mario Lajeunesse publiée dans La Presse du 7 avril 2004.

Dernièrement, une lettre signée par Mario Lajeunesse reprochait à nos concitoyens juifs d'appuyer Israël présentement victime d'activités terroristes qu'on peut même qualifier de crimes contre l'humainité, et dont l'Autorité palestinienne porte entièrement la responsabilité.

C'est en s'appuyant sur de telles activités terroristes que, depuis déjà 56 ans, les pays arabes et l'Autorité palestinienne ont toujours affiché sans vergogne leurs véritables intentions, qui n'ont jamais été de négocier un État palestinien, mais plutôt, de détruire l'État d'Israël !

Devant un tel constat, on ne peut que considérer l'appuis des Juifs québécois à Israël comme juste et louable. Tant qu'à la politique que M. Lajeunesse semble faire reproche à Israël, elle n'est que le fruit de la propagande trompeuse de l'Autorité palestinienne, qui n'a jamais cessé, au risque de me répéter encore une fois, de faire croire à la négociation d'un État palestinien, tout en continuant à développer au maximum les activités terroristes contre l'État d'Israël dans le but de parvenir à le détruire, à le faire disparaître à tout jamais du paysage du Proche-Orient.

Il ne serait pas correct de porter des accusations d'antisémitisme contre M. Mario Lajeunesse, mais plutôt un simple constat d'ignorance haïssable. D'ailleurs, sa lettre n'en fait absolument pas défaut !

J.M. Gélinas

 

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Le 12 mars 2004

Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/

Augmentation des incidents antisémites au Canada

L'organisation juive B'nai Brith a indiqué jeudi que les incidents antisémites rapportés au Canada ont augmenté de 27 % en 2003 par rapport à 2002. Au total, 584 incidents ont été signalés à la Ligue des droits de la personne de B'nai Brith, qui publie chaque année un rapport sur l'antisémitisme au pays.

Ruth Klein, directrice nationale de B'nai Brith, a souligné que cette augmentation de 27 % suivait une augmentation de 60 % rapportée en 2002. « Cela veut dire que le nombre d'incidents rapportés a doublé en seulement deux ans au Canada », a-t-elle ajouté.

Pour l'année 2003, le plus grand nombre de cas ont eu lieu au Québec et en Ontario, les deux provinces où l'on compte le plus grand nombre de juifs au Canada. Au Québec, 108 cas ont été rapportés, dont 102 dans la région de Montréal. Il s'agit d'une augmentation de 21 % par rapport à 2002. En Ontario, 400 incidents ont été rapportés, comparativement à 329 l'année précédente.

Dans l'ensemble, 67 % des incidents ont été décrits comme des cas de harcèlement et 30 % comme des cas de vandalisme. Sept cas ont abouti à des accusations criminelles et un d'entre eux a entraîné une peine de prison. Il y a eu 23 incidents ayant pour cible des synagogues et 34 cas de menaces proférées contre des enfants. Quarante-six incidents ont eu lieu sur des campus d'universités ou de collèges.

Le rapport cite également le leader autochtone David Ahenakew, qui avait déclaré à la fin de 2002 qu'Hitler avait essayé de « nettoyer le monde » lorsqu'il a « grillé » six millions de juifs durant la Shoah. B'nai Brith a aussi identifié « 36 cas qui ont impliqué des Arabes sur le total de 584 cas ».

L'organisation, qui ne blâme aucun groupe ethnique en particulier, affirme que le terrorisme international et l'importation de sentiments antisémites de l'étranger constituent les plus grandes menaces envers les juifs et les institutions juives au Canada. « Les groupes néonazis ne constituent plus la plus grande menace, qui provient plutôt d'éléments liés aux organisations terroristes internationales », a déclaré Rochelle Wilner, présidente nationale de B'nai Brith.

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25 et 26 janvier 2003

Le Devoir
http://www.ledevoir.com/2003/01/25/19022.html

Le fascisme de gauche à l'UQÀM et ailleurs
Par Stephen Schecter
Professeur titulaire au département de sociologie de l'UQÀM
(Université du Québec à Montréal)

Les étudiants en sociologie à l'UQÀM sont en grève depuis une semaine. À en juger par leurs affiches, ils revendiquent, entre autres, que la moyenne d'étudiants par groupe-cours soit réduite à 30 et que l'université renonce à ce qu'ils nomment la rationalisation de ses opérations.

