L'IRAN NUCLÉAIRE

Les événements qui se passent en Iran pourraient influencer l'État hébreu et mettre en jeu sa sécurité et sa survie.

La Charia et la lapidation des femmes en Iran

 


Photo : on enterre cette femme jusqu'à la taille pour ensuite lui lancer des pierres jusqu'à ce que mort s'en suive.

Hajiyeh Esmaelvand a été tuée à coups de pierres en décembre 2004, en Iran. Son crime : l'adultère. Hajiyeh n'est qu'une des victimes de cette loi de la Charia.

La lapidation des femmes est appliquée en Iran, au Pakistan, en Afghanistan, au Nigeria et en Arabie Saoudite.

 

Film d'une lapidation à mort (cliquez ici)

(il vous faut Windows Media Player pour le voir)

Le vidéo dure 15 minutes. Vous entendrez d'abord des discours, puis un homme accusé d'adultère se fait fouetter. La lapidation de deux femmes commence six minutes après le début du film. Regardez le jusqu'à la fin.

Avertissement : même si la qualité du film est mauvaise, les images sont extrêmement puissantes et ne sont pas recommandées pour tous.

Écrivez au président iranien, M. Mohammad Khatami, pour demander de cesser cette forme de punition.
khatami@president.ir
Fax: 0098 21 649 5880

Signez une pétition ici : http://www.PetitionOnline.com/azadizan/

Vous pouvez aussi visiter ce site pour en savoir davantage : http://www.faithfreedom.org/Announcement/412151150.htm

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Le 30 décembre 2005

LES NUAGES S'ACCUMULENT
Le défi nucléaire de l'Iran va peut être obliger Israël à la confrontation

 

Par Frik Shechter
Jerusalem Post International
Traduit par Artus, pour www.nuitdorient.com

Deux événements parallèles à Téhéran ont ému la communauté internationale, notamment Jérusalem. La volonté inébranlable de l'Iran de produire une bombe nucléaire, (malgré ses démentis et dénégations) et les attaques verbales répétées de son président relatives à la légitimité de l'état d'Israël.

En août, l'Iran a redémarré la conversion de son uranium sur son site nucléaire d'Ispahan, ce qui est un début d'enrichissement. Le même mois son président Mahmoud Ahmedinejad menaçait de cesser toute coopération avec l'Agence Internationale pour l'énergie atomique (AIEA), si jamais le Conseil de Sécurité de l'ONU décidait de sanctions contre l'Iran, pour avoir pris cette initiative…

Les Iraniens ont reconnu qu'ils avaient reçu des informations techniques sur la transformation du nucléaire civil en nucléaire militaire de l'ingénieur Pakistanais voyou A Q Khan en 1987. En 2004, les experts de l'AIEA ont trouvé des traces d'uranium enrichi sur le site de Natanz. De même l'Iran parade régulièrement avec ses missiles balistiques Shihab3 qui peuvent porter des têtes nucléaires pouvant atteindre Israël.

Depuis, comme pour inciter à agir le plus confiant des chefs d'état, Ahmedinejad s'adonne à son exercice préféré, les menaces de génocide contre Israël et les provocations pouvant mener à un affrontement entre le monde musulman et le monde non-musulman.

Avec son nouveau président, l'Iran semble se délecter d'un sentiment d'invincibilité (1) pouvant faire craindre un nouvel aventurisme shiite au Moyen Orient. Et pour Israël la peur est viscérale. Le ministre des Affaires étrangères Sylvain Shalom a dit récemment «Israël ne peut pas se permettre de vivre avec l'idée que l'Iran possède l'arme nucléaire», ajoutant que la menace iranienne concernait toute la communauté internationale. «Si l'Iran avait la bombe, c'est un cauchemar pour chacun de nous, et pas seulement pour Israël».

Jusqu'à ce jour, Israël a laissé le problème iranien entre les mains de la Communauté internationale, (sans résultat tangible). Peut-on encore attendre? Pas longtemps. Et que peut-on faire? Il y a 5 options possibles: sanctions économiques, frappes militaires conventionnelles (ou les 2), protection par anti-missiles, dissuasion nucléaire, ou coercition nucléaire.

 

Sanctions économiques

On discute au niveau européen de l'éventualité de sanctions économiques contre l'Iran, notamment suite aux déclarations provocantes de son président niant l'Holocauste et voulant effacer Israël de la carte du monde. Les sanctions économiques donnent bonne conscience, en évitant un affrontement militaire. Selon Gary Clyde Hufbauer, expert de l'Institut International d'économie de Washington et auteur de «Les sanctions économiques reconsidérées», les sanctions n'ont jamais empêché un pays de développer des armes nucléaires. Et d'après lui, ce développement est vital pour l'intérêt national de l'Iran et pour son prestige. Les sanctions américaines contre l'Inde ou le Pakistan ne les ont pas empêchés d'avoir la bombe. De même, les incitations positives proposées aujourd'hui par les États-Unis ont échoué avec la Corée du Nord du temps de l'administration Clinton.

Même si tous les États se mettaient d'accord pour des sanctions, il sera difficile d'amener la Chine ou la Russie à le faire, d'où un trou béant. En effet, ces deux géants ne compromettront pas les liens économiques lucratifs avec l'Iran. De son côté Ouzi Arad avertit qu'au point où en est l'Iran, on ne peut plus lui dire «c'est à prendre ou à laisser». Ancien du Mossad, aujourd'hui directeur de l'Institut Interdisciplinaire pour la Politique et la Stratégie de Herzlyah, Arad suggère qu'Israël agisse dans le cadre élargi d'une coalition occidentale et qu'il faudra prendre là des mesures à la fois économiques et militaires. «Ce ne sera pas "Bang! Et on a la solution!" Ce problème nucléaire sera long à résoudre, et même si l'Iran a la bombe, il faudra persévérer dans les pressions, jusqu'à obtenir son abandon, comme on l'a fait avec l'Afrique du Sud» dit-il.

 

Frappes militaires conventionnelles

En théorie, les États-Unis pourraient détruire, ou au moins endommager sévèrement le programme nucléaire Iranien. Cependant les conséquences seraient désastreuses pour l'Irak voisin, où le Renseignement Iranien est déjà sur place, et où les forces de la coalition devraient faire face à nouveau à une insurrection shiite.

Dans une certaine mesure, Israël est moins vulnérable à une réaction Iranienne, mais néanmoins ses capacités militaires sont très limitées, par rapport aux Américains. D'ailleurs un rapport de l'École de Guerre de l'armée américaine intitulé «se préparer à un Iran nucléarisé» exprime des doutes sur la capacité de l'armée de l'air Israélienne de venir à bout des sites nucléaires iraniens (2). En effet en considérant qu'aucun état de la région ne procure des terrains d'atterrissage, un avion israélien devrait parcourir jusqu'à 1 700 km pour atteindre les cibles les plus éloignées, les détruire et revenir. Cela suppose deux alimentations aériennes en kérosène, problématiques, car Israël ne possède pour cela que de quelques Boeing 707 vulnérables à toute attaque. Et toute escadrille d'attaque a besoin d'avions de soutien pour les contre-mesures électroniques, les communications et le sauvetage éventuel. Et le rapport conclut que toute attaque israélienne ne pourrait être qu'un seul coup contre des cibles précises et limitées.

Bien sûr, la question demeure de savoir s'il est nécessaire de détruire l'ensemble des sites pour mettre l'Iran hors course nucléaire. Zéev Schiff, le chroniqueur militaire de Haaretz dit que certains experts tels que le major général en retraite Eytan Ben Elyahou, ex-commandant des forces aériennes, Yitshaq Ben Israel ou Nehemia Dagan pensent que la mission est double. Dagan ne veut rien dévoiler du programme prévu, mais il dit: «Je connais bien les capacités de l'armée de l'air et dès qu'il y a une menace, on trouve la parade. Cette mission est particulièrement difficile, du fait de la dissémination des sites, mais comme d'habitude, nous n'avons pas le choix».

Il est certain aussi que la réaction iranienne sera méchante. Dans un document stratégique datant de l'an dernier, le colonel de réserve Efraim Kam précise ce qu'une attaque militaire contre l'Iran implique. D'abord l'Iran arrêtera les inspections de ses sites et même quittera le «Traité de non prolifération nucléaire». Puis il encouragera le H'ezbollah à attaquer Israël et des cibles juives à l'étranger. Enfin certains pays Musulmans considéreront toute attaque contre l'Iran comme une agression contre l'ensemble du monde musulman, avec les conséquences néfastes sur ce qui reste de bonnes relations entre Israël et les pays arabes.

 

Protection contre les missiles

Contre une attaque des Shihab3, Israël peut déployer le système anti-balistique Arrow II dont les essais de décembre dernier ont été concluants. Dov Raviv est le père fier du développement du système Arrow et il nous précise que l'Arrow (H'ets) est capable d'intercepter en même temps une salve de plus de 5 missiles, dans les 30 secondes. Seuls les Etast-Unis et la Russie sont capables de faire aussi bien. Et le système discerne un vrai missile d'un leurre. Son seul défaut, c'est qu'il n'a pas encore été essayé dans une guerre.

Cette approche défensive n'est que la retombée de la stratégie d'attente que le régime théocratique iranien pourrisse de l'intérieur. Rien de concret ne suggère que les mollahs subiront le sort des marxistes-léninistes. Ils sont abhorrés et les étudiants manifestent, mais le régime tient tous les rouages de l'état. David Menashri, un expert de l'Iran à l'Université de Tel Aviv nous dit: «Depuis 1981, chaque président a duré 8 ans; j'ai horreur de le dire, mais l'Iran est plus stable que notre pays».

 

Dissuasion nucléaire

Même si nous sommes d'abord attaqués, Israël pourra envoyer des têtes nucléaires sur l'Iran, soit par superjet, soit par missile Jéricho II de 1 500 km de portée. De plus la marine pourra répondre grâce aux 3 sous-marins Dolphin (et bientôt 5). D'où un équilibre de la terreur, et il n'y a aucun avantage en théorie d'avoir une capacité nucléaire.

D'après Stephen Walt, professeur pour les Affaires Internationales à l'Université Harvard, «il y a des limites réelles à l'arsenal nucléaire, car elles ne servent qu'à éviter que votre pays ne soit éliminé et c'est tout !» mais cela suppose aussi que les deux parties soient intéressées par la survie. Mais est-ce que les Iraniens apprécient la leçon de MAD (fou) ou Destruction Mutuelle Assurée ? (3)

Akbar Hashemi Rafsanjani dirige aujourd'hui le Conseil de discernement d'opportunité, organe d'influence. Il déclarait en 1981: «Si un jour l'Islam venait à posséder les armes que possède Israël, l'ère de l'arrogance globale prendra fin. Car l'utilisation d'une bombe nucléaire ne laissera rien au sol israélien et toute riposte israélienne ne fera qu'égratigner le monde islamique». Cela signifie que l'Iran pourrait admettre de souffrir si l'enjeu est d'éliminer l'état Juif. Espérons que ce n'était qu'une bravade…(4). Mais il ne faut pas perdre de vue que l'Iran est un pays où 40 000 personnes ont signé un document pour se transformer en bombe-suicide et où vous pouvez trouver des affiches disant "nous aimons nos enfants, mais encore plus, quand ils deviennent des martyrs !».

