L'islamisation du Québec

 

Le 19 juillet 2006

Manifestations pro Hezbollah à Montréal

(Note : Montréal a assisté à de très nombreuses manifestations anti-Israël et pro Hezbollah dans ses rues depuis le déclenchement des hostilités entre le Hezbollah et Israël. Voici comment une d'entre elles c'est déroulée...)

Je reviens de la Place Jacques-Cartier, au Vieux-Montréal. Et j'ai encore peine à croire ce que j'ai vu. Les manifestants ont réussi par les insultes et les menaces à faire fuir un amuseur de rue avec deux enfants à nourrir et un permis qu'il a payé cher à la Ville pour obtenir le droit de se présenter à cet endroit précis. Et comme vous le savez, les soirs de feux d'artifice sont les plus rentables pour ces artistes. Il a résisté longtemps le pauvre, mais ils ont eu raison de lui ; le cercle des manifestants s'est refermé sur lui peu à peu, jusqu'à ce que son public parte et que lui n'ait plus de place pour jongler avec ses bâtons enflammés.

La police a tenté en vain de raisonner ces islamistes. Je voyais dans leurs yeux que les policiers eux-mêmes étaient intimidés. L'amuseur a donc fini par s'en aller escorté par la police (c'est lui qui l'a demandé).

N'est-ce pas là en capsule ce que sont ces islamistes ? Invasion, intolérance et barbarie crasse. Le pire c'est que, deux minutes après, les islamistes ont quitté la Place Jacques-Cartier pour se mettre à l'entrée du Vieux-Port juste comme le gros des gens entraient pour voir les feux d'artifice. Là, c'est vraiment devenu surréaliste. Ça scandait à tout rompre : «Israël assassin, Israël Terroriste» (et quelques slogans du Hezbollah en arabe) tandis que des femmes voilées se promenaient avec des corbeilles de roses blanches avec un petit message ficelé qu'elles distribuaient aux passants. 

Quant à l'amuseur de rue, il est revenu une heure plus tard, j'ai été le voir et lui dire qu'il ne pouvait pas laisser ça se terminer sans plus. Je lui ai demandé son nom, mais il était méfiant et visiblement encore sous le choc. N'est-il pas scandaleux que laVille de Montréal autorise des manifestations politiques en pleine haute saison touristique dans un des hauts lieux touristiques de Montréal, portant ainsi préjudice à des gens qui y gagnent leur pain durement à amuser les touristes ?

Et quelle impression les touristes garderont-ils de Montréal ? Des Islamistes déchaînés vomissant leur haine ? Désolé, mais ce que je vois depuis deux jours dans nos rues dépasse vraiment les bornes.

David Ouellette Judéoscope

(Autres exemples de manifestations à Montréal :

http://www.judeoscope.ca/article.php3?id_article=0423

http://www.judeoscope.ca/article.php3?id_article=0421

Le 27 mai 2005

Québec dit non à la charia

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/
Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/

 

Dans une motion votée à l'unanimité, jeudi 26 mai 2005, l'Assemblée nationale du Québec a estimé que les tribunaux islamiques n'ont pas leur place au Québec ni ailleurs au Canada.

La résolution s'oppose « à l'implantation des tribunaux dits islamiques au Québec et au Canada ». Elle a été présentée conjointement par la députée libérale de La Pinière, Fatima Houda-Pépin, elle-même musulmane, et la députée péquiste de Terrebonne, Jocelyne Caron.

La motion n'ayant soulevé aucun débat, le Québec s'éloigne clairement de la position de l'Ontario, qui a ouvert la voie à ce type de législation.

En décembre 2004, un rapport déposé par l'ancienne ministre déléguée à la Condition féminine de l'Ontario, Marion Boyd, était favorable à des tribunaux basés sur la charia, la loi islamique, en vue d'arbitrer des litiges familiaux. L'idée remonte à une quinzaine d'années au pays.

Mme Houda-Pépin craint que l'implantation de tribunaux islamiques ne soustraie les citoyens de confession musulmane aux lois canadiennes et québécoises. Elle fait valoir qu'il faut combattre les groupes minoritaires qui cherchent à se servir de la Charte canadienne des droits et libertés « pour s'attaquer aux fondements mêmes de nos institutions démocratiques ».

 

« Une mouvance islamiste minoritaire mais agissante »
La députée libérale Fatima Houda-Pépin

Selon la députée, le débat n'est aucunement lié à la liberté religieuse, les musulmans du pays ayant tout le loisir de bâtir leurs mosquées et de gérer leurs écoles musulmanes.

