L'ISLAMISATION DE LA FRANCE

 Il s'agit d'un problème important auquel nous devrons faire face ici même au Québec. Hélas !

Ce qui se passe actuellement en France va se produire partout ailleurs en occident, ce qui laisse entrevoir pour notre civilisation occidentale, y compris Israël, de graves dangers.

L'islam n'émigre pas dans un pays pour s'intégrer aux valeurs du pays d'accueil. Il immigre pour remplacer la population autochtone du pays. C'est là, toute la différence de son immigration avec toutes les autres immigrations.

Les français commencent à s'en apercevoir. Espérons pour eux que ce réveil sera salutaire, avant qu'il ne soit trop tard !

12 Octobre 2005

Un rapport révèle la «pression islamiste» dans des entreprises françaises

L'Orient-Le Jour, Beyrouth

Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/

Un rapport réalisé pour plusieurs entreprises françaises révèle la « pression islamiste » qui s'exerce dans certaines entreprises de la grande distribution et de la sécurité, notamment par le biais d'un «prosélytisme militant et contestataire».

Ce rapport cite en exemple la découverte de «dizaines de salles de prières clandestines à EuroDisney», près de Paris, ou le cas du président d'une société de fret à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, employant 3 000 personnes, qui s'est plaint, en 2002 auprès de la police, de «l'implantation d'un petit groupe de confession musulmane décidé à imposer son mode de travail sous la menace de grèves à répétition».

Il a été écrit par Éric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), à partir d'entretiens avec des policiers, des cadres d'entreprises et des élus locaux, et d'enquêtes sur le terrain. Le texte d'une trentaine de pages, daté de septembre, constitue une «version révisée» d'une étude de 2004 sur la montée de l'islamisme dans la société française, réalisée pour le compte d'entreprises de la grande distribution et du transport de colis - dont les noms n'ont pas été révélés - afin de déterminer les «impacts possibles» sur leurs activités.

Selon ce rapport, la stratégie de la «poussée islamiste» dans les entreprises passe par trois étapes : le prosélytisme religieux, la prise de contrôle de la communauté musulmane dans l'entreprise et la remise en question de ses règles de fonctionnement pour imposer les valeurs islamiques. «Les exemples sont nombreux, même si encore peu d'entreprises acceptent de les évoquer ouvertement», souligne le texte. Il relève que la grande distribution apparaît comme la plus concernée. «De nombreux hypermarchés observent que les employés les plus engagés dans le prosélytisme islamique cherchent systématiquement» à occuper les postes de standardiste, de chauffeur-livreur, de coursier, de caissière ou de sécurité, «qui permettent des échanges d'informations, d'argent et de marchandises».

Par ailleurs, les employées de confession musulmane des grandes surfaces constituent «la nouvelle cible des islamistes», écrit Éric Denécé. Il cite plusieurs cas, dont celui d'un hypermarché de la région parisienne où deux caissières qui refusaient de porter le voile sont désormais «considérées comme étant séquestrées par leur famille», aucun contact n'ayant pu être établi avec elles après leur départ normal, un soir, du magasin.

«Cette montée en puissance de l'islamisme radical» représente «une nouvelle menace» pour l'entreprise «qui doit être assimilée à un risque sectaire davantage que contestataire», assure le rapport. Il propose donc de «traiter ce risque de la même manière que les risques représentés par l'Église de la scientologie ou les autres sectes».

Par ailleurs, le rapport observe «la multiplication de pratiques criminelles» : vols dans les stocks, cambriolages dans l'entreprise, de ses fournisseurs ou des transporteurs de fonds grâce à des informations provenant de l'intérieur de la société ou d'entreprises sous-traitantes, détournements de fonds sur des sommes en liquide à la caisse, détournement et falsification de chèques. «Ces pratiques ont deux finalités, la délinquance utilisant l'islam comme prétexte et le financement local du terrorisme», ajoute le rapport.

L'islam est la deuxième religion de France, un pays de 62 millions d'habitants qui compterait de 4 à 5 millions de musulmans, une estimation en l'absence de recensement officiel sur l'appartenance religieuse.

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14 octobre 2005

Quand les livres scolaires «expliquent» le terrorisme

Cécilia Gabizon

Éducation en France - Les auteurs de Élèves sous influence démontrent que les manuels d'histoire présentent un monde sous domination américaine et réduisent le djihad islamique à une contestation de l'Oncle Sam.

Que met-on dans la tête de nos enfants ? La lecture assidue des manuels d'histoire du secondaire laisse perplexe. Le terrorisme, au programme de terminale depuis 2002, se présente comme une forme aiguë d'antiaméricanisme. Rien ou presque n'est dit sur le projet fondamentaliste, ni sur les États théocratiques musulmans. Les attentats du 11 septembre ne sont qu'une contestation de l'hégémonie américaine, tandis que le fanatisme religieux n'est pas évoqué. Les attentats kamikazes des Palestiniens figurent au chapitre Moyen-Orient de préférence aux pages consacrées au terrorisme. Voilà ce qu'il ressort d'une analyse roborative des manuels scolaires intitulée Élèves sous influence (1).

Dans cet ouvrage de 350 pages transparaît une acceptation du recours à la violence, présentée dans les manuels scolaires comme une «forme de résistance». Presque tous suggèrent ce que l'éditeur de livres scolaires Magnard écrit noir sur blanc : le terrorisme «est l'arme des faibles, qui dans l'incapacité d'attaquer frontalement une grande puissance, cherchent à la déstabiliser en s'en prenant à des cibles symboliques».

 

Refus de la mondialisation à l'américaine

Plus qu'un dogmatisme, explique Barbara Lefebvre, enseignante d'histoire géographie dans les Hauts-de-Seine et coauteur de l'ouvrage, la vision de l'histoire récente présentée par les manuels reflète une «une mollesse idéologique débouchant sur la dénonciation d'un seul coupable aux yeux de la planète» : l'Amérique. L'altermondialisme devient une forme de lutte, avec des héros comme José Bové. Les djihadistes sont des «protestataires» qui, selon le manuel d'histoire Bordas à destination des terminales, trouvent une audience accrue «dans le contexte d'opposition à Israël et aux États-Unis». L'islamisme séduit aussi par son refus de «la prépondérance occidentale et la mondialisation du modèle américain», insiste ce manuel. Quant aux livres d'histoire de Nathan et Belin, ils écrivent : «La présence de troupes occidentales dans la région du Golfe accroît le sentiment d'humiliation de l'opinion arabe.» Un autre qualifie le régime des talibans «d'ordre moral islamiste très rigoureux»...

Les professeurs ne sont pas tenus de suivre précisément les manuels. Mais sur ces sujets, le livre de classe fait souvent référence. Par ailleurs, «la plupart des élèves ne font pas d'effort pour s'informer et c'est à l'école qu'ils reçoivent une explication raisonnée du monde», assure Barbara Lefebvre.

(1) Élèves sous influence, Barbara Lefebvre et Eve Bonnivard (Éditions Audibert).

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29 Juillet 2005

Valeurs Actuelles
n° 3583

France
L'islam enseigné aux enfants

Fabrice Madouas

Des livres pour enfants, vendus en France, n'ont d'autre but que de les préparer au djihad.

Extraits

La Voie du petit musulman (traduit en français par Badr Belamine, dessins de Yahia Abdou) n'est pas un livre d'histoire, mais une collection d'ouvrages pour enfants, numérotés de 1 à 6, dont l'ambition est de présenter «d'une manière pédagogique, complète et progressive, la connaissance de base de l'islam que doit acquérir l'enfant dans les domaines de la foi, la pratique de l'islam, la morale et la vie du Prophète», précise la quatrième de couverture. Une sorte de «catéchisme islamique», en somme.

Deux éditeurs se sont unis pour publier l'ensemble de cette série : Safir et Essalam, maison créée en 1983 «pour développer le savoir humain (…) et, surtout, servir et contribuer à la promotion de la culture arabo-musulmane», lit-on sur son site Internet. «Son objectif ultime est de participer à la création d'une véritable harmonie entre les différentes cultures du monde», qui garantisse la «coexistence pacifique entre les peuples». Mais à lire la Voie du petit musulman, on se prend à douter que les mots aient le même sens des deux côtés de la Méditerranée.