Louis René Beres un expert politique à l'Université Purdue argumente: «Israël devrait mettre un terme à sa politique d'ambiguïté nucléaire, pour pouvoir mieux dissuader des dirigeants ennemis cinglés. Pour dissuader un tel ennemi de lancer une première attaque nucléaire ou de riposter à une première attaque nucléaire), il n'est peut-être pas suffisant qu'il sache qu'Israël possède des armes nucléaires. Il faudrait qu'il sache aussi qu'Israël a la capacité et la volonté de lancer une attaque nucléaire».

 

Coercition nucléaire

Et ceci nous mène à l'option la plus radicale pour contrecarrer le programme nucléaire iranien: menacer les dirigeants de Téhéran, en public ou en privé, d'une attaque nucléaire préventive, s'ils ne mettent pas un terme à leur programme. À ce jour personne n'a suggéré une telle option, certainement terrifiante. Il y a des précédents historiques à une telle option.

Lors de la Guerre froide, les superpuissances se sont menacées mutuellement, ainsi que leurs satellites de guerre nucléaire, si une politique non désirable n'était pas abandonnée.

En 1946, le président Truman usa du chantage nucléaire à l'égard des soviétiques pour les empêcher d'annexer un état Azeri, faisant partie de l'Iran. Sept ans plus tard Dwight Eisenhower menaça une Chine non nucléaire d'une attaque non conventionnelle, afin d'obtenir un cessez le feu dans la guerre de Corée. En 1956, Israël a fait l'objet d'une coercition nucléaire quand les Soviétiques ont obligé le trio anglo-franco-israélien à se retirer d'Égypte avec les promesses d'une grosse punition. Les Anglais avaient plus peur de la menace américaine de faire tomber la livre, mais les Israéliens avaient pris au sérieux la menace russe et c'est ce qui incita le gouvernement à développer des armes nucléaires, avec l'aide de la France. Le problème aujourd'hui est de savoir si Israël pourra user de la même tactique.

Stephen Walt dit : «Je pense qu'Israël ne serait pas crédible s'il menaçait d'utiliser son arsenal nucléaire pour stopper le programme nucléaire iranien, notamment si des civils iraniens étaient menacés par une attaque».

Scott Sagan, expert politique à l'Université Stanford, ajoute qu'une telle menace entraînerait une condamnation internationale et encouragerait l'Iran à poursuivre son programme. Et Israël serait obligé de concrétiser quand même la menace, sinon il perdrait toute crédibilité dans l'avenir (Comme pour l'éducation des enfants, sur le plan international) «on ne profère pas de menace, si on n'est pas sûr de l'exécuter, au cas où l'objectif n'est pas atteint pacifiquement», dit Sagan.

Mais cela serait différent si on menaçait d'utiliser une «bombette» qui brouillerait les limites entre arme conventionnelle super-puissante et arme non conventionnelle, comme par exemple une bombe de 10t appelée GBU-743/B. Dans ce cas, le pays visé pourrait bien croire à la réalité d'une attaque et en tirerait les conclusions attendues. C'est la logique développée par Thomas Dowler et Joseph Howard du Laboratoire National de Los Alamos. En 1991, ils ont argumenté en faveur de trois armes successives : une microbombe de 10 t d'explosif superactif, une minibombe de 100 t, une picobombe de 1 000 t. Il serait choquant que 14 ans plus tard, Israël n'ait pas de telles armes, même si elles ne sont jamais utilisées.

Je laisse la conclusion à Gerald Steinberg, membre associé du BESA, le Centre d'études stratégiques de l'Université Bar Ilan : «Si l'Iran poursuit son programme nucléaire et si Israël sait qu'il construit une arme nucléaire, alors ceci changera le cours des événements».

 

Notes de la traduction

Les parenthèses sont du traducteur.

(1) Ce qui laisserait supposer comme nous l'avons déjà dit que le point de non retour nucléaire est déjà derrière nous.

(2) Il y en a 350 disséminés dans tout le pays, et certains sont enterrés.

(3) Il ne faut pas perdre de vue que dans la vraie tradition shiite, il y a un messianisme apocalyptique

(4) La réalité est autrement plus sombre étant donné la foi mystico-apocalyptique du nouveau président iranien.

 

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Le 16 décembre 2005

L'IRAN SE PRÉPARE POUR L'ARMAGEDDON

Par Charles Krauthammer
Washington Post

Traduit par Albert Soued, www.chez.com/soued
pour www.nuitdorient.com

À moins que vous ne soyez emballé par les bonnes nouvelles d'Irak (1), il faudrait que vous jetiez un coup d'œil à ce qui se passe à côté, en Iran. Les allocutions sauvages de leur nouveau président Mahmoud Ahmadinejad ont été rapportées sporadiquement par la presse, depuis qu'il a appelé à l'effacement d'Israël de la carte. Il s'est ensuite amendé en disant qu'il suffisait qu'Israël soit réinstallé en Allemagne ou en Autriche. Peut-être près d'un vieux camp d'extermination?

«Excepté qu'il n'y a jamais eu de tels camps, et pas d'Holocauste du tout», continue Ahmadinejad. «Rien qu'un mythe, une légende fabriquée de toutes pièces»…, sous le nom de «massacre des Juifs». Et ceci entraîna les réactions usuelles d'officiels Américains ou Européens qui ont considéré ces déclarations comme inacceptables, avec une rage et une puissance churchillienne. Mais il n'est pas question bien sûr de mettre l'Iran au ban des Nations Unies, même si ce pays appelle à l'éradication d'un autre état membre.

Mais au Moyen Orient, les appels à la destruction d'Israël et la négation de l'Holocauste sont monnaie courante. On peut le voir tous les jours à la télévision du H'ezbollah, dans les médias syriens, dans les éditoriaux des journaux semi-officiels égyptiens. Mais à ce jour aucun de ces meurtriers en herbe n'était sur le point d'acquérir des armes nucléaires, qui pourraient réaliser en un instant ce qui a pris six ans à Hitler à mener, la destruction de la civilisation juive et l'extinction de six millions d'âmes.

On connaît la destination des bombes nucléaires iraniennes. Elles seront placées sur des fusées Shahab, modifiées pour atteindre Israël. Et tout le monde sait que si on appuie sur un bouton, une nation entière disparaîtra.

Mais il y a pire! Le président d'un pays sur le point d'être nucléaire est un fervent croyant adepte de l'Apocalypse! Comme en chrétienté et dans le Judaïsme, en Islam shiite on croit au retour messianique du 12ème Imam (qui est caché dans un puits). Les croyants les plus mystiques vont prier à la mosquée de Jamrakan, qui contient un puits d'où émergera l'Imam attendu. Quand, à l'étonnement de tous, Ahmadinejad fut élu président de l'Iran, il s'est empressé de débloquer 17 millions $ en faveur de cette mosquée. Et le mois dernier, il déclara en public que la mission primordiale de la Révolution Islamique était de paver la voie à la réapparition de l'Imam caché.

Et comme dans les versions extrémistes chrétiennes relatives au second retour du Christ (2), cette réapparition sera accompagnée de troubles, de destructions et de mort. Le journaliste iranien Hossein Bastani a rapporté qu'Ahmadinejad a précisé dans des réunions officielles que l'Imam caché réapparaîtrait dans deux ans!

Négateur de l'Holocauste, antisémite virulent, aspirant génocidaire, sur le point d'acquérir les armes de l'apocalypse, ce président a la ferme conviction que la fin du monde n'est pas seulement proche, mais qu'elle est prévue avant les prochaines élections présidentielles américaines! (Pitié pour les Démocrates! Il faut leur laisser une chance!). En termes mesurés, ce type d'homme serait moins inhibé pour démarrer un Armageddon (3) que toute personne normalement constituée.

Avec la délivrance messianique imminente, il serait ainsi incité à hâter la fin, selon la terminologie eschatologique juive. Il y a bien sûr de tels hommes dérangés dans toutes les croyances. Certains voudraient voir la mosquée d'al Aqsa détruite pour faire place nette au 3ème Temple et à l'ère messianique. La seule différence c'est que ces cinglés sont une cinquantaine et aucun d'eux n'est président d'un état de 70 millions de personnes (4).

La situation messianique la plus proche que nous ayons eue aux États-Unis est celle d'un secrétaire d'état qui a dit au Congrès, il y a 24 ans «je ne sais pas combien de générations faudra-t-il attendre encore le retour du Seigneur. Quelle qu'en soit la durée, il faudrait épargner nos ressources pour ces générations futures», parlant de la préservation de l'environnement. Mais le domaine de James Watt était la forêt et son arme de choix était la scie. Il ne devait pas prendre la décision de mettre ou non une tête nucléaire sur des missiles. Or ceux-ci paradaient déjà dans les rues de Téhéran, portant inscrit le nom d'Israël et des bannières où on pouvait lire «Israël doit être effacé de la carte».

Mais cela empire. Après son discours à l'ONU en septembre 2005, Ahmadinejad a été pris en vidéo disant à un clerc qu'une aura, un halo de lumière avait enveloppé sa tête sur le podium de l'Assemblée Générale: «j'ai senti l'atmosphère changer soudain, et pendant ces 27, 28 minutes, tous les dirigeants de ces pays qui m'écoutaient n'ont pas ciller…comme si une main les retenait et ouvrait leurs yeux pour recevoir le message de la République Islamique…»

Le négociations pour empêcher ce lunatique patenté d'avoir des armes nucléaires n'ont mené nulle part. Et tout le monde sait pertinemment qu'elles ne mèneront nulle part. Et personne ne bougera!

Notes de la traduction

(1) 70% de la population irakienne est allée aux urnes pour voter et désigner la nouvelle Assemblée.

(2) la parousie du Christ.

(3) Har Mégiddo, en Galilée, lieu de la lutte finale avant l'ère du Messie, d'après les Évangiles.

(4) Pour comprendre la portée du messianisme shiite, se reporter à mon livre La révolution des messies (2000), paru chez l'Harmattan, ou voir www.chez.com/soued/conf.htm

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« Le monde sans sionisme »
Traduction du discours prononcé par le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad lors de la Conférence intitulée «Le Monde sans le Sionisme» qui s'est tenue à Téhéran le 26 octobre 2005.

Rapporté par l'agence de presse ISNA qui appartient au gouvernement iranien. Le 26 octobre 2005 à 13:10, heure locale (pour lire le texte original en persan, voir : http://www.isna.ir/Main/NewsView.aspx?ID=News-603209)

 

Téhéran, Iran, 26 octobre &endash; Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a prononcé un discours programme au cours d'une réunion qui a regroupé 4 000 étudiants, organisée par l'Association des Sociétés d'Étudiants Islamiques. Voici le texte de son intervention :

«Je suis reconnaissant à Dieu de me donner le grand plaisir de prendre la parole dans le cadre de cette réunion si importante. Je suis reconnaissant à Dieu de voir vos visages pieux, vous, enfants de la révolution, vaillants, conscients, très croyants désintéressés, qui comprenez, grâce à votre vigilance et votre intelligence, ce que sont les questions les plus importantes de notre époque et qui participez activement, avec un grand entrain et d'une manière décisive, aux questions les plus centrales du monde islamique. Je remercie Dieu de votre présence, vous chers jeunes gens.

