Des conflits, des guerres, des atrocités, des génocides sont actuellement en cours en Afrique, et ce dans l'indifférence la plus complète du monde libre. Toute l'attention des médias et des politiciens est portée sur les Arabes palestiniens et sur Israël. La grosse machine de propagande Arabe, bien huilée par ses pétro-dollars, a réussi à mettre ce conflit relativement mineur au premier plan de la scène mondiale et à reléguer aux oubliettes des choses bien pire qui se passent dans le monde. Aux yeux du monde occidental, la vie des terroristes palestiniens semblent de nos jours avoir beaucoup plus de valeur que celles d'innocents Africains tués dans ces nombreux conflits.
Pour votre information, voici quelques articles pertinents...
LES PALESTINIENS VALENT-ILS PLUS QUE LES MUSULMANS DU DARFOUR ?-- La désinformation en marche --
Par Evelyn Gordon
Paru au Jerusalem Post du 3 janvier 2007
Traduit par Bertus pour www.nuitdorient.com &endash; Le titre est celui de la traduction, le titre original étant «Perdus dans l'ombre des Palestiniens»
Depuis quelques semaines, on se lamente beaucoup de l'échec devant le génocide au Darfour. Ainsi par exemple, l'ex Secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a fait un discours dans lequel il déplorait que 60 ans après la libération des camps de la mort nazis et 30 ans après les massacres au Cambodge, la promesse du «plus jamais cela!» sonne creux.
La tragédie du Darfour fait rage depuis plus de 3 ans et on rapporte encore que des centaines de villages sont détruits et que le traitement cruel des civils se répand également dans les pays voisins. Comment une communauté internationale qui prétend défendre les droits de l'homme peut-elle accepter encore ces horreurs?
Au début de cette année un éditorial du New York Times descendait en flammes le peu de réactions des instances internationales au Darfour. Précisant que les massacres et les atrocités se répandaient au-delà des frontières du Soudan, au Tchad et en république Centrafricaine, on y lit «si le sinistre score du Darfour, soit des centaines de milliers de morts et 2 millions de réfugiés, chassés de leurs foyers, ne peut pas persuader le monde d'agir, alors la menace d'un conflit régional pourrait l'y amener».
Le plus étrange c'est que les lamentations proviennent des deux institutions les plus responsables de la paralysie actuelle: l'ONU et les médias!
Cela peut paraître paradoxal, puisque ces deux institutions n'ont pas les moyens d'une action effective sur le terrain, alors que ce sont les gouvernements qui peuvent agir au sein de l'Onu ou en dehors d'elle. Mais aucun gouvernement ne s'engagerait dans une cause qui ne peut servir ses propres intérêts nationaux, à moins qu'il n'y soit forcé par une énorme pression de l'opinion publique. Et cette pression ne peut être générée que par ceux qui peuvent faire trembler le monde, d'abord les médias, puis le secrétaire général de l'Onu.
Or ces deux institutions ont en permanence traité le problème du Darfour comme tout à fait secondaire, à côté d'autres conflits dans le monde. Et le public en Occident et ses gouvernants leur ont emboîté le pas.
Par exemple, le conflit Israélo-Palestinien qui a entraîné la mort de 4 300 Palestiniens et de 1 100 Israéliens, lors des 6 dernières années, doit être comparé au conflit au Darfour dans lequel plus de 400 000 Soudanais sont morts en 3 ans. Selon les archives, le New York Times a publié 418 articles sur le Darfour l'an dernier, 2 528 sur Israël et 1 146 sur les Palestiniens. Ainsi selon les normes du New York Times, les morts du Darfour sont 3 fois moins importants que les morts Palestiniens. (NdT: si on rapporte le nombre d'articles au nombre de morts, on pourrait penser que les Soudanais musulmans du Darfour sont 100 fois moins importants que les musulmans Palestiniens).
De nombreux autres journaux dans le monde agissent ainsi. Le Times de Londres a publié 142 articles sur le Darfour l'an dernier, comparé à 579 sur Israël et 248 sur les Palestiniens. Pour Le Monde de Paris, les chiffres sont 253, 500 et 500; pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung, ils sont de 239, 1898 et 638. Pour El Pais de Madrid, c'est particulièrement flagrant: 120, 2 730 et 2 013.