Qu'il y soit question des rites que doivent accomplir les croyants, rien de plus convenu. Mais l'importance accordée par la Voie du petit musulman (tome 5) aux combats menés par Mahomet pour triompher des mécréants ne manque pas d'étonner: la grande bataille de Badr, celle d'Ohod, celle des Factions, la conquête de La Mecque, la bataille d'Hounaïne, celle de Mu'ta, celle de Tabouk.

Tous ces récits, abondamment illustrés de combats, dessinent un islam conquérant, très éloigné de l'image qu'on en donne souvent. Un chapitre est intitulé «Le musulman est un combattant». On y découvre que «le combat est une obligation pour tout musulman. Le combattant s'emploie à défendre la Religion de Dieu; s'il tombe martyr, il obtient le Paradis. Dieu nous ordonne de nous préparer au combat et de nous y tenir prêts en permanence».

Les jeunes lecteurs apprennent également que «la force aide le musulman à servir Dieu. Dieu a ordonné aux musulmans de se doter d'une armée forte qui les protège et qui fait peur aux ennemis. (…) La force consiste aussi, pour le musulman, à maîtriser le maniement des armes; le Prophète nous y a incités dans le récit suivant: 'Dotez-vous contre eux du maximum de force que vous pouvez. Sachez que la force est dans le tir'» (cette dernière phrase est répétée trois fois). Ces propos guerriers sont heureusement compensés par l'affirmation que le musulman est indulgent…

La lecture du tome 6 de la Voie, destiné aux adolescents, n'est pas plus rassurante. Page 47: «Dieu a garanti au combattant pour sa cause le Paradis s'il meurt et une belle récompense et un butin s'il reste vivant. Le combattant doit utiliser tous les moyens dont il dispose et se préparer sérieusement au combat même si son matériel de guerre est assez léger. (…) Dieu dit: «Préparez, pour lutter contre eux, toute la force dont vous disposez» (Coran Trad. 8/60)». Page 49: «Le combattant musulman s'efforce de porter des coups et de tuer l'ennemi avant d'être tué. Dieu dit dans le Coran: «… ils tuent et ils sont tués» (Coran Trad. 9/111).» Suit le récit de l'hommage rendu par Mahomet à l'un de ses valeureux fidèles mort au combat: «Le Prophète s'approcha de son corps et dit: «Il tue sept ennemis avant d'être tué, il est mien et je suis sien, il est mien et je suis sien!» Puis il prit son corps entre ses mains, lui fit creuser une tombe et l'y posa affectueusement.»

Le mérite de la mort en martyr pour la cause de Dieu

À l'âge adulte, le lecteur de ces ouvrages pourra entamer la Voie du musulman, d'Aboubaker Djaber Eldjazaïri, et notamment le livre 5 sur les rapports sociaux, qui s'ouvre par un chapitre sur… le djihad («la guerre sainte»): « e mérite du djihad et de la mort en martyr pour la Cause de Dieu est exprimé en termes nets dans les annonces véridiques divines et dans les hadiths authentiques du Prophète (S. B. sur lui) qui font du djihad l'œuvre la plus méritoire et l'acte de dévotion le plus distingué.»

Tous les livres sur l'islam ne sont pas de la même eau, évidemment. Mais on peut se procurer la Voie du petit musulman sans aucune difficulté, en France. Dans des librairies musulmanes (présentes, pour certaines, au congrès de l'UOIF où nos exemplaires ont été achetés) ou sur Internet &endash; y compris sur le site de la Fnac...

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Le 23/12/2004

Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/

Les otages de la diplomatie française

Jean-Charles Chebat
Professeur titulaire, HEC-Montréal
http://www.lalibre.be

 

Les masques tombent après l'enlèvement et la libération de Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Derrière la victoire de la diplomatie française, quelles compromissions?

 

L'enlèvement des deux journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot a servi de puissant révélateur. Il a d'abord révélé l'ampleur et la profondeur des liens que le gouvernement français entretient avec le monde arabe, non seulement ses gouvernements les plus réactionnaires, mais ses groupes terroristes. En effet, pour sauver les deux journalistes, le gouvernement français a fait jouer tout son réseau, y compris des groupes terroristes les plus abjects, dont le Hezbollah, les Frères Musulmans et même le Hamas, qui, dans la même semaine des enlèvements, venait de perpétrer un double attentat contre des civils israéliens. Peut-on reprocher à ce gouvernement d'aller jusqu'en enfer pour sauver ses citoyens? Certes pas mais si c'est acceptable, alors quelques conséquences doivent être tirées.

Première révélation: si la France a de telles relations, pourquoi donc ne les a-t-elle pas utilisées pour sauver le journaliste Enzo Baldoni, ressortissant d'un pays ami, l'Italie, avec lequel la France a construit l'Europe moderne. Pourquoi ne les a-t-elle pas utilisées pour sauver les enfants d'Ossétie du Nord otages des terroristes islamistes tchétchènes? Pourquoi, d'une façon générale, n'utilise-t-elle pas son influence et son ascendant moral pour suggérer à ses relations terroristes de cesser leurs actions répugnantes?

La réponse est claire: ces relations doivent servir ses intérêts et ses intérêts seulement. La France cultive ses amitiés arabes tous azimuts, jusque dans les bas-fonds de ces sociétés, pour préserver ses actifs pétroliers. L'angoisse d'avoir à revivre la crise du pétrole de 1973 étreint les gouvernements français. Si le gouvernement français s'est opposé à l'intervention militaire en Irak, après en avoir voté le principe au Conseil de sécurité de l'Onu, c'est qu'il fallait sauver les contrats entre l'Irak de Saddam Hussein et Elf-Total-Fina.

Deuxième révélation: les foules arabes peuvent être mobilisées pour une bonne cause, celle de sauver la vie de deux êtres humains, guidées, dit-on, par les grands principes humanitaires. Ici aussi se pose une question embarrassante: pourquoi donc ces foules ne se mobilisent-elles pas pour dénoncer les attentats des groupes terroristes? Elles ont eu, hélas, de trop nombreuses occasions de le faire pour dénoncer les atrocités commises en Russie, en Tchétchénie, en Israël, en Espagne, à Bali, et à New York le 11 septembre 2001. Or, si ces foules manifestent quelque émotion après ces attentats, c'est leur joie. On vient de voir les enfants palestiniens gavés de friandises par les agents du Hamas, les amis de ce gouvernement français, fêtant avec des feux d'artifice la grande victoire des deux autobus israéliens, dans lesquels d'autres enfants avaient pris place pour se rendre à l'école. On se souvient aussi des réjouissances à travers le monde arabe après les attentats de New York. Cela n'empêche pas Tariq Ramadan d'affirmer qu'au nom de l'islam, tous les musulmans devraient manifester contre les attentats et kidnappings. On s'attend bien à ce qu'ils le fassent, même lorsqu'il s'agit de victimes autres que françaises.

Troisième révélation: le conseil des oulémas sunnites a émis son avis négatif sur l'enlèvement des journalistes français. Cela mérite d'être souligné car leur silence était effroyablement pesant après chaque attentat commis au nom de l'islam. Ces oulémas pensent que ce double enlèvement contrevient aux lois de leur religion. Faut-il donc comprendre que les autres attentats, ceux auxquels ils n'ont jamais réagi, n'y contrevenaient pas? Faut-il comprendre aussi que lorsqu'il ne s'agit pas de leurs amis français, ces terroristes islamistes peuvent trouver une justification théologique à leurs abominations? Sont-ce là les amis et alliés, la France, que nous avions crue porteuse des valeurs universelles de fraternité et de logique?

Quatrième révélation: elle a trait précisément à la «logique» implicite de ce gouvernement français. Michel Barnier, l'actuel ministre des Affaires étrangères du gouvernement français, a fait en effet appel à la logique des ravisseurs pour les prier de relâcher leurs otages. Oui, leur logique! Les mots «logique» et «raison» reviennent de façon lancinante dans son entrevue à la chaîne du Qatar al Jazeera. Si la situation n'était pas tragique, on pourrait en rire. Car où était la «logique» des terroristes islamistes qui ont assassiné des ingénieurs français au Pakistan? Où était la logique des terroristes islamistes qui ont attaqué le pétrolier français Limbourg? Où était la logique des terroristes islamistes qui ont commis les attentats à répétition en France dans les années 90, dont celui de la rue de Rennes?