La véritable question est la suivante : qu'est-ce que c'est que le Sionisme? Il y a sans doute eu nombre de débats au cours de cette conférence sur ce point et vous avez étudié la question et vous savez sans doute ce que je veux souligner mais il y a un point qui vaut la peine d'être mentionné.

Nous devons examiner ce qu'est la véritable histoire de la Palestine. Le conflit en Palestine est-il une guerre entre quelques Juifs, d'une part, et des musulmans et des chrétiens d'autre part? Est-ce une guerre entre les Juifs et d'autres religions? Est-ce une guerre entre un pays et d'autres pays? Est-ce la guerre entre un pays et le monde arabe? Est-ce uniquement un conflit à propos des seules terres de Palestine? Je pense que la réponse à toutes ces questions est négative.

La création du régime qui occupe Al-Quods (Jérusalem) a été une manœuvre significative du système globalement dominant et de la Globale Arrogance (L'Occident) contre le monde islamique. Un combat historique est en train d'être mené entre le Monde Oppresseur et le monde Islamique et les racines de ce conflit ont des centaines d'années.

Dans ce conflit historique les lignes de front se sont déplacées nombre de fois. Il y a eu des périodes au cours desquelles les musulmans avaient le dessus, étaient actifs et allaient de l'avant, tandis que le Monde Oppresseur battait en retraite.

Malheureusement, au cours des trois cents dernières années le monde islamique a battu en retraite devant la Monde Oppresseur.

Je n'ai pas l'intention d'examiner les racines de cette questions et je me concentrerai sur un examen historique des événements. Au cours des cent dernières années les dernières tranchées du monde islamique sont tombées et le Monde Oppresseur a créé le régime qui occupe Al-Quods (Jérusalem) pour qu'il soit la tête de pont de sa domination du monde islamique. Tête de pont est un terme militaire utilisé dans la cadre d'une guerre. Lorsque deux divisions ou armées se combattent, si un côté avance, perce le front et capture une partie du territoire ennemi puis construit des fortifications et renforce sa main-mise pour en faire une base pour élargir une expansion territoriale, c'est ce que nous appelons une tête de pont.

L'État occupant (Israël) est la tête de pont du Monde Oppresseur au cœur du monde islamique. Ils ont construit une base pour pouvoir étendre leur domination sur tout le monde islamique. Il n'y a aucune autre raison d'être pour cette entité sans cet objectif.

La bataille qui se joue en Palestine aujourd'hui est donc celle de la ligne de front du conflit entre le monde islamique et le Monde Oppresseur. C'est une bataille du destin qui déterminera ce qui adviendra de centaines d'années de conflit en Palestine.

Aujourd'hui, la nation palestinienne combat le Monde Oppresseur pour la oumma (nation) islamique toute entière. Dieu merci, dès que la nation palestinienne s'est prononcée pour une lutte islamique avec des objectifs islamiques dans un environnement islamique et a fait de l'Islam la force dominante qui guide son attitude et ses orientations, nous avons constaté les progrès et les succès de cette nation palestinienne au quotidien.

Je dois dire que vous avez choisi un titre tout à fait approprié pour votre réunion [Le Monde Sans Sionisme]. Nombreux sont ceux qui sèment les graines de la défaite et du désespoir dans cette guerre totale entre le monde islamique et le Front des Infidèles, en espérant décourager le monde islamique.

Ce type de personne utilise des expressions comme : «ce n'est pas possible». Ils disent: comment pourrions-nous avoir un monde sans Amérique et sans Sionisme?» Mais vous savez très bien que ce slogan peut être mis en place et que ce but peut être atteint .

Si nous nous retournons sur notre histoire nous verrons que nous avions dans notre pays un régime qui était très violent, impopulaire, dépendait des étrangers et était armé jusqu'aux dents. Des membres de la SAVAK [police secrète du Shah] contrôlaient chaque mouvement et un terrible régime de terreur existait alors.

Mais lorsque notre cher Imam [Ruhollah Khomeini] a dit que ce régime devait être détruit et que nous voulions un monde sans clientélisme des pays, nombre de ceux qui prétendent être, entre autres, des gourous de la politique ont dit que cela n'était pas possible. Le jour où l'Imam a commencé à bouger tous les pouvoirs au monde ont soutenu ce régime corrompu. Même après le massacre du Vendredi Noir, l'Ouest et l'Est et les pouvoirs régionaux ont tous soutenu ce régime. Mais notre nation s'est battue et cela fait maintenant 27 ans que nous avons un gouvernement qui est indépendant de l'Amérique. L'Imam a dit que la domination exercée par l'Est et l'Ouest doit être détruite mais des personnages faibles, qui ne voient que le petit monde autour d'eux ne l'ont pas cru…

Notre cher Imam a ordonné que le régime qui occupe Al-Quods ( Jérusalem) soit rayé de la surface de la terre. Ce qui a été une parole très sage. La question de la Palestine n'est pas une question sur laquelle nous pouvons accepter des compromis au coup par coup…Cela signifierait notre défaite. Quiconque reconnaîtrait cet État [Israël] signerait la défaite du monde islamique.

Dans sa lutte contre l'Arrogance du Monde notre cher Imam a désigné la base centrale de commandement de l'ennemi, à savoir le régime qui occupe Al-Quods (Jérusalem). Je n'ai aucun doute que la nouvelle vague qui est née dans notre chère Palestine et dont nous sommes témoins aujourd'hui dans le monde islamique tout entier bannira bientôt ce fléau de la honte du monde islamique. Cela peut être fait.

Nous devons prendre garde aux conspirations. Depuis plus de 50 ans l'Arrogance du Monde a essayé de reconnaître ce faux régime [Israël] et ils ont fait nombre d'efforts d'abord pour le stabiliser et ensuite pour prendre d'autres mesures.

Il y a quelque 27 ou 28 ans ils ont pris une mesure importante dans ce sens et, malheureusement, l'un des pays qui se trouve sur le front a fait cette erreur et nous espérons que ce pays [l'Égypte] va rectifier cette erreur.

Une nouvelle conspiration a été fomentée récemment et continue à se dérouler actuellement. Ils ont été forcés d'évacuer un coin de Palestine et cela leur a été imposé par la nation palestinienne. Mais ils veulent nous faire croire que c'est une victoire finale et ils utilisent l'évacuation de Gaza et la création d'un État palestinien comme une excuse pour en finir avec la cause et le but palestiniens.

Aujourd'hui ils font un effort maléfique et trompeur pour transformer cette lutte en un conflit interne dans le monde islamique. Ils veulent créer un conflit entre les divers groupes palestiniens au sein de la Palestine en leur faisant miroiter des positions importantes dans le monde politique afin que ces groupes abandonnent la question cruciale de la Palestine et se dressent les uns contre les autres.

Prétextant qu'ils ont quitté la Bande de Gaza pour montrer leur bonne volonté ils veulent qu'un groupe de nations musulmanes reconnaissent ce régime corrompu et j'espère que la nation palestinienne et les chers groupes palestiniens se méfieront d'une telle sédition et je prie Dieu pour cela.

Aujourd'hui l'unité du front en Palestine concernant ses buts est une nécessité et une urgence. Le problème de la Palestine n'est fini en rien. Le problème de la Palestine ne sera résolu que lorsque toute la Palestine sera sous contrôle palestinien, lorsque tous les réfugiés rentreront chez eux et lorsqu'un gouvernement populaire, choisi par cette nation, prendra les choses en main. Bien sûr, ceux qui sont venus de loin sur cette terre pour la piller n'ont aucun droit de participer au processus de décision concernant cette nation.

J'espère que, de la même manière que la nation palestinienne a poursuivi sa lutte ces dix dernières années, elle continuera a être consciente et vigilante. Cette phase va être de courte durée. Si nous la menons à bien, si Dieu le veut, cela sera un premier pas pour l'annihilation du régime Sioniste et cela sera ensuite très facile.

J'avertis tous les dirigeants du monde islamique de se méfier de cette conspiration. Si l'un d'entre eux fait un pas vers la reconnaissance de ce régime [Israël], alors il brûlera dans les feux de l'oumma islamique (nation) et une honte éternelle sera gravée sur son front, qu'il l'ait fait en subissant des pressions des pouvoirs dominants ou parce qu'il ne comprenait pas bien ou par naïveté ou égoïsme ou pour des raisons matérielles.

Le problème de la Palestine est le problème du monde islamique. Ceux qui sont enfermés derrière des portes closes ne peuvent prendre de décisions sur cette question et la nation islamique ne peut permettre à cet ennemi historique d'exister au cœur du monde islamique.

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5 septembre 2005

CONFLIT DE CIVILISATIONS

La vraie crise avec Téhéran ne concerne pas seulement les armes nucléaires, mais sa détermination à remodeler le Moyen Orient selon sa propre image.

Par Amir Taheri
Article paru dans le Newsweek International - édition du 5 septembre 2005
Traduit par Albert Soued, www.chez.com/soued
Voir aussi www.nuitdorient.com

 

Il y a 8 ans une traduction pirate du célèbre essai de Samuel Huntington (Le conflit des civilisations et la réforme de l'ordre mondial) est apparue à Téhéran. L'éditeur reçut une commande de 1 000 copies, la moitié du tirage. Le distributeur Moustafa Tounkaboni se souvient « On se demandait qui avait commandé une telle quantité? On eut la réponse quand on vit arriver un camion militaire appartenant au Corps des Gardes Révolutionnaires Islamiques (CGRI) qui emporta les livres ». Yahya Safavi était parmi les officiers qui reçurent un exemplaire du livre; aujourd'hui il est général, commandant en chef des Gardes. Un autre exemplaire parvint à Mahmoud Ahmadinejad, un ex-officier de réserve des Gardes, aujourd'hui président de la République Islamique d'Iran.

L'Iran est grossièrement mal compris par l'Occident ! Vu les titres des journaux en Europe et en Amérique, on pourrait penser que la crise des relations avec l'Iran ne concerne que les armes nucléaires. Mais la vraie cause est bien plus vaste, je veux parler de la détermination iranienne à vouloir remodeler le Moyen Orient selon sa propre image, une opposition conflictuelle délibérée contre les États-Unis et la civilisation occidentale. Ce malentendu est aussi lié à un autre, l'idée que le régime est divisé entre des conservateurs, qui refusent tout arrangement avec l'Occident et des modérés, plus enclins à faire revenir leur pays dans le concert des nations. En fait le pouvoir réel en Iran est aujourd'hui entre les mains des Gardes Révolutionnaires, confortés par l'ascension d'Ahmadinejad comme président.