Mais tous ces chiffres sont en dessous des distorsions réelles, car ils ne reflètent par la place accordée au sujet traité. Ainsi deux articles de l'International Herald Tribune, l'un traite du pilonnage accidentel d'une maison à Gaza, où 18 Palestiniens sont morts et on lui a consacré 4 colonnes d'entête en grosses lettres et 30 colonnes de texte. L'autre article rapportait le massacre de 220 Tchadiens par les milices soudanaises responsables du génocide au Darfour: 1 colonne d'en tête et 5 cm de texte en petits caractères. Si les médias accordent 15 fois plus d'importance à 18 Palestiniens morts qu'à 220 Tchadiens tués, comment voulez-vous que les gouvernements soient émus par les boucheries en Afrique?
Le comportement de l'ONU est aussi distordu. Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU s'est finalement réuni en décembre 2006 au sujet du Darfour, mais il n'a pas condamné le gouvernement soudanais pour les massacres qu'il a commandités. Et ce même Conseil a trouvé le temps pour adopter 3 résolutions condamnant Israël
De même, comme chaque année, l'Assemblée Générale a consacré 3 journées entières en Novembre pour débattre et condamner «l'occupation israélienne». On n'a pas le souvenir d'une session équivalente en ce qui concerne le Darfour. Lors de la session d'automne de l'Assemblée Générale, pas moins de 25 résolutions ont condamné Israël pour des soi-disant violations des «droits de l'homme», et aucune résolution n'a condamné le Soudan pour le génocide du Darfour
L'Onu a de nombreuses instances, comme le Comité permanent pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, qui se consacre exclusivement au conflit israélo-palestinien et qui attire l'attention en permanence sur ce conflit. Les réfugiés palestiniens ont une agence de l'Onu qui ne travaille que pour eux, l'UNRWA, alors que tous les réfugiés du monde doivent se battre pour attirer l'attention de la seule autre instance, la Haute commission pour les Réfugiés.
Il est ainsi à peine surprenant que 2 millions de réfugiés du Darfour soient totalement oubliés dans l'ombre du problème palestinien.
Et de plus cela est confirmé par Kofi Annan lui-même qui a déclaré en novembre 2006 que «le conflit israélo-palestinien est le plus important au monde, car aucun autre conflit ne porte en lui une charge symbolique et émotionnelle aussi importante, auprès de gens très éloignés du terrain». Si le secrétaire général de l'Onu lui-même considère que la «charge symbolique» générée par 4 300 morts palestiniens est plus importante que celle portée par 430 000 Soudanais musulmans du Darfour, (NdT: tués par des compatriotes au teint plus clair), il serait surprenant que de nombreux gouvernements ne considèrent le génocide du Darfour autrement qu'un banal massacre. Les gouvernants sont des êtres humains qui ne peuvent concentrer leurs efforts que sur un certain nombre de problèmes et dans les démocraties, ils choisissent seulement ceux qui intéressent leur opinion publique.
Aussi longtemps que les médias et l'Onu n'accorderont au génocide du Darfour la priorité qui convient, on peut prévoir en toute confiance que la paralysie globale face à ces massacres perdurera.
Retour à la page d'accueil
Retour à Nouveautés sur le site
Haut
![]()
Septembre 2005Rwanda 17
Extrait du 17e article de la série sur le génocide des Tutsi au RwandaL'implication de la France : pire que tout ce qu'on pouvait imaginer
La vérité maintenant
webmestre@laveritemaintenant.orgCet article est désormais en accès libre dans son intégralité à l'adresse suivante: http://www.menapress.com/article.php?sid=1175
Jean-Paul Gouteux fait ainsi remarquer, dans son ouvrage Un génocide sans importance (éd. Tahin party, juin 2001, ¤ 3.-), que « Le génocide des Tutsis a été largement financé par l'État français, notamment à l'aide de prêts garantis par le Crédit Lyonnais ». Il se fait plus précis en affirmant que « cette garantie aura permis en 1992 l'achat pour quelque 35 millions de francs d'armement à l'Égypte. »
Le Crédit Lyonnais n'a, néanmoins, pas le monopole de cette « collaboration » bancaire. Il suffit de se remémorer la petite escapade du tristement célèbre colonel Bagosora qui, en juin 1994, en plein génocide donc, partait faire son shopping aux Seychelles, et en revenait avec 20 tonnes d'armes légères achetées rubis sur l'ongle au marchand d'armes sud-africain Willem Elhers. Rubis sur l'ongle ou presque, les deux virements de cette transaction, pour un total de plus d'un million trois cent mille dollars, suivront quelques jours plus tard, les 14 et 16 juin. Probablement le temps de régler quelques papiers du côté de la BNP de Paris !