Ils font fi du fait que la moyenne réelle des groupes-cours se réduit souvent à moins de 30 étudiants après chaque mi-session, les étudiants semblant trouver qu'une demi-session est plus que suffisante pour capter ce que leurs professeurs ont à leur enseigner.

Ils font également fi de l'évidence suivante : si on réduit la moyenne cible, beaucoup plus d'étudiants auront des chargés de cours plutôt que des professeurs comme enseignants. Mais la gestion efficace et intelligente des ressources ne semble pas les préoccuper, car ceci fait partie de cette rationalisation qu'ils s'empressent de dénoncer, rationalisation qui fait partie, dans leur lecture hautement idéologique du monde dans lequel ils vivent, de la mondialisation qu'ils dénoncent avec la même vigueur.

Propos racistes

Il n'est alors pas surprenant qu'à mon arrivée devant ma classe, le jeudi 16 janvier dernier, j'aie été accueilli non seulement par une bande d'étudiants, y compris quelques-uns de mon cours, qui m'interdisaient l'accès à la salle de classe, mais aussi par des slogans scandés par ces mêmes militants étudiants, qui dépassaient le propre de leurs revendications au sujet de l'éducation pour toucher au conflit israélo-palestinien. Il a cependant été choquant d'entendre des propos racistes et antisémites adressés à mon endroit par des étudiants de sociologie de niveau universitaire, propos que je cite textuellement : « Israël, assassin, Schecter, complice !»

On peut certes se demander quel rapport il peut y avoir entre le conflit israélo-palestinien et la moyenne cible des groupes-cours à l'UQÀM. Ça prend sans doute un sociologue chevronné comme moi pour expliquer au citoyen moyen de quelle façon, dans la tête de nos étudiants confus, la mondialisation tant décriée attrape tous les phénomènes sociaux dans son filet et les tord, de telle sorte que les efforts visant à bien gérer l'UQÀM font partie du même complot des dirigeants israéliens en vue de trouver une solution de paix au Moyen-Orient et que tout cela fait partie du déficit démocratique occasionné par la libéralisation des marchés prônée par les Américains, le président Bush en tête.

Je dois avouer que même un sociologue comme moi éprouve de la difficulté à découvrir un brin de rationalité dans cette manière de penser, mais je dois tristement avouer que c'est ainsi que bon nombre de nos étudiants pensent. Ce qui est pire, c'est également ainsi que bon nombre de leurs professeurs pensent. La pomme, dit-on, ne tombe jamais loin de l'arbre.

Il est tout de même scandaleux que nos étudiants se sentent autorisés à scander des propos racistes et antisémites en toute impunité. J'ai été affolé non seulement d'entendre la situation difficile d'Israël mêlée à de stupides revendications sur l'enseignement supérieur au Québec mais aussi de me voir gratuitement accusé d'assassinat. Il aurait fallu voir les visages de ces étudiants momentanément transformés par la haine pour saisir l'ampleur et la gravité de cet incident.

Je me suis immédiatement rappelé tout ce que j'ai lu à propos des bandes de nazis en Allemagne dans les années 30. On concocte une idéologie selon laquelle les juifs sont fautifs, et ceci justifie leur élimination. Nos étudiants ne sont pas allés si loin cette fois-ci, mais en Allemagne, dans les années 30, tout a aussi commencé « en douceur ».

Nos étudiants ont-ils une connaissance historique, politique et sociologique du conflit israélo-arabe pour être justifiés de qualifier Israël d'assassin ? Et au nom de quelle vérité sociologique m'ont-ils traité de complice, à part le fait que je suis juif, que j'exprime ma solidarité avec le peuple d'Israël et que j'écris de temps à autre des textes pour clarifier certains points au sujet de ce conflit ?

Est-ce maintenant un crime d'être juif et d'avancer une analyse de ce conflit qui ne blâme pas Israël ? Apparemment, oui, non seulement à l'UQÀM mais aussi ailleurs. Ce qu'ont fait les étudiants de mon département n'est guère différent de ce qu'ont fait des universitaires de Paris VI, qui ont voté en faveur d'un boycottage des scientifiques israéliens en guise de protestation contre les politiques du gouvernement israélien. Il va sans dire que ce même conseil d'administration n'a rien dit sur les crimes contre l'humanité commis par l'Autorité palestinienne.

Démonisation

La démonisation d'Israël est aujourd'hui le visage contemporain de l'antisémitisme qui refuse à l'État juif son droit d'existence et de défense légitime et qui demeure obstinément aveugle sur le fait qu'Israël est la seule démocratie libérale au Moyen-Orient.

