HANNAH SENESCH : L'AMOUR EST INFINI
Née en 1921 à Budapest, elle monte en Israël en 1939, s'installe au kibboutz SDOTH YAM tout près de Césarée.
Elle tient de son père, écrivain hongrois, réputé, un goût prononcé pour l'écriture et laissera quantité de textes dont de nombreuses poésies sont enseignées à l'école.
Engagée dans l'armée britannique, elle subit une formation de commando en Égypte particulièrement basée sur le sabotage et les transmissions. Elle se fera parachuter en Yougoslavie en mars 1944. Sa mission consiste à sauver les prisonniers juifs des prisons hongroises.
Le 9 juin 1944, avec son groupe, Hannah arrive à la frontière hongroise. Elle tentera de passer seule la rivière qui sépare la Yougoslavie de la Hongrie. Pendant six semaines son équipe ne recevra pas la moindre nouvelle. En fait, la jeune femme a été vendue par des paysans, elle se trouve en prison, où elle subit les pires tortures !
Fouettée jusqu'au sang, toutes les dents brisées, elle tente de se suicider, mais est reprise et à nouveau rouée de coups ! Jusqu'à son dernier instant elle ne parlera pas !
Sa mère qui vit toujours en Hongrie ne comprend pas, quand elle est interrogée à propos de sa fille. Elle est convaincue qu'Hannah se trouve en Palestine. On la confronte alors à Hannah.
Effarée, la pauvre mère découvre son état physique. Elle tente de trouver un avocat et se rend à nouveau à la prison. On lui dit alors : « c'est trop tard, tu n'as plus rien à dire à ta fille. »
La veille, le 7 novembre 1944, la jeune femme était fusillée. Elle a refusé de se laisser bander les yeux. Dans un petit mot griffonné la veille dans sa cellule, Hannah Senesch écrit à sa mère : « Chère maman, un million de fois merci et si c'est possible pardon. Tu es la seule à comprendre pourquoi ces simples mots suffisent. L'AMOUR EST INFINI. Ta fille. »
Parmi les textes que l'une des grandes poétesses juives du 20e siècle a laissé, citons ces trois vers magnifiques :
Grâce à l'allumette qui s'est embrasée et a provoqué un incendie
Grâce à la flamme qui brûle dans le fond des curs,
Grâce aux curs qui ont su s'arrêter dans l'honneur.
Ne l'oublions jamais !
René SEROR
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