(...)
Parmi les témoignages publiés à ce sujet dans le rapport de la CEC L'Horreur qui vous prend au visage : la France au Rwanda (Karthala, 2005), citons notamment celui d'un ancien milicien Interahamwe : « À un moment les Français nous ont dit : « Vous autres Rwandais hutus n'êtes pas intelligents. Vous tuez les gens et les jetez à l'eau sans rien d'autre ! Ignorez-vous qu'ils finiront par remonter à la surface et qu'ils seront vus par des satellites ? Vous ne savez vraiment rien ! » Ce sont les Français qui nous ont appris à ouvrir le ventre après l'avoir tué et à jeter le corps à l'eau sans qu'il ne risque de remonter à la surface. »
Et encore ce témoignage du chauffeur d'un chef Interahamwe : « Ils (des militaires français) se sont divisés en petits groupes et se sont mis à rechercher les survivants tutsis. Quand ils en trouvaient, ils leur disaient qu'ils venaient les sauver alors que c'était un piège. Ils arrivaient, les rassuraient en leur disant qu'il n'y avait plus rien à craindre, qu'il n'y avait plus de problèmes. Ils repartaient et donnaient le signal en tirant en l'air. Nous comprenions alors que les Français partaient, et les Interahamwe se mettaient en route pour aller tuer ces gens. »
Retour à la page d'accueil
Retour à Nouveautés sur le site
Haut
Textes diffusés par Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient, Bruxelles.
http://fr.groups.yahoo.com/group/CID-DemocratieMoyenOrient/*************************************** Le 20 mars 2004
Soudan : alerte de l'ONU sur le nettoyage ethnique au Darfour
Conflits en Afrique : les États en guerrePar Alexis Masciarelli
Libération
(à Nairobi)La guerre dans les provinces du Darfour, à l'ouest du Soudan, est « la plus grande catastrophe humanitaire » actuelle, estime Mukesh Kapila, coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU au Soudan. Depuis le début du conflit, il y a 13 mois, entre les milices arabes Janjaweed soutenues par l'armée gouvernementale de Khartoum et les rebelles du Mouvement de libération du Soudan, plus de un million de personnes ont été touchées par « une politique de nettoyage ethnique ». Chaque semaine, des attaques meurtrières, assassinats, viols, sont signalés. 120 000 personnes se sont réfugiées au Tchad, dans des camps en plein désert. D'après l'ONU, 700 000 civils du Darfour ont été déplacés à travers le pays. Selon Kapila, la situation est comparable au génocide rwandais en 1994 même si le bilan des victimes est loin des 800 000 morts rwandais. « C'est davantage qu'un simple conflit. C'est une tentative organisée de se débarrasser d'une population. Je ne comprends pas pourquoi la communauté internationale n'en fait pas plus pour arrêter cette catastrophe. »
![]()
19 mars 2004Amnesty International : Soudan : Darfour : Les attaques contre les civils se poursuivent « Le gouvernement du Soudan n'a absolument pas progressé en ce qui concerne la protection des civils pris dans le conflit au Darfour », a déclaré Amnesty International. Au cours des dernières semaines, de très nombreux civils auraient été tués et des dizaines de villages incendiés par les Janjawid, milices soutenues par le gouvernement.
« Nous ne sommes pas en présence d'une situation où le gouvernement central a perdu le contrôle. Des hommes, des femmes et des enfants sont tués et des villages incendiés et pillés, parce que le gouvernement central autorise des milices qui lui sont favorables à poursuivre ce qui s'apparente à une stratégie du déplacement forcé, en détruisant les habitations et les moyens de subsistance des populations agricoles de la région », a expliqué Amnesty International.
Au cours d'une attaque menée du 27 au 29 février par les Janjawid contre pas moins de 10 villages dans le district de Tawila, situé entre Kebkabiya et el Fasher dans le Darfour septentrional, plus de 80 personnes ont trouvé la mort. Une Mission humanitaire des Nations unies qui s'est rendue dans ces villages après les raids a parlé de peur et de dévastation. Selon certaines informations des fillettes avaient été violées.