Cette démonisation est monnaie courante dans la classe intellectuelle en Occident, au Québec comme ailleurs, au département de sociologie de l'UQÀM comme dans les autres départements de sciences humaines de l'UQÀM et d'ailleurs. Si nos étudiants ne comprennent pas la gravité de ce qu'ils ont scandé le jeudi 16 janvier 2003 dans un couloir de l'UQÀM, c'est parce qu'ils entendent ce genre de discours de la part de leurs professeurs, sans parler de ce qu'ils entendent et lisent de la part des classes politique et journalistique des sociétés occidentales.

Mais c'est surtout ce qui se passe en milieu universitaire qui me préoccupe. Primo, j'y travaille. Secundo, c'est là que l'on forme la génération montante. Tertio, les universités sont censées être des lieux de débat, de réflexion et d'analyse qui tentent de respecter le plus scrupuleusement possible les règles de la méthode scientifique, la quête de la véracité et l'intégrité personnelle. Hélas, bon nombre de professeurs en sciences humaines préfèrent simplement faire passer leurs idéologies pour de l'analyse scientifique. Ainsi, ils deviennent rien de moins que des idéologues, et on sait par expérience que cela mène au terrorisme et au racisme.

Je peux moi-même témoigner de l'idéologie qui prévaut dans mon milieu, idéologie à l'origine de ces slogans antisémites entendus de la bouche de nos étudiants. J'ai des collègues qui la prônent et, parce qu'ils y croient, ils tolèrent -- là où ils ne suscitent pas directement -- un discours raciste auquel ils demeurent tout aussi sourds que nos étudiants. Grosso modo, cet ensemble idéologique se résume ainsi. Le monde moderne se caractérise par la mondialisation. La mondialisation se résume à la libéralisation des marchés. Ceci n'est que la forme contemporaine de domination capitaliste, domination essentiellement américaine, et cette évolution de la société moderne est responsable de tous les maux de la planète, qu'il s'agisse des attaques terroristes contre des sociétés démocratiques, de la souffrance des Palestiniens ou de l'effet de serre.

Les méchants

Dans cet amalgame, les Américains sont les méchants. Toute société, toute personne favorable à l'Amérique et à la démocratie qu'elle incarne est à condamner, de la même façon que tout sociologue qui veut signaler que la démocratie est autre chose que la version laïque du paradis est vilipendé.

Pas surprenant alors que les étudiants de sociologie se sentent autorisés à me traiter de complice d'un Israël assassin. Ils puisent dans un discours ambiant qui est lui-même raciste car antioccidental, antidémocratique, antiaméricain et anti-israélien. Ce discours est aussi un discours fasciste ; cependant, parce que ses tenants se considèrent de gauche, ils le jugent acceptable.

Pourtant, l'histoire nous enseigne qu'il y a également des fascistes de gauche. Elle nous enseigne aussi que c'est l'idéologie antisémite qui soude ensemble les fascistes de droite et les fascistes de gauche.

Cet amalgame semble gagner du terrain. Il est extrêmement dangereux. Ce qui commence comme une idée finit parfois par être exécuté. Avant sa prise du pouvoir, Hitler a prévenu les partis bourgeois au Parlement allemand que les nazis n'étaient pas comme eux. Ils ne l'ont pas cru. Ils pensaient le contrôler en le mettant au pouvoir. Ils auraient dû le prendre au sérieux. Moi, je prends au sérieux des propos similaires lorsque, 70 ans plus tard, je les entends dans mon université. Mais qui d'autre le fera, et comment ?

 
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Le Devoir, 20 février 2003

Réplique à Yves Claudé, Marc-André Cyr et Anne Laperrière

Puisque les intellectuels ne le font pas, que Dieu bénisse Israël
Par Stephen Schecter

 

Dans les réponses à mon texte paru dans Le Devoir du 25 janvier, intitulé « Le fascisme de gauche à l'UQAM et ailleurs », on peut lire un certain nombre d'affirmations sur Israël et sur ma personne qui ne font que confirmer, hélas, la thèse que j'ai avancée. Ainsi, le sociologue Yves Claudé parle de la « démocratie version Sharon » et « des politiques colonisatrices de l'État d'Israël ». L'étudiant Marc-André Cyr qualifie les résultats des élections récentes en Israël d'«élection des génocidaires» et m'accuse de soutenir « le colonialisme d'Israël ».

