Source : Étoile-liante
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« En 1973, le 3 mars exactement, Arafat a envoyé ses sbires pour prendre des otages étrangers invités à une réception à l'ambassade d'Arabie Saoudite à Khartoum. Ils sont arrivés au cours de la réception, se sont emparés de sept otages, dont l'Ambassadeur séoudien, le chargé d'affaires jordanien, l'Ambassadeur américain et son chargé d'affaire, américain lui aussi. Ils ont également pris Guy Eid, chargé d'affaire de Belgique au Soudan. »

« Après trois jours de véritable calvaire, ils ont relâché les otages arabes (évidemment) et ont exécuté les occidentaux. Le chargé d'affaires Jordanien nous a appris par la suite les détails de l'exécution des occidentaux. »

« Guy EID était mon frère, et j'ai été à Khartoum pour reconnaître son corps.... souvenir atroce, ma mère en est morte de chagrin [...]  »

« Voilà mon témoignage. »

 Georges-Albert Eid, Bruxelles

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Arafat tel que je le connais
(Traduction de l'article paru dans le Wall Street Journal)

Par Ion Mihai Pacepa

Le 10 Janvier, 2002

La semaine dernière, Israël a saisi un bateau transportant 50 tonnes de mortiers de fabrication iranienne, des missiles à longue portée et des fusées antichar destinées à l'Autorité palestinienne (AP). Le navire, le Karine A, appartient à l'AP et son capitaine, ainsi que plusieurs membres d'équipage, sont membres de la Police navale palestinienne. Je ne suis pas étonné de voir que Yasser Arafat est resté le même terroriste sanglant que j'ai si bien connu pendant mes années à la tête des Services de renseignements de Roumanie.

J'ai été directement en contact avec Arafat vers la fin des années 60, à l'époque où il était financé et manipulé par le KGB. Lors de la Guerre des six jours, en 1967, Israël avait humilié l'Égypte et la Syrie, deux des États arabes clients de l'Union Soviétique. Quelques mois plus tard, le chef des renseignements soviétiques, le Genéral Aleksandr Sakharovsky, débarquait à Bucarest. Selon lui, le Kremlin avait chargé le KGB « de réparer le prestige de nos amis Arabes » en les aidant à organiser les opérations terroristes qui humilieraient Israël. L'atout principal du KGB dans cette « joint-venture » étaient « un Marxiste-Léniniste dévoué » : Yasser Arafat, co-fondateur du Fatah, la force militaire palestinienne. Le général Sakharovsky nous a demandé à nous, service de renseignements roumains, d'aider le KGB à faire venir secrètement Arafat et une partie de ses fedayin en Union soviétique via la Roumanie, afin qu'ils puissent être endoctrinés et formés. Pendant cette même année, les Soviétiques manoeuvraient pour faire nommer Arafat président de l'OLP avec l'aide ouverte du dirigeant égyptien, Gamal Abdel Nasser.

Quand j'ai rencontré Arafat pour la première fois, j'ai été étonné par la similitude idéologique entre lui et son mentor du KGB. Arafat, comme un disque rayé, répétait que « le sionisme impérialiste » américain était « le chien enragé du monde », et qu'il n'y avait qu'un seul moyen de traiter un chien enragé : « le tuer ! ». Pendant ces années où le Génral Sakharovsky était le conseiller soviétique en chef des renseignements en Roumanie, il avait l'habitude de prêcher de sa voix douce et mélodieuse que « la bourgeoisie » était « le chien enragé de l'impérialisme », ajoutant qu'il y avait « seulement un moyen de traiter un chien enragé : le tuer ! ». Il fut responsable de la mort de 50 000 Roumains.

En 1972, le Kremlin établissait « une division du travail socialiste » dans son soutien au terrorisme international. Les clients principaux de la Roumanie sur ce marché étaient la Libye et l'OLP. Un an plus tard, un conseiller roumain des renseignements affecté aux QG de l'OLP à Beyrouth rapportait qu'Arafat et ses protecteurs du KGB préparaient un commando de l'OLP dirigé par l'adjoint principal d'Arafat, Abu Jihad, pour prendre en otage des diplomates américains à Khartoum, au Soudan, et exiger la libération de Sirhan Sirhan, l'assassin palestinien de Robert Kennedy.