Dans le Darfour occidental, le 6 mars, des Janjawid à bord de trois 4x4 Land Cruisers et une soixantaine de cavaliers ont attaqué al Kureinik, gros village situé à l'est d'al Jeneina, dont la population a fortement augmenté en raison de l'afflux de réfugiés. Ils auraient tué 15 villageois, tous des civils, dont un enfant. Deux jours plus tard, le 8 mars, trois enfants comptaient parmi les 12 personnes qui auraient trouvé la mort à Aish Barra, village situé à l'ouest d'al Jeneina, près de la frontière tchadienne.
À Gokar, non loin d'al Jeneina, pas moins de 5 000 villageois en fuite seraient rassemblés sans nourriture, sans abri ni médicaments, tandis que quelque 100 000 personnes déplacées sont venues grossir la population d'al Jeneina.
Envahie par les réfugiés, la petite ville de Mornay manque de nourriture et de médicaments, et ne compte aucun médecin. En raison de la diarrhée et de la fièvre, entre cinq et 10 personnes décèderaient chaque jour.
« Le gouvernement continue de limiter fortement l'aide humanitaire dans le Darfour et ne semble pas disposé à remédier à la crise des droits humains qui sévit dans la région, a indiqué Amnesty International. Aussi les démarches au niveau international visant à résoudre la crise des droits humains et humanitaire au Darfour, notamment les initiatives des Nations unies, sont-elles retardées. »
La communauté internationale et les Nations unies, qui ont réussi à apporter une assistance humanitaire à environ 30 % des populations déplacées du Darfour au cours des dernières semaines, ne sont pas en mesure de protéger la vie et l'intégrité physique des populations rurales. Elles ne sont pas non plus parvenues à approcher des dizaines de milliers de personnes qui ont trouvé refuge dans des villes rurales ou dans la brousse, où elles vivent dans des abris de fortune, manquent de nourriture et ne disposent pas de médicaments.
Dans le même temps, le conflit semble s'étendre au Tchad, les Janjawid effectuant des incursions de l'autre côté de la frontière. Au cours des raids de ces derniers mois, ils auraient massacré plus de 100 réfugiés et Tchadiens et volé du bétail. Le 7 mars, 35 hommes armés appartenant semble-t-il aux Janjawid auraient attaqué des sites à la frontière,tuant un homme à Ouendalou, en blessant un autre à Absogo, et volant 100 têtes de bétail.
Selon les informations parvenues à Amnesty International, le gouvernement soudanais encourage les actions des Janjawid. Les réfugiés soudanais au Tchad ont raconté que ceux-ci attaquaient des villages en compagnie de soldats. Souvent, ils ont rapporté que les Janjawid portaient des uniformes de l'armée lors des raids. Certains soldats de l'armée soudanaise ont reconnu les avoir suivis lors d'attaques contre des villages représentant clairement des cibles civiles. En 2003, aucun membre des Janjawid n'a été interpellé ou n'a comparu en justice pour un seul homicide illégal.
« Le Soudan viole les obligations qui lui incombent au titre de l'article 3 des Conventions de Genève. Celui-ci dispose que les personnes protégées, notamment les civils, doivent être traitées avec humanité et prohibe de manière explicite les atteintes portées à la vie et à l'intégrité corporelle, notamment le meurtre », a conclu Amnesty International. L'article 3 s'applique aux conflits armés « ne présentant pas un caractère international » et à « chacune des parties au conflit ». En outre, la destruction et le pillage de biens civils et de moyens de subsistance sont interdits par les lois et coutumes applicables en cas de conflits ne présentant pas un caractère international.
Retour à la page d'accueil
Retour à Nouveautés sur le site
Haut
![]()
19 mars 2004Darfour : « la plus grande catastrophe humanitaire actuelle » AFP
(coordinateur Onu)Le conflit au Darfour (ouest du Soudan), où des rebelles combattent les forces gouvernementales depuis février 2003, « est aujourd'hui la plus grande catastrophe mondiale au plan humanitaire et pour les droits de l'Homme », a déclaré vendredi à Nairobi le coordinateur des activités humanitaires des Nations Unies au Soudan.
Ce conflit a fait plus de 10 000 morts et plus d'un million de sinistrés, a affirmé le coordinateur, Mukaesh Kapila, au cours d'une conférence de presse.