Elle refuse que les efforts d'intégration des musulmans soient « anéantis par une mouvance islamiste minoritaire, mais agissante, qui cherche à imposer son système de valeurs au nom d'une certaine idée de Dieu ».

Dans le monde, a-t-elle expliqué, des femmes sont violées impunément, lapidées si elles ont des relations sexuelles hors mariage, tandis que des voleurs ont les mains et les jambes coupées au nom de la charia. La députée craint aussi que ces tribunaux n'institutionnalisent la polygamie et la répudiation des femmes.

« Les victimes de la charia ont un visage humain, et ce sont les femmes musulmanes, a-t-elle ajouté. Souhaitons que leur voix trouvera une meilleure écoute auprès du Procureur général de l'Ontario, qui doit disposer de ce rapport. »

Selon le dernier recensement, le Canada comptait un peu moins de 600 000 musulmans en 2001, dont 108 000 au Québec.

 

Rappel de la situation au Canada

Depuis 2 ans, les femmes canadiennes de confession ou de filiation musulmanes alertent sur la création en Ontario d'un Institut islamique de justice civil (IIJC), chargé d'arbitrer les litiges familiaux relatifs aux droits des femmes et aux droits successoraux au sein de la communauté musulmane, selon les principes islamiques de la sharia.

Il s'appuie sur la loi canadienne « de l'arbitrage » datant de 1991. Cette loi autorise à régler à l'amiable les litiges de droit familial et successoral, en fonction de pratiques religieuses. Dès lors qu'un «arbitre religieux» tranche un litige, sa décision est finale et lie les parties qui s'adressent au tribunal séculier canadien local pour la faire exécuter.

Immédiatement les associations de femmes musulmanes canadiennes se sont insurgées contre ce désir de les enfermer dans des rapports sociaux de sexe archaïques patriarcaux. Les femmes musulmanes qui subissent l'arbitrage sont pour la plupart récemment immigrées en Ontario, ne maîtrisent pas la langue et ignorent les droits des femmes au Canada.

Une grande campagne nationale et internationale a été lancée à l'initiative de Homa Arjamand, canadienne d'origine iranienne. Regards de femmes a apporté son soutien immédiatement, comme de nombreuses associations de femmes, musulmanes ou non, canadiennes ou d'ailleurs.

Le gouvernement Canadien a demandé un rapport (rapport Boyd) sur les tribunaux religieux en Ontario qui conclut : «aucune preuve ne ressort de l'étude pour suggérer que les femmes souffrent systématiquement de discriminations à la suite d'arbitrage en droit des familles». Alors que le barreau canadien a dénoncé de multiples vices dans les arbitrages, en particulier les décisions discrétionnaires, l'absence d'obligations de sentences arbitrales écrites, le secret de la procédure et de l'issue de l'affaire. Et surtout la non-conformité avec les principes d'égalité hommes/femmes, puisque selon la sharia, la femme n'est pas l'égale de l'homme, elle joue un rôle complémentaire, mais doit être traitée. de manière «équitable».

Vous trouverez sur www.regardsdefemmes.com l'analyse et la réaction après la publication du rapport Boyd, dans la rubrique « Articles » Femmes sous lois musulmanes en Occident.

Le débat entourant le tribunal islamique en Ontario a conduit les Canadiens et Canadiennes à «réfléchir sur les limites du négociable face à l'expression de la diversité religieuse, notamment quand celle-ci vient compromettre les droits des femmes gagnés de haute lutte». Tarek Fatah du Conseil des musulmans du Canada affirme dans « La Gazette des femmes », nov-dec 2004 : «Le Canada doit imiter la France dans l'affaire du voile islamique: dire non à tout traitement différent».

Le Parlement du Québec a refusé, le 26 mai 2005, à l'unanimité, l'usage de tribunaux islamiques en cas de conflit familiaux. C'est une victoire pour toutes les femmes et les hommes qui défendent les droits fondamentaux de la personne humaine.

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17 février 2005

Après la charia en droit familial, le châtiment pour apostasie ?

par David Ouellette
http://www.judeoscope.ca

(Apostasie = abandon de sa religion)

Alors que le Canada et les islamistes du monde entier attendent que le gouvernement ontarien rende sa décision sur l'introduction de cours fondées sur la charia, Syed Mumtaz Ali, l'initiateur de ce projet et le créateur de l'Institut islamique de justice civile, plaide en faveur de la punition des apostats musulmans au Canada dans un article intitulé « The Salman Rushdie Issue: A Synthesis of the Islamic Law of Blasphemy/Apostasy in the Context of Canadian Multiculturalism » [1].