La logique se réduit ici à ceci: ce que M. Barnier sous-entend par logique et raison est aussi simple que cynique : ne maltraitez pas les otages français, nous sommes vos alliés. Inversement, dans cette «logique», on comprend mieux la totale indifférence de ce gouvernement français face à des victimes qui proviendraient de pays qui ne seraient pas des amis des Arabes. Les grands principes auxquels se réfère ce gouvernement pour justifier sa politique étrangère sont de la poudre aux yeux. La France défend ses intérêts, avec tous ses moyens, même les moins avouables, même avec les alliés les plus abjects. Le maquillage idéologique fait partie des armes de commercialisation de sa politique.

Mais nombreux sont ceux qui ne s'y trompent plus. Les admirateurs italiens de Chirac qui le portaient aux nues pour ses positions contre la guerre d'Irak sont tombés de haut. Ils se demandent de bonne foi: à quoi donc a bien pu servir toute cette compromission de ce gouvernement avec les gouvernements et terroristes arabes si, finalement, les Français sont traités comme les Italiens? Ces Italiens ont compris que la compromission servile ne paie pas. Je renonce à espérer que ce sera jamais le cas de ce gouvernement chiraquien.

Cette affaire permet de comprendre pourquoi en août 2003 le gouvernement chiraquien avait si activement protégé le Hamas et ses dirigeants, en empêchant que ceux-ci soient nommément inclus dans la liste des organisations terroristes [Le Hamas a été intégré à la liste des organisations terroristes de l'Union européenne peu après - NDCID]. De même, une grande victoire de la diplomatie française a consisté à empêcher que le Hezbollah soit inclus dans cette liste. Le gouvernement de Jacques Chirac a ainsi accumulé des bons points, que maintenant il peut échanger contre les faveurs de ces organisations répugnantes.

Cela n'empêchera sans doute pas ce gouvernement de continuer à jouer les donneurs de leçons de bonne conduite morale. Dans ce jeu de totale compromission, ce ne sont pas seulement les deux journalistes qui furent tenus en otage, c'est toute la politique étrangère française. La prochaine fois que nous entendrons Barnier, de Villepin ou les porte-parole de la politique étrangère de ce gouvernement, nous saurons à qui ils s'adressent vraiment et à qui ils veulent plaire. Ces enlèvements auront au moins servi à faire tomber les masques.

La Libre Belgique 2004

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Le 15 juin 2004

Victoire de la liste Euro-Israël

Jusqu'au soir des résultats définitifs des élections, on redoutait et s'attendait à une augmentation du nombre de députés européens -« ennemis » d'Israël - qui influeraient sur le parlement de l'Europe afin d'obtenir encore plus de sanctions et de condamnations à l'encontre de ce petit pays. Après le dépouillement des bulletins français, l'optimisme est de rigueur et justifié. L'examen des scores de certaines listes, parties prenantes dans l'orientation anti-israélienne du continent, peuvent nous réjouir particulièrement.

Il en est ainsi de la liste conjointe LCR-LO, menée par Olivier Besancenot et Arlette Laguiller, qui ne recueille pas les 5 % nécessaire à toute députation et verra les cinq élus de 1999 sortir de l'enceinte de Strasbourg. Exit donc ces groupuscules qui peinent tant à dénoncer l'antisémitisme ambiant et condamnent toute idée d'état-nation ceinturé de « frontières sûres et reconnues ».

De même pour la liste du PCF, qui en 1999 recueillit sous la conduite de Robert Hue 6 sièges, et n'obtient plus aujourd'hui que 2 élus. Il manquera donc 4 députés à ce parti pour poursuivre la lourde tâche de perpétuer et développer, au sein de l'assemblée parlementaire, le soutien inconditionnel au Raïs Arafat que de plus en plus de gouvernements à travers la planète - excepté celui de Jacques Chirac - considèrent comme obstacle à toute paix. Francis Wurtz, que l'on ne présente plus, sera l'un des deux rescapés en charge de cette besogne.

Pour ce qui est des Verts - dont les témoignages de leur antisionisme radical et de leurs objections à « marcher contre l'antisémitisme » d'origine arabo-musulmane ne sont plus à prouver - ils perdent trois élus sur neuf, dont la palestinophile acharnée Alima Boumediene-Thierry, mais gardent Alain Lipietz qui nous sembler imputer -un moment- aux soldats Israéliens le viol de petits garçons « Palestiniens ».

Quant à la liste Euro-Palestine qui recueille 1,83% des suffrages exprimés (soit 50 063 voix), elle n'enverra pas Mr M'Bala M'Bala ni Mme Zemour se battre au sein du parlement européen pour obtenir « la libération des territoires occupés illégalement en juin 1967 » et/ou « des sanctions commerciales, culturelles et sportives contre Israël » et/ou « l'envoi d'une force de protection de la population palestinienne » et/ou « le refus des gouvernements européens de participer aux sales guerres de l'administration américaine ».

Si par péché de gourmandise on additionnait les pertes en siéges de toutes ces listes répugnantes, cela octroierait de facto à une liste fictive dénommée Euro-Israël un total de 12 sièges. Si de surcroît, on y ajoute l'élu UMP Patrick Gaubert, Président de la Licra et fervent défenseur de la seule démocratie proche-orientale, il devient possible de claironner une victoire des valeurs démocratiques en France et un optimisme prudent quant aux futures relations diplomatiques UE-Israël.

Pour conclure et parfaire l'examen de ces résultats, on peut - au niveau européen- également attester d'un vote sanction à l'encontre de ce « camp de la paix » dont les médias aux « ordres » ne nous diront jamais assez combien sa politique est erronée. Ainsi le Chancelier Allemand et le Président Français ont subi un tel revers électoral que le « camp de la guerre » pourrait à juste titre se demander s'ils existent encore sur le plan international.

Bref ! Les amis d'Israël on passé, somme toute, dimanche soir une assez bonne soirée.

 

Victor Perez
France

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Le 4 juin 2004

Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/

La nouvelle insulte

Yvan Rioufol

Américanophile : la nouvelle insulte. À l'occasion du soixantième anniversaire du Débarquement, les sycophantes se bousculent pour rappeler que les Américains auront traîné des pieds avant d'entrer en guerre contre le nazisme, qu'ils auront limité leurs pertes, violé des Françaises, bombardé des villes à l'aveuglette, méprisé le pays au point d'avoir voulu l'assimiler à l'Allemagne hitlérienne en prévoyant son administration par une force d'occupation (l'Amgot). «Nous sommes tous Irakiens», suggère le pilonnage médiatique, qui veut voir l'oppresseur derrière le libérateur. «US go home!» scandaient semblablement les communistes dans l'après-guerre.

Aussi faut-il plaider coupable: oui, je suis américanophile. Plus que jamais, depuis que George Bush et ses alliés se sont mis dans le pétrin irakien. Les États-Unis sont arrogants, égoïstes, brutaux ; soit. Mais je persiste et je signe, pour trois raisons : parce qu'ils ont entrepris de résister à l'expansionnisme coranique ; parce que les démocraties sont menacées par ce totalitarisme qu'elles regardent avec complaisance ; parce que l'Europe antiguerre et accommodante risque de s'offrir, demain, à l'ordre islamique.

Les «nazislamistes» ont prévenu : «Nous vaincrons parce que nous aimons la mort, autant que vous aimez la vie.» Pas une semaine sans qu'ils ne le démontrent, en lançant au nom d'Allah des bombes humaines parmi des civils, en tranchant des gorges - neuf otages ainsi exécutés samedi par al-Qaida en Arabie - en mutilant des corps, en exhibant des cadavres, sans émouvoir les défenseurs des droits de l'homme. Cela fait plus de trente ans que les fondamentalistes annoncent vouloir réislamiser les musulmans, chasser les mécréants, conquérir de nouvelles terres. Ils font ce qu'ils disent ; il suffit de les écouter.