Tout au long des dernières années, le pouvoir a glissé par divers moyens entre les mains des Gardes. Un ancien officier du CGRI, Ibrahim Asghazadeh a lui-même dit que la nouvelle élite militaro-politique avait fomenté un coup d'état « rampant ». Pendant que l'ex-président Mohamed Khatami parcourait le monde cherchant à impressionner le public occidental par des citations de Hobbes et de Hégel, les Gardes ont construit un impressionnant réseau populaire à travers l'Iran et créé deux organisations politiques qui ont pignon sur rue : les Usulagara ou fondamentalistes et les Itharis, ceux qui se sacrifient, chacune attirant à elle les jeunes générations d'officiers, de fonctionnaires, d'entrepreneurs et d'intellectuels.

En 2002, le réseau s'est emparé du conseil municipal de Téhéran et a nommé Ahmadinejad comme maire. Deux ans plus tard, ce dernier émergea comme le candidat présidentiel des Gardes, battant l'ex-président Rafsanjani, un mollah-devenu-affairiste de second rang, et qui représentait la vieille garde des mollahs en voie de disparition.

La victoire d'Ahmadinejad était le début de la fin de la domination des mollahs. Il est le premier candidat non ecclésiastique à devenir président depuis 1981! Détenteur d'un doctorat en philosophie, il est aussi le plus éduqué des 6 présidents islamiques qui se sont succédés en Iran à ce jour. Ses humbles origines et son discours populiste lui ont fait gagner la confiance d'une large base, tout particulièrement parmi les pauvres gens qui se sentaient délaissées par des chefs religieux corrompus. Là ce sont les bonnes nouvelles.

Les mauvaises sont liées au fait qu'on peut s'attendre que cet homme soit un formidable ennemi de l'Occident et des Etats-Unis en particulier. Il y a un mois le général Safavi a déclaré devant un public d'officiers retraités de la marine que la mission de Téhéran était de créer un monde multipolaire où l'Iran aurait une place éminente de guide de l'Islam. Plus récemment, Ahmadinejad a annoncé la mission la plus ambitieuse du gouvernement depuis des décennies, déclarant que l'objectif ultime de la politique étrangère de l'Iran n'était pas moins que « le gouvernement unifié du monde » sous la houlette du Mahdi, le messie caché des Shiites (1), appel codé à l'Islam radical. Il a continué en précisant que la seule puissance capable de s'opposer à cette vision, les États-Unis étaient dans les dernières convulsions de l'agonie, une puissance en déclin (coucher du soleil ou ofuli) devant céder sa place à la République Islamique renaissante (lever du soleil ou toluee). La domination géopolitique du Moyen Orient est le droit incontestable de la nation iranienne, sans aucune équivoque!

Les Occidentaux seraient tentés d'écarter cette rhétorique comme étant une rodomontade. Loin de là ! il ne faut pas oublier que l'Iran, c'est la Perse qui a toujours joué un rôle dominant dans l'histoire de l'Islam. C'est l'une des deux seules nations islamiques à n'avoir pas été colonisée par des empires Occidentaux. Elle occupe une place centrale dans l'arc islamique mondial qui s'étend de l'Atlantique à l'Océan indien.

Elle a l'économie la plus florissante et l'armée la plus puissante du monde musulman. Elle est assise sur de grandes réserves de pétrole qui s'apprécient de jour en jour. La seule autre nation musulmane pouvant rivaliser ave elle, la Turquie, se tournerait plutôt vers l'Europe que vers l'univers musulman.

La scène de la confrontation avec les États-Unis est ainsi en place. L'Iran est sûr de gagner, et l'histoire ne lui donne pas de raisons de s'inquiéter beaucoup de l'issue. Des étudiants radicaux comme Ahmadinejad ont déjà été les spectateurs en 1980 de la prise en otage de l'ambassade des États-Unis à Téhéran et ceux-ci n'ont rien pu faire qu'émettre de faibles protestations diplomatiques. Ils ont vu Ronald Reagan satisfaire la célèbre déclaration de l'Ayatollah Khomeini « l'Amérique ne peut rien faire », quand des bombes humaines libanaises envoyées par Téhéran ont tué 241 marines près de Beyrouth en 1982. Bill Clinton a parlé de sanctions, mais s'est confondu aussitôt en excuses pour des « erreurs passées » non identifiées.

Et même la guerre contre la terreur de GW Bush qui au départ a inquiété les mollahs et qui est en train de tourner à leur avantage stratégique. Sur le plan géographique, deux ennemis potentiels, les Baathistes et les Talibans, ont disparu. L'expulsion de la Syrie du Liban sous la pression américaine laisse l'Iran comme la seule influence étrangère dans le pays. L'offensive américaine pour la démocratie au Moyen Orient a ébranlé les amis traditionnels de Washington dans la région et des rivaux de l'Iran, l'Égypte et l'Arabie Saoudite. Le Guide Suprême Khamenei a dit récemment dans un discours « Nous aussi nous avons un Plan pour la région! » en allusion au plan américain de démocratisation.

Pour la question nucléaire, l'Europe a rompu les négociations après que l'Iran eut repris son programme d'enrichissement de l'uranium… ( L'AIEA a publié un rapport disant avoir décelé il y a deux ans des traces d'uranium sur un équipement fourni par le Pakistan). Pendant ce temps les États-Unis devaient formuler une politique cohérente à l'égard de ce pays, en dehors de se mettre en retrait ou de critiquer les autres partenaires qui essaient de faire face à cette menace imminente. Les chances de résoudre cette impasse nucléaire ne sont pas bonnes. La nouvelle élite iranienne se sent libre car elle est persuadée que bientôt les Américains vont quitter la région.

La stratégie de l'Iran est d'attendre que G W Bush ait quitté la présidence, d'atermoyer lors des négociations avec l'Europe, de saigner au maximum l'armée américaine en Irak et en Afghanistan (en y encourageant les « insurgés »), d'empêcher une issue au conflit israélo-palestinien et de saboter tout espoir américain pour un Moyen Orient démocratique.

Les groupes inféodés à l'Iran vont essayer de prendre le pouvoir non seulement dans certaines parties de l'Irak et de l'Afghanistan, mais aussi en Azerbaijan et dans les états du Golfe persique. Les néoconservateurs de Washington peuvent rêver d'un changement de régime à l'intérieur de l'Iran, mais les chances d'y parvenir aujourd'hui sont nulles. La situation est sans aucun espoir! Une diplomatie habile pourrait apporter une certaine détente, mais cela ne viendra pas d'un grand « marchandage » comme l'espérait Bill Clinton, où l'Iran renoncerait à son programme nucléaire et à son parrainage du terrorisme, en échange de meilleures relations avec Washington et des garanties de sécurité. Ce serait plutôt un petit marchandage sur des sujets sensibles où Washington et Téhéran risquent de se faire mal mutuellement. Ce genre de choses n'était pas possible auparavant, quand le pouvoir était entre les mains de religieux qui se sabotaient mutuellement, mais avec les Gardes révolutionnaires au pouvoir, un dialogue semble possible.

Le seul problème est que Téhéran n'en sent pas le besoin. Avec le prix du pétrole qui flambe, l'Iran gagne aujourd'hui 200 millions $/jour et peut engager beaucoup d'argent pour résoudre ses problèmes sociaux et économiques. De plus, les élections présidentielles américaines de 2008 vont occuper l'attention des Américains qui se désintéresseront des questions étrangères. Entre temps, l'Iran aura ou sera sur le point d'avoir sa bombe et le prochain président américain préfèrera ne rien faire, car il sera dans la situation non enviable, soit offrir à l'Iran de plus grands avantages, ou faire face à un conflit autrement plus grave que celui d'Irak.

Le professeur Huntington pourrait avoir envie de méditer sur la loi des « conséquences inattendues ».

Note du traducteur :

(1) Voir mon essai La révolution des messies- édition de l'Harmattan.

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19 août 2005

IRAN : AOÛT, LE MOIS CRUCIAL

Par Thérèse Delpech, chercheur associée au Ceri
Paru dans Le Figaro du 19 août 2005

La période estivale n'est pas une parenthèse pour tout le monde. Quand les inspecteurs de l'AIEA sont arrivés le 8 août en Iran, ils ont été amenés directement sur le site d'Ispahan pour poser de toute urgence les caméras et autres moyens de surveillance préalables à la reprise des activités de conversion de l'uranium. Ce fut l'occasion de deux surprises. La première fut celle des inspecteurs, qui ont généralement besoin de trois jours pour procéder à ce type d'opérations, et qui pensaient ne rien faire de décisif avant le Conseil des gouverneurs qui se réunissait le lendemain à Vienne. Il leur a fallu se rendre à l'évidence: les Iraniens étaient vraiment très pressés. Pourquoi donc? On pouvait se le demander à bon droit, car le seul réacteur iranien, à Boucheir, a une alimentation en combustibles assurée pour plus de dix ans grâce aux deux contrats signés avec la Russie en février 2005. La reprise fiévreuse de cette conversion, menée tambour battant, pouvait donc difficilement avoir une justification civile. La seconde surprise, assez désagréable, était pour les Européens chargés de la négociation de découvrir à cette occasion que la toute première étape de la conversion pouvait reprendre sans que les scellés ne soient brisés.

Contrairement à leur attente, il n'y avait pas de scellés sur les premiers équipements remis en fonctionnement! Des explications ont été demandées à Vienne. Les réponses n'ont pas été aussi claires que les questions.

C'est dans cette situation que le Conseil des gouverneurs s'est tenu la semaine dernière. Le fait de la reprise étant accompli, il appartenait aux trente-cinq gouverneurs de tirer les conséquences d'une situation dont ils pouvaient d'autant mieux apprécier la gravité que le dossier iranien est leur plat de résistance, depuis l'automne 2002. La résolution adoptée montre qu'ils ont décidé, volens nolens, peu importe, de faire jouer le temps en faveur de l'Iran. Ils n'ont en effet produit qu'une énième demande de restauration de la suspension, assortie d'une requête au directeur de l'AIEA de présenter un rapport complet sur la mise en oeuvre des garanties de l'agence pour le 3 septembre. Au cas où l'Iran n'obtempérerait pas, rien n'était prévu par le texte.

Il faut aussi s'interroger sur la date tardive du rapport demandé à l'AIEA, car les machines d'Ispahan tournant depuis le 8 août de façon continue, c'est une véritable «course contre la montre» qui est engagée. Cette expression avait été utilisée dans une interview accordée au Figaro par Pierre Goldschmidt le jour où il a quitté ses fonctions de directeur des garanties à l'AIEA (1). Pourquoi l'avait-il fait? Pour une raison très simple. La conversion est certes une étape précoce du cycle du combustible, puisqu'elle précède l'enrichissement, mais c'est le point le plus vulnérable du programme iranien, car la localisation de l'usine d'Ispahan est connue, et il n'y a très probablement pas d'installation clandestine de ce type sur le territoire iranien. En revanche, une fois la conversion terminée, les produits pourront être stockés dans des tunnels découverts par l'AIEA, mais non déclarés par l'Iran, et l'étape suivante, celle de l'enrichissement, est beaucoup plus difficile à contrôler, car l'existence de centrifugeuses assemblées de façon clandestine sur un site non identifié est l'hypothèse de travail de tous ceux qui suivent le dossier iranien.