Le conflit se situe « à une échelle comparable à des situations historiques, y compris le Rwanda »,a-t-il ajouté, citant « villages incendiés,viols systématiques, enlèvements de civils ».
« La seule différence entre le Rwanda et le Darfour tient aux chiffres », a-t-il souligné. Le génocide de 1994 au Rwanda a fait un million de morts, selon les chiffres du gouvernement de Kigali.
Le directeur adjoint de l'Agence américaine pour le développement international (USAID) Roger Winter, avait déclaré le 11 mars que le Darfour connaissait « sans doute » la « crise humanitaire la plus grave d'Afrique et peut-être du monde », lors d'une audience devant une sous-commission de la Chambre des représentants à Washington.
Le 2 mars, le Département d'État américain avait affirmé que la crise du Darfour menaçait la vie d'un million de personnes et déploré le « refus par les autorités locales et nationales de permettre un accès illimité » au personnel humanitaire à ces zones.
À Khartoum, samedi dernier, le ministre des Affaires étrangères soudanais Moustafa Osmane Ismaïl a accusé M. Winter d'avoir pris le parti des rebelles du Darfour. M. Winter fait « partie de ceux qui (...) s'alignent sur les positions du mouvement rebelle », a déclaré le ministre à des journalistes.
L'Union européenne (UE) a elle aussi exprimé son « inquiétude » sur la dégradation de la situation humanitaire dans le Darfour, et demandé au gouvernement soudanais d'y permettre un « accès libre » aux agences de l'Onu.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déploré de ne pouvoir « mener des opérations humanitaires significatives dans la zone » depuis novembre dernier.
Le Darfour est depuis février 2003 le théâtre d'affrontements entre les rebelles du Mouvement de libération du Soudan (SLM) et les forces gouvernementales appuyées par des milices locales.
Selon différentes sources humanitaires, les combats qui opposent depuis février 2003 les forces gouvernementales aux rebelles dans cette région auraient fait environ 3 000 morts, 670 000 déplacés au Soudan et 100 000 réfugiés au Tchad.
Retour à la page d'accueil
Retour à Nouveautés sur le site
Haut
![]()
18 mars 2004Conflits en Afrique : les États en guerre AFP
L'Afrique, qui compte 53 pays, a connu, ces dernières années, de nombreux conflits armés, dont certains semblent en voie de règlement, tandis que d'autres s'enlisent ou pourraient s'aggraver.
GUERRES ENTRE ÉTATS
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
La RDC a été déchirée par une guerre, commencée en août 1998 par une rébellion, qui a rapidement dégénéré en conflit régional. Celui-ci a opposé les forces gouvernementales, soutenues par l'Angola, la Namibie, le Tchad et le Zimbabwe, à des factions rebelles appuyées par le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi. La guerre a fait plus de 2,5 millions de morts, en majorité des civils. Les armées étrangères se sont retirées officiellement fin 2002. Un gouvernement de transition a été mis en place en 2003. La région de l'Ituri (nord-est) est toujours en proie à des violences interethniques qui ont fait quelque 50 000 morts depuis 1999.
GUERRES CIVILES ET REBELLIONS
CÔTE D'IVOIRE
La Côte d'Ivoire a été plongée dans une crise politico-militaire après le soulèvement de militaires rebelles en septembre 2002. Le pays est depuis coupé en deux, les ex-rebelles contrôlant la moitié nord. Un processus de paix a démarré en janvier 2003, avec notamment la signature des accords de Marcoussis (France) puis la formation d'un gouvernement de réconciliation. Mais le début du désarmement a été récemment reporté devant le refus des ex-rebelles de déposer les armes tant que les réformes politiques ne sont pas engagées.
LIBÉRIA
Au Liberia, dévasté par une guerre civile quasi-ininterrompue qui a fait depuis 1989 quelque 300 000 morts, un accord de paix a été signé en août 2003 par les factions armées et les partis politiques après le départ en exil de l'ancien président Charles Taylor. Un gouvernement de transition a été depuis mis en place, mais des violences sont encore rapportées dans certaines régions.
BURUNDI
Une guerre civile oppose depuis 1993 l'armée, dominée par la minorité tutsie, à des mouvements rebelles hutus. Elle a fait plus de 300 000 morts, en majorité des civils. Un seul mouvement rebelle combat encore l'armée.
