Le 8 novembre 2003Diffusé par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/Les fosses communes irakiennes renfermeraient 300 000 corps
Par Andraw Hammond
Bagdad (Reuters) - Les équipes chargées d'enquêter sur les crimes perpétrés par le parti Baas lorsqu'il était au pouvoir ont estimé à 260 le nombre de fosses communes en Irak et les ont jugées susceptibles de renfermer plus de 300 000 corps.
« On nous a signalé 260 fosses communes et nous avons la confirmation de l'existence d'une quarantaine d'entre elles », a déclaré samedi Sandra Hodgkinson, chargée par l'Autorité provisoire de la coalition (CPA) en Irak, de coordonner les recherches de ces sites.
« En se basant sur les témoignages d'Irakiens, nous pensons qu'elles contiennent 300 000 morts, ce qui constitue l'estimation basse », a-t-elle ajouté lors d'une conférence, laissant entendre que le travail d'enquête pourrait prendre du temps.
« En Bosnie, où les atrocités ont été perpétrées il y a huit ou neuf ans, 8 000 corps sur 30 000 ont été retrouvés. Ici, il y en a 300 000 », a précisé cette avocate spécialisée dans la défense des Droits de l'Homme.
« Comment protéger les sites ? »
Le but de cette conférence, qui dure trois jours, est de préparer le personnel du ministère irakien des droits de l'Homme aux travaux d'exhumation des corps.
Mais il s'agit également, pour les responsables de l'enquête, de protéger les sites des fosses communes et de convaincre les proches des disparus d'attendre les équipes spécialisées et de ne pas chercher à exhumer d'eux-mêmes les corps.
« L'Irak n'a pas pour l'instant la capacité de faire le travail d'enquête. La principale question, à l'heure actuelle, c'est comment faire pour protéger les sites qui ont déjà été ouverts », a déclaré Abdel-Basset Turki, ministre irakien des Droits de l'Homme.
Il a ajouté que davantage de fonds étaient nécessaires à l'enquête. Les États-Unis ont jusqu'à présent financé la recherche et l'identification des sites par images satellite.
Des médecins légistes doivent commencer en janvier à travailler sur une vingtaine de sites pour collecter des preuves qui seront utilisées lors des procès des ex-dignitaires du régime de Saddam Hussein.
Selon les enquêteurs, un grand nombre de corps sont ceux des victimes de la répression contre les Kurdes et les chiites, qui a été conduite lors de cinq phases distinctes entre l'arrivée de Saddam Hussein au pouvoir en 1979 et sa chute le 9 avril.
De nombreuses autres dépouilles renvoient à des crimes perpétrés contre tous les « opposants » pendant l'ensemble du règne du parti Baas.
Plus de 260 charniers répertoriés en Irak
Un responsable de la coalition en Irak a annoncé samedi que 263 charniers de victimes du régime de Saddam Hussein avaient été répertoriés dans ce pays, ajoutant que des preuves ont été confirmées sur des massacres collectifs sur 40 de ces sites.
Ce responsable a ajouté que le nombre d'Irakiens disparus dans la vague d'atrocités commises par le régime de Saddam Hussein depuis son accession au pouvoir en 1979 jusqu'à sa chute en avril, serait de 300 000 à 1,3 million de personnes. Des équipes d'experts étrangers en médecine légale devraient d'ailleurs entamer en janvier leur mission sur ces charniers. Le processus d'exhumer, d'identifier et de remettre sous terre les restes des victimes enterrées dans les charniers, selon des normes correctes, devrait prendre des années et nécessitera des millions de dollars.
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