Cette hypothèse a été rendue publique à deux reprises: la première fois, quand les révélations du colonel Kadhafi en décembre 2003 ont permis d'identifier un réseau international d'origine pakistanaise ayant vendu différents éléments nécessaires à un programme nucléaire militaire non seulement à la Libye, mais à d'autres pays, dont l'Iran. Téhéran a dû reconnaître en février 2004 qu'il avait acquis auprès d'Islamabad les plans de centrifugeuses beaucoup plus sophistiquées que celles qui avaient été déclarées à l'AIEA antérieurement. Qu'avait fait l'Iran avec ces plans depuis 1995? La question n'a toujours pas de réponse, mais au début de l'année 2004, juste avant une inspection de l'AIEA, six bâtiments étaient rasés sur le site de Lavizan, et la terre était creusée de plusieurs mètres pour empêcher les prélèvements. Des centrifugeuses clandestines ont pu s'y trouver avant d'être déménagées ailleurs.

La seconde fois où l'hypothèse d'un parc de centrifugeuses clandestin a été rendue publique a eu lieu tout récemment, dans une interview du principal négociateur iranien du précédent régime, Hassan Rohani. Faisant le bilan de son action, il y prétend que les négociations avec les Européens ont permis à l'Iran de gagner un temps précieux pour avancer en toute tranquillité dans un certain nombre de secteurs clés, et d'assembler en particulier «un grand nombre de centrifugeuses». Or ceci n'est pas du tout conforme à ce que connaît l'AIEA, qui ne compte que 164 centrifugeuses opérationnelles. Des explications ont peut-être été demandées à Téhéran sur cette déclaration surprenante, mais alors ce fut fait avec une extrême discrétion. Le négociateur iranien avouait pourtant une violation caractérisée de l'accord de Paris.

Aujourd'hui, la question se pose ainsi : de combien de temps l'Iran a-t-il besoin pour sa campagne de conversion? L'estimation est d'un mois et demi environ. Au terme de cette période, l'Iran disposera de plus de soixante tonnes d'hexafluorure d'uranium, qui pourront être enrichies par Téhéran au nom de son prétendu «droit» à l'enrichissement, «droit» qui n'est nullement garanti par le TNP, surtout pour un pays qui viole ses engagements et le tour sera joué. L'Iran aura suffisamment d'uranium 235 pour plusieurs têtes nucléaires, qui ont déjà leurs vecteurs d'armes. Certes, ceci suppose que des progrès importants ont été faits en matière de vectorisation. Mais il semble justement que tel soit bien le cas: d'après un article récent du Wall Street Journal, les services occidentaux seraient en possession d'informations détaillées sur ce sujet, dont ils ont même fait part à l'AIEA en juillet.

La saisine éventuelle du Conseil de sécurité ne pose donc pas essentiellement la question de savoir comment réagiront les différents membres permanents. Elle pose surtout celle de la date de la saisine. Le transfert à New York ne peut intervenir avant le début du mois de septembre. Le sommet de l'ONU consacré à la réforme de l'institution doit se tenir peu après. Un sujet aussi important ne doit pas être «pollué» par l'affaire iranienne. Rien ne sera donc fait avant la fin septembre. Il sera alors trop tard pour brandir des menaces qui aient un sens pour Téhéran, quelle que soit la détermination des différents acteurs. L'Iran aura donc sa bombe, et tous ceux - Européens, Russes et Américains - qui ont déclaré que ceci était «inacceptable» devront faire face aux conséquences de leur choix d'août 2005.

(1) Voir nos éditions du 30 juin 2005.

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Le 28 avril 2004

Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
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L'Iran possède un programme nucléaire militaire parallèle et clandestin

VIENNE (AP) - L'Iran pourrait posséder un programme nucléaire militaire clandestin, parallèlement aux équipements civils qu'il a dévoilés à la communauté internationale avec l'objectif d'écarter les soupçons sur l'existence éventuelle d'un programme d'armement nucléaire iranien, ont déclaré mardi les responsables américains.

Selon ces responsables ayant requis l'anonymat, de nouveaux renseignements sur les activités nucléaires iraniennes, laissent penser que l'Iran possède deux programmes: un auquel les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ont accès, et un autre géré par les militaires et visant à fabriquer des armes nucléaires.

«Nous commençons à voir des indications selon lesquelles il y a un programme militaire parallèle», a déclaré l'un des responsables à l'Associated Press, ajoutant toutefois que les «preuves limitées» disponibles à ce stade ne sont pas suffisantes pour tirer des conclusions définitives.

Un autre responsable a évoqué «des inquiétudes explicites» sur le fait que l'armée iranienne contrôle des programmes nucléaires pour fabriquer des armes.

C'est la première fois que des responsables américains suggèrent que Téhéran possède deux programmes nucléaires, l'un accessible pour apaiser les inquiétudes de la communauté internationale et l'autre clandestin pour fabriquer des armes.

Mais Pirooz Hosseini, le principal délégué iranien à l'AIEA, a qualifié ces commentaires d'«allégations infondées». Toute information valide sur les intentions nucléaires d'Iran «viendront de l'AIEA et non pas de ces gens-là», a-t-il déclaré à l'Associated Press.

Mais selon Alireza Jafarzadeh, ancien porte-parole d'un mouvement d'opposition en exil, le Conseil national de la résistance, les conservateurs iraniens ont récemment formé une «nouvelle unité spéciale militaire», avec «entre 350 à 400 physiciens, experts et chercheurs en nucléaire» pour prendre en charge le programme militaire iranien.

S'exprimant depuis Washington, M. Jafarzadeh qui cite des sources ayant «accès au programme nucléaire du régime iranien», évoque un programme - différent de celui qui est actuellement inspecté par l'AIEA- avec des laboratoires secrets à travers le pays et des équipements destinés à fabriquer de l'uranium enrichi à des fins militaires.

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29 janvier 2004

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L'Iran remplace l'Irak, devient première source de financement du fatah d'Arafat.

World tribune.com
Traduction CID

 

L'Iran est devenu le premier financier du principal groupe insurrectionnel palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Des sources militaires israéliennes affirment que dans l'année écoulée, l'Iran et son allié du Hezbollah ont fourni au Fatah, mouvement dirigeant [l'AP], 90 % des besoins de cette organisation nécessaires au maintien de la guerre palestinienne contre l'État juif.

Cette source affirme que l'Iran a remplacé l'Iraq dans le financement des opérations du Fatah contre Israel. Jusque début 2003, l'Iraq injectait environ 2 millions de dollars par mois dans la machine de guerre palestinienne, principalement le Fatah, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, selon Middle East Newsline.

Cette même source affirme que le président de l'AP, Yasser Arafat a du constamment réduire les financements du Fatah et ne fournit plus que 10 % des besoins du Fatah nécessaires au maintien de la guerre.

« Arafat n'est que très peu impliqué dans le financement de la guerre. C'est l'Iran qui finance, » affirme un militaire de haut rang. « Mais sans Arafat, l'Iran n'aurait pas l'infrastructure du Fatah à sa disposition. »

« Dans chaque ville et village [palestinien], vous pouvez trouver des groupes de gens du Fatah qui ont été financés et entrainés par l'Iran, » affirme le Maj. Gén. Amos Gilad, directeur du département politique du Ministère israélien de la Défense.

Les fonds iraqiens ont cessés en mars 2003, lorsque les États-Unis ont envahi l'Iraq et renversé le régime de Saddam Hussein.

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Le 6 novembre 2003

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L'ex-chef des services secrets iraniens affirme que Téhéran a agit seul dans l'attentat de l'AMIA

Haartez
(Traduction CID)

Bueno Aires - Un témoin iranien a affirmé hier que le gouvernement de Téhéran était le seul responsable de l'attentat de 1994 contre le centre communautaire Juif AMIA à Buenos Aires qui avait tué 85 personnes et blessé des centaines, affirment des sources au tribunal.

Abolgasem Mesbahi, connu comme le « témoin C », a témoigné par video conférence depuis l'Ambassade d'Argentine à Berlin, en Allemagne, lors du procès public qui se tient à Buenos Aires concernant les connection locales présumées liées à l'attaque.

Mesbahi, ancien chef des services de renseignement iraniens, a affirmé que « personne » en Argentine n'a été impliqué ni n'a collaboré « dans la logistique ou le receuil d'informations lors de l'attaque ». Il a affirmé que la camio-nette remplie d'explosifs utilisée dans l'attentat avait été louée pour les besoins de l'attaque.

L'Iran « n'a pas employé de main d'oeuvre locale » pour ces attaques, a affirmé Mesbahi. Il y a un an, Mesbahi expliqua à la justice argentine comment le paiement présumé de 10 millions de dollars avait été fait à un émissaire du Président d'alors, Carlos Menem, afin que ce dernier étouffe le rôle de Téhéran dans l'attentat de l'AMIA.

Dans son témoignage de mercredi Mesbahi réitéra son accusation, affirmant qu'un « envoyé spécial » dépêché en Iran par Menem, Président d'Argentine de 1989-1999, arranga l'étouffement pour 10 millions de dollars. L'argent « devait aller dans la poche du Président Menem et stopper la campagne » contre l'Iran, a affirmé Mesbahi.

Cependant, Mesbahi a affirmé ne pas savoir si le paiement avait été réellement effectué, mettant un bémol à ses déclarations en affirmant que tout ce qui concerne le paiement lui avait été raconté par une personne qui mourru plus tard.

Mesbahi a affirmé « n'avoir jamais vu de sa vie » l'envoyé supposé de Menem. Le témoignage de Mesbahi contredit ce qu'il disait l'année dernière lorsqu'il donna une description détaillée de l'émissaire en question.

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Le 21 juillet 2003

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I. Terrorisme : George W. Bush met en garde Damas et Téhéran

CRAWFORD - Le président George W. Bush a lancé une nouvelle mise en garde à la Syrie et à l'Iran. Selon lui, Damas et Téhéran continuent d'abriter et d'aider des terroristes. Leur comportement est « complètement inacceptable », a déclaré le président américain.

« Aujourd'hui, la Syrie et l'Iran continuent d'abriter et d'aider des terroristes. Ce comportement est complètement inacceptable et les Etats qui soutiennent le terrorisme devront rendre des comptes », a lancé M. Bush. Selon le président, ces deux pays sapent ainsi le processus de paix au Proche-Orient.

Saluant le « leadership et le courage » montrés par le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas et son homologue israélien Ariel Sharon, il a estimé qu'il « était temps pour les gouvernements au Proche-Orient de soutenir les efforts de ces deux hommes en luttant contre le terrorisme sous toutes ses formes. »

George W. Bush a également adressé une mise en garde à la Corée du Nord, en estimant que Pyongyang « s'aliénerait » le reste du monde si elle poursuivait ses efforts pour développer des armes nucléaires. « Je pense que nous pouvons résoudre ce problème diplomatiquement », a-t-il ajouté.