L'idéologie islamiste, comparable au nazisme par bien des aspects (culte de l'homme supérieur, asservissement au dogme, haine du juif), peut gagner la troisième guerre mondiale, déclarée le 11 septembre 2001. L'Occident est prêt, en effet, à s'amender de fautes qu'il n'a pas commises. Quitte à renier ses racines chrétiennes. C'est parce que le monde arabo-musulman n'a pas voulu s'ouvrir à la modernité de la science, de la démocratie et du capitalisme qu'il s'est fait distancer au fil des siècles. L'Occident n'est pour rien dans sa régression, qui alimente chez les fanatiques des discours d'humiliés, puisant dans le Coran les raisons de faire la guerre.

Il est trop simple d'estimer, comme l'écrit par exemple Michel Rocard dans Le Figaro, que les États-Unis sont «en train de mettre à feu et à sang à la fois l'Irak et le Proche-Orient». Ce type de raisonnement peut laisser comprendre que les islamistes auraient une légitimité à se défendre contre une agression infondée ; ce qui est une autre façon d'excuser la montée en puissance d'un totalitarisme en marche.

Non, c'est le nihilisme terroriste qui met l'Irak et le Proche-Orient à feu et à sang et qui veut le désordre dans le monde. Les États-Unis ont choisi de le combattre par la force, nécessairement maladroite, odieuse, injuste. Elle n'est pas suffisante, c'est entendu. Mais fallait-il répondre, jadis, par le pacifisme et la collaboration à la menace «nationale-socialiste» allemande ?

Vrai danger

Cessera-t-on de se tromper d'ennemi, au prétexte de s'affirmer face aux États-Unis ? Il est faux de marteler - ce sera encore le cas aujourd'hui à Rome et demain à Paris lors de manifestations organisées contre la présence de George Bush - que le président américain est une menace pour la paix et la sécurité du monde. Bush mérite d'être critiqué pour ses erreurs en Irak. Mais faire de lui et de ses alliés «l'axe du mal» ne peut être interprété, notamment dans des cités françaises qui auront applaudi au 11 septembre, que comme un encouragement à l'islamisme et à ses mépris pour les juifs et les chrétiens, citoyens de seconde zone («dhimmis») pour le Coran.

Alors que l'Europe fait partie des cibles désignées par ce totalitarisme, il est effarant de la voir se désintéresser de son adversaire, en affaiblissant le camp des démocraties par ses intransigeantes attaques anti-Bush. Ajoutons, d'ailleurs, qu'il fut pareillement effarant de voir en 1999 les États-Unis se tromper d'adversaires, en prêtant main-forte à l'islamisation du Kosovo chrétien, sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, mais avec la bénédiction de la France et des médias moutonniers, proaméricains pour l'occasion.

Le répéter : le danger islamiste est réel, y compris en Europe et singulièrement en France, qui compte la plus forte communauté musulmane. Le dire n'est pas faire offense à la majorité des musulmans éclairés, qui sont les premières cibles de cette volonté de réislamisation de l'Oumma (la communauté musulmane). Le Mrap l'aurait-il enfin admis ? Il semble avoir renoncé à utiliser abusivement le terme «islamophobie» en admettant que «la critique de l'islam n'est ni un racisme antiarabe, ni un racisme antimusulman». Bonne nouvelle.

Dernièrement, un rapport commandé par l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI) a révélé comment des associations subventionnées pour pacifier des quartiers et leur éviter l'enfermement et de communautarisme s'employaient, en fait, à les islamiser. Au point de faire craindre, selon le ministère de l'Intérieur, des «lendemains douloureux». Soyons plus clair : il est impossible d'écarter, pour le futur, l'hypothèse d'une rébellion d'une partie de la communauté maghrébine de France, qui a déjà importé l'intifada dans des banlieues armées. Une fracture civile est envisageable. La France ne la réduira pas en s'ouvrant toujours davantage à la cause arabo-musulmane.

Récupération propalestinienne

Illustration de la récupération de l'antiaméricanisme français par des militants de la cause arabo-musulmane : l'existence d'une liste «Euro-Palestine», qui se présente aux élections européennes du 13 juin en Ile-de-France. Elle est menée par l'humoriste Dieudonné et soutenue notamment par le comique Djamel Debbouze et le judoka Djamel Bourras. Il est intéressant de constater à quel point les arguments de Dieudonné - qui se présente comme ayant «soif d'humanisme» mais qui tient régulièrement des propos applaudis par les antisémites - sont conformes au discours dominant quand il dénonce «l'attitude irresponsable et arrogante des gouvernements israélien et américain» qui «risquent d'entraîner l'humanité dans une guerre planétaire».

Le manifeste «Euro-Palestine» demande aux gouvernements européens de refuser de «participer aux sales guerres de l'administration américaine, y compris sous prétexte de «libération», «pacification» ou «transition»». Pas un mot pour dénoncer la barbarie des islamistes qui encouragent des kamikazes à s'exploser au milieu de femmes et d'enfants israéliens, jurent la disparition de l'État hébreu et crachent sur les démocraties. Mais comment s'étonner de ces silences ? Dieudonné a déclaré en février 2002 : «Je préfère le charisme de Ben Laden à celui de George Bush.» En France, il n'y a pas que les cités qui pensent comme lui.

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Le 28 mai 2004

Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/

 

Inquiétant repli identitaire des jeunes musulmans

Le Figaro
Cécilia Gabizon et Jean-Marc Leclerc

Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI) s'apprête à bousculer certaines idées reçues en publiant aujourd'hui, dans ses Cahiers de la sécurité intérieure, la contribution, pour le moins iconoclaste, de l'anthropologue et membre du Conseil français du culte musulman (CFCM) Dounia Bouzar sur le rôle ambigu des associations musulmanes en France. À l'en croire, qu'elles s'affichent ouvertement religieuses ou non, celles-ci concourent, à des degrés divers, à un enfermement des jeunes dans le repli identitaire et le communautarisme.

 

«Les associations (musulmanes), écrit Dounia Bouzar, sont apparues dans les banlieues en se référant plus ou moins ouvertement à l'islam pour s'engager dans un militantisme social qui va du soutien scolaire à l'accompagnement citoyen, en passant par les activités sportives, venant parfois concurrencer les travailleurs sociaux sur leur propre terrain». L'Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI) a commandé et financé l'étude de la chercheuse. Il ne s'agit encore que d'un rapport d'étape, le rapport final devant aboutir à la publication d'un livre en septembre. Mais ces premières conclusions ont été jugées suffisamment pertinentes pour que le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, en soit informé le mois dernier, dans une note circonstanciée. «L'analyse de Dounia Bouzar nous permet de mieux com-prendre le phénomène islamique, reconnaît un haut fonctionnaire de la place Beauvau. Elle signifie qu'il faut être vigilant avant de financer ou d'aider de telles associations». L'un de ses éminents collègues poursuit : «L'État et les collectivités locales dépensent parfois des sommes importantes pour soutenir des personnes censées pacifier les quartiers et nous découvrons que l'action que celles-ci conduisent peut aller à l'encontre des attentes de la puissance publique. Si rien n'est fait pour redresser la situation, nous nous préparons des lendemains douloureux.»

Car parmi les douze associations étudiées en régions Rhône-Alpes, Ile-de-France et Nord-Pas-de-Calais au cours des deux dernières années, la plupart conditionnent chaque activité à la «norme musulmane». Tout passe par le Coran, source de tous les savoirs, de l'interdit et du licite. Au point que cela «laisse entendre, dans l'inconscient des enfants, une supériorité de la conception islamique et exclut les autres visions du monde», analyse Dounia Bouzar.

Les leaders de ces associations, âgés de 25 à 35 ans, sont presque tous nés en France et appartiennent à la mouvance de l'Union des organisations islamistes de France, des Étudiants musulmans de France, de l'Union des jeunes musulmans de France, de Présence musulmane (animée par Tariq Ramadan). Face au dénigrement de l'islam qu'ils perçoivent dans les médias, ils affirment un nouveau discours religieux, où l'islam est source de «modernité».

Sur ce plan, tous les leaders sont unanimes. Leurs pratiques s'avèrent, elles, bien distinctes. D'un côté, certains «islamisent tout». De l'autre, l'islam reste une référence éthique.