En islam, l'apostat doit traditionnellement choisir entre l'islam et l'épée, rappelle en guise d'introduction Mumtaz Ali. Si l'exécution de la peine de mort n'est pratiquée que dans une poignée de pays [2], la persécution et l'ostracisme des apostats sont généralisés dans le monde arabo-musulman et débordent même de ses frontières.  

Souvent, les accusations d'apostasie et les peines sévères voire capitales qu'elles entraînent sont une manière efficace pour les islamistes de réduire au silence les musulmans modérés et laïques.

Le cas de la fatwa de mort de l'Ayatollah Khomeini sur l'auteur des Versets sataniques, Salman Rushdie, n'est que le plus célèbre (Mumtaz Ali le compare à la condamnation de Madonna par le Pape). Le cas de Nasr Abu Zeid, un professeur de littérature égyptien qui s'était prononcé en 1995 en faveur de certaines réformes de l'islam, l'est moindre. Toujours est-il que, craignant pour sa vie, il dut s'exiler avec son épouse après qu'une cour égyptienne l'eut prononcé apostat et contraint au divorce. En Amérique du Nord, des dizaines de sites web créés par des apostats conservant l'anonymat décrivent les raisons pour lesquelles ils ont quitté l'islam et leur vie clandestine depuis[3].

La persécution des apostats a inspiré au Prince Charles lui-même l'organisation d'une rencontre oecuménique sur la question en décembre dernier à Clarence House. Avec peu de résultats. Les représentants musulmans ont dit en clair au futur gardien de la foi anglicane que le châtiment des apostats ne regarde que les musulmans.

Syed Mumtaz Ali croit lui aussi que la punition des apostats et des blasphémateurs est une affaire de musulmans et considère qu'en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés, le Canada ne peut s'opposer à ce que la communauté musulmane punisse le blasphème et l'apostasie.

Dans l'article cité plus haut, Mumtaz Ali établit que les principes fondamentaux de l'islam sont conformes aux principes du préambule à la Charte qui affirme que le Canada est fondé sur la « suprématie de Dieu » et la « primauté du droit ».

« En raison de la reconnaissance de la 'suprématie de Dieu' », écrit-il, « la loi islamique, qui puise son origine dans la source divine du législateur suprême, mérite d'être reconnue comme un code en fonction duquel les musulmans ont le droit constitutionnel légitime de vivre et devrait être reconnue en vertu de l'article 2 (a) » sur la liberté de conscience et de religion.

Mumtaz Ali cite aussi à l'appui l'article 27 de la Charte établissant que « Toute interprétation de la présente charte doit concorder avec l'objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens ».

Voyant donc dans le préambule de Charte (suprématie de Dieu) une consubstantialité avec le droit islamique de source divine et interprétant l'article 27 comme un droit absolu à la protection de toute pratique culturelle, Mumtaz Ali conclut qu'il serait discriminatoire envers les musulmans de ne pas les laisser punir l'apostasie et le blasphème, bien qu'il concède qu'en terre non islamique les musulmans ne réclament pas la peine capitale.

Les expédients de Mumtaz Ali ont certes de quoi faire sourire. Faut-il rappeler que son projet d'introduction de cours fondées sur la Charia avait lui aussi fait sourire il y a quelques années ? Or depuis, Marion Boyd a recommandé au gouvernement de cette province d'entériner le projet de Mumtaz Ali. Cet avocat n'a jamais caché que l'enjeu des cours d'arbitrage islamiques n'était pas de se prévaloir des mêmes droits accordés à d'autres fois &endash; dont le judaïsme &endash; mais de revendiquer au nom des musulmans le droit de vivre sous un régime de lois islamiques gouvernant tous les aspects de leur vie. Les cours islamiques d'Ontario, si elles finissent par voir le jour, ne seraient que la pierre de touche de l'édifice juridique islamique que souhaitent construire les islamistes au Canada.

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[1] « The Salman Rushdie Issue: A Synthesis of the Islamic Law of Blasphemy/Apostasy in the Context of Canadian Multiculturalism » by Syed Mumtaz Ali, http://muslim-canada.org/apostasy.htm

[2] Îles Comores, Iran, Mauritanie, Pakistan, Arabie Saoudite, Soudan et Yemen.