Et ma collègue Anne Laperrière ajoute que mon opinion lui « apparaît être celle d'une frange importante mais extrême de la communauté juive nord-américaine ». Bien qu'elle avoue ne pas avoir suivi mes cours, qui ne portent pas sur le conflit au Moyen-Orient, elle insinue que j'y présente une version unilatérale du conflit. C'est cela, selon elle, qui explique pourquoi j'ai été la cible de slogans racistes à l'UQAM le 16 janvier 2003. Ce genre d'analyse est bien connu. Il s'agit de rendre la victime responsable du tort qu'on lui inflige.

Mme Laperrière, comme tous les autres répondants, ne prend pas la peine de dire un mot au sujet des aspects sociologiques, historiques ou politiques du conflit au Moyen-Orient ni de discuter des analyses que j'ai publiées dans les pages du Devoir à deux reprises l'an dernier.

Il suffit apparemment que je sois juif et que mes analyses ne blâment pas Israël pour la situation dans laquelle ce pays se trouve pour qu'on me range, comme on le fait avec Israël, parmi les coupables. Les lecteurs du Devoir comprendront donc que j'estime nécessaire de corriger de nouveau certains préjugés mensongers qui circulent à propos d'Israël, préjugés repris dans les textes se voulant une réponse au mien.

Il n'y a pas de démocratie version Sharon, tout comme il n'y a pas de démocratie version Chrétien : il y a seulement la démocratie tout court. Dans une démocratie, il y a, au minimum, un gouvernement et une opposition, des élections libres, la protection juridique des citoyens contre l'exercice arbitraire du pouvoir par le souverain. En Israël, comme au Canada, il y a tout cela et bien davantage, notamment la possibilité pour les individus et les groupes de faire entendre leur voix sur la scène publique.

Si M. Sharon et son parti, le Likoud, ont été élus avec le plus grand nombre de voix depuis la tenue d'élections en Israël, on peut estimer qu'ils représentent la majorité de la population israélienne. En effet, sondage après sondage, tout indique que celle-ci réagit avec courage et sagesse aux attaques terroristes parrainées par l'Autorité palestinienne. D'un côté, la majorité des Israéliens se disent prêts à céder des territoires conquis lors de la guerre des Six Jours contre un accord de paix sécuritaire. De l'autre, n'ayant aucune confiance dans le leadership palestinien actuel, ils se disent également prêts à se défendre contre la violence palestinienne en utilisant ce que tout pays utilise pour se protéger : les forces armées.

Il faut le dire et le redire : en Israël, on n'entend pas d'appel à une guerre sainte contre l'Autorité palestinienne ou contre les pays arabes avoisinants. Et pourtant, dans la presse et dans les déclarations gouvernementales de ces pays, on peut lire jour après jour des appels incendiaires et racistes en faveur d'une guerre totale contre Israël, contre les juifs, contre les États-Unis et contre l'Occident. Il est à noter également qu'en Israël, même un leader politique arabe qui avait encouragé la poursuite de l'intifada actuelle lors de sa visite dans un pays ennemi, la Syrie, a été autorisé par la Cour suprême d'Israël à se présenter aux élections. Comment alors les intellectuels occidentaux osent-ils dire qu'Israël est une société raciste qui pratique l'apartheid ?

Du côté palestinien

Du côté palestinien, la donne est exactement l'inverse. Il y règne un gouvernement dictatorial et corrompu : détournement de fonds provenant de l'extérieur, expropriation arbitraire d'entrepreneurs, monopole d'Arafat et de ses proches sur la production et la distribution de biens essentiels comme le ciment et le gaz avec, comme conséquence désastreuse, le non-développement d'une classe moyenne indépendante capable de défier l'OLP et le Fatah. Il y règne un pouvoir totalitaire, arbitraire et complètement non transparent.

L'Autorité palestinienne est divisée entre un conseil législatif qui représente les Palestiniens en Cisjordanie et la bande de Gaza et un conseil national qui a déclaré l'OLP seul représentant légitime du peuple palestinien, créant ainsi une structure de double pouvoir. Ce type de structure est reproduit dans les diverses fonctions qu'Arafat occupe lui-même : président de l'Autorité palestinienne, chef de l'OLP et chef du Fatah, qui tient sous son contrôle les brigades al-Aqsa et les brigades Tanzim, elles-mêmes responsables des attaques terroristes contre Israël.