Dans les premières, les plus préoccupantes selon l'étude, les activités peuvent donner une illusion de modernité : elles organisent, par exemple, des matchs de football mixte... mais les justifient par l'expérience de Mahomet, qui faisait des courses de chameaux avec sa jeune femme Aïcha. «Le principe qui ressort de cette tradition montre que le sport de course est hallal et qu'on peut le pratiquer en mixité», explique ainsi l'organisateur. La référence omniprésente à un islam qui aurait «tout inventé» conduit alors à l'enfermement et au communautarisme.

Car parfois, l'interprétation du dogme ne permet pas de rejoindre la modernité. Si les jeunes femmes ont puisé dans les textes sacrés des éléments pour contester certains aspects oppressifs de la culture des pays d'origine, elles n'ont pas remis en cause l'interdit de la mixité contenu dans le Coran. Au contraire. Les «islamisants» le présentent même comme une philosophie de vie, prétendant qu'en islam «il n'y a pas d'amour sans amour» et qu'il vaut mieux «éviter de se retrouver dans des circonstances où pourraient naître des tentations purement sexuelles». Ce discours positif, émis par des responsables qui ont grandi en France, n'empêche pas certains de séparer filles et garçons pour la baignade dès l'âge de six ans !

À l'inverse, les leaders associatifs arrivés en France sur le tard se montrent plus ouverts. Pour eux, l'islam est une religion et ne résume pas toute leur identité.

Une constatation qui confirme une crainte du ministère de l'Intérieur : les responsables et prédicateurs beurs, censés incarner l'islam de France, seraient en réalité porteurs d'un islam plus communautaire et politique.

 

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Le 28 mai 2004

Ancienne éducatrice à la PJJ et auteur du rapport pour l'IHESI

Le Figaro
Propos recueillis par C. G.

 

Dounia Bouzar: «L'islamisation de toutes les valeurs produit de la ségrégation»

 

En 2001, Dounia Bouzar, alors éducatrice à la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), décrivait dans L'Islam des banlieues une pratique religieuse facteur d'intégration et voyait dans les religieux de «nouveaux travailleurs sociaux». En 2003, dans L'Une voilée, l'autre pas, elle insistait sur les valeurs féministes prônées par de nombreuses jeunes filles voilées. Depuis, sa vision a largement évolué. Dans son rapport pour l'IHESI, elle constate que certaines associations musulmanes distillent un islam qui «enferme les jeunes dans leur facette musulmane» et propose de réintroduire des facteurs extra-religieux dans leur parcours éducatif.

 

Hier, l'islam vous apparaissait comme un vecteur de citoyenneté. Aujourd'hui, vous mettez en garde contre un certain enfermement religieux...

Dounia BOUZAR. - Avant, en tant qu'éducatrice, j'appréciais le «nouveau discours religieux» des prédicateurs et des responsables associatifs musulmans qui enseignaient des valeurs positives : du type «pour être un bon musulman, il faut ramasser les papiers sales de son quartier, porter les paquets de la vieille dame, faire des études, aller voter, etc.». Aujourd'hui, je prépare une thèse et, sur la durée, j'ai vu se dessiner une situation plus complexe.

Certains leaders laissent croire que l'islam a tout inventé : citoyenneté, modernité, féminisme, écologie... C'est une option dangereuse qui fait de l'islam une conception supérieure et écarte les autres visions du monde. Elle nie également l'importance de tout ce qui n'est pas religieux dans la construction des sociétés et des individus. Pourtant, ce sont justement les facteurs économiques, sociaux, culturels, historiques, qui permettent de relire autrement les religions. Chacun comprend le message divin en fonction de ce qu'il est. Les Parisiennes, par exemple, soulignent toujours dans les paroles prophétiques que «la recherche du savoir est une obligation pour tout musulman et pour toute musulmane». Mais si elles y accordent autant de crédit, c'est parce qu'elles sont nées dans un pays développé et qu'elles sont passées par l'école de Jules Ferry! La jeune Tchadienne, en proie à la famine, va lire tout autre chose dans son islam.

F : Cette conception entraîne-t-elle une rupture avec la société française?

D.B.: L'islamisation de toutes les valeurs produit in fine de la ségrégation. Chercher ses solutions uniquement dans un texte sacré conduit à une impasse dans un monde moderne: toute l'énergie est consacrée à contourner la norme au lieu d'y réfléchir. Par exemple, on consent à tendre la main à un non-musulman parce que le vexer serait un plus grand péché que de le toucher, mais on n'interroge pas le principe d'interdiction en lui-même. On n'établit donc pas une méthode de relecture de textes, pourtant la seule façon à long terme de remettre en question un certain nombre d'interprétations orthodoxes.

F. : Dans votre rapport, vous montrez que les leaders associatifs les plus ouverts sont ceux nés à l'étranger...

D.B. : Ces responsables n'islamisent pas tout. Au lieu de répéter constamment «l'islam a dit que...», eux suscitent une réflexion chez les jeunes dont ils s'occupent. Pour la plupart, ces leaders ouverts ont grandi dans leur pays d'origine. L'islam ne leur tient pas lieu d'identité : ils savent qui ils sont, d'où ils viennent et, pour eux, l'islam ne définit pas tout, au contraire de beaucoup de leaders associatifs français qui ne se sont construits que dans la religion.

F. : Alors comment éviter la rupture avec ceux qui placent l'islam au-dessus de tout?

D.B. : Désislamisons le débat! Face à un jeune qui n'existe que par l'islam, posons-nous les bonnes questions : au lieu de lui demander d'être «un peu moins musulman»,demandons-nous pourquoi, né en France, socialisé à l'école de la République, lui n'existe que par sa facette musulmane! Les «défenseurs de l'islam» et les «défenseurs de la République», islamistes et laïcards, appréhendent le débat selon les mêmes termes: ils imaginent que c'est l'islam qui produit les comportements des jeunes. Et le cercle vicieux commence : d'un côté on dénigre l'islam, de l'autre on le surinvestit pour le défendre... Revenons aux individus. S'il y a un «trop religieux», c'est qu'il y a quelque part un «moins quelque chose» !

 

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Le 28 mai 2004

Bras de fer et contestation
Une résistance culturelle mais aussi politique

 

Le Figaro
C. G.

«Les autorités sont convaincues que le travail social mené par les associations proches des Frères musulmans, contribue à l'islamisation», reconnaît-on au ministère de l'Intérieur. Le travail de Dounia Bouzar pour l'IHESI n'a fait que confirmer cette conviction mais pourrait bien «ouvrir les yeux» des élus, de certaines associations et des travailleurs sociaux.

Dans le deuxième volet de son rapport, qu'elle remettra en juin à l'IHESI, l'ancienne éducatrice de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) analyse les rapports entre les politiques, les institutions et ces associations musulmanes. Et propose des solutions pour éviter l'enfermement religieux des jeunes. Elle estime qu'il ne faut ni reconnaître ni nier de droits à ces musulmans qui veulent inscrire leur pratique dans l'espace public.

Car l'islam qu'ils professent n'est pas seulement une option spirituelle.La réappropriation de la référence musulmane après l'échec de la marche des beurs en 1984 est un mouvement de résistance politique et culturelle. Beaucoup des leaders religieux actuels, notamment dans le Rhône, étaient tentés par la révolution gauchiste avant de croire au changement de la société par l'islamisation. Dans cette nouvelle lecture, ils ont interprété le rejet dont ils se sentaient victimes comme un bras de fer entre les valeurs musulmanes et occidentales, qu'ils ont alors entrepris de dénigrer.

Cette contestation du modèle occidental a relancé des mouvements essoufflés à l'extrême gauche. Sans parler d'alliance, certains leaders, une partie de l'intelligentsia et des associations de droits de l'homme ont cru sauver les «damnés de la terre» en appuyant ces ardents musulmans.

Ils ont pris l'islam néo-orthodoxe professé par certains jeunes pour l'islam tout court. Le Mrap a ainsi repris à son compte, il y a un an, une campagne contre l'«islamophobie», terme forgé par les islamistes pour contrer les critiques, qu'ils considèrent comme des «blasphèmes». L'association, s'est ainsi solidarisée avec des associations musulmanes dans le collectif «Une école pour tous», estimant que la loi interdisant les signes religieux à l'école était «islamophobe». Depuis,la direction de l'association semble plus prudente. Le 8 mai dernier, un Conseil national extraordinaire du Mrap a voté une résolution pour renoncer à utiliser publiquement jusqu'à leur congrès, le terme «islamophobie», car «la critique de l'Islam n'est ni un racisme anti-arabe, ni un racisme anti-musulman».