Silvio Berlusconi, qui a été reçu dans le ranch de Crawford (Texas) du président Bush, a réitéré de son côté le soutien apporté par son gouvernement aux Etats-Unis après les divisions suscitées par l'intervention américano-britannique en Irak.

« Nous devons raviver la force de la cohésion, qui doit être une force vitale, capable de planifier et de construire quelque chose. C'est le message que je vais rapporter à mes alliés européens en tant que président de l'Union européenne », a-t-il déclaré.

© ATS

 

II. L'Europe durcit le ton avec l'Iran

À Bruxelles, l'UE s'inquiète du programme nucléaire iranien et élève la voix. Aux États-Unis, le président Bush accuse Téhéran d'héberger des « terroristes ».

Les ministres européens des Affaires étrangères ont exprimé lundi leur « préoccupation grandissante » sur le programme nucléaire iranien et prévenu Téhéran que l'UE réexaminerait en septembre la nature de ses relations après un nouveau rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Dans une déclaration commune approuvée lors d'une réunion à Bruxelles, ils ont souligné que « les progrès dans les relations économiques et politiques » de l'Union européenne (UE) avec l'Iran devraient « être évalués en parallèle ».

« Des relations économiques plus intenses ne peuvent être développées que si des progrès sont enregistrés sur les quatre sujets de préoccupation, à avoir les droits de l'homme, le terrorisme, la non-prolifération et le processus de paix au Proche-Orient », ont affirmé les chefs de la diplomatie.

Ils ont exigé en premier lieu de l'Iran une « transparence complète » sur son programme nucléaire, une « pleine coopération » avec l'AIEA et l' « acceptation urgente et inconditionnelle » du protocole additionnel du Traité de non-prolifération (TNP), qui autorise des inspections surprise des installations nucléaires.

Le missile Chahab-3

Lors d'une rencontre avec les ministres européens, le chef de la diplomatie israélienne, Sylvan Shalom, a exprimé lundi l'inquiétude de l'Etat hébreu à l'égard de l'Iran, qu'il a accusé de menacer « la stabilité du monde entier ».

« L'Iran essaie à l'heure actuelle de tout mettre en oeuvre pour acquérir une arme nucléaire et cela peut nuire et menacer non seulement le Proche-Orient, cela peut aussi menacer l'Europe et la partie méridionale de la Russie », a-t-il déclaré, en réponse à une question sur le nouveau missile iranien Chahab-3.

Ce missile livré dimanche aux forces armées iraniennes a une portée de 1 300 kilomètres, ce qui le rend capable d'atteindre l'Etat hébreu. « Toutes nos armes sont défensives et dissuasives (...) et la République islamique d'Iran ne menace pas les autres pays, comme cela a été démontré ces 25 dernières années », réplique à ce propos le ministère iranien des Affaires étrangères.

Les Quinze ont aussi exprimé lundi leur « choc profond » après la mort en détention de la journaliste irano-canadienne Zahra Kazemi. Celle-ci est morte d'un coup à la tête pendant sa détention mais les circonstances exactes de sa mort et l'identité des responsables doivent faire l'objet d'une enquête plus approfondie, indique dimanche un rapport du gouvernement iranien.

« Inacceptable » pour Bush

La pression est venue aussi des Etats-Unis. Le président George W. Bush a, en effet, accusé lundi la Syrie mais aussi l'Iran. « Aujourd'hui la Syrie et l'Iran continuent d'héberger et de soutenir les terroristes » a-t-il dit. Ceci « sape le processus de paix au Proche-Orient et les véritables intérêts du peuple palestinien. Le terrorisme est le plus grand obstacle à l'émergence d'un Etat palestinien et tous les dirigeants qui veulent atteindre ce but ont l'obligation d'étayer leurs déclarations par de véritables actions contre le terrorisme », a-t-il ajouté. (D'après AFP et Reuters)

© La Libre Belgique 2003

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Le 23 juillet 2003

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L'Iran admet pour la première fois détenir des membres importants d'Al-Qaïda

TEHERAN (AFP) - L'Iran a reconnu mercredi, publiquement et pour la première fois, détenir des membres importants d'Al-Qaïda et a annoncé l'extradition ou l'expulsion prochaine d'éléments de ce réseau terroriste.

« Depuis la chute des talibans, nous avons arrêté de nombreux membres d'Al-Qaïda. Nombre d'entre eux ont été expulsés ou remis à leur pays d'origine et nous détenons encore de nombreux membres, importants ou pas », a déclaré le ministre des Renseignements Ali Younessi.

Le ministre, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse à Téhéran, a cependant refusé d'en dire plus sur les membres importants en question membres du réseau d'Oussam ben Laden.

Le ministre de l'Intérieur, Abdolvahed Moussavi Lari, cité par l'agence officielle Irna, a ensuite annoncé que l'Iran extraderait bientôt certains des membres d'Al-Qaïda qu'il détient vers leur pays d'origine en vertu d'accords passés avec les Etats concernés, en expulserait d'autres vers le pays par lequel ils sont entrés en Iran, et en jugerait lui-même certains.

M. Moussavi Lari n'a pas distingué entre membres importants ou pas d'Al-Qaïda.

L'Iran, qui avait tardé à reconnaître détenir des membres d'Al-Qaïda, s'était gardé ensuite et jusqu'à mercredi de donner la moindre précision sur ses prisonniers.

Selon des sources diplomatiques et la presse arabe, l'Iran détiendrait Saad ben Laden, l'un des fils d'Oussama ben Laden, déchu de sa nationalité saoudienne, le numéro deux d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, l'Egyptien Saïf al-Adel, qui serait devenu le nouveau numéro trois d'Al-Qaïda après le décès présumé en Afghanistan du chef des opérations militaires Mohammad Atef, et Souleimane Abou Ghaïth, le porte-parole d'Al-Qaïda, un Koweitien également déchu de sa nationalité.

Des diplomates avaient affirmé ces dernières semaines que l'Iran menait des pourparlers secrets avec l'Egypte, le Koweit et l'Arabie saoudite pour l'extradition de responsables de premier plan d'Al-Qaïda, arrêtés sur son territoire.

L'une des difficultés auxquelles serait confronté Téhéran est que certains membres d'Al-Qaïda ont été déchus de leur nationalité et que leurs pays d'origine les refusent donc. Par ailleurs, ses relations avec certains pays comme l'Egypte ne sont pas normalisées.

« L'Iran a offert de nous livrer Abou Ghaïth mais nous n'en voulons rien savoir. Il n'est pas un citoyen koweitien », a déclaré récemment le ministre koweitien de l'Intérieur Nawaf Al-Ahmad Al-Sabah.

L'Iran est en butte aux accusations américaines, répétées lundi par le président George W. Bush, de servir de refuge aux terroristes, dont certains auraient participé à la planification du triple attentat suicide de Ryad ayant fait 35 morts, dont 9 Américains, le 12 mai.

La République islamique chiite s'est constamment défendue contre ces allégations en soulignant les profondes différences idéologiques avec Oussama ben Laden, adepte du wahhabisme sunnite, qui considère les chiites comme des apostats. Téhéran a toujours invoqué les quelque 500 membres d'Al-Qaïda arrêtés sur son territoire depuis l'automne 2001 et chassés du pays.

« Nous sommes déterminés comme nous l'avons fait par le passé à lutter contre Al-Qaïda. Nous ne le faisons pas pour plaire aux uns et autres, il est de notre devoir national de lutter contre Al-Qaïda », a affirmé M. Younessi.

Reste à savoir si l'Iran expulsera des membres éminents d'Al-Qaïda vers des pays comme l'Arabie saoudite et le Koweit, ce qui pourrait être interprété comme un geste de bonne volonté à l'attention de l'Occident alors que Téhéran est soumis à une forte pression internationale, sur le terrorisme, mais aussi le nucléaire ou encore les droits de l'Homme.

 

Téhéran affirme détenir des membres d'Al Qaïda

WASHINGTON/TEHERAN (Reuters) - Les Etats-Unis ont fait part de leurs doutes mercredi après l'annonce par le ministre iranien des Renseignements, Ali Yunesi, qu'un grand nombre de membres du réseau Al Qaïda, dont certains hauts responsables, étaient détenus en Iran.

Le porte-parole de la Maison blanche, Scott McClellan, a indiqué que l'administration du président George Bush n'était "pas vraiment sûre" de ce que Téhéran entendait par arrestation.

Cette annonce du régime iranien semble confirmer « ce que nous pensons être une présence importante d'Al Qaïda en Iran », a-t-il ajouté.

« Nous avons exprimé nos inquiétudes au sujet de leur soutien et de leur hospitalité envers les terroristes", a poursuivi McClellan. "Je pense que l'Iran sait qui ils sont et ce qu'il y a à faire. »

Bush a accusé l'Iran et la Syrie lundi de soutenir les activistes essayant de saper le processus de paix au Proche-Orient. Le président américain a ajouté que les pays apportant leur soutien au « terrorisme » seraient « tenus responsables ». (...)

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Le 9 juillet 2003

Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/

 

Dossier : L'Iran mis en examen nucléaire

 

I. L'Iran, prochaine cible
Valeurs Actuelles n° 3474 paru le 27 Juin 2003

II. L'Iran mis en examen nucléaire
Téhéran, qui reçoit le directeur de l'Agence de l'énergie atomique, refuse toujours ses inspections.
Par Jean-Dominique Merhet, Libération, Mercredi 09 juillet 2003

III. Le Shahab-3 ou l'apocalypse pour Israël
L'Iran a achevé avec succès les essais du missile sol-sol.
Par Jacques Kerem, Libération, Mercredi 09 juillet 2003

IV. 39 000 000 000 de barils d'or noir
Pétrole - L'Iran a découvert trois gisements dont l'un des plus grands de l'aventure pétrolière.
Le Soir (Bruxelles), 15/07/2003 | 06 h 00

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I. L'Iran, prochaine cible
Valeurs Actuelles n° 3474 paru le 27 Juin 2003

Les jours des mollahs sont-ils comptés ? Les Américains exigent le désarmement nucléaire de Téhéran. Leurs bases militaires entourent l'Iran de tous les côtés.

Pas de pitié pour ceux qui servent les intérêts des puissances étrangères ! : dès le 11 juin, l'ayatollah Sayed Ali Khamenei, guide spirituel de la République islamique, se montrait particulièrement menaçant à l'égard du mouvement contestataire qui, parti deux jours plus tôt du campus universitaire Amir-Abbad de Téhéran, était en train de gagner l'ensemble du pays. Le 20, l'ayatollah Mohamed Yazdi, ancien chef de la "justice islamique", renchérissait dans son prêche du vendredi : « Ces personnes ont déclaré la guerre à Dieu et mis en danger la sécurité nationale. Elles n'ont droit à aucune compassion. » Les deux crimes mentionnés, "guerre contre Dieu" et "trahison", sont passibles de la peine de mort.