« Arrêtez les ! » a hurlé Nicolae Ceausescu dans son bégaiement nerveux, quand j'ai rendu compte de la nouvelle. Il était blanc comme une feuille. Seulement six mois auparavant, Ali Hassan Salameh, officier de liaison d'Arafat pour la Roumanie, avait mené le commando de l'OLP qui avait pris en otage les athlètes israéliens aux jeux olympiques de Munich, et Ceaucescu était pétrifié de terreur à l'idée que son nom puisse être associé à ce crime terrible.

Il était déjà trop tard pour arrêter les commandos d'Abu Jihad. Après quelques heures, nous avons appris qu'ils avaient saisi les participants à une réception diplomatique organisée par l'ambassade saoudienne à Khartoum et demandaient la libération de Sirhan. Le 2 Mars 1973, après que le Président Nixon ait refusé la demande des terroristes, les commandos de l'OLP exécutaient trois de leurs otages : l'Ambassadeur américain Cleo A. Noel Jr. , son adjoint, George Curtis Moore, et le chargé d'affaires belge Guy Eid.

En mai 1973, pendant un dîner privé avec Ceaucescu, Arafat, excité, se vanta de son opération de Khartoum. « Faîtes attention », lui dit Ion Gheorghe Maurer, avocat d'éducation occidentale et ex-premier ministre roumain récemment à la retraite. « Quel que soit votre rang, vous pouvez toujours être condamnés pour meurtre et vol. » « Qui, moi? Je n'ai jamais eu aucune responsabilité dans cette opération », dit Arafat, ponctuant d'un clin d'oeil ses méfaits.

En janvier 1978, le représentant de l'OLP à Londres était assassiné dans son bureau. Peu après commencèrent à émerger des preuves convainquantes à l'effet que le crime avait été commis par le terroriste infâme Abu Nidal, qui avait récemment rompu avec Arafat et avait établi sa propre organisation.

« Ce n'était pas une opération d'Abou Nidal. C'était une des nôtres », me dit Ali Hassan Salameh, officier de liaison d'Arafat pour la Roumanie. Même le conseiller de Ceaucescu auprès d'Arafat, qui était très au courant de ses stratagèmes, fut pris par surprise. « Pourquoi mettre à mort vos propres hommes ? » demanda le Colonel Constantin Olcescu. « Nous voulons monter quelques exécutions spectaculaires contre l'OLP, en leur donnant l'air d'avoir été organisées par les groupes extrémistes de Palestiniens qui accusent le Président de devenir trop conciliant et modéré », expliqua Salameh. Selon lui, Arafat a même demandé au comité exécutif de l'OLP de condamner à mort Nidal pour l'assassinat du représentant de l'OLP à Londres.

Arafat a fait une carrière politique en feignant de ne pas être impliqué dans ses propres actes de terrorisme. Mais les preuves contre lui augmentent de jours en jours. James Welsh, un ancien analyste des renseignements pour la NSA, a dit à un certain nombre de journalistes des États-Unis que la NSA avait secrètement intercepté des communications par radio entre Yasser Arafat et Abu Jihad pendant l'opération de l'OLP contre l'ambassade saoudienne à Khartoum, y compris l'ordre d'Arafat de tuer l'Ambassadeur Noel. La conversation aurait été enregistrée par Mike Hargreaves, un officier de la NSA posté à Chypre, et les transcriptions ont été conservées dans un dossier au nom de code « Fedayeen ».

Pendant plus de 30 ans, le gouvernement des États-Unis a considéré Arafat comme la personne clé pour réaliser la paix au Proche-Orient. Mais pendant plus de 20 ans, Washington a également cru que Ceaucescu était le seul leader communiste qui pourrait ouvrir une brèche dans le rideau en fer. Pendant l'ère de la guerre froide, deux présidents américains sont allés à Bucarest lui rendre hommage. En novembre 1989, quand le parti communiste roumain a réélu Ceaucescu, il a été félicité par les États-Unis. Trois semaines plus tard, il était accusé de génocide et exécuté, mourant comme symbole de la tyrannie communiste.

Il est grand temps pour les États-Unis de mettre également un terme au leurre Arafat. La guerre actuelle du Président Bush contre le terrorisme international fournit une excellente occasion.

Le général Pacepa était l'officier de renseignement le plus haut gradé à être jamais passé à l'Ouest. Il est l'auteur de « Red Horizons » (1987), ses mémoires.

 

Copyright © 2001-2002 Moïse Rahmani

 

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