Feuillet distribué le 28 juillet 2006POURQUOI ISRAËL FAIT LE SALE BOULOT
La loi, sans la force pour l'appliquer, n'est rien !
Pas un jour, pas une heure passe sans que les télévisions ne nous assènent les images horribles des destructions que l'armée israélienne inflige au Liban. Oui, cette guerre tue beaucoup. Oui, parmi les morts qui se comptent par centaines du côté libanais, on relève des femmes et des enfants. Et tous sont des «civils».
Mais d'abord, une question se pose. Le Hezbollah est une milice, une armée d'inssurection qui mène une guerre. Or, dans ce type de conflit, le «civil» n'est parfois qu'un milicien qui vient de déposer sa lance-roquette ou qui la prendra dans quelques heures. Ceci doit être dit et rappelé. Comme il doit être dit et rappelé que le Hezbollah est une organisation cynique qui se nourrit de la haine et de l'esprit de revanche que chaque nouvelle mort sème. Et c'est pourquoi cette «armée» de lâches se fond dans la population civile, entraîne des adolescents à devenir des miliciens &endash; quand elle ne les forme pas à se transformer en kamikazes - et camoufle ses dépôts d'armes dans des maisons familiales et des mosquées .
Comme il doit être rappelé, enfin, que l'armée israélienne prévient les populations civiles avant de frapper. Ce qui, bien entendu, n'enlève rien à l'horreur des morts de femmes et d'enfants innocents. Seulement voilà, tous ceux qui, dans les milieux politiques et les médias, dénoncent la «disproportion» de la riposte israélienne sont bien contents, en définitive, qu'Israël fasse le sale boulot. Qui en Europe, comme dans le monde arabe, ne souhaitait pas en finir avec le Hezbollah, cette organisation totalitaire et terroriste qui, hier, prenait en otage la démocratie du Liban et aujourd'hui prend en otage la population libanaise dans son ensemble?
Oui, l'offensive israélienne dérange parce qu'elle tue des civils. Mais elle arrange aussi beaucoup de monde parce que l'occasion est donnée, enfin, d'en finir avec le Hezbollah (au moins sur le plan militaire) et de faire comprendre à l'Iran qu'il existe des lignes rouges indépassables.
La communauté internationale l'a dit il y a des années déjà : le Hezbollah doit désarmer. Mais le Hezbollah a refusé de le faire et plonge aujourd'hui le Liban dans la tragédie.
La nature humaine est ainsi faite que la loi sans la force n'est rien. Nous avons besoin de policiers pour appliquer les lois pénales dans nos démocraties. Les citoyens ne s'y plieraient pas de leur plein gré. Aujourd'hui au Liban, c'est à Israël que revient le sale boulot.
Aujourd'hui, quand le gouvernement libanais ou l'Europe condamne la «disproportion» de la riposte israélienne, ils le font au nom de leurs manquements, de leur lâcheté et de leurs compromis qui ont plongé le Liban dans le deuil.
Tiré de : Claude Moniquet, président de European Strategic Intelligence and Security Center, 24 juillet 2006.