«C'est une bonne chose», dit aujourd'hui Dounia Bouzar, qui souhaite éviter les termes enfermant les gens dans une identité religieuse. Dans le groupe de travail monté par la PJJ et le Fasild, auquel participent les ministères de la Justice et de l'Intérieur sur «Islam et action sociale», elle tente de banaliser la référence religieuse.

«Jusqu'à présent, le prisme musulman a parasité toutes les relations. Cela va de la diabolisation à l'instrumentalisation, ou encore la tolérance abusive.» Elle conseille aux travailleurs sociaux de «faire respecter la loi et les droits de l'homme», quel que soit l'interlocuteur.

 

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Le 28 mai 2004

UOIF, UJM, Tabligh, Kaplanci... Une myriade d'associations plus ou moins radicales

Le Figaro
Thierry Portes

 

«Traditionaliste», «fondamentaliste», «littéraliste», «islamiste», «intégriste». Quels que soient les qualificatifs censés les désigner, les différents courants irriguant l'islam radical se rejoignent pour imposer aux musulmans vivant en France - qui souvent n'en perçoivent pas eux-mêmes toutes les subtilités doctrinales - un formalisme cultuel et culturel en opposition avec l'esprit laïque et républicain à la source de notre modernité occidentale.

Ce formalisme, selon une simpliste représentation binaire d'un monde uniquement régi par le licite et l'illicite, sépare les musulmans des non-musulmans, les «vrais» croyants des autres, et définit, jusque dans le moindre détail, de strictes règles de vie. Du port d'un voile discret en ville à celui de la burka, du refus de consommer du porc jusqu'à celui de pénétrer dans un restaurant qui ne serait pas complètement halal, de l'interdiction d'écouter du rap jusqu'à celle d'entendre une seule note de musique, il existe de nombreux paliers menant à la «pureté» islamiste. À un certain degré, le croyant qui aspire à vivre sincèrement sa foi adopte un comportement qui - sans faire de lui un terroriste - le conduit à refuser les règles en vigueur à l'école, à l'hôpital, et plus généralement dans le monde économique et social français.

Parmi ceux qui prônent un retour à une prétendue tradition islamique, les Frères musulmans, mouvement fondé en Égypte par Hassan al-Banna en 1928, inspirent nombre de formations, plus ou moins concurrentes, qui se réclament d'une doctrine plaçant le texte coranique au-dessus de toute Constitution humaine. Lié à certains Frères musulmans étrangers et à leurs circuits financiers dans le Golfe, l'UOIF, Union des organisations islamiques de France, rassemble plus de deux cents associations et est un des principaux piliers du CFCM, le Conseil français du culte musulman. L'effort doctrinal de l'UOIF pour adapter les pratiques musulmanes à la réalité européenne n'empêche pas, localement, telle ou telle de ses associations, de mener des actions «fondamentalistes». Les JMF, Jeunes musulmans de France, les EMF, Étudiants musulmans de France, directement rattachés à l'UOIF, ou l'UJM, l'Union des jeunes musulmans de France, proche de Tarik Ramadan, le petit-fils d'Hassan al-Banna, sont peu ou prou dans l'orbite intellectuelle des Frères musulmans. Le Tabligh, mouvement créé dans l'Inde britannique des années 20, a également réislamisé les banlieues, par l'entremise de ses prêcheurs traditionalistes. Une de ses branches, suite à une scission, est représentée au CFCM.

Parmi les nombreuses confréries, celle des Ahbaches nourrit également l'islam radical, au même titre que la nébuleuse salafiste, inspirée du wahhabisme saoudien.

Et parallèlement à l'islamisme qui gagne certaines populations originaires du Maghreb, la communauté d'origine turque est «travaillée» par des mouvements intégristes, tels ceux des Süleymanci ou des Kaplanci.

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Le 17 avril 2003

Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/

 

I - Néo-islamistes - Stratégies pour noyauter la République
L'Express du 17/04/2003
Par Jean-Marie Amat, Yves Benoit

 

Un réseau déjà bien implanté dans plusieurs grandes villes de France cherche à peser sur les lieux de pouvoir, des universités à l'UMP. L'Express s'est procuré son manuel de lobbying, dissimulé dans un cédérom pirate du disque.... de Carla Bruni. Ultrasecret, ce mode d'emploi de l'entrisme est délivré aux cadres du réseau, une soixantaine d'initiés présents dans la mouvance des Étudiants musulmans de France (EMF) ou de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) - laquelle, par ailleurs, vient de réaliser un score significatif aux élections du Conseil français du culte musulman. Ce document, malgré sa ferveur et son triomphalisme, est intéressant par la froideur tactique, la volonté de puissance, l'habileté politique et la philosophie opportuniste qu'il affiche. Rien ne dit que ce prosélytisme religieux ait de l'avenir. Mais il faut savoir qu'il existe.

La délicieuse Carla Bruni est devenue, sans le savoir, la messagère des consignes clandestines d'une avant-garde néo-islamiste réunie sous le nom de code « Veni, vidi, vici ». Un réseau de croyants purs et durs répartis entre Lille, Strasbourg, Lyon, Marseille, Montpellier, Toulouse et Bordeaux. Tous passés par l'université, ils sont jeunes, intelligents et cyniques, bien placés à l'UOIF (Union des organisations islamiques de France) et souvent à l'association des Étudiants musulmans de France (EMF).

Au nom d'Allah, cette petite phalange influente et rompue aux jeux politiques a décidé d'investir les centres d'influence et de pouvoir de l'Hexagone. Un combat mené dans le plus grand secret. Avec le concours d'informaticiens de haut vol, leurs recommandations stratégiques et tactiques ont été camouflées à l'intérieur de copies pirates, sur mini-cédéroms numérotés, a priori insoupçonnables, du disque de Carla Bruni, Quelqu'un m'a dit. Il s'agit de 70 fiches ultraconfidentielles qui déclinent un à un les axes du combat. Seuls les militants les plus sûrs y ont accès. Au préalable, lors de discrets rendez-vous, on leur a confié les clefs du décryptage, dont huit mots à retrouver dans l'édition Folio de Paris, d'Emile Zola. L'Express a pu se les procurer, remonter le jeu de piste et accéder à la stratégie secrète des néo-islamistes.

Dès le préambule, la petite équipe affiche sa conviction d'avoir le vent en poupe : « Cette année 2002 fut, grâce à Allah, et grâce à vous, une année riche pour nous tous. » Elle s'attribue de nombreux succès. Il s'agit de l'entrée, par la grande porte, de l'UOIF au Conseil français du culte musulman, de l' « explosion » sur la scène universitaire des Étudiants musulmans de France, qui se targuent d'avoir déjà 39 élus dans les conseils d'université et de résidence, et de l'élection, grâce à la mobilisation d'associations islamistes, d'une dizaine de députés UMP. Le « didacticiel de formation » secrètement inséré dans le disque de Carla Bruni se veut un « recueil d'expériences » destiné à aider les militants « dans cette guerre de mouvement que nous engageons face à nos adversaires multiples ».

La détermination de ces jeunes gens se veut sans faille : « Toute défaite peut être une victoire et toute victoire une défaite potentielle. Restez humbles et discrets et nous atteindrons nos objectifs. » La réalité impose la modestie : « Malgré les bons résultats obtenus dans une dizaine de circonscriptions où nous sommes responsables directement de l'élection de l'UMP, nous sommes encore dans une phase d'introduction dans le jeu politique en face de musulmans laïques mieux installés que nous. » Mais l'évolution du rapport de forces politique s'annonce favorable. Lors de l'élection présidentielle, le petit groupe se vante d'avoir « participé au retournement d'une partie de l'opinion musulmane » : « Si nous avons réussi à l'influencer, c'est que cette dernière a enfin compris son poids politique après des années de tromperie, de manipulation et de racisme de la part des notables du PS. » Selon cette analyse, les néo-islamistes devraient leur poids politique « à la ghettoïsation et à la fin de la mixité sociale dans les années 1980 en raison de la politique locale d'élus de gauche ».