ANGOLA
L'armée, qui a signé en 2002 un accord de cessez-le-feu ayant mis fin à une guerre civile de 27 ans avec l'ancienne rébellion de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), est toujours en guerre contre les indépendantistes de la province pétrolière de Cabinda.
SOUDAN
La guerre civile au Soudan oppose depuis 1983 les rebelles du sud, à majorité chrétienne et animiste, au pouvoir du nord, arabo-musulman. Elle a fait 1,5 million de morts. Des négociations de paix se déroulent au Kenya entre gouvernement et rebelles de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA).
Par ailleurs, le gouvernement fait face à une rébellion dans la région du Darfour (ouest), qui a fait depuis février 2003 environ 3 000 morts.
SOMALIE
La Somalie,soumise à la loi de chefs de guerre rivaux, n'a plus de gouvernement central reconnu depuis janvier 1991.
OUGANDA
L'Ouganda fait face depuis 1988 à la rébellion de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), tristement célèbre pour ses exactions contre des civils. Le conflit a fait au moins 100 000 morts, selon l'Agence de missionnaires Misna.
ALGÉRIE
Les violences liées aux groupes islamistes armés ont fait officiellement plus de 100 000 morts depuis leur début en 1992. Elles ont relativement baissé depuis l'été 2003.
TCHAD
Le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), implanté depuis 1998 dans l'extrême nord, mène une guerre d'usure contre l'armée gouverne-mentale qui a fait plusieurs milliers de morts de part et d'autre.
SÉNÉGAL
La Casamance, région méridionale du Sénégal, est le théâtre depuis 1982 d'une rébellion indépendantiste.
AUTRES CONFLITS
SAHARA OCCIDENTAL
Le Maroc et le Polisario se disputent depuis 1975 la souveraineté de cette ancienne colonie espagnole. Un cessez-le-feu a été conclu en 1991 sous l'égide de l'Onu, qui tente depuis de trouver une solution politique.
NIGÉRIA
La région du delta du Niger (sud), riche en pétrole, est le théâtre d'affron-tements sanglants réguliers entre groupes ethniques. Plus de 10 000 personnes ont été tuées dans des violences ethniques, religieuses et politiques depuis l'instauration d'un régime civil en 1999.
Par ailleurs, plusieurs coups d'État ou tentatives ont eu lieu depuis un an sur le continent, notamment :
- En Centrafrique, où le général François Bozizé a renversé en mars 2003 le président Ange-Félix Patassé. Il a depuis instauré un régime de transition jusqu'en 2005.
- A Sao Tomé et Principe, où le président Fradique de Menezes a été renversé à la mi-juillet par une junte alors qu'il se trouvait au Nigeria. Il a repris ses fonctions une semaine plus tard après une médiation internationale.
- En Guinée-Bissau, où un coup d'État a renversé en septembre le régime de Kumba Yala. Des institutions de transition ont été depuis installées.
Enfin, 67 mercenaires présumés ont été arrêtés le 7 mars dernier à Harare. Ils devaient,selon le gouvernement zimbabwéen,rejoindre 15 mercenaires interpellés en Guinée Equatoriale pour y fomenter un coup d'État.
Les Ivoiriens descendront bientôt dans la rue pour manifester contre le pouvoir FPI.
Retour à la page d'accueil
Retour à Nouveautés sur le site
Haut
![]()
18 mars 2004Plusieurs conflits africains résolus ces dernières années AFP
Dakar - Plusieurs conflits africains ont été résolus ces dernières années ou semblent en voie de l'être, ouvrant dans un environnement généralement sombre une brèche d'optimisme, que les observateurs pragmatiques jugent toutefois très relatif.
Le ton a été donné le 8 mars dernier par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui a lancé un projet de rapatriement de deux millions de réfugiés africains à la faveur de l'évolution positive des conflits dans neuf pays : Angola, Sierra Leone, Liberia, Soudan, Erythrée, Somalie, Burundi, Rwanda et République démocratique du Congo (RDC).
Selon le HCR, les réfugiés africains sont désormais plus nombreux à rentrer chez eux qu'à en partir, même s'ils sont encore 3,3 millions, sur 12 millions de réfugiés dans le monde. En Angola, une guerre civile de 27 ans s'est achevée avec la signature, en avril 2002, d'un accord entre l'armée et la rébellion de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita). La Sierra Leone vient de désarmer quelque 70 000 ex-combattants, après avoir déclaré en janvier 2002 la fin d'une guerre de dix ans, qui a fait 200 000 morts et plusieurs dizaines de milliers de mutilés.