Il existe aussi le Front national et islamique, qui regroupe le Fatah, les brigades Tanzim, le Hamas et le Jihad islamique et qui coordonne leurs activités. Il n'est alors pas surprenant que le gouvernement d'Arafat en arrive à dénoncer en public les attaques terroristes qu'il organise par ailleurs. Dernièrement, par exemple, le Fatah, par l'entremise de ses brigades al-Aqsa, a revendiqué la responsabilité des explosions homicides à Tel-Aviv le 5 janvier 2003. La direction politique du Fatah a démenti cet aveu, mais un des dirigeants du bras militaire du Fatah l'a répétée sur les ondes de la station de télévision al-Jazira.

C'est ainsi que l'Autorité palestinienne mène une politique de duplicité constante avec la conséquence dramatique que personne en Israël n'a confiance dans ses déclarations. Et qui peut en blâmer les Israéliens ? Qui plus est, l'Autorité palestinienne émet et cautionne des déclarations appelant à la destruction de l'État d'Israël. Sur le site Internet du Fatah, par exemple, on peut lire que le but de la lutte armée est le démantèlement d'Israël, qualifié d'entreprise sioniste et auquel on refuse la reconnaissance de tout droit légitime sur ce territoire. Ce n'est pas pour rien qu'Arafat a nommé cette intifada -- que ses proches reconnaissent avoir organisée bien avant la visite de Sharon à la mosquée du Temple -- l'intifada al-Aqsa.

Refuser toute légitimité à la présence juive à Jérusalem fait partie de la stratégie palestinienne, qui va jusqu'à nier que les juifs y ont déjà été présents. Elle fait de même avec Hébron, oubliant que les juifs en ont été chassés en 1929 après une émeute arabe et faisant ainsi oublier au monde que les juifs y résidaient depuis 3000 ans. Lorsque des intellectuels du monde occidental participent à ces mensonges, comme ils l'ont fait à la conférence contre le racisme organisée par les Nations unies à Durban et qui s'est transformée en délire raciste contre Israël, ils ne rendent aucun service à la paix au Moyen-Orient. Au contraire, ils ne font qu'encourager les Palestiniens dans leurs délires et leurs mensonges.

Que dire, par ailleurs, des sermons prononcés dans les mosquées palestiniennes et diffusés sur les ondes de la radiotélévision palestinienne ? Le 12 avril 2002, par exemple, le cheik Ibrahim Madhi, clerc employé par l'Autorité palestinienne, a prononcé un sermon priant Allah d'annihiler les juifs, encourageant les Palestiniens à multiplier leurs attaques homicides contre Israël et promettant à son auditoire de retourner un jour en conquérants dans les villes israéliennes.

D'autres sermons dans les mosquées de Gaza comprennent des prières pour que le toit du parlement israélien tombe sur ses députés ou des propos sommant les fidèles à tuer les juifs partout où ils se trouvent. Il faut bien comprendre que des paroles semblables prononcées sur les ondes de Radio-Canada mèneraient leurs auteurs directement en prison.

Ce genre de discours est financé et encouragé par les autorités palestiniennes et trouve un écho dans leurs propres discours. Le 3 janvier 2003, Farouq al-Qaddoumi, chef du bureau politique de l'OLP et secrétaire général du comité central du Fatah, déclarait dans une entrevue publiée par le journal israélien Kul al-Arab qu'il n'y avait jamais eu de différence entre eux et le Hamas, que le problème des réfugiés est plus important que celui d'un État palestinien et que, de toute façon, le fond du conflit réside dans la création de l'État d'Israël par les Nations unies.

Ce discours est congruent à l'attitude tragique du leadership palestinien actuel, qui croit avoir déjà fait tous les compromis nécessaires en acceptant, à l'occasion et pour le moment, le cantonnement d'Israël à l'intérieur des frontières d'avant 1967. Lorsqu'on commence des négociations en disant qu'il n'y a rien à négocier, on se dirige vers un avenir suicidaire. Il n'est pas anodin que l'arme de prédilection des Palestiniens soit l'homicide suicidaire. C'est l'aboutissement d'une politique basée sur l'idéologie, le mensonge et le racisme. L'histoire de l'Allemagne nazie est là pour nous le rappeler, mais il apparaît que la mémoire n'est pas longue chez les intellectuels.

À la lecture de ces quelques faits -- il y en a bien d'autres, hélas, comme le fait que l'Autorité palestinienne ait décidé de nommer un tournoi de soccer à Tulkharm en l'honneur du terroriste qui a commis le massacre de la pâque juive l'an dernier à Netanya --, on peut, je l'espère, comprendre mon désarroi lorsque je constate de la part de mes étudiants et de mes collègues le même type de discours que celui qu'Israël entend du côté palestinien.

