Appelons-le Monsieur CohérencePar Eli Kazhdan
13 octobre, 2003Le jour où Yasser Arafat est entré dans la bande de Gaza, le 1er juillet 1994, sa première action a inspiré son comportement pour les années à venir : le raïs cachait deux membres armés de l'OLP dans sa Mercedes.
Au début du mois d'octobre 2003, le chef des renseignements militaires israéliens, le général Aharon Ze'evi (Farkash) a annoncé que des ordres d'attaques terroristes continuaient d'émaner de l'entourage d'Arafat basé dans le QG de la Moukata de Ramallah.
Ces révélations ont fait suite à la décision de principe du cabinet israélien de procéder à l'expulsion d'Arafat.
Alors que le fait qu'Arafat est un obstacle à la paix est un consensus international - même le Président français Jacques Chirac a récemment déclaré qu'« Arafat est responsable de l'échec, de tous les échecs, parce qu'il veut toujours plus » - la responsabilité de celui-ci dans le terrorisme est moins explicitement reconnue.
Dans un éditorial du 18 septembre du Los Angeles Times, on pouvait lire : « la notion qu'Arafat est le cerveau et que son retrait mettrait fin au terrorisme palestinien devient tangible ». Le même jour, le journal The Economist écrivait qu'Arafat est « un autocrate empoisonnant et sournois...mais ses liens avec les bombes qui ont tué tant de civils israéliens n'ont pas été clairement établis ».
Toute mesure israélienne contre Arafat doit être perçue comme une riposte aux actes cumulés d'Arafat et non simplement comme le résultat de son échec à respecter des accords signés ou de son incapacité - voulue - à lutter contre le terrorisme.
Arafat a personnellement avalisé des attaques du Hamas et du Djihad Islamique
Dès 1997 - et peut-être plus tôt - Arafat a rencontré des dirigeants du Hamas et autres groupes « d'opposition », et leur a donné le feu vert pour perpétrer des attaques. Rapportant les conclusions israéliennes de ces rencontres, l'ancien chef d'État-major Amnon Lipkin-Shahak déclarait à la radio israélienne le 23 mars 1997 : « des organisations telles le Hamas et le Djihad Islamique ont l'approbation de l'Autorité palestinienne pour perpétrer des attentats. »
Après le déclenchement de l'Intifada en septembre 2000, il n'y avait plus de doute que le Hamas, le Djihad Islamique et le Fatah cordonnaient leurs actions sous l'ombrelle des « Forces Nationalistes et Islamiques » dirigées par le Fatah d'Arafat.
Arafat a financé des attentats suicides
Dans un mémorandum découvert au cours de l'Opération Rempart, le bureau du secrétaire général du Fatah à Toulkarem a rapporté qu'Arafat a donné 2 000 $ à chacun des 15 « Frères combattants » de la branche armée de l'OLP, les Tanzim.
Selon des sources militaires israéliennes, chacun de ces « combattants » était impliqué dans la planification ou l'exécution d'attaques suicidaires. Apposant sa signature en arabe, Arafat a autorité un premier versement de 800 $ à chacun des « combattants » le 5 avril 2001.
Arafat a également été impliqué dans le financement de terroristes suite à des attaques
Le 19 septembre 2001, Arafat a personnellement approuvé le don de 600 à trois individus, dont Raed Karmi, responsable des Tanzim à Toulkarem, et personnellement impliqué dans 25 fusillades contre des cibles israéliennes.
Arafat a offert de l'argent Karmi tout en sachant que celui-ci était activement recherché par Israël. De même, Arafat a apporté un soutien financier à Amar Kadan, membre de sa Force 17 « Garde Présidentielle », impliqué dans des opérations terroristes.
Le raïs a également financé des terroristes avant l'exécution d'attaques
Le 7 janvier 2002, il a personnellement signé une directive autorisant le versement de fonds à 12 membres des Tanzim, tous recherchés par Israël. Dix jours plus tard, un Palestinien a tué six Israéliens et en a blessé 26 lors de la célébration d'une bat-mitzva à Hadera. Mansour Saleh Sharim, qui a planifié l'attaque, et est responsable de la mort d'au moins trois Israéliens, faisait partie de la liste des hommes ayant reçu de l'argent de la part d'Arafat.
Des figures importantes du Fatah détenues en Israël, tel Marwan Barghouti ont reconnu qu'Arafat soutenait financièrement des membres du Fatah tout en sachant que l'argent servait à financer des attaques terroristes contre des civils israéliens.
Arafat est lié aux Brigades des Martyrs d'al Aqsa
Alors que certains établissent généralement une distinction entre l'organisation Fatah d'Arafat et les Brigades des Martyrs d'al Aqsa, les Palestiniens réfutent de telles assertions. Le dirigeant des Brigades à Toulkarem déclarait ainsi à USA Today en mars 2002 : « La vérité est que nous sommes le Fatah, mais que nous n'opérons pas sous le nom Fatah. Nous sommes le bras armé de l'organisation. Nous recevons nos instructions du Fatah. Notre commandant est Yasser Arafat en personne ».
Au cours des premiers mois de 2002, le nombre d'attaques perpétrées par les Brigades des Martyrs d'al Aqsa, dont des attentats suicides, a été supérieur à celui du Hamas et du Djihad Islamique.
Au fil des ans, Arafat a participé et a initié nombre des activités terroristes palestiniennes. Il a sciemment financé les terroristes, avant et après que ceux-ci perpétuent leurs crimes. Et il n'a évidemment pas fait juger ceux qui ont exécuté ces actes.
À Oslo, Arafat s'est engagé à « mettre fin aux décennies de confrontation et de conflit... et à tout faire pour vivre en coexistence pacifique, dans la dignité et la sécurité mutuelles ».
Dans les faits, cependant, il est resté un fervent supporter de la violence et du terrorisme.
L'auteur est chercheur au Jerusalem Center for Public Affairs.
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