Au Liberia, depuis le départ en exil de Charles Taylor, en août 2003, le processus de désarmement a commencé, ainsi que la difficile reconstruction d'un pays désarticulé et ruiné par plus de dix ans de guerre. Le gouvernement du Burundi, où une guerre civile dure depuis 1993, a signé un accord de paix avec les rebelles des Forces pour la défense de la démocratie (FDD). Le gouvernement soudanais et la rébellion sudiste, en guerre depuis 1983, semblent proches d'un accord.
Quant à la RDC, elle est engagée depuis avril 2003 dans un processus de transition de 24 mois, issu d'un accord qui a mis fin à un conflit ayant opposé depuis 1998 sept armées en plus de la sienne : quatre soutenant Kinshasa (Zimbabwe, Namibie, Angola, Tchad), et trois aux côtés de la rébellion (Rwanda, Ouganda, Burundi). Même le Comité international de la Croix-rouge (CICR), en préparant ses opérations pour 2004, avait prévu une légère amélioration en Afrique, a déclaré le 10 mars à Dakar son président, Jakob Kellenberger. Mais, a-t-il ajouté, cet optimisme est « tout relatif ».
En effet, a dit le président du CICR, l'amélioration était en partie fondée sur l'avènement de la paix au Soudan. Certes, pour le sud, les discussions avancent, mais un autre conflit a éclaté début 2003 dans l'ouest, au Darfour, où des combats entre forces gouvernementales et rebelles auraient fait environ 3 000 morts et, selon le HCR, chassé plus de 100 000 personnes vers le Tchad voisin. La situation demeure en outre très incertaine dans le nord-est de la RDC, en proie à de sanglantes violences interethniques et où les miliciens restent très actifs. Le nord de l'Ouganda est, lui aussi, en proie à un conflit entre les forces gouvernementales et la rébellion de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), qui prétend vouloir instaurer un gouvernement basé sur les dix commandements de la Bible.
Quant à l'Afrique de l'Ouest, le Liberia, notamment, y reste très fragile et la Côte d'Ivoire, poids-lourd de la sous-région, est coupée en deux par une rébellion depuis septembre 2002. Des accords de paix ont été signés en janvier 2003 en France et quelque 6 000 Casques bleus doivent être déployés en avril en Côte d'Ivoire, mais une guerre de tranchées oppose encore le camp présidentiel, ses adversaires politiques traditionnels et les « ex-rebelles », qui refusent pour l'instant de désarmer.
La région ouest-africaine est donc considérée comme explosive, regorgeant d'armes et de miliciens prêts à passer d'un pays à un autre, traînant derrière eux une décennie de violence, de non-droit et de frustrations. Ailleurs sur le continent, l'optimisme est aussi tempéré par la persistance d'un mouvement rebelle au Burundi et de plusieurs autres au Tchad, par l'instabilité en Centrafrique, par les relations frontalières encore tendues entre l'Erythrée et l'Ethiopie, par l'anarchie dans une Somalie sans gouvernement depuis 1991, ou par l'interminable conflit du Sahara ccidental, qui oppose depuis 1975 le Maroc au Front Polisario, basé dans le sud-ouest algérien.
Retour à la page d'accueil
Retour à Nouveautés sur le site
Haut
![]()
Génocide rwandais : Kofi Annan admet les failles de l'ONU
Le Monde, 26 mars 2004
En décembre 1999, un rapport commandé par les Nations unies accusait l'institution d'avoir, avant les massacres, failli par manque de détermination et d'organisation, et de n'être pas intervenue lorsque les tueries ont commencé. En avril 2000, le Conseil de sécurité de l'ONU avait reconnu sa responsabilité pour n'avoir pas réussi à arrêter les massacres.
Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a ouvert, vendredi 26 mars, une conférence sur le génocide de 1994 au Rwanda en reconnaissant que l'ONU et lui-même portaient une part de responsabilité dans le massacre de 800 000 personnes, sur lequel la communauté internationale a, dans un premier temps, fermé les yeux.