La répression n'a pas été confiée aux services de sécurité officiels, mais aux milices "parallèles" du régime les Bassidjis, les Ansarei Hezbollah, et surtout le Lebas Charkhis ("police en civil"). Elles procèdent à des arrestations sans mandat ni notification aux familles : des "enlèvements" qui, dans le passé, se sont souvent soldés par des exécutions sommaires.

Plusieurs centaines de contestataires auraient ainsi "disparu" en une dizaine de jours.

Certains ont voulu voir dans le recours aux milices un nouvel épisode des luttes entre clans au sein de la théocratie iranienne : l'ultrareligieux Khamenei aurait de plus en plus de difficultés à se faire obéir par les services gouvernementaux, qui dépendent en principe du président de la République, le religieux modéré Mohamed Khatami. Le fait est que ce dernier a donné, au début des événements, des consignes de "retenue" aux forces de sécurité officielles : « Nous ne croyons pas que des manifestations de rue soient une expression authentique de la démocratie, expliquait son porte-parole, Abdollah Ramezanzadeh. Nous ne voulons pas non plus que coule le sang des uns ou des autres, dans la rue ou ailleurs. »

Mais il faut tenir compte également d'une double radicalisation : le pouvoir khomeiniste en revient aux méthodes "révolutionnaires" qui ont longtemps été les siennes la terreur policière ou parapolicière parce que les opposants, pour la première fois depuis vingt-quatre ans, parlent ouvertement de le renverser. Jusqu'ici, ils se bornaient à critiquer le régime "de l'intérieur", en se retranchant derrière la lettre de la Constitution islamique ou en affichant leur soutien à Khatami. Désormais, ils réclament l'instauration d'une démocratie véritable, à l'occidentale, impliquant une séparation complète entre les pouvoirs politique et religieux. Plus grave encore, aux yeux des khomeinistes : les opposants ne font pas mystère de leurs sympathies pro-américaines, au moment même où les Etats-Unis exercent des pressions politiques et géopolitiques extrêmement lourdes sur le pays.

Mohamed Riza Djalili, professeur de relations internationales à l'université de Genève, note : « Le monde dans lequel vivaient les mollahs s'est effondré le 11 septembre 2001. Khomeini leur avait enseigné que les Etats-Unis étaient un tigre de papier, une fausse superpuissance contre laquelle l'Iran pouvait se dresser sans difficulté majeure. Et ce dogme semblait correspondre à la réalité. Les Américains n'avaient pas pu sauver le chah. Ils n'avaient pas réussi à porter secours à leurs diplomates de Téhéran, faits prisonniers par des "étudiants islamiques". La première guerre d'Irak, en 1991, constituait une preuve supplémentaire de cette faiblesse : les Américains n'avaient pas osé s'emparer de Bagdad et déposer Saddam Hussein, par peur d'une révolution islamique chiite. »

Mais l'Amérique de George Bush, c'est tout autre chose. « Elle a fait la guerre en Afghanistan, et elle continue à occuper ce pays. Elle l'a faite en Irak, et continue à occuper ce pays. » En outre, « elle s'est implantée dans tous les autres pays de la région, de l'ouest à l'est et du nord au sud. L'Iran est encerclé ».

Au nord-ouest, les Américains sont installés en Turquie : un pays membre de l'Otan, où ils disposent d'importantes bases aériennes. Pour des raisons de politique intérieure, Ankara n'a pas accordé à Washington tout l'appui souhaité pendant la deuxième guerre d'Irak, au printemps dernier. Mais le premier ministre néo-islamiste, Recep Tayyip Erdogan, sait qu'il ne pourrait se comporter à nouveau de cette façon en cas de conflit régional, avec l'Iran cette fois.

Au nord, les Américains sont implantés dans presque tous les anciens territoires méridionaux de l'URSS : le Caucase ex-soviétique (Géorgie, zerbaïdjan) et l'Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan). A l'est, ils contrôlent l'Afghanistan, entretiennent leur vieille alliance avec le Pakistan et sont en train d'en tisser une nouvelle avec l'Inde.

Au sud, ils contrôlent l'océan Indien, où patrouille la VIIe flotte, et le golfe Persique, où ils disposent presque partout de bases ou de points d'appui : à Oman, à Bahrein, au Qatar et au Koweit. A l'ouest, ils tiennent l'Irak. Au sud-ouest, ils entretiennent des alliances quelque peu conflictuelles avec l'Arabie saoudite et l'Egypte, et des alliances étroites avec Israël et la Jordanie.

Le jour où Washington décidera, pour telle ou telle autre raison, de liquider la République islamique, personne dans la région ne pourra donc l'en empêcher. Le reste du monde, qui n'a pas pu empêcher la guerre en Irak, soutiendra probablement les opérations américaines par défaut, à commencer par l'Union européenne. Et le régime ne pourra même pas compter sur un sursaut patriotique ou religieux.

L'Iran compte aujourd'hui soixante millions d'habitants. Mais un million et demi d'exilés iraniens vivent aux Etats-Unis, et y vivent fort bien. Un autre million et demi s'est installé en Europe. Un troisième million s'est dispersé de l'Inde à l'Australie. Ces communautés de l'extérieur qui, pour mieux se distinguer de l'Iran des mollahs, se qualifient souvent de Persian ("persanes") sont en contact constant avec la société civile iranienne, par Internet ou par des télévisions à retransmission satellitaire. Aujourd'hui déjà, elles "pilotent" à distance la contestation étudiante. Qu'en serait-il en cas de conflit déclaré avec les Américains ?

Deux évolutions politiques récentes montrent l'impact du 11 septembre 2001 et des communautés iraniennes de l'extérieur. D'abord, l'effondrement électoral de Khatami. Aux municipales de février dernier, les réformistes ou libéraux, qui avaient élu le président actuel en 1997 avec près de 70 % des suffrages, ont manifesté leur désenchantement devant l'échec de ses réformes en suivant les consignes d'abstention préconisées par les Irano-Américains : le taux a été de 90 % à Téhéran et de plus de 60 % dans l'ensemble du pays. Certes, il a donné le pouvoir local aux ultrareligieux, mais ceux-ci sont loin d'être dupes de leur victoire.

Ensuite, la popularité dont jouit désormais le prince Reza Pahlavi, fils du dernier chah. Un quart des Iraniens souhaiteraient son retour sur le trône. Un autre quart ne s'y opposeraient pas. Un phénomène entièrement "mis en scène" par les télévisions monarchistes par satellite, qui émettent à partir de Los Angeles.

En termes religieux, le régime khomeiniste est aujourd'hui confronté à ses "péchés originels". Le gouvernement islamique institué en 1979 Velayath e-Faghih s'était substitué à la hiérarchie chiite traditionnelle, révérée par la plupart des Iraniens : une quinzaine d'ayatollahs plus ou moins héréditaires et un Grand Ayatollah coopté par ses pairs. Aujourd'hui, les exclus sont prêts à prendre leur revanche, en cautionnant une révolution libérale. La fin du régime baassiste en Irak renforce cette tendance : les ayatollahs et mollahs arabes de Nadjaf et de Kerbala, désormais libres de prêcher et d'agir, n'ont pas l'intention de faire allégeance à la théocratie de Téhéran. Au contraire, ils peuvent être tentés par un accord avec les Américains, aux termes duquel ils jouiraient désormais d'un statut privilégié à Bagdad. « Un Irak chiite n'est pas nécessairement une bonne nouvelle pour les mollahs iraniens, note le Pr Djalili. Pas plus que l'émergence d'une Chine communiste indépendante n'avait été une bonne nouvelle, naguère, pour les Soviétiques. »

Un avertissement signé George Bush.

Dès 2001, George Bush avait classé l'Iran parmi les pays de l'axe du Mal. Depuis la fin de la guerre d'Irak, les Américains désignent presque ouvertement ce pays comme leur prochaine cible. Parmi leurs chefs d'accusation : la non-renonciation au terrorisme, l'asile accordé à des dirigeants d'Al-Qaïda (et peut-être même à Oussama ben Laden), le soutien militaire et financier au Hezbollah libanais et aux organisations terroristes palestiniennes, et enfin la mise au point d'armes de destruction massive. « Le programme nucléaire iranien est beaucoup plus avancé aujourd'hui que ne l'a jamais été celui de Saddam Hussein », note un expert du Hudson Institute, Michael Ledeen. Bush a dit, le 16 juin, qu'il « ne tolérerait jamais l'apparition d'un Iran doté de l'arme nucléaire ».

Sous-entendu : si l'Iran reste khomeiniste.

Une partie des dirigeants iraniens actuels estiment qu'ils peuvent encore négocier un compromis avec l'Amérique. C'est le cas de l'ancien président Ali Akbar Rafsandjani-Hashemi. Il se fait fort d'obtenir un statut "pakistanais" : le régime reste en place, à condition de ne pas entraver la stratégie régionale américaine ; il conserve son potentiel nucléaire, moyennant un contrôle américain. "Le compromis idéal", dit-on à la Maison-Blanche, "s'il avait été proposé avant le 11 septembre."

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II. L'Iran mis en examen nucléaire

Téhéran, qui reçoit le directeur de l'Agence de l'énergie atomique, refuse toujours ses inspections.

Par Jean-Dominique Merchet
Libération

Soupçonné de développer une arme atomique, l'Iran est sommé par la communauté internationale de s'expliquer sur son programme nucléaire. Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohammed el-Baradei, arrive aujourd'hui à Téhéran. Une visite qui intervient à la suite de la publication, le 6 juin, d'un rapport très sévère pour l'Iran. Ce pays «a omis de remplir ses obligations» liées au Traité de non-prolifération (TNP), estime l'agence des Nations unies qui pointe les «manquements» de Téhéran. Soutenu par les Etats-Unis, l'Union européenne et la Russie, El-Baradei demandera une nouvelle fois à l'Iran d'autoriser des inspections surprises et détaillées de ces sites nucléaires. Pour l'instant, éhéran refuse de signer le «protocole additionnel» qui les rendrait possibles, mais souhaite poursuivre la «coopération» avec l'AIEA. Téhéran rappelle que le Traité de non-prolifération fait obligation aux puissances nucléaires militaires (Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Chine) d'aider les autres pays à développer leur nucléaire civil. Les soupçons sur l'Iran se sont précisés en août 2002, lorsqu'un groupe d'opposants (les Moudjahidin du peuple) a révélé l'existence de deux installations tenues secrètes par la République islamique. Il s'agit d'une usine d'enrichissement de l'uranium à Natanz et d'un centre de production d'eau lourde à Arak. Signataire du Traité de non-prolifération en 1970, l'Iran était tenu de déclarer leur existence. Pour des raisons diplomatiques, l'AIEA se garde de prononcer le mot «violation», mais c'est de cela qu'il s'agit.

Péché.