L'une des fiches des néo-islamistes décortique l'exemple, à suivre, d'un « communautarisme réussi » : le communautarisme juif. Sont ainsi mis en avant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), auprès duquel « se rend, tous les ans, le chef du gouvernement », l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui a « longtemps influencé la politique de l'Unef », le B'nai Brith (orthographié Ben Brit), « association juive mondiale, ayant des structures locales, regroupant essentiellement des décideurs économiques qui financent du lobbying au sein d'institutions locales, nationales, voire transnationales », Radio J, Proche-Orient Info et d'autres médias « dont l'influence n'est plus à démontrer » - « À nous de nous inspirer de ces exemples pour réussir. Nous avons pour nous la discrétion ».

Le Parti musulman de France, de Mohammed Latrèche, groupuscule islamiste violent, antisémite et négationniste, sur lequel les médias se sont un moment focalisés, est l'exemple à fuir : « Soyons consensuels, et, dans le climat d'ethnisme actuel, personne ne fera attention à nous. Médiatiquement, nous n'aurions pas assez d'attrait. D'ailleurs, qui s'intéresse aux intégrés ? »

« Comment nous inscrire dans le jeu ? » Plusieurs fiches détaillent la réponse à cette question lancinante. D'abord, cibler « le candidat ou le parti que la situation locale rend demandeur de soutiens face à un adversaire très proche ». Mais attention ! « Notre but n'est pas, dans un premier temps, de donner une victoire trop large au candidat soutenu, mais de lui donner la victoire la plus inconfortable possible au niveau de l'avance en voix. » La raison ? « En se retrouvant dans une situation de dépendance vis-à-vis de nous, nous pourrions obtenir de lui un certain nombre de choses, lui-même se rendant compte que sa survie politique est entre nos mains. » L'avantage de se rendre « incontournables » est de négocier des postes de chargés de mission. Un bon moyen de « renforcer notre présence en tant qu'acteurs de terrain » : « Des acteurs qui auront suffisamment d'aura pour attirer à nous les éléments prometteurs et pour appliquer nos points de vue avec le moins de résistance possible dans la communauté musulmane. »

Or, se félicitent les stratèges de Veni, vidi, vici, le jeu politique s'ouvre : « Aujourd'hui, nous sommes en position d'arbitres dans un certain nombre d'endroits, entre gauche et droite. Il nous semble évident que la gauche n'est pas un choix valable au moment où une partie de la communauté musulmane bascule à droite. Compte tenu des relais dont nous disposons dans les banlieues et de l'affaiblissement idéologique de la gauche, nous sommes en position d'imposer le candidat de notre choix. » À l'égard de la gauche, deux griefs sont formulés : « D'une part, l'incapacité de donner un signal crédible d'écoute, de respect et de refondation sociale et culturelle ; d'autre part, l'inaptitude à équilibrer sa politique par rapport au lobbying juif et d'intégrer en vingt ans une élite musulmane de seconde génération. » Dès lors, tout accord local avec la gauche est d'avance « décrédibilisé vis-à-vis de la communauté musulmane ».

La carte à jouer est la réislamisation

À l'opposé, « la droite, donc l'UMP aujourd'hui, malgré un certain nombre de mesures nuisibles à la communauté musulmane, a beaucoup mieux géré son équilibre par rapport au lobbying juif. Et la politique pro-arabe de la droite est vécue comme un premier pas et une marque de respect de la culture musulmane [...]. Dès maintenant, en jouant sur les luttes de pouvoir internes à l'UMP (qui favorisent les groupes communautaires), il faut faire adhérer un maximum de musulmans que nous encadrerons avec nos jeunes cadres ».

Les « théâtres d'opération prioritaires » sont désignés : « La région et la ville de Bordeaux, où nous sommes bien implantés, où, via les associations dans lesquelles nous sommes présents, nous avons d'excellentes relations avec le maire, Alain Juppé ; la ville de Toulouse, où nous avons pu nous installer et influencer certains scrutins lors des législatives ; la région Languedoc-Roussillon, où des contacts au plus haut niveau ont été pris avec l'UMP, qui nous doit sa victoire la plus médiatique [Jacques Domergue, face au socialiste Georges Frêche] ; la région de Marseille, où la gauche et le FN sont en position, l'un comme l'autre, de remporter d'importantes victoires face à l'UMP ; la région Nord où, sur Lille, nous sommes responsables de certaines défaites importantes de la gauche [Martine Aubry] ; enfin la région parisienne, où nous sommes bien implantés dans certaines banlieues sans avoir encore réellement capitalisé sur nos relais dans la communauté musulmane. »

La carte à jouer est la réislamisation : « En redonnant une pratique religieuse orthodoxe, donc en réislamisant les quartiers, notamment chez les jeunes, nous augmentons notre poids politique. » Avantage collatéral : « Ce faisant, nous marginalisons les laïques, qui cessent d'être des acteurs de premier plan pour les politiques. » Ces laïques sont en effet leurs bêtes noires, parce qu'ils s'intègrent - et donc « s'acculturent » - et parce qu'ils cantonnent leur religion à la sphère privée, ne voient aucun inconvénient à épouser une chrétienne, ne rechignent pas devant un verre de vin. Il y aurait donc urgence : « Observez autour de vous le nombre de non-pratiquants et de pratiquants ne respectant pas l'intégralité des préceptes. Le taux de pratique le plus élevé - moins de 50 % - est observé chez les Marocains, mais ce sont eux qui sont le plus laïques et les moins rigoureux. Les Algériens, qui ont subi une acculturation importante lors de la colonisation, ont un faible taux de pratique. Mais les pratiquants algériens sont plus rigoristes, donc potentiellement plus sensibles à nos vues. » La réislamisation présente également l'intérêt de faire obstacle à « une politique dite d'intégration, pour nous d'acculturation ». Les néo-islamistes se félicitent de la médiatisation du combat religieux à travers les « différentes affaires de voile », du ressentiment créé « à l'égard d'institutions acculturantes telle l'école ».

La tactique des néo-islamistes ? Faire apparaître l'État comme une « institution discriminatoire » : « Pourquoi les musulmanes ne peuvent pas porter le voile, alors que l'on tolère la kippa dans un certain nombre d'établissements publics ? » Dès lors qu'elle génère « un sentiment d'incompréhension et de lynchage ciblé uniquement vers les musulmans », la « laïcité discriminatoire » doit être dénoncée comme une « atteinte à l'intégrité morale de la personne ». Il convient également d'aiguiser « les contradictions de la République qui nous permettront d'avoir un enseignement religieux à l'école, comme en Alsace, de porter le foulard, etc. » : « En nous présentant en défenseurs de l'équité et des musulmans oppressés par un État raciste, nous augmentons notre crédit dans la communauté. Il est envisageable, à terme, qu'une révision majeure de la loi de 1905 fasse une place à la religion musulmane. Si nous savons nous y prendre, nous pourrons profiter de la situation. Les chrétiens souhaitent aussi une telle révision, ce qui nous aide, puisque ces derniers font du lobbying dans les antichambres des ministères et autres lieux de pouvoir. »

Le milieu étudiant semble être particulièrement convoité

Les néo-islamistes sont des réalistes : « Comme tous les combats, le nôtre nécessite des moyens pour nous équiper et financer notre propagande. » Le cédérom insiste sur « nos » atouts : « L'important tissu de PME détenues par des musulmans et qui génèrent de forts revenus dans les banlieues. Ces commerçants, dont la clientèle est communautaire, ne peuvent se permettre de paraître moins pieux que leurs clients, au risque de voir leur chiffre d'affaires baisser, suite à de mauvaises rumeurs... Ainsi, la collecte de la zakat [l'impôt religieux] se voit grandement facilitée chez les entrepreneurs. Et cela nous permet d'avoir un financement communautaire aussi efficace que celui de la communauté juive et de financer notre lobbying au même titre que le B'nai Brith. » Une fiche fait l'inventaire des types de PME les plus rentables : les kebabs, les épiceries de nuit, les téléboutiques. Leur avantage est de « générer énormément de revenus en espèces, donc plus facilement utilisables par nous ». L'avant-garde néo-islamiste peut même rendre des services : « Pour certaines activités, nous pouvons mettre en place une double comptabilité informatique, moyennant évidemment un pourcentage sur la différence non déclarée. »