M. Annan, qui à l'époque dirigeait le département des opérations de maintien de paix de l'ONU, a déclaré que la communauté internationale « a péché par omission ». « Je croyais à l'époque que je faisais de mon mieux. Mais j'ai réalisé après le génocide que j'aurais pu faire plus pour tirer la sonnette d'alarme et obtenir de l'aide », a dit le secrétaire général dans son discours d'ouverture de la conférence commémorative du génocide au Rwanda.
Un manque de « volonté politique »
Quelque 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés en une centaine de jours par des extrémistes hutus après la mort du président rwandais Juvénal Habyarimana, dont l'avion avait été abattu au-dessus de Kigali. Le génocide a pris fin lorsque les rebelles du Front patriotique rwandais, à dominante tutsie, ont renversé les extrémistes hutus, dont bon nombre ont fui au Zaïre voisin, devenu depuis la République démocratique du Congo.
En décembre 1999, un rapport commandé par les Nations unies accusait l'institution d'avoir, avant les massacres, failli par manque de détermination et d'organisation, et de n'être pas intervenue lorsque les tueries ont commencé. En avril 2000, le Conseil de sécurité de l'ONU avait reconnu sa responsabilité pour n'avoir pas réussi à arrêter les massacres.
Le Canada, fer de lance des efforts d'autocritique de l'ONU, a déclaré vendredi que la communauté internationale n'avait pas encore appris comment construire des structures capables de faire face à pareille brutalité. « Pour dire plus crûment les choses, nous avons appris ce que nous devons faire, mais il me semble, chers collègues, que nous manquons de la volonté politique de parvenir à un accord nécessaire sur la manière de mettre en place le type de mesures qui empêchent à jamais un futur Rwanda d'advenir à nouveau », a déclaré le ministre des affaires étrangères canadien, Bill Graham, lors de la conférence.
C'est un Canadien qui commandait la petite force de l'ONU au Rwanda, le général Romeo Dallaire. L'officier était rentré profondément marqué de Kigali car le Conseil de sécurité n'avait pas envoyé les renforts que les Rwandais lui réclamaient avec insistance.
« Une bourde de première classe »
Le 10 mars, Le Monde avait dévoilé la teneur d'un rapport de la division nationale antiterroriste qui affirmait que l'ONU avait reçu et détenait toujours la boîte noire de l'avion du président Habyarimana, abattu le 6 avril 1994. L'ONU avait admis le lendemain avoir reçu une boîte noire après la chute de l'avion et qu'elle venait d'être découverte dans un placard sous clé de l'organisation. Le porte-parole des Nations unies, Fred Eckhard, avait ainsi déclaré que les responsables onusiens de l'époque avaient estimé que la boîte noire incriminée était en trop bonne condition pour avoir été liée à la chute d'un avion.
Tentant d'expliquer comment l'existence de cette boîte noire avait pu passer inaperçue, M. Eckhard avait précisé qu'en 1994, quelque 70 000 employés de l'ONU, répartis dans dix-sept ou dix-huit pays à travers le monde, travail-laient aux opérations de maintien de la paix. Ce service était « géré par un petit bureau de 200 personnes », avait-il ajouté, qui avaient sûrement tendance à « prendre des décisions rapides et à passer à autre chose ». Suite à ces révélations, Kofi Annan avait évoqué « une bourde de première classe » et annoncé l'ouverture d'une enquête.
Ce n'est pas la première fois que le secrétaire général critique les Nations unies et ses propres erreurs, et il a expliqué aujourd'hui que le souvenir du Rwanda et du « nettoyage » ethnique en Bosnie-Herzégovine, au milieu des années 1990 avait « beaucoup influencé » sa manière de penser et d'agir à la tête des Nations unies.
M. Annan a par ailleurs décrété le 7 avril « Journée internationale de réflexion sur le génocide au Rwanda », et a appuyé le vou du gouvernement rwandais qui souhaite que ce jour-là, une minute de silence soit observée à midi dans chaque fuseau horaire du monde. « Aucun d'entre nous ne doit jamais oublier, ou être autorisé à oublier, que le génocide a bien eu lieu au Rwanda, ou qu'il a été organisé avec minutie, ou qu'il a été perpétré au grand jour », a souligné le secrétaire général des Nations unies.
Avec AFP et Reuters
Retour à la page d'accueil
Retour à Nouveautés sur le site
Haut