«L'Iran travaille activement à développer des capacités en armes nucléaires», affirme le département d'Etat américain, une position partagée par les Européens. «L'Iran n'a pas encore la bombe, mais il veut se donner la possibilité d'en fabriquer une», estime Bruno Tertrais, spécialiste de la prolifération nucléaire à la Fondation pour la recherche stratégique (1). «Pour cela, l'Iran entend maîtriser l'ensemble de la filière nucléaire, poursuit-il. C'est un peu comme la France avant le retour de De Gaulle en 1958 : on met en place les outils nécessaires, sans forcément avoir pris la décision de développer un arsenal complet. Avec l'Iran, on n'est pour l'instant dans le péché véniel, pas encore dans le péché mortel.» D'autres experts sont plus pessimistes : «L'Iran a déjà pris la décision de se doter de l'arme nucléaire», affirme l'un deux, tenu à l'anonymat.

Mine.

Maîtriser toute la filière signifie posséder des matières fissiles, pouvoir les enrichir, usiner des armes et enfin être capable de les tirer. L'Iran est actif dans tous ces domaines. Il exploite une mine d'uranium dans la province de Yazd, dont l'existence n'a été révélée que cette année. Le pays développe, avec l'aide de la Russie, un programme nucléaire civil à Bushehr, «d'une ampleur guère compatible avec les besoins énergétiques d'un pays exportateur de pétrole»(voir ci-dessous IV), assure Bruno Tertrais. Les deux installations de Natanz et d'Arak pourraient servir à produire des matières fissiles pour les deux «filières» de fabrication d'une arme : l'uranium enrichi ou le plutonium. Enfin, l'Iran se dote de capacités balistiques, avec le tir récent d'un missile sol-sol(voir ci-dessous III). Au vu de l'expérience récente, rien n'indique que Téhéran ne possède pas d'autres installations.

Même si l'Iran nie vouloir se doter d'une arme nucléaire, expliquant que ce serait contraire à l'islam, tous ces éléments mis bout à bout suscitent l'inquiétude des dirigeants occidentaux. Qui font aujourd'hui monter la pression sur Téhéran. D'autant que l'Iran a un long passé nucléaire. Il remonte au programme américain Atoms for Peace en 1957, lorsque l'Iran reçut quelques kilos d'uranium enrichi. Le premier centre de recherches a été créé en 1959 à l'université de Téhéran. Jusqu'à la révolution islamique de 1979, une importante coopération s'est développée avec les Etats-Unis, la France (contrat Eurodif pour une usine d'enrichissement), l'Allemagne ou l'Argentine. Au milieu des années 70, le régime du Shah est soupçonné de vouloir doter l'Iran d'une bombe atomique. Des milliers de chercheurs et de techniciens ont été formés dans les universités étrangères. L'arrivée au pouvoir de l'imam Khomeiny puis la guerre Irak-Iran ont brisé le programme. Il faudra attendre 1985 pour que le régime des mollahs le relance. En se tournant vers d'autres pays, comme la Corée du Nord, la Chine, peut-être, le Pakistan. En 1991, l'Iran a importé de l'uranium de Chine en oubliant de le déclarer à l'AIEA. Mais le pire n'est pas toujours sûr. En 1984, le magazine spécialisé Jane's affirmait, en se basant sur des informations des services de renseignements allemands, que l'Iran aurait sa bombe atomique dès 1986.

(1) L'Annuaire stratégique et militaire 2003 de la FRS, Odile Jacob, 39 euros.

© Libération

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III. Le Shahab-3 ou l'apocalypse pour Israël

L'Iran a achevé avec succès les essais du missile sol-sol.
Par Jacques Kerem
Libération

Jérusalem

Les renseignements militaires israéliens étaient au parfum depuis plusieurs jours. Le 4 juillet, l'information a filtré dans le quotidien Haaretz. Le 7, le ministère iranien des Affaires étrangères l'a confirmé. L'Iran a achevé les essais du Shahab-3, un missile balistique d'une portée de 1 300 kilomètres, mettant l'Etat hébreu à portée de frappe. Ce missile est également en mesure d'atteindre la Turquie, allié militaire d'Israël, le sous-continent indien et les forces américaines dans le Golfe.

Sonnette.

«Nous avons fait part de nos inquiétudes à nos amis américains et européens. Il faut tout faire pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. La combinaison de ce vecteur, le Shahab-3, et de l'arme nucléaire serait extrêmement grave pour la stabilité de la région», a déclaré Avi Pazner, porte-parole du gouvernement israélien. Pour Israël, le Shahab-3 («météore» ou «étoile filante» en persan), c'est Armageddon, l'arme de l'apocalypse. Version améliorée du missile sol-sol nord-coréen No Dong-1, ce missile est capable d'emporter une charge de 800 kilogrammes.

10 000 kilomètres.

En mai 2002, à la suite d'un précédent essai réussi du Shahab-3, Israël avait déjà tiré la sonnette d'alarme dans les chancelleries sur la «menace iranienne». «Nous savons que l'Iran tente de développer des missiles de différentes portées pouvant aller dans l'avenir jusqu'à 10 000 kilomètres», affirmait, à l'époque, le travailliste Shimon Pérès, chef de la diplomatie du premier cabinet Ariel Sharon.

«Les derniers tests du Shahab-3 confirment les inquiétudes d'Israël concernant le développement de l'arsenal balistique de l'Iran et ses craintes quant à ses intentions, notamment dans le domaine nucléaire», déclare le professeur Mark Heller, analyste au centre d'études stratégiques Jaffee de l'université de Tel-Aviv. «L'essai iranien est inquiétant, car il montre que l'Iran développe les vecteurs susceptibles de propulser à grande distance des armes de destruction massive», renchérit son confrère Shaï Feldman.

Les deux experts excluent cependant une frappe préventive de l'Etat hébreu contre les installations nucléaires iraniennes, du type du raid aérien spectaculaire du 7 juin 1981 contre la centrale nucléaire irakienne d'Osirak, proche de Bagdad, ordonnée par le Premier ministre de l'époque Menahem Begin. Fortement marqué par la Shoah &endash; ses proches avaient péri dans les chambres à gaz nazies &endash;, Menahem Begin, à la veille de son second mandat, en pleine campagne électorale, avait donné l'ordre à la chasse israélienne de détruire Osirak. Aujourd'hui, relève Mark Heller, «les données opérationnelles ne sont pas les mêmes. L'Iran a tiré les leçons d'Osirak. Ses installations nucléaires comme ses lanceurs de missiles sont profondément enterrés et disséminés sur son territoire». «La situation géostratégique régionale a, d'autre part, changé avec la présence américaine en Irak. Et la communauté internationale est loin d'être indifférente à la menace nucléaire iranienne, alors qu'en 1981 elle semblait faire peu de cas du programme nucléaire irakien», souligne de son côté Shaï Feldman. Depuis la chute du régime de Saddam Hussein, l'Iran qui, pour les Etats-Unis, fait partie de «l'axe du mal» avec la Corée du Nord, est considéré par Israël comme son ennemi le plus dangereux.

Feu.

Avant l'offensive anglo-américaine en Irak, Ariel Sharon affirmait déjà, dans une déclaration au Times de Londres, qu'après la guerre contre l'Irak, la communauté internationale devrait concentrer son action contre l'Iran. «Dès le lendemain» de la guerre contre l'Irak, elle devait, selon lui, soumettre le régime de Téhéran à des pressions. «L'Iran, affirmait-il, a effectué tous les efforts pour posséder des missiles balistiques et des armes de destruction massive. Cela constitue un danger pour le Proche-Orient, pour Israël et pour l'Europe.» Le sillage de feu laissé dans le ciel par le Shahab-3 a réveillé les cauchemars d'Israël.

© Libération

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IV. Pétrole - L'Iran a découvert trois gisements dont l'un des plus grands de l'aventure pétrolière

39 000 000 000 de barils d'or noir

Le Soir (Bruxelles)
Joan Condijts

Situé dans le sud, le champ abriterait du pétrole « lourd ». Une huile difficile à raffiner, partant, de moindre valeur marchande. L'annonce pourrait revêtir un caractère politique.

Le ministère iranien du pétrole a annoncé, ce lundi, la découverte de trois gisements d'or noir dans le sud du pays. Selon des estimations officielles, ce champ contiendrait 39 milliards de barils alors que les réserves prouvées de la république islamique s'élevaient jusqu'à ce jour, d'après les données publiées par British Petroleum - la référence en la matière -, à 89,7 milliards de barils.

D'après nos premières estimations, nous avons découvert que le gisement de Kouh-Mond recèle 6,63 milliards de barils de pétrole, que celui de Zageh en contient 1,3 milliard, et celui de Ferdoss 30,6 milliards, a indiqué le directeur du ministère du Pétrole, Abol-Hassan Khamouchi, cité ce lundi par un journal du soir, « Kayhan », et repris par l'agence France Presse. Ces gisements se situent dans la région de Bouchehr, ville portuaire sise sur le Golfe, à quelque 750 km au sud de Téhéran, a-t-il ajouté, précisant qu'il s'agissait de « pétrole lourd ».

Un détail non négligeable : Contrairement au pétrole léger qui donne beaucoup d'essence, le pétrole lourd contient beaucoup de résidus, explique Jean-Pierre Favennec, expert économique à l'Institut français du pétrole. Il est donc plus difficile à raffiner et par conséquent s'achète moins cher. Dans les années nonante, Petrofina, devenu aujourd'hui Total, avait d'ailleurs investi largement dans la raffinerie d'Anvers afin de la doter des instruments nécessaires au traitement de ces pétroles lourds. Autre bémol : Il faut voir si les autorités iraniennes parlent, dans leurs estimations, de réserves en place ou de réserves récupérables, note le spécialiste français. Seuls 70 % à 80 % des réserves en place peuvent être pompées et lorsqu'il s'agit de pétrole lourd, ce taux baisse.

La découverte dévoilée ce lundi demeure, néanmoins, exceptionnelle. Le gisement de Ferdoss et ses quelque 30 milliards de barils apparaît comme le plus important de ces dernières décennies. La période couvrant l'an 2001 ainsi que les neuf premier mois de 2002 a dénombré 560 découvertes pour un total de 12,4 milliards d'huile... Les trois gisements iraniens pèsent lourd dans la balance pétrolière de la planète : les réserves mondiales prouvées atteignent aujourd'hui 1.050 milliards de barils ou quarante ans de consommation ; aussi, Kouh-Mond, Zageh et Ferdoss représentent-ils presque 4 % du réservoir d'or noir (connu) de la Terre.

Cette annonce n'est peut-être pas politiquement innocente, suggère, en outre, Jean-Pierre Favennec. Dans la ligne de mire américaine, l'Iran se repositionne comme un pays important, relève l'économiste : Cette découverte porte les réserves iraniennes à plus de 120 milliards de barils, soit au troisième rang mondial, derrière l'Arabie Saoudite et l'Irak. De plus, l'Iran, membre de l'Opep, espère peut-être de la sorte faire monter la pression en vue du relèvement de son plafond de production (NDLR : 3,18 millions de barils par jour) imposé par le cartel.

© Rossel et Cie sa, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2003

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