C'est un discours qui démonise Israël, l'essentialise comme l'incarnation du mal et prépare ainsi la légitimation de sa destruction. Si le simple fait de souligner que cela fait partie du problème au Moyen-Orient me range parmi « une frange extrême de la communauté juive », je dois conclure qu'aux yeux de mes collègues, nous, les juifs, sommes le mal et que je devrais me taire.

Mais comme l'a dit Edmund Burke, le mal entre dans le monde lorsque les hommes de bonne volonté se taisent. J'attends que d'autres intellectuels que moi et surtout d'autres intellectuels non juifs prennent la plume pour venir à la défense d'Israël, le seul État du peuple juif -- et non de la religion juive -- au monde. Il semble pour le moment qu'au contraire, l'existence même de cet État justifie que non seulement des Palestiniens mais aussi des intellectuels occidentaux déclarent que la saison de la chasse aux juifs est bel et bien ouverte. Quelle honte !

(Stephen Schecter est professeur titulaire au département de sociologie de l'Université du Québec à Montréal.)
 

Volume II, Numéro 107 - Vendredi, 28 novembre 2003
COMMUNIQUÉ ISRANET

Un service de L'I.C.R.J.
L'Institut canadien de recherches sur le Judaïsme

Professeur Frederick Krantz, Directeur
B.P. 175, succursale H
Montréal, Québec H3G 2K7
Internet : http://www.isranet.org/
En Français : http://www.isranet.org/isranetbriefings/Communique%20Isranet.htm

 

L'antisémitisme ordinaire à Radio-Canada
David Ouellette
Il s'en aurait fallu de peu pour que l'onde de choc du scoop du Devoir « Centraide verse un million à un organisme quarante fois millionnaire » (1er novembre) se rétrécisse en peau de chagrin. L'article, signé Kathleen Lévesque, qui remettait en question la légitimité de l'entente de coopération entre Centraide et la Fédération Appel Juif Unifié (FAJU) a été ignoré par le reste de la presse écrite. C'était toutefois compter sans la sournoiserie niaise des animateurs vedettes du radiodiffuseur public canadien, Radio-Canada.

En effet, des esprits médiocres de Radio-Canada ont saisi le torchon du Devoir et l'ont jeté un peu plus tordu en pâture à leurs auditeurs ; d'abord Pierre Maisonneuve à la radio (maisonneuve@montreal.radio-canada.ca ), puis Simon Durivage dans son émission Aujourd'hui (auditoire@fr.radio-canada.ca). Ce dernier alla même jusqu'à affirmer avoir lu (ce que même Le Devoir ne prétendait pas) qu'un tiers de ce que FAJU reçoit de Centraide est envoyé en Israël !

Cette campagne de désinformation lancée par Le Devoir, puis poursuivie tambour battant par Simon Durivage avait de quoi séduire les antisémites : opulence (FAJU « quarante fois millionnaire », spoliation des pauvres (Durivage : « avez-vous besoin du million de dollars de Centraide ? »), et finalement duplicité (l'argent collecté par Centraide servirait des causes dissimulées : armer Israël !).

Les téléspectateurs n'auront pas manqué de répondre à l'invitation à blâmer les juifs que leur a lancée Simon Durivage. À la question publiée sur le forum web de son émission « Êtes-vous satisfait de la gestion des dons de Centraide ? », une meute de cybernautes ont répondu unanimement que les juifs prennent les Québécois pour des dupes et volent aux pauvres pour soutenir un État terroriste. Reste que dans cette triste affaire, ce sont des journalistes ignorants de l'éthique de leur profession qui proposent aux Québécois un marché de dupes en présentant une heureuse collaboration entre deux organisations caritatives comme une conspiration néfaste.

Nous vous proposons ci-dessous une compilation des commentaires venimeux hébergés par le forum web de l'émission de Simon Durivage. Dans le contexte d'une judéophobie globale dite nouvelle, il faut moins s'étonner de l'existence de cet antisémitisme « ordinaire » de la vieille école que du fait qu'il ne sente désormais plus le besoin de se dissimuler derrière la feuille de vigne de l'antisionisme.

(David Ouellette est chercheur associé de l'ICRJ et membre du groupe de recherche Islam et identités nationales européennes [Université de Montréal])

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Commentaires postés par des auditeurs sur le site Web de Radio-Canada (www.radio-canada.ca) à la suite du reportage sur Centraide présenté à l'émission de Pierre Maisonneuve, le 3 novembre 2003.
Commentaires recueillis le 4 novembre 2003.

 

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