[3] Notamment : http://www.apostatesofislam.com, http://www.secularislam.org/ de Ibn Warraq, auteur de « Why I am not a Muslim »

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Le 28 décembre 2004

Les islamistes sont déjà là

David Ouellette
Judeoscope.ca

Dans le flot d'encre qui s'est déversé sur les recommandations de Marion Boyd en faveur de l'introduction de cours d'arbitrage islamiques en Ontario, les médias ont soigneusement évité, tel un écueil, le terme pourtant central à cette affaire, l'islamisme.

Néanmoins, c'est à grands renforts d'« ismes » que les commentateurs québécois ont formulé des critiques acerbes à l'endroit du rapport de l'ancienne procureure générale d'Ontario : on lui a reproché son paternalisme envers les musulmanes, rappelé les victoires du féminisme en droit familial et décrié ce multiculturalisme canadien qui championne les droits collectifs au détriment des droits individuels. Tout cela est fort bien et juste. Reste que l'« isme » qui sert de locomotive à la conquête de la sphère publique par un islam rigoriste a été passé sous silence.

Tout se passe au Canada--et dans une plus forte mesure au Québec--comme si nous étions les meilleurs élèves de George W. Bush, qui, au lendemain des attentats du 11 septembre, appela ses concitoyens à ne pas amalgamer islamisme et islam. Le milieu politico-médiatique québécois semble avoir si bien retenu la leçon que l'islamisme lui est devenu étranger. Les visites de Tariq Ramadan au Québec suscitent moins d'émoi qu'une conférence d'un ambassadeur américain ou d'un ex-premier ministre israélien. On laisse sceptiquement entendre que ses détracteurs le qualifient d'islamiste alors qu'en Europe plus aucun média ou intellectuel sérieux n'entretient le moindre doute sur le projet politique du petit-fils du fondateur des Frères Musulmans. L'alliance entre islamistes et extrême-gauche « altermondialiste » qui inquiète tant l'Europe et dont les contours se définissent un peu plus après chaque visite du téléprédicateur islamique au Québec n'est même pas enregistrée par nos médias. Les grandes préoccupations sociétales de l'Occident nous laissent de glace.

C'est ainsi que par largesse d'esprit, caractéristique aussi chère aux Québécois qu'aux Canadiens, nous avons autorisé le port du hidjab, le voile islamique, dans nos établissements scolaires, cautionnant ainsi la ségrégation des sexes qui est toujours la première prescription imposée par les islamistes. Tout l'édifice de l'islam politique repose sur l'apartheid des sexes, la domination des hommes sur les femmes et la réduction de fillettes âgées de 12 ans à des objets sexuels sur le « marché du mariage ». Comme le décrit si bien l'essayiste Chahdortt Djavann, « Voiler les femmes, c'est diffuser la vision du monde islamiste, une vision du monde, de la société, de l'homme et de la femme que le voile islamique résume et que les femmes portent sur la tête ». Si l'on croit que l'islamisme a mis le pied dans la porte avec le rapport de Marion Boyd, qu'on se détrompe : notre libéralisme qui a perversement transformé en droit une contrainte imposée par la violence avait déjà ouvert en 1995 les portes à l'islam politique.

Et l'islam politique s'est empressé de franchir le seuil. Le chapitre canadien du Council on American-Islamic Relations (CAIR), fer de lance de l'islamisme en Amérique de Nord, réclame désormais que les écoles privées du Québec amendent leur code vestimentaire de manière à autoriser le port du voile. À l'Université de Montréal, des activistes font pression sur la direction de l'établissement, à grand renfort de chantage à l'islamophobie (néologisme iranien pour justifier la fatwa de mort contre Salman Rushdie), pour que celle-ci leur reconnaisse ce qu'elle n'a jamais reconnu aux fidèles d'autres religions : une salle de prière. Or si dans leur infinie complaisance politiquement correcte certains esprits trouvent la demande anodine, peut-être doit-on souligner que dans sa plus simple expression, de Kabul à Montréal, l'islamisme consiste à défier l'ordre social établi et à faire prendre racine à l'islam dans la sphère publique. Dans les pays islamiques, les islamistes prêchent la « ré-islamisation », en Occident, tout simplement l'« islamisation ». 

Pour le mouvement Jeunes musulmans du Canada (JMC), par exemple, une organisation dédiée au « renouveau spirituel de la jeunesse musulmane » la ré-islamisation du monde musulman commence en Occident. La djâhiliya de l'Occident, c'est-à-dire l'obscur âge préislamique où les hommes vivent dans l'ignorance d'Allah, serait l'obstacle principal à la ré-islamisation des terres d'Islam. Pour mettre un terme à l'influence « anti-islamique » de l'Amérique et de l'Europe sur les dirigeants arabes et musulmans, il importe de faire un travail de Dawah, de prosélytisme, dans tous les secteurs de la société occidentale pour exporter en Orient un islam rigoriste. Dans un rare moment de candeur, le président du CAIR, Omar M. Ahmad, a même déclaré à un journaliste que « l'islam n'est pas en Amérique pour être l'égal de toute autre foi, mais pour devenir dominant. Le Coran devrait être la plus haute autorité en Amérique, et l'islam la seule religion acceptée sur toute la Terre ».

L'islamisation, ou la ré-islamisation, s'accomplit sur fond de violence et d'intimidation. Une des formes élémentaires d'intimidation utilisée par les islamistes est de définir qui est un bon musulman et qui ne l'est pas. Une institution telle que la cour d'arbitrage revendiquée par l'Institut islamique de justice civile (IIJC) renforcerait ce pouvoir d'intimidation. En fait, l'intimidation a déjà commencé. Le fondateur de l'IIJC, l'avocat Syed Ali Mumtaz, déclarait dès 1995 : « Voulez-vous vous gouverner selon la loi personnelle de votre religion ou préférez-vous la gouvernance du droit familial séculier canadien ? Si vous choisissez ce dernier, vous ne pouvez pas prétendre que vous croyez en l'islam comme religion ». Autrement dit, qui ne se soumettrait pas aux cours d'arbitrage islamiques sous la férule de l'IIJC se rendrait coupable d'apostasie, un crime punissable de mort en islam.

Syed Mumtaz, qui est aussi un essayiste prolifique, estime que le musulman n'a qu'une seule nationalité, la nationalité islamique. Position partagée par les islamistes du monde entier, eux qui rêvent de reconstituer la mythique oummah, ou communauté des croyants, de la vie du prophète pour restaurer la gloire perdue de l'islam. Notons que ce sont des groupes tels que le Council on American-Islamic Relations, le Congrès islamique du Canada ou le Conseil musulman de Montréal qui font du lobbying en faveur de cours islamiques et non pas, par exemple, la Fédération arabo-canadienne, Espace Maroc-Canada ou le Centre culturel algérien de Montréal. La raison est simple. La grande majorité des musulmans au Québec ne se définissent pas en première ligne comme tels. C'est pourquoi ils se regroupent en structures associatives ethno-culturelles et que parler de « la » communauté musulmane a autant de sens que parler de « la » communauté chrétienne. Lorsque nos médias décrivent, par exemple une Marocaine comme une « musulmane d'origine marocaine », ils accordent une importance prépondérante à sa foi. En somme, ils emploient le langage des islamistes, qui, pour atteindre l'unité politique « salvatrice » des musulmans, s'efforcent d'effacer les divisions ethno-culturelles entre musulmans. Le passage de « maghrébins » à « musulmans de France » dans le discours public auquel on assiste depuis quelques années en France pour y décrire la population immigrée souligne à quel point la terminologie islamiste a gagné du terrain.

Le rapport de Marion Boyd a été rendu nécessaire par le défi lancé par les islamistes à la société laïcisée du Canada. Le feu vert qu'il donne à la création de cours islamiques doit certes nous alarmer en raison de la menace qu'il représente pour le traitement équitable des femmes immigrées qui seront soumises à une pression sociale accrue et déjà formidable. Au-delà de cet aspect, il doit nous inquiéter parce que désormais les islamistes n'ont plus le pied dans la porte. Nous la leur tenons grand ouverte, ils sont déjà là, pour paraphraser l'enquête de Christophe Deloire et de Christophe Dubois sur la progression de l'islamisme en France, mais nous refusons de les voir. Et pourtant, au Canada, la bannière islamiste est déjà hissée à mi-mât.

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Note des Amitiés Québec-Israël : dans un communiqué daté du 13 décembre 2004, le ministre de la Justice et Procureur général du Québec, Jacques P. Dupuis, déclare : « il n'est pas question de modifier le Code civil du Québec ou toute autre loi afin de permettre l'arbitrage religieux en droit de famille. L'instauration d'une instance d'arbitrage et de médiation qui rendrait des décisions en matière familiale, en vertu de la charia, n'est pas permise par la législation québécoise. »

« Le principe d'égalité devant la loi fait partie des principes et des valeurs fondamentales du Québec. Le Code civil s'applique à tous les résidents du Québec quelle que soit leur appartenance religieuse et aucun système d'arbitrage ne sera toléré dans les matières qui concernent la famille et l'ordre public », a précisé le ministre Dupuis.

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