Le milieu étudiant semble être particulièrement convoité: "L'année 2002 a vu une érosion de l'importance de l'Unef, la principale force universitaire. Partout où nous sommes présents avec les Etudiants musulmans de France, nous avons fait basculer la situation grâce à des coalitions regroupant les associations corporatistes membres de la Fage et l'UNI, le syndicat de droite [...]. Aujourd'hui, via nos alliances avec l'UNI et la Fage, nous sommes en mesure de faire contrepoids à l'Unef [...]. Nous devons laisser à l'UNI un espace à occuper, même si cela doit être à notre détriment, car nous n'avons pas encore la masse critique pour affronter l'Unef sur un terrain national, alors que l'UNI la possède. L'UNI peut faire diversion et focaliser l'attention de l'Unef et nous permettre de nous installer. »

Comment contrer l'influence des « réseaux relationnels » de l'Union des étudiants juifs de France, qui peuvent causer des « préjudices importants » ? En jouant sur son soutien public au sionisme et à la politique israélienne, « très impopulaires chez les étudiants de gauche » : « Cela créera un amalgame suffisant pour obliger l'Unef à prendre une attitude distante... Sinon l'Unef se coupera davantage de son électorat et renforcera le vote non musulman, dont nous bénéficions, émanant d'étudiants de gauche et d'extrême gauche. Ce qui permettra du coup de relativiser notre positionnement communautaire, ce qui est impossible à l'UEJF. » Autre observation : « À chaque accusation d'antisémitisme, nous renforçons notre électorat non musulman. L'utilisation abusive de l'accusation d'antisémitisme le banalise et le dépénalise chez les non-musulmans. »

Les « néo-islamistes de Carla Bruni » attribuent à leur lobbying le succès qu'a représenté pour eux le vote à l'université Paris VI de la motion de rupture de la coopération avec les universités israéliennes. C'était « la première action de ce genre » : « Nous essaierons d'appliquer la même tactique sur d'autres campus. »

Le petit groupe tente enfin d'examiner lucidement ses forces et ses faiblesses : « Nous souffrons d'un manque chronique de cadres ayant une formation universitaire de haut niveau. Cette carence réduit notre influence potentielle au sein de la communauté musulmane, alors que nous nous retrouvons dans une conjonction d'événements qui nous sont étonnamment favorables. » Autre faiblesse : « Nos profils manquent de variété. Nous sommes essentiellement des scientifiques. Nous avons peu de littéraires et d'économistes et pratiquement pas de médecins. Cette trop grande spécialisation peut nous être préjudiciable: nous manquons de points de vue venant de gens ayant des formations fondamentalement différentes de la majorité d'entre nous. » Un recrutement plus varié permettrait en outre d'avoir des appuis dans les administrations importantes, notamment « en cadres de catégories B et C, en contact avec du matériel sensible ». Mais un avantage existe : « Nous avons énormément de cadres convertis à l'islam depuis quelque temps et ayant gardé leur nom chrétien aptes à s'intégrer en tant que fonctionnaires de catégorie B et C. De plus, des rumeurs de cinquième colonne dans l'administration conduiraient à une possible épuration des postes sensibles de l'administration de ces cadres maghrébins, facilitant l'embauche de nos cadres convertis. » Pour le moment, la phalange néo-islamiste ne compte pas sur les fonctionnaires de catégorie A : « Leur haut niveau d'études et de culture générale induisent des personnalités trêmement critiques, conduisant à une laïcité féroce empêchant un recrutement de musulmans maghrébins ou non. » Le remède, à long terme : « Endoctriner suffisamment tôt des jeunes que nous orienterons. »

Autres objectifs : « des agents dormants dans les services de sécurité, fidèles à notre combat » ; « une formation militaire poussée - ce qui donnerait de la rigueur à certaines de nos formations, tout en permettant le recrutement de militants dans les hommes de troupe ». La clef de l'influence dans la société française ? « Des personnes à nous, en prise directe avec les institutions aptes à diriger les décideurs ou, à défaut, leur inculquer une vision favorable à notre cause. » Le programme est en marche.

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II - L'islam en France
L'Express du 17/04/2003
par Jean-Marie Amat, Yves Benoit

 

Néo-islamistes, des as du camouflage informatique

L'atout des néo-islamistes est de compter dans leurs rangs des virtuoses de l'informatique possédant un sens très sophistiqué du camouflage. En l'occurrence, ils utilisent un support musical insoupçonnable - aujourd'hui Carla Bruni, hier le groupe Indochine. Deux techniques sont mises en oeuvre pour y glisser les messages : la cryptographie, qui transforme un message clair en message inaccessible à qui ne possède pas la clef ; la stéganographie, qui permet de camoufler dans une image ou un texte les informations dont on souhaite masquer la présence. Pour retrouver les informations enfermées dans le cédérom, le destinataire doit décoder les logiciels de stéganographie et de cryptographie, puis décrypter les documents eux-mêmes, enfin les rendre visibles après un nouveau décryptage à partir du livre de code (en l'occurrence Paris, d'Emile Zola, Folio). Logiciels et protocoles de mise en oeuvre sont communiqués, insistent les stratèges du néofondamentalisme, « lors de rendez-vous de personne à personne ».

La France n'est pas leur seul terrain. En Espagne, en Belgique, en Allemagne, au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis, d'autres cédéroms de même inspiration et de contenu voisin circulent sous le manteau..

À chaque pays sa citation codée. Au Royaume-Uni, un mot de Winston Churchill : « On ne peut être tué qu'une seule fois au combat, mais plusieurs fois en politique. » Aux États-Unis : « L'homme qui ne craint pas la vérité n'a rien à craindre du mensonge... » (Thomas Jefferson). En Allemagne, une citation de Bismarck : « La diplomatie sans les armes, c'est la musique sans les instruments. » En Italie, c'est Jean-Paul II qui est utilisé : « La vérité n'est pas toujours conforme à l'opinion de la majorité. »

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III- Néo-islamistes
L'Express du 17/04/2003
par Jean-Marie Amat, Yves Benoit

 

Leur référence : Tariq Ramadan

Tariq Ramadan, 40 ans, est la figure de proue des néofondamentalistes. Sept de ses ouvrages sont recommandés dans l'une des fiches clandestines du cédérom pirate de Carla Bruni. Aux côtés, notamment, de L'Art de la guerre, de Sun Zi, du Prince, de Machiavel, de Théorie du combat, de Carl von Clausewitz. Professeur de philosophie et d'islamologie à Fribourg et à Genève, Ramadan mêle habilement l'intransigeance sur les principes et la souplesse d'adaptation à l'environnement européen : « Rien dans l'islam, affirme-t-il, n'empêche de vivre dans une société laïque... » Le voile ? « Un devoir, pas une obligation. » Antoine Sfeir, directeur des Cahiers de l'Orient, décrit le penseur comme « un fondamentaliste charmeur spécialiste du double langage ». Son grand-père Hassan el-Banna est le fondateur, en Égypte, de l'organisation des Frères musulmans, dont l'idéologie imprègne aujourd'hui l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Son père, Saïd Ramadan, est le créateur à Genève du Centre islamique. Le frère de Tariq, Hani Ramadan, dirige aujourd'hui cette influente institution. Ce dernier, un dur de l'islam, a justifié, dans une tribune libre du Monde, la lapidation des femmes adultères. Réaction de Tariq : « Je ne suis pas d'accord. » Lui mise sur l'essor d'un islam européen : « Je peux vous assurer que, ces prochaines années, de plus en plus de Français de confession musulmane vont apparaître sur la scène, qui seront sûrs d'eux-mêmes et de leurs droits citoyens [...]. Le discours entretenu sur ma 'duplicité' est symptomatique, il est le signe d'une période de transition. Mais ce temps passera: si aujourd'hui nous sommes soupçonnés, nous serons très bientôt respectés, par sagesse autant que par nécessité » (extraits de son site Internet).

 

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