Le 18 octobre 2003

Pour ceux qui voudraient oublier (info # 021810/3)

Par Jean Tsadik
© Metula News Agency
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Jeudi, les ministres des affaires étrangères de l'Union Européenne s'étaient émus à juste titre des remarques antisémites du Premier malais, Mahatir Mohamad. Ils avaient même préparé un communiqué adapté à la situation, qui devait faire partie de la déclaration finale de la réunion au sommet de l'UE qui s'est tenue cette semaine.

« Les commentaires (de Mohamad) sont inacceptables et ils détruisent tous nos efforts afin de faire prévaloir l'harmonie interethnique et religieuse ; de tels commentaires n'ont pas le droit de cité dans un monde décent. Des remarques fausses et antisémites, qui insultent autant les musulmans que les membres des autres confessions. »

La nécessité de cette insertion semblait couler de source, après que le ministre malais ait prétendu, entre autres horreurs racistes, devant la plus grande conférence islamique du globe, « que les Juifs dirigent le monde par procuration ». C'était certes la réponse immédiate et appropriée des dirigeants de l'Europe humaniste face aux déclarations irresponsables d'un dangereux fanatique.

C'était sans compter sur la sensibilité de Jacques Chirac, qui provoqua un joli raffut à Bruxelles, en refusant, vendredi, d'adopter le texte des ministres de l'UE et de l'inclure dans la déclaration finale du sommet européen.

Les autres chefs d'États européens se contemplèrent, incrédules, devant le refus du Président Chirac, qui expliquait son opposition par un prétexte formaliste. Selon Chirac, « il n'y aurait pas de place dans une déclaration de clôture d'un sommet de l'UE pour un texte de ce genre. »

La plupart des autres leaders étaient persuadés du contraire, à l'exception du 1er ministre grec, Costas Simitis, qui soutenait Jacques Chirac.

Devant l'émoi que provoqua l'attitude du pensionnaire de l'Élysée et compte tenu des distances interplanétaires qui divisaient les chefs d'États sur la question, l'on parvint finalement à une solution de compromis : Silvio Berlusconi, le Président en exercice de l'Union Européenne, adressa dans son discours de clôture une critique carabinée au premier malais mais la déclaration écrite n'en porte aucune trace.

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