Paris, le 2 décembre 2003

FRANCE-ISRAËL
Alliance Général Kœnig
http://www.france-israel.org

Communiqué de Presse

OBJET : LA MASCARADE DE « L'INITIATIVE » DE GENÈVE

France-Israël dénonce la mascarade genevoise pour ce qu'elle est : une opération politique et médiatique destinée à affaiblir le gouvernement que s'est donné démocratiquement le peuple d'Israël.

En outre, contrairement aux affirmations mensongères de ses auteurs, le pacte est un marché de dupes sur trois points vitaux non réglés : la démilitarisation de « l'État palestinien », le droit au retour des réfugiés, la reconnaissance de l'État d'Israël en tant qu'État juif.

France-Israël condamne l'aveuglement et la prétention des personnes et des gouvernements qui se substituent aux autorités légales d'Israël et se gardent de contrer de la même façon les dictatures arabo-musulmanes, dont celle d'Arafat, qui enseignent à leurs peuples la haine des Juifs et d'Israël. Faute d'appeler ces dictatures à éradiquer la haine, préalable essentiel à la paix, ces soi-disant pacifistes tracent le plus sûr chemin vers la guerre.

En vérité, comme souvent dans les démocraties, les faibles ne supportent pas de la part d'Israël la fermeté dont ils se savent incapables.

France-Israël assure le peuple israélien de son soutien pour qu'il persévère dans la voie, difficile mais nécessaire à la paix, du courage et de la volonté.

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Le vendredi 5 décembre 2003

COMMUNIQUÉ ISRANET
Volume II, Numéro 108
Un service de L'Institut canadien de recherches sur le Judaïsme
http://www.isranet.org/

Le bradage de Genève

Par Charles Krauthammer
Washington Post, 28 novembre 2003

[Traduction française de Menahem Macina pour upjf.org]

Lundi, un accord de paix sera signé par des Israéliens et des Palestiniens. Cet « accord de Genève » a fait l'objet de beaucoup d'attention. Et sa signature sera saluée avec grande sensation. Des journalistes sont acheminés, par avion, de plusieurs points du monde par le gouvernement suisse. Jimmy Carter sera à la tête d'une théorie de dignitaires étrangers. L'ambassade des États-Unis à Berne enverra un observateur.

Chose tout à fait singulière : l'accord est signé non par des autorités israéliennes et palestiniennes, mais par deux personnes sans aucun mandat.

Côté palestinien, le négociateur est l'ancien ministre de l'information, Yasser Abed Rabbo, dont on dit, au moins, qu'il a l'oreille de Yasser Arafat. Quant à la partie israélienne, elle est menée par Yossi Beilin, un homme dont la position politique dans son propre pays est si basse, qu'elle ne s'est pas traduite par un mandat de député. Après avoir contribué à la ruine de son parti travailliste, Beilin l'a abandonné pour le parti d'extrême gauche, Meretz, qui a causé ensuite tant de dégâts dans la dernière élection, que Beilin est désormais un simple citoyen.

Il y a une raison au fait qu'il est l'un des politiciens israéliens les plus discrédités et critiqués. Il était l'idéologue et l'architecte principal de la « paix » surfaite qu'Israël s'est laissé refiler en 1993. Ces accords d'Oslo ont valu à Israël une décennie de la pire terreur qu'ait connue toute son histoire.

Maintenant, Beilin remet ça. De son côté, le Secrétaire d'État, Colin Powell, a adressé une lettre à Beilin et à Rabbo exprimant sa satisfaction de leur effort, et il envisage maintenant de les rencontrer.

C'est scandaleux. Israël est une démocratie, et cet accord a été négocié au mépris du gouvernement d'Israël, démocratiquement (et massivement) élu. Si un simple citoyen américain négociait un traité de son cru, il pourrait aller en prison en vertu du décret Logan [1]. Si un Israélien le fait, il a droit à une tape dans le dos de la part du Secrétaire d'État.

D'ailleurs, cette « paix » est entièrement hallucinatoire. On en écrit comme si Oslo n'avait jamais eu lieu. La partie palestinienne réitère des engagements solennels de reconnaissance d'Israël, de renonciation à la terreur et à l'incitation anti-israélienne, etc. -- toutes choses déjà promises à Oslo. Ces promesses sont tellement lettre morte aujourd'hui, que la partie palestinienne en marchande encore ouvertement les détails, comme si les Israéliens avaient oublié qu'en échange de ces engagements, il y a 10 ans, Israël avait reconnu l'OLP, l'avait fait revenir de son exil tunisien, avait créé une Autorité palestinienne, lui avait permis d'avoir une armée équipée de 50 000 fusils, et avait invité le monde à donner des milliards à cette nouvelle Autorité.

Arafat a empoché chaque concession israélienne, il a transformé son territoire en camp retranché, puis a lancé une sale guerre de terreur qui a duré plus de trois ans et tué plus de 1 000 Israéliens. C'est « Lucy et le football » [2], une fois encore, et le même choeur des illusionnistes qui ont tant applaudi Oslo -- Jimmy Carter, Sandy Berger, Tom Friedman -- applaudit à nouveau. Cette fois, cependant, la reddition israélienne coupe tellement le souffle qu'elle fait apparaître Oslo comme raisonnable.

Un État palestinien, bien entendu. Évacuation de toute implantation juive de la nouvelle Palestine, bien entendu. Nouvelle division de Jérusalem, bien entendu. Mais ce n'est pas assez. Beilin renonce à l'ultime symbole du lien juif à la terre et au fondement de sa revendication : le coeur de l'État juif durant les 1 000 années qui ont précédé la destruction romaine, l'objet de l'attente juive ardente de la poésie et de la prière durant les 2 000 années postérieures -- le Mont du Temple. Et Beilin ne l'abandonne pas simplement à une autorité internationale neutre, par exemple. Il le donne à une Palestine souveraine. Les Juifs le visiteront par pure condescendance arabe.

Non content d'avoir renoncé à l'âme d'Israël, Beilin renonce également à son corps. Non seulement il ramène Israël à ses frontières de 1967, arbitraires et indéfendables, mais il le fait sans aucune garantie sérieuse de sécurité.

La Palestine promet de ne pas se procurer ni acheter davantage d'armes que spécifié dans quelque annexe au traité. C'est une plaisanterie. Oslo avait aussi défini des limitations détaillées concernant les armements palestiniens, et personne n'a même fait semblant de les imposer. L'année dernière, une cargaison illégale massive est arrivée d'Iran sur le Karine A. Qu'a fait le monde à son sujet ? Rien.

Aujourd'hui, au moins, Israël a encore le contrôle des frontières de la Palestine. Sous Beilin, c'en sera fini. La Palestine sera libre d'acquérir autant d'armes meurtrières qu'elle le voudra.

Et concernant la question cruciale, sur laquelle insistent même les Israéliens les plus pacifistes -- à savoir, que les Palestiniens n'aient pas le droit de submerger Israël de réfugiés arabes -- l'accord est carrément ambigu. Les tiers (dont, entre autres, l'hostile Syrie irrédentiste et sa marionnette du Liban) peuvent donner une idée exacte du nombre de Palestiniens qui reviendront en Israël, et la base de calcul du nombre qu'on imposera à Israël d'accepter sera la moyenne mathématique !

Ce n'est pas un traité de paix, c'est un avis de suicide -- rédigé par un simple citoyen, au nom d'un pays qui l'a complètement rejeté sur le plan politique. Qu'il ait pu bénéficier de quelque encouragement de la part des Etats-Unis ou de son Secrétaire d'État est un